La France a accueilli avec beaucoup d’intérêt le lancement, il y a quatre ans, par ses premiers promoteurs africains, du « nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique » (NEPAD). Elle a, dès l’origine, apporté son soutien aux pays engagés dans cette approche refondatrice. Avec nos partenaires du G8, nous avons voulu répondre aux attentes de l’Afrique, en élaborant avec eux le plan d’action ambitieux adopté en 2002 à Kananaskis. La démarche repose sur un constat simple : les pays africains ont décidé de renforcer collectivement la bonne gestion de leurs pays, dans ses aspects politiques et économiques, et cette action permettra d’attirer des flux plus importants de capitaux privés et publics. Le NEPAD apporte en outre un concours important aux politiques publiques africaines dans chacun des domaines du développement durable. Cette volonté se concrétise par la mise en place, par les Africains, d’un mécanisme de revue par les pairs sur l’ensemble de ces aspects.
Parce qu’elle partage une même exigence de responsabilité et parce qu’elle souscrit aussi à la volonté de bâtir, grâce au partenariat, une relation nouvelle entre l’Afrique et le monde, la France adhère pleinement aux valeurs et aux méthodes retenues par les pays africains. Nous voulons être exemplaires dans la mise en œuvre du « Plan d’action pour l’Afrique », en choisissant de privilégier les axes d’intervention où notre compétence et notre message revêtent pour l’Afrique un caractère important et singulier.
Le soutien de la France est sans ambiguïté. Il s’inscrit dans la durée. Les pages qui suivent ont pour objectif de présenter de manière concrète les contributions que nous apportons à la mise en œuvre du NEPAD, les instruments que nous nous proposons de mettre au service d’une entreprise qui doit faire progresser l’Afrique vers la paix et le développement et de préciser dans chaque domaine la manière dont nous concevons notre action.
Au-delà, le Président de la République a souhaité donner une impulsion nouvelle à notre effort d’aide au développement, en prenant l’engagement de parvenir en 2007 à un effort d’aide représentant 0,5 % de notre RNB, en vue d’atteindre en 2012 l’objectif de 0,7 %.
La réalisation de cet objectif est d’ores et déjà bien engagée : après un niveau d’aide publique au développement constaté de 0,32 % en 2001, l’aide française au développement a atteint 0,41 % en 2003 et devrait atteindre 0,44 % en 2005. À deux mois du Sommet de New York des Nations Unies, qui fera le point sur l’état de réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement, la France confirme son engagement.
Parallèlement à l’augmentation des ressources budgétaires, la France poursuivra activement ses efforts auprès des différentes enceintes internationales et de ses partenaires pour la mise en place de financements innovants, notamment avec le lancement, dès 2005, d’un projet pilote de contribution internationale sur le transport aérien dont le produit pourrait être alloué à la lutte contre le VIH/SIDA et aux grandes pandémies.
L’Afrique restera le premier bénéficiaire de ces efforts, avec environ deux tiers de notre aide bilatérale, aide qui sera orientée principalement vers la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement et ceux du NEPAD.
Le NEPAD constituera bien évidemment le cadre général dans lequel cette aide viendra s’insérer. Les pays qui mettent en œuvre les principes du NEPAD, les partenaires privilégiés, bénéficieront au premier chef de ce nouvel effort, en cohérence avec la volonté française d’une plus grande appropriation des politiques de développement par les pays africains. L’aide publique au développement verra, en effet, son efficacité augmentée si elle s’appuie directement sur les politiques économiques définies par les pays bénéficiaires et soutenues par la communauté financière internationale.
Le document que vous avez entre les mains reprend la structure du « Plan d’action pour l’Afrique » en 8 chapitres adopté par les pays du G8 à Kananaskis, auxquels il était opportun d’ajouter un chapitre sur la gestion durable des ressources naturelles.
Il ne vise pas l’exhaustivité ni sur le plan financier ni sur le plan des actions entreprises. Il souligne les priorités françaises et veut mettre en avant l’exemplarité de certaines actions, qu’elles s’inscrivent dans un cadre bilatéral ou, très fréquemment, multilatéral.
Ce document n’est pas un catalogue mais un manifeste : la France a adopté le NEPAD et ce qui suit en témoigne. Dans le partenariat tel qu’il se met en œuvre, chacun des partenaires a entrepris un profond changement. C’est un signe des temps nouveaux qui s’ouvrent en Afrique.