"La jeunesse africaine : sa vitalité, sa créativité, ses aspirations" : c’est sur ce thème que le Mali, pays-hôte, a réuni les Chefs d’Etat d’Afrique et de France lors de leur XXIIIème conférence, à Bamako les 3 et 4 décembre 2005.
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Dans le calendrier chargé des grandes réunions internationales, les sommets Afrique - France permettent, tous les deux ans, aux Chefs d’Etat de réfléchir et de s’exprimer informellement sur les enjeux mondiaux qui concernent plus particulièrement le continent, et sur la manière de mieux les aborder ensemble. La France, liée historiquement à l’Afrique et principal partenaire du continent, attache une grande importance à ces rencontres.
Une telle conférence sera particulièrement utile en cette fin d’année 2005 : le sommet du G8 et l’approfondissement du dialogue G8/NEPAD, le sommet de New-York sur la réforme de l’ONU et la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement, le Sommet Mondial sur la Société de l’Information à Tunis en novembre, les réunions de l’OMC à Hong Kong en décembre confirment la place de l’Afrique au tout premier rang des priorités de la communauté internationale, avec des initiatives nouvelles, telles que les allègements de dette pour les pays les plus pauvres, ou les sources innovantes de financement du développement.
En matière de résolution de conflit, le contexte de ce sommet de Bamako est plutôt favorable, ce qu’illustrera, cette année, la participation de la Somalie : pour la première fois, tous les Etats africains seront représentés. Nombre de conflits anciens se sont apaisés. Au Burundi, le processus de transition a connu une étape décisive avec l’élection présidentielle. En République Démocratique du Congo, au Sud-Soudan, au Libéria, au Sierra Leone, des processus de paix et de réconciliation se poursuivent. L’apparition de nouveaux conflits, au Darfour, mais aussi en Côte d’Ivoire, ou les tensions récurrentes, montrent que cette éclaircie est fragile et exige un engagement résolu et de long terme des Africains, avec l’appui de la communauté internationale.
Enjeu de l’Afrique d’aujourd’hui, la jeunesse est aussi son atout pour demain, si nous savons être à son écoute et apporter des réponses à ses interrogations et à ses aspirations.
Education, formation professionnelle, emploi, citoyenneté et gouvernance, nouvelles technologies, expressions artistiques, santé, circulation des personnes et des idées : l’exigence d’accès à ce qui fait le monde moderne d’aujourd’hui est légitime. La satisfaire ne peut que conduire le continent africain à davantage de sécurité, davantage de prospérité, dans l’intérêt de tous.
Le Forum de la Jeunesse des 8 et 9 novembre a permis, un mois avant le sommet, de faire entendre la voix de ceux qui représentent sept Africains sur dix.
Site officiel du Sommet : www.afriquefrance2005.org
Site de la Présidence de la République
"Après avoir rappelé que la Jeunesse africaine représente les deux tiers de la population du continent, les chefs d’Etat ont souligné l’urgente nécessité de lui redonner espoir et confiance, et de définir des perspectives lui permettant de jouer pleinement le rôle qui lui revient dans le contexte de la mondialisation, à l’aube du XXIème siècle."
"Les chefs d’Etat et de gouvernement d’Afrique et de France ont appelé à l’adoption, lors de la conférence ministérielle de Hong Kong, de mesures :
en faveur des pays en développement, par un traitement spécial et différencié, des réponses à l’érosion des préférences, des appuis pour renforcer les échanges commerciaux africains,
et pour les pays les moins avancés, l’accès en franchise de contingents et de droits pour leurs productions…"
"Les handicaps hérités de l’histoire, du climat, de règles commerciales inadaptées, font obligation à la communauté internationale d’aider l’Afrique. Il en va de l’avenir du continent mais aussi de l’avenir du monde. Cette conviction est d’abord celle de la France avec qui de nombreux pays d’Afrique entretiennent tant de liens culturels, économiques et humains. Au service de la paix et du développement, elle est engagée à leur côté dans une relation d’égalité fondée sur le respect et l’indépendance."
"Nous avons évoqué le problème du développement qui ne pourra être une réponse crédible aux problèmes que j’évoquais à l’instant que dans la mesure où des moyens nouveaux seront mis en œuvre. […]
Nous avons également évoqué le problème des crises, en particulier la Côte d’Ivoire, le Darfour et nous avons évoqué le problème de la préparation du prochain G8. […]
Nous avons enfin évoqué les problèmes des migrations."
"Grâce à l’engagement sans précédent de l’Union africaine et de l’Organisation des Nations unies, la paix et l’Etat de droit progressent. La démocratie s’installe. La France prend toute sa part à cet effort en soutenant, à la demande des Africains, les opérations menées par ces institutions et par les organisations régionales responsables et compétentes. En adaptant son dispositif militaire et en appuyant RECAMP, avec l’Union européenne, elle contribue à désamorcer les crises et à former ces corps africains de maintien de la paix qui constituent la vraie réponse aux menaces de déstabilisation. Elle soutient également l’objectif nécessaire d’un traité international sur le commerce des armes.
L’urgence, c’est aussi de vaincre la pauvreté, de permettre l’éclosion d’une classe moyenne, d’employer au mieux les élites, si nombreuses sur ce continent. La formation doit être notre priorité."
Propos de M. Jacques Chirac ; à son arrivée à Bamako au Mali (Bamako, 2 décembre 2005)
"Nous avons, dans la période actuelle, des préoccupations liées notamment aux problèmes commerciaux et, notamment, ceux qui concernent les négociations internationales dont je souhaite qu’elles ne se fassent pas au détriment des pays pauvres d’Afrique, en particulier.
Nous avons des problèmes de financement du développement qui exigent de la part de la communauté internationale un effort plus important. Et la France plaide, vous le savez, pour l’adjonction de financements innovants permettant de répondre à ces besoins."
"La France attache une importance majeure à ces rencontres qui nous réunissent régulièrement depuis plus de vingt ans maintenant, au niveau ministériel, et au niveau des chefs d’Etat. Ce sont en effet ces échanges qui nous permettent, dans le cadre d’un dialogue informel, sincère, et constructif, de prendre toute la mesure de vos objectifs et de vos analyses, pour continuer de s’en faire le meilleur porte-parole auprès des Nations unies, du G8, de l’Union européenne ou des grandes institutions financières internationales. Et qui vous permettront aussi de mesurer les nôtres."
"A Barcelone, j’ai fait une proposition. J’avais organisé auparavant une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Europe du sud, Espagne, Italie, Portugal, Chypre, Grèce et France. Et nous avons fait une proposition à Barcelone, qui a été reprise par les chefs d’Etat et de gouvernement : celle de créer une Banque européenne-africaine, qui puisse être un outil financier avec un conseil scientifique et technique très fort pour décider quel projet aider ou non. Il n’est pas question que ce soit un assistanat ! Ce n’est pas considérer quelqu’un que de donner de l’argent, quoi qu’il arrive. Et puis, en même temps, il faut travailler un peu plus avec les pays qui prennent leurs responsabilités sur l’émigration qu’avec les autres. Donc, je crois qu’il faut considérer les pays africains comme des partenaires responsables, il faut tout faire pour qu’il y ait moins de conflits."
