(huis clos des chefs d’Etat et de gouvernement)
Avec 18% de la population mondiale, 27% des Etats membres de Nations Unies mais seulement 4% du PIB mondial, l’Afrique reste un acteur marginal dans les grandes enceintes internationales. Le Sommet de Nice sera l’occasion d’évoquer, entre autres sujets, la réforme du Conseil de Sécurité des Nations Unies dans l’intérêt de l’Afrique et une meilleure association de l’Afrique aux travaux du G8 et du G20.
La France n’est plus le gendarme de l’Afrique, comme le Président de la République française l’a souligné avec force lors de son discours au Cap en février 2008. Le débat portera sur trois enjeux : le soutien qui peut être apporté au système africain de sécurité collective (les Forces Africaines en Attente) ; l’intérêt commun de la France, de l’Europe et de l’Afrique à lutter ensemble contre des menaces transnationales (terrorisme, trafic de drogues, piraterie) ; les moyens de régler les crises institutionnelles sur le continent africain.
L’Afrique et la France ont étroitement travaillé ensemble pour préparer le Sommet de Copenhague. Cette détermination partagée a permis de faire bouger les lignes. Copenhague a montré que la question de la lutte contre le changement climatique est indissociable de celle du développement. Le sommet de Nice sera l’occasion, de définir la façon dont la France et l’Afrique peuvent continuer à travailler de concert à Cancun en vue de concilier les exigences de la lutte contre le changement climatique et celles du développement, de la lutte contre la pauvreté et de la sécurité alimentaire.
(ateliers présidés par les ministres)
Le secteur privé est, par ses investissements et ses innovations, un acteur essentiel pour le développement. Les débats porteront sur les moyens à engager en vue d’aider les Etats africains à renforcer leurs dispositifs légaux ou administratifs pour encourager l’activité économique et inciter les acteurs privés à développer leurs pleines capacités d’investissements et de production.
Les Petites et Moyennes Entreprises en Afrique souffrent trop souvent d’un accès limité aux financements qui nuit à leur émergence et à leur croissance. Sans accès aux financements, les producteurs n’ont pas les moyens de financer des investissements, de faire leur entrée sur le marché, d’accroître leur capacité de production, de mettre à niveau leurs technologies et d’améliorer leurs produits et services. Ces difficultés ont un impact direct sur l’emploi et la lutte contre la pauvreté sur le continent africain. Les débats porteront sur les dispositions à prendre en vue de rendre le système financier plus accessible aux PME et plus favorable à l’investissement.
Le développement économique de l’Afrique suppose de répondre au double défi de la formation d’une population jeune et nombreuse et de son insertion sur un marché du travail toujours plus exigeant. Le manque de main d’œuvre qualifiée et d’une offre de formation adéquate reste un frein au développement des entreprises et de l’emploi en Afrique. Les débats porteront sur l’aide que les partenaires français, publics et privés, peuvent apporter pour améliorer et renforcer l’offre de formation professionnelle au profit de la jeunesse africaine.
L’entreprise privée fait de la rentabilité et de la croissance sa priorité. Mais il est indispensable qu’elle se comporte de façon responsable et éthique vis-à-vis de son environnement et de ses parties prenantes (salariés, actionnaires, clients, fournisseurs et société civile). L’application de standards élevés en matière de RSE de l’entreprise bénéficie aussi bien à l’entreprise (qualité du capital humain, qualité des relations client-fournisseur) qu’au tissu économique et social du pays d’implantation de l’entreprise (développement durable, respect de l’environnement, emplois qualifiés, libertés syndicales, développement de la sous-traitance). Les débats porteront sur les dispositifs à prendre pour développer la démarche RSE sur l’ensemble du continent africain.
L’Afrique se distingue du reste du monde par la sobriété de sa consommation d’énergie (5,6% de l’énergie consommée et 3% du CO² rejeté en 2007 pour une population représentant 15% de la population mondiale, selon l’Agence Internationale de l’Energie), laquelle se répartit inégalement sur l’ensemble du continent et entre villes et campagnes. Inversement, ces déséquilibres illustrent les perspectives de croissance des besoins énergétiques dans un contexte de transformation économique du continent. L’Afrique dispose d’un large potentiel de ressources énergétiques susceptibles de satisfaire sa demande en forte croissante. Des efforts de rationalisation et de mobilisation financière sont ainsi nécessaires pour répondre aux besoins en énergie du continent tout en assurant le respect de l’environnement. La promotion de nouvelles sources d’énergies renouvelables sera donc au cœur des débats.
Les migrants établis en France constituent des acteurs majeurs du développement du continent africain. Leurs transferts de fonds représentent de 3,5% à 22% du produit intérieur brut de leur pays d’origine et jusqu’à 336% de l’aide publique au développement. L’impact de ces transferts de fonds sur la lutte contre la pauvreté et la création durable de richesses est cependant limité par le coût des opérations de transfert qui en réduit le volume, le recours important aux réseaux informels et leur faible contribution au financement d’activités et d’investissements productifs. Avec l’ensemble des pays du G8, la France s’est engagée à réduire de moitié le coût de ces transferts d’ici 2014, tout en renforçant leur impact sur le développement des pays d’origine par une meilleure orientation des fonds et la création d’un environnement favorable à l’entreprenariat et à l’investissement des migrants. Pour y parvenir et mobiliser ainsi pleinement les migrants pour la création d’entreprises et l’investissement, la France proposera à ses partenaires africains, aux institutions financières internationales et aux établissements financiers de s’engager ensemble dans un nouveau partenariatpouraugmenter les fonds disponibles dans les pays d’origine, développer des produits financiers encourageant la création de micro-entreprises et les investissements productifs ou sociaux, et créer un environnement favorable aux projets d’entreprise des migrants.
