Allemagne

Présentation de l’Allemagne

Présentation

Données générales

Données géographiques

Nom officiel : République fédérale d’Allemagne

Superficie : 356.959 Km²

Population : 81.953.800 (2011)

Capitale : Berlin

Villes principales : Hambourg, Munich, Cologne, Francfort/Main, Essen, Dortmund, Stuttgart, Düsseldorf, Hanovre, Nuremberg, Dresde, Leipzig

Langue officielle : allemand

Monnaie : Euro

Fête nationale : 3 octobre

Données démographiques

Croissance démographique : -2,3 % (2009)

Espérance de vie : 77,1 ans pour les hommes et 82,4 ans pour les femmes

Taux d’alphabétisation : N.C

Religions : catholicisme (32,9 %), protestantisme (32,5 %), Islam (3 %)

Indice de développement humain(classement ONU, 2010) : 10ème rang (France : 14ème rang)

Données économiques

PIB (2010) : 2.497,60 Mds €

PIB par habitant (2010) : 30.600 €

Taux de croissance : - 4,7 % (2009) ; + 3,5 % en 2010 (prévisions 2011 : + 2,6 %)

Taux de chômage (avril 2011) : 7,3 %

Taux d’inflation (2010) : + 1,2 %

Solde budgétaire (2010) : - 3,7 % du PIB (prévisions 2011 : < - 3 %)

Endettement public (2010) : 75,7 % du PIB

Balance commerciale (2009) : + 138,9 Mds €

Principaux clients (2009) : France (10,1 %), Etats-Unis (6,7 %), Pays-Bas (6,6 %), Royaume-Uni (6,6 %)

Principaux fournisseurs (2009) : Pays-Bas (12,2 %), France (8,2 %), Belgique (7,1 %), Chine (6,8 %), Italie (5,6 %), Royaume-Uni (4,7 %)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :
- agriculture : 2,1 %
- industrie : 25,5 %
- tertiaire : 72,4 %

Exportations de la France vers l’Allemagne (2010) : 62,6 Mds €

Importations françaises en provenance d’Allemagne (2010) : 78 Mds €

Consulats généraux de France : Düsseldorf, Francfort, Hambourg, Munich, Sarrebruck, Stuttgart

Communauté française en Allemagne : + de 155.000 personnes dont 106.842 inscrites au registre des Français établis hors de France au 31 décembre 2008.

Communauté allemande en France : N.C

Politique intérieure

Les partis politiques allemands

La vie politique allemande est traditionnellement dominée par deux grands mouvements, la CDU-CSU (l’union démocrate-chrétienne de Mme Merkel et son alliée bavaroise, l’union sociale chrétienne) et le SPD (parti social-démocrate). Trois partis au poids électoral plus modeste s’associent parfois aux coalitions gouvernementales : les Verts, les libéraux du FDP et Die Linke (parti de la gauche). Ce dernier parti ne participe qu’à des alliances au niveau local ou régional.

Victoire des conservateurs et des libéraux aux législatives du 27 septembre 2009, tenue de sept scrutins régionaux en 2011

Après quatre années de gouvernement de « grande coalition » (CDU-CSU/SPD), les élections législatives du 27 septembre 2009 ont donné la victoire aux conservateurs et aux libéraux. Les résultats des élections sont les suivants : CDU-CSU (33,8 %, 239 sièges), SPD (23 %, 146 sièges), FDP (14,6 %, 93 sièges), Die Linke (11,9 %, 76 sièges), Verts (10,7 %, 68 sièges).

En dépit d’un score peu convaincant de la CDU, la Chancelière sortante, Mme Angela Merkel, a pu ainsi, comme elle le souhaitait, constituer un gouvernement de coalition avec les libéraux, qui dispose d’une majorité confortable de 332 voix sur 622 députés au Bundestag. Mme Merkel a été réélue Chancelière par le Bundestag le 28 octobre 2009 et le gouvernement a prêté serment le même jour.

Les négociations préalables à la constitution du gouvernement de coalition entre la CDU-CSU et le FDP ont duré environ un mois. Le programme pour la législature 2009-2013 est détaillé dans le « contrat de coalition », un document écrit rendu public. Les principales dispositions de cet accord sont les suivantes :
- baisses d’impôts et réforme structurelle de l’impôt sur le revenu tout en respectant la limite fixée par la Loi fondamentale aux déficits et à l’endettement publics ;
- réforme de l’assurance-maladie sur la base d’un découplage des cotisations patronales et salariales et introduction d’une part de capitalisation dans l’assurance-dépendance ;
- hausse des dépenses en matière de recherche et de formation (afin d’atteindre 10% du PIB en 2013) ;
- renforcement de la concurrence sur le marché de l’énergie, prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires ;
- politique familiale active pour concilier vie familiale et professionnelle.

Un « paquet d’accélération de la croissance » a été adopté en décembre 2009. Il prévoit des allègements fiscaux à partir du 1er janvier 2010 en faveur des familles et des entreprises d’un montant de 8,5 Mds d’euros par an.

Plusieurs événements ont marqué la scène politique allemande depuis un an

En premier lieu, le Président de la République, M. Horst Köhler, a annoncé sa démission le 31 mai 2010, expliquant sa décision par les critiques « excessives » à l’égard de ses propos sur les interventions de la Bundeswehr à l’étranger. Son successeur, Christian Wulff (CDU), a été élu le 30 juin 2010, au troisième tour de scrutin seulement.

L’opportunité d’une aide financière à la Grèce, a donné lieu à un vif débat : le soutien européen était jugé juridiquement contraire au traité de Maastricht, et désapprouvé par une majorité de la population. Le Parlement a finalement adopté le 7 mai 2010 le projet de loi sur l’aide à la Grèce comprenant des garanties allemandes de 22,4 Mds € sur trois ans. Le 21 mai 2010, le Bundestag a adopté la loi sur la contribution allemande au plan européen de stabilisation de la zone euro qui prévoit des garanties allemandes de 123 milliards d’euros (portées à 148 milliards d’euros en cas de défaillance d’un Etat membre). Ont ensuite suivi les plans de sauvegarde mis en place pour l’Irlande et le Portugal.

En Allemagne, Berlin a comme priorité le retour au respect du Pacte de Stabilité (adoption pour 2011-2012 d’un plan de rigueur) ; au niveau européen, la priorité allemande va à la mise en place de mécanismes de prévention et de correction des déficits excessifs. Cette crise a laissé des traces dans l’opinion et la classe politique allemandes, très attachées au maintien d’une monnaie commune stable, ce qui a incité la chancelière à proposer, avec la France, un « pacte pour l’euro », adopté lors du Conseil européen des 24-25 mars 2011.

Les débats au Bundestag restent difficiles : un nombre croissant de députés (en majorité du FDP et de la CDU/CSU) critiquent la faible implication du Parlement allemand dans la prise de décision sur le mécanisme européen de stabilité (MES). Le gouvernement présentera d’ici l’automne un paquet législatif à ce sujet.

La catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon a provoqué un changement de cap dans la politique énergétique du gouvernement, également poussé par l’opinion publique allemande, traditionnellement anti-nucléaire. Angela Merkel a décidé un moratoire de trois mois et la fermeture provisoire de sept réacteurs. Un nouveau projet de loi, destiné à avancer le calendrier de sortie du nucléaire, est actuellement en préparation. Il sera présenté au parlement en juin-juillet.

Les accusations à l’encontre du ministre de la Défense, K.-T. zu Guttenberg, selon lesquelles ce dernier avait copié dans sa thèse de droit de nombreux documents académiques, sans en citer les sources, ont acculé ce dernier à la démission, le 1er mars 2011. La Chancelière l’a remplacé par M. de Maizière (CDU), auparavant ministre fédéral de l’Intérieur, auquel a succédé M. Hans-Peter Friedrich (CSU). M. de Maizière devra mettre en œuvre l’importante réforme de la Bundeswehr, dont les effectifs diminueront d’un tiers environ, et qui sera réorganisée en armée professionnelle.

Au niveau des Länder, les élections régionales du 9 mai 2010 en Rhénanie du Nord-Westphalie (Land le plus peuplé d’Allemagne) ont vu la victoire de la coalition SPD-Verts sur le gouvernement CDU/FDP sortant. Quoiqu’à la tête d’une coalition minoritaire, Mme Hannelore Kraft (SPD) a été élue ministre-présidente le 14 juillet 2010.

Cette nouvelle coalition a fait perdre au gouvernement fédéral la majorité dont il disposait au Bundesrat (Chambre haute). L’année 2011 est marquée par la tenue de sept scrutins régionaux importants, dont les premiers (Hambourg, Saxe-Anhalt, Rhénanie-Palatinat et Bade-Wurtemberg) ont donné la majorité relative à l’opposition au Bundesrat et contraignent le gouvernement fédéral à composer avec elle pour adopter des projets législatifs nécessitant l’approbation de la Chambre haute. A Hambourg le 20 février, le SPD a obtenu la majorité absolue des 121 sièges du parlement régional, jusqu’alors dominé par la CDU (alliée aux Verts). Le scrutin du 20 mars dans le Land de Saxe-Anhalt a vu la CDU conserver la première place, malgré un léger recul : la grande coalition CDU-SPD y a été reconduite à Magdeburg (à noter l’entrée au parlement régional des Verts, après treize années d’absence, et la défaite du FDP, qui n’y est plus représenté). Le scrutin du 27 mars, dans le Bade-Wurtemberg, a constitué un événement politique majeur : les Verts et leur candidat W. Kretschmann ont remporté ces élections et pris, pour la première fois de leur histoire, la tête d’un Land, dirigé depuis 1953 par la CDU. Le même jour, le ministre-président (SPD) de Rhénanie-Palatinat, Kurt Beck, a conservé de justesse son poste, mais doit dorénavant s’allier aux Verts, alors que les libéraux ont perdu tous leurs mandats au parlement de Mayence.

Suite à ces résultats, M. Westerwelle a renoncé à se porter à nouveau candidat à la présidence. Lors du congrès fédéral du parti libéral, du 13 au 15 mai 2011, M. Rösler a pris la tête du parti et est ainsi devenu vice-chancelier. M. Brüderle, jusqu’alors ministre fédéral de l’Economie et de la Technologie, est devenu président du groupe FDP au Bundestag, il a été remplacé, à la tête du ministère de l’Economie, par M. Rösler. M. Bahr, alors secrétaire d’Etat au ministère de la Santé, a pris la succession de M. Rösler à la tête de ce ministère. Les élections régionales du 22 mai 2011 à Brême ont abouti à la reconduction du SPD et des Verts à la tête du Land.

Les prochains scrutins auront lieu en septembre à Berlin et en Mecklembourg-Poméranie-occidentale.

Situation économique

Durement touchée par la crise économique et financière internationale (notamment les secteurs-phares de l’automobile et de la machine-outil), l’Allemagne a subi une forte chute des exportations, la plus grave enregistrée depuis 1950, et l’impact du recul du commerce extérieur a entraîné une récession. Pour la première fois, l’Allemagne, dépassée par la Chine, a perdu en 2009 sa place de première nation exportatrice. Les plans de relance (plans de relance conjoncturelle de 80 Mds € en 2009-2010, appui au secteur financier et aux entreprises), en soutenant la consommation des ménages et les dépenses publiques, ont permis de limiter l’ampleur de la récession. Sur l’ensemble de l’année 2009, l’économie a reculé de 4,7 % et le budget a affiché en 2010 un déficit de 3,7 %, après avoir été équilibré en 2008.

Depuis 2010, la reprise est solide. L’économie allemande a enregistré une croissance de + 3,5 % en 2010, un record depuis la réunification. Elle a connu un fort rebond des exportations et de la production industrielle, comme l’indiquent les derniers chiffres fournis par l’Office fédéral des statistiques : les exportations ont totalisé 98,3 Mds € pour le mois de mars 2011 (hausse de 15,8 % sur un an) et 79,4 Mds € pour les importations. Cette reprise s’avère robuste, puisque portée tant par la contribution interne (2,3 % de PIB) que par la demande externe (1,2 % PIB). Représentant 3,7 % du PIB, le déficit public s’est établi en 2010 à un niveau légèrement supérieur aux critères du Pacte de stabilité européen (3 %). L’Allemagne devrait ramener son déficit public aux alentours de 2,5 % dès 2011, conformément au Pacte de stabilité et à la limite constitutionnelle à l’endettement public structurel, fixée à 0,35 % du PIB pour le gouvernement fédéral, et contraignante à compter de 2016. A cette fin, Angela Merkel a présenté le 7 juin 2010 un plan de rigueur, voté le 28 octobre au Bundestag. D’un volume cumulé de 80 milliards d’euros d’ici 2014, ce plan de rigueur porte l’effort principalement sur les entreprises, le secteur social et l’administration.

Le taux de chômage n’a connu qu’une hausse modérée en 2009 (8,2 %) grâce au recours au chômage partiel (dont le gouvernement a prolongé le dispositif jusqu’en mars 2012) et aux accords des partenaires sociaux privilégiant le maintien de l’emploi. La reprise se traduit positivement sur le marché de l’emploi (taux de chômage de 7,3 % en avril 2011) : le nombre de chômeurs est passé en octobre 2010 sous la barre des 3 millions. La croissance économique de l’Allemagne se situe pour 2011 entre 2,3 et 2,6 %.

Politique extérieure et relations avec l’Union européenne

Depuis l’arrivée au pouvoir d’une génération née après 1945, l’Allemagne se montre plus active sur la scène internationale, tant en Europe (y compris avec des Etats non membres de l’UE), qu’en participant à des opérations menées dans le cadre de l’ONU, de l’OTAN et de l’Union européenne (lutte contre la piraterie dans l’Océan Indien, contrôle de trafics en Méditerranée orientale, Afghanistan, Balkans). Tout en rappelant les responsabilités liées au passé, les dirigeants du pays sont soucieux de lui donner une place à la mesure de son poids économique et de son influence politique.

Dirigée par Guido Westerwelle, mais également influencée par la chancellerie, la diplomatie présente une continuité dans les choix fondamentaux que sont l’engagement de l’Allemagne en faveur de l’intégration européenne et le partenariat transatlantique, qui en sont les deux piliers depuis 1949. La fermeté sur l’Etat de droit et le respect des Droits de l’Homme (vis-à-vis de l’allié américain comme de la Russie et de la Chine) affichée notamment par Mme Merkel constitue une caractéristique forte du « message international » de la RFA. Le ministre des Affaires étrangères (FDP) Guido Westerwelle inscrit lui aussi son action dans ce sens.

L’Allemagne montre un intérêt croissant pour les pays du sud de la Méditerranée et le monde arabe. Elle y mène une politique axée sur la conditionnalité politique, tout en poussant à un renforcement des liens économiques et des intérêts de ses entreprises dans la région. G. Westerwelle a proposé en février une réévaluation de la politique européenne de voisinage, en lui donnant un rôle d’encouragement des valeurs démocratiques. L’Allemagne est par ailleurs prête à refonder avec la France l’Union pour la Méditerranée sur des projets concrets (notamment dans le domaine des énergies renouvelables et plus particulièrement du solaire).

L’Allemagne et le « printemps arabe »

Face aux mouvements dans le monde arabe, Berlin entend accompagner les processus de transformation : M. Westerwelle s’est rendu en Tunisie le 12 février et en Egypte, à deux reprises (24 février et 18-19 avril), pour rappeler le soutien qu’entendait apporter l’Allemagne, aux processus de transition. Le 16 février, M. Westerwelle a proposé à l’Egypte « un partenariat pour la transformation afin de renforcer la société civile et les institutions démocratiques ». L’Allemagne s’est abstenue lors du vote par le CSNU de la résolution 1973, autorisant l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Libye. Cette abstention, critiquée par la presse allemande, a suscité le trouble dans la majorité parlementaire. Le ministre souhaite inciter les pays de l’UE à « ouvrir leurs marchés » aux produits de toute l’Afrique du Nord, pour y aider le processus démocratique.

Union européenne

Comme le précise le « contrat de coalition », l’Allemagne entretient un lien privilégié avec la France, et entend faire mieux prendre en compte les intérêts de ses voisins, en particulier de la Pologne (au sein du Triangle de Weimar, avec la France) dans l’UE.

La présidence allemande de l’UE au premier semestre 2007 a été marquée par l’adoption au Conseil européen de juin d’un accord sur le mandat pour la réforme des institutions (qui a abouti au Traité de Lisbonne) et des progrès sur les dossiers environnementaux et énergétiques. Le 30 juin 2009, la décision de la cour de Karlsruhe précédant la ratification du traité de Lisbonne a donné lieu au vote d’une nouvelle loi d’accompagnement associant plus étroitement encore le Parlement allemand à la gestion des questions européennes (renforcement du principe de subsidiarité) ; dans ce contexte, le Bundestag se montre particulièrement vigilant pour toutes les questions concernant l’euro et l’union économique et monétaire, et adopte des résolutions encadrant fortement la marge de négociation du pouvoir exécutif. L’adoption, le 22 février dernier, par les groupes parlementaires CDU/CSU et FDP, d’une motion commune visant à encadrer les négociations du gouvernement fédéral relatives à la révision du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, nécessaire à l’établissement du futur Mécanisme européen de stabilité, s’est inscrite dans ce cadre.

L’élargissement de l’Union est aujourd’hui vu avec plus de prudence. Sans parler officiellement de « pause », comme le faisait le programme de la CDU aux élections européennes de 2009, l’Allemagne adopte aujourd’hui une attitude beaucoup plus prudente et exigeante sur les critères à remplir par les candidats à l’adhésion. L’Allemagne soutient l’élargissement aux Balkans occidentaux et la poursuite des réformes dans les pays qui ont vocation à rejoindre l’UE sur la base des progrès individuels et de l’effectivité des reformes.

Etats-Unis et organisations internationales

La volonté de rapprochement avec lesEtats-Unis après la crise irakienne est soutenue par Mme Merkel, qui s’était rendue à Washington dès le 3 novembre 2009 pour prononcer un important discours devant le Congrès. Sans modifier les fondamentaux de la politique allemande vis-à-vis des Etats-Unis, sans nier les différences qui ont pu apparaître dans les systèmes de valeurs des deux sociétés (peine de mort) et les divergences sur certaines questions (environnement notamment), celle-ci a réussi à redonner une chaleur aux relations germano-américaines, qui bénéficient aussi de la popularité du Président Obama. La professionnalisation de la Bundeswehr pourrait aussi avoir des conséquences sur cette coopération, comme la non-participation du partenaire allemand à l’intervention en Libye, alors même que l’Allemagne vient d’être élue membre non permanent au CSNU pour le biennum 2011-2012. Elle assure par ailleurs la présidence de deux groupes de travail des Nations unies (comité de sanctions contre al-Qäida et les Taliban, groupe de travail sur les enfants dans les conflits armés) et elle présidera le Conseil en juillet 2011.

Comme ses prédécesseurs, Mme Merkel souhaite développer le dialogue politique dans le cadre de l’Alliance atlantique, le renforcement de l’OTAN en tant que forum de discussion étant pleinement compatible avec la « montée en puissance » de la politique européenne de défense et de sécurité commune. L’Allemagne participe activement à la construction de l’Europe de la défense (malgré certaines tensions dans le domaine industriel, comme sur le dossier de l’A400M), en lien étroit avec la France. Le contrat de coalition reste fidèle aux principes de la politique de sécurité allemande (poursuite des opérations extérieures dans un cadre multilatéral, priorité à la défense du territoire). Toutefois, la question du retrait - à terme - des armes nucléaires (américaines) du territoire fédéral est posée dans le "contrat de coalition" et promue par M. Westerwelle.

Europe centrale et orientale

L’Europe centrale et orientale reste une priorité stratégique de l’Auswärtiges Amt, qui veille à un dialogue soutenu avec les partenaires du groupe de Visegrad et l’Autriche. Le « partenariat stratégique » avec la Russie demeure essentiel, notamment dans le domaine économique et énergétique, même si la Chancelière affirme une ligne plus critique sur la question des Droits de l’Homme. Le gouvernement allemand maintient l’implication de l’Allemagne dans le traitement des crises régionales et des questions de gouvernance mondiale. L’Allemagne reste ainsi fortement engagée dans les Balkans (militairement - Kosovo - et diplomatiquement - Groupe de contact) et en Europe orientale. Les 20 ans du traité de coopération avec la Pologne seront fêtés avec faste en juin 2011 et donneront lieu à l’organisation du premier conseil des ministres conjoint germano-polonais.

Proche et Moyen Orient

L’intérêt ancien de l’Allemagne pour le Moyen-Orient ne se dément pas, lié notamment à la responsabilité particulière de l’Allemagne envers l’Etat d’Israël, réaffirmée par Mme Merkel lors de sa visite d’Etat en Israël, avec une intervention devant la Knesset (16-18 mars 2008) et lors de la première réunion des deux gouvernements en janvier 2010 à Berlin. L’Allemagne maintient en outre sa position traditionnelle vis-à-vis de la Palestine, en refusant de reconnaitre unilatéralement l’Etat palestinien (position réaffirmée par la chancelière lors de la visite du président palestinien Mahmoud Abbas le 5 mai 2011 à Berlin). Au Liban, la Bundeswehr a assuré le commandement de la force maritime internationale de surveillance des côtes et la surveillance de l’aéroport de Beyrouth.

Mme Merkel reste fidèle aux principes qui ont guidé la politique allemande vis-à-vis de l’Irak : absence d’engagement sur le terrain, priorité aux efforts de réconciliation nationale. La diplomatie allemande s’est également impliquée dans le dossier iranien, en étroite concertation avec ses partenaires européens (France, Royaume-Uni) et les Etats-Unis, la Chine et la Russie. L’Allemagne, dont la contribution financière et politique (processus de Bonn) à la stabilisation de l’Afghanistan est considérable, y a renforcé sa présence militaire (environ 4500 hommes). L’engagement en Afghanistan, soumis à l’autorisation annuelle du Bundestag (le mandat de la Bundeswehr a été prolongé d’un an pour la dernière fois le 28 janvier 2011) suscite de nombreux débats, alors que l’opinion est majoritairement favorable au retrait des forces allemandes.

Asie/Afrique

Les nombreuses visites de Mme Merkel en Chine ont confirmé le dynamisme de la diplomatie allemande en Extrême-Orient (accord sur la mise en place d’un « partenariat stratégique » germano-chinois, et accord pour l’organisation d’un Sommet annuel sino-allemand, le premier se tiendra au mois de juillet à Berlin) ; M. Westerwelle et de nombreux autres ministres se rendent aussi régulièrement dans le pays. Berlin est une étape fréquente de tous les déplacements de personnalités chinoises en Europe.

L’intérêt pour l’Afrique de la Chancelière a été renforcé par les initiatives de l’ancien Président fédéral Horst Köhler et le grand projet énergétique solaire « Desertec » (au Sahara et au Sahel). L’Allemagne a également envoyé des troupes en République Démocratique du Congo dans le cadre d’une mission de l’Union Européenne de soutien à la MONUC durant le processus électoral. Dans les premiers mois de son mandat, M. Westerwelle a effectué une tournée remarquée en Afrique orientale et australe.

G8/G20

Enfin, l’Allemagne est étroitement associée à la double présidence française des G8 / G20. Le Président de la République a confié à la Chancelière fédérale une mission sur la réforme du système monétaire international, priorité de la présidence française du G20. L’Allemagne copréside le groupe de travail sur le sujet avec le Mexique, ainsi que le sous-groupe de travail sur les flux de capitaux avec le Brésil, dans la filière finances du G20.

Mise à jour : 27.05.11

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