Afghanistan

Présentation de l’Afghanistan

Présentation

Données générales

Données générales et géographiques

Nom officiel : République islamique d’Afghanistan.

Chef de l’Etat et du gouvernement : Hamid Karzaï.

Superficie : 652 090 km².

Capitale : Kaboul (3 millions d’habitants).

Villes principales : Kandahar (322 000), Hérat (305 000), Mazar-é Charif (131 000), Djalalabad (58 000), Koundouz (57 000).

Langues : pachtou, dari. Autres langues d’usage courant : ouzbek, turkmène.

Monnaie : afghani (1 AFN = 0, 017 € au 21 septembre 2010).

Fête nationale : 19 août (fête de l’Indépendance de 1919).

Données démographiques

Population : entre 24,5 et 29 millions selon les différentes estimations (auxquels s’ajoutent trois millions de réfugiés afghans encore présents en Iran et au Pakistan).

Croissance démographique(2002-2015) : 3,4 % par an.

Espérance de vie : 44 ans (estimation 2008).

Taux d’alphabétisationdes plus de 15 ans (2003) : hommes : 43 %, femmes : 22%.

Religions : 84% de musulmans sunnites (rite hanéfite), 15% de musulmans chiites (duodécimains et ismaéliens), autres (sikhs, hindous…).

IDH : 0,352 (soit 181e sur 182 Etats).

Données économiques

PIB(2010) : 17 milliards de dollars (source : Banque mondiale)

PIB/hab. (2010) : 501 dollars (source : Banque mondiale) ; 253 dollars en 2005/06.

Taux de croissance(2010) : 8,2 % (source : FMI)

Taux de chômage (2008) : 35 % (estimation, absence de données fiables)

Inflation (2010, prix à la consommation) : 7,7% ; projection 2011 : 8,4% (source : FMI).

Situation budgétaire (année fiscale 2009-2010) :

Le taux de collecte fiscale a atteint 9,8% en 2010/11 en augmentation par rapport à l’année précédente 8,9% du PIB (1,22 Mds USD) à la suite d’efforts pour élargir l’assiette fiscale. Il était de 7,1 % du PIB en moyenne sur la période 2006-2009. Pour mémoire, l’année civile et fiscale afghane commence le 21 mars, jour du nouvel an persan.

Budget de 8,7 Mds USD :
- il est réparti entre core budget (fonds gérés par le gouvernement) et l’external budget (aides extérieures ne transitant pas par le gouvernement, soit environ 60% des dépenses publiques), répartition à hauteur de 3,2 et 5,5 Mds USD.
- Le gouvernement afghan a demandé, lors de la conférence de Kaboul en juillet 2010, que 50% de toute l’aide au développement passe par le core budget d’ici 2 ans. Cette ambition se heurte toutefois aux difficultés de mise en œuvre des dépenses budgétées dans le core budget.

Balance commerciale -hors trafics illicites- hors transferts courants (2010) : - 6,5 Mds de dollars (9207 M USD d’importations et 2656 M USD d’exportations)

Principaux fournisseurs (2009) : Pakistan (26,8%), Etats-Unis (24,8%), Inde (5,1%), Allemagne (5,1%), Russie (4%), Royaume-Uni (3,3%).

Principaux clients(2009) : Etats-Unis (26,5%),Inde (23,1%) Pakistan (17,4%), Tadjikistan (12,5%) Russie (2,9%), Iran (2,3%).

Répartition de la population active (2010) :
- Agriculture : 31,6%
- Industrie : 26,3%
- Services : 42,1%.

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2008) :
- Agriculture : 31%
- Industrie : 26%
- Services : 43%.

Commerce bilatéral (2010) :
- Exportations de biens français en Afghanistan : 45,7 millions d’euros (- 10,5% par rapport à 2009)
- Importations de biens afghans en France : 1,5 million d’euros (- 38%). Sur les 11 premiers mois de l’année 2011, nos importations s’élèvent à 3,5 MEUR et nos exportations à 38,9 MEUR, soit un excédent commercial de 35,4 MEUR.

Consulat de France : Kaboul (section consulaire de l’ambassade).

Communauté française en Afghanistan (juillet 2008) : environ 330 personnes (hors militaires).

Communauté afghane en France : pas de données disponibles.

Politique intérieure

L’accord inter-afghan de Bonn-Petersberg du 5 décembre 2001 a mis en place une administration intérimaire présidée par un proche de l’ancien roi Zaher Chah, M. Hamid Karzaï, en prévoyant un calendrier pour une transition politique avec des élections libres et démocratiques.

Réunie à Kaboul en juin 2002, une LoyaJirga (assemblée traditionnelle) a reconduit Hamid Karzaï à la Présidence de l’Etat transitoire islamique d’Afghanistan. Une seconde LoyaJirga, dite constitutionnelle, a conclu ses travaux le 4 janvier 2004 par l’adoption d’une nouvelle constitution. Celle-ci confirme que l’Afghanistan est une République islamique et garantit le respect des droits de l’Homme, notamment le principe d’égalité des hommes et des femmes. Le régime est de nature présidentielle, mais avec un contrôle parlementaire renforcé. L’ancien roi, Zaher Chah, revenu à Kaboul en avril 2002, s’est vu reconnaître le titre honorifique de « Père de la Nation » et a continué à exercer une influence politique jusqu’à son décès le 23 juillet 2007.

Hamid Karzaï a remporté l’élection présidentielle du 9 octobre 2004 en obtenant, dès le premier tour, 55,4% des voix, face à 17 autres candidats. Le parlement a été inauguré le 17 décembre 2005 à l’issue des élections législatives du 18 septembre 2005. Il est composé de deux chambres, la MechranoJirga (Sénat), composée de 102 membres élus par les collectivités locales ou nommés par le Président, et la WolesiJirga, chambre basse comprenant 249 députés élus pour 5 ans, comme le Président. Un peu plus du quart des sièges de députés et de sénateurs est occupé par des femmes, en raison de l’existence de quotas.

La composition politique du parlement afghan reste très fragmentée. Il existe quelques groupes de taille réduite et sans profil politique évident. De nombreux parlementaires se déclarent indépendants. Lorsqu’ils appartiennent à un groupe, ils n’observent pas de discipline particulière. Le président Karzaï n’a pas souhaité être associé à un parti ou une coalition. C’est un de ses principaux opposants, YounousQanouni, qui a été Président de la WolesiJirgade 2005 à 2010. Il a été remplacé après les dernières élections par Abdul RaufIbrahimi, un proche du général Dostom. L’ancien président (en 1992) SebghatollahModjadeddi, a été élu à la tête de la MechranoJirga.

Selon les termes de la constitution du 4 janvier 2004, la WolesiJirgane peut être dissoute. Une procédure de destitution du président par cette chambre existe, mais avec des conditions très difficiles à remplir. La chambre basse a surtout le pouvoir de mettre en jeu la responsabilité des ministres, sur une base individuelle. Le chef de l’Etat est en même temps le chef du gouvernement.

Au terme d’un scrutin très controversé, marqué par de nombreuses fraudes et des incidents sécuritaires, le président Karzaï a été réélu le 2 novembre 2009 pour un second et dernier mandat de cinq ans, après avoir obtenu 49,67% des voix lors du premier tour du 20 août. Son adversaire, Abdoullah Abdoullah, a refusé de participer au second tour au motif que les conditions d’un scrutin équitable n’étaient pas réunies. Le président Karzaï a, dans son discours d’investiture du 19 novembre, pris des engagements fermes en matière de gouvernance et de lutte contre la corruption.

Processus entièrement mené par les autorités afghanes, les élections législatives du 18 septembre 2010 ont été marquées par de nombreux recours qui ont retardé et entaché la mise en place de la nouvelle assemblée, finalement inaugurée par le président Karzaï le 26 janvier 2011. Les relations entre le chef de l’Etat et le parlement, qui apparaît moins favorable à l’exécutif, pourraient rester tendues au cours des prochains mois.

Le contexte sécuritaire s’est fortement dégradé depuis 2006. L’Afghanistan a connu depuis lors une série d’attentats spectaculaires et meurtriers.L’année 2010 a été la plus violente depuis 2001. 2777 civils ont été tués, soit 15 % de plus qu’en 2009, selon le rapport annuel conjoint des Nations unies et de la Commission afghane indépendante des droits de l’Homme. Les groupes rebelles sont à l’origine de 75 % des victimes civiles (morts et blessés) contre 16 % pour les forces internationales et afghanes.711 soldats de la coalition ont été tués en 2010 contre 521 en 2009.

Défaits militairement par les forces alliées, les rebelles recourent de plus en plus fréquemment aux engins explosifs improvisés et aux attentats-suicide ainsi qu’aux enlèvements. Ils tentent par ce biais de saper l’action de la communauté internationale et des institutions mises en place depuis 2001, en misant sur l’érosion du soutien dont celles-ci peuvent jouir tant au sein de la population afghane que parmi les opinions publiques occidentales.

La Conférence de Londres du 28 janvier 2010 a donné une impulsion nouvelle à la recherche d’une solution politique à la crise afghane en soutenant le lancement d’un nouveau programme national pour la paix et la réintégration (Afghan Peace and Reintegration Program - APRP).

Initiative du président afghan annoncée à la Conférence de Londres, la Jirga de paix, qui s’est tenue à Kaboul en juin 2010, a formellement validé un cadre de négociation avec l’opposition armée et a institué un Haut Conseil pour la Paix, chargé de faciliter les contacts avec la rébellion. Ce processus devra respecter les lignes rouges établies par les autorités afghanes elles-mêmes : respect de la Constitution de 2004 et des droits de l’Homme, en particulier des droits de la femme, renoncement à la violence et absence de liens avec le terrorisme international.

Malgré les difficultés actuelles et l’ampleur des chantiers restant à mener, l’effort combiné des autorités afghanes et de leurs partenaires étrangers commence à porter des fruits. La population afghane n’a jamais plus qu’aujourd’hui bénéficié d’un accès aussi large à la santé (baisse depuis 2001 de l’ordre de 25% du taux de mortalité infantile) ou à l’éducation (scolarisation de plus de six millions d’enfants, dont un tiers de filles). Par ailleurs, l’Afghanistan enregistre, depuis 2006, des progrès significatifs en matière de reconstruction (infrastructures routières, écoles, hôpitaux) et de développement économique(agriculture, bâtiment, artisanat, services).

Situation économique

Malgré des taux de croissance élevés, de nombreux pans de l’économie afghane sont encore à reconstruire. L’agriculture, qui occupe 70% de la population, a été sinistrée par la guerre (champs minés, diminution de la qualité des semences et du cheptel, systèmes d’irrigation endommagés). Elle a cependant connu une forte reprise grâce à une bonne pluviométrie et à l’aide internationale.

L’industrie (agro-alimentaire, textile, énergie) entame à peine son redressement. L’artisanat (13% du PIB en 1981) a quasiment disparu. Le secteur du bâtiment est en revanche en pleine expansion. Le secteur minier, considéré comme prometteur, entame un lent redémarrage. Les réserves du sous-sol afghan sont estimées à 1000 Mds USD, selon une étude publiée en 2010 par le United States Geological Survey. La Chine a signé en mai 2008 un contrat record de 3,5 Mds USD pour l’exploitation du gisement de cuivre d’Aynak, à 30 km au Sud de Kaboul.

Les transports et la téléphonie mobile tirent la croissance du secteur des services. La compagnie privée de téléphonie mobile Roshan (3,5 millions d’abonnés) serait le premier investisseur du pays (430 millions de dollars à ce jour) et l’un des premiers contribuables et employeurs privés d’Afghanistan (1100 employés). La reprise du tourisme, un secteur clé de l’économie afghane d’avant-guerre, dépendra d’un retour à la stabilité et de la mise en place d’infrastructures, en premier lieu hôtelières, dignes de ce nom.

Malgré de nombreuses difficultés, le commerce connaît une reprise depuis la chute des Taleban, grâce surtout à la réfection de nombreuses routes. Les principaux partenaires commerciaux de l’Afghanistan sont l’Inde, le Pakistan et l’Iran. La construction d’un gazoduc qui permettrait l’exportation du gaz turkmène vers le Pakistan et l’Inde en passant par l’Ouest afghan est à l’ordre du jour (projet TAPI). Les conférences sur la coopération économique régionale pour l’Afghanistan (« RECCA » à Kaboul en décembre 2005, à New Delhi en novembre 2006 et à Islamabad en mai 2009) permettent aux Etats de la région d’examiner les questions d’intérêt commun (gestion des frontières, transports, énergie). La 4e RECCA s’est tenue à Istanbul en novembre 2010.

Le changement de monnaie nationale, fin 2002, a été l’une des grandes réussites économiques de la dernière décennie. L’afghani est relativement stable face au dollar américain et à l’euro. La monnaie métallique a été réintroduite en avril 2005, avec l’aide de la France, après trente ans d’absence.

La crise de la Kabul Bank a porté un coup sévère au secteur bancaire naissant. L’institution financière privée la plus importante du pays, qui gère les salaires de 220 000 fonctionnaires, un tiers des dépôts et 57% des emprunts, a subi en septembre 2010 une fuite de ses liquidités à la suite de révélations sur sa gestion frauduleuse (pertes estimées à environ 900 M USD). L’établissement est actuellement administré par la Banque centrale, qui a entrepris de premières mesures de redressement et de garantie des dépôts.

Ce scandale a conduit le FMI à geler sa décision pour un nouveau financement de 125 M USD sur trois ans via la « facilité élargie de crédit »(FRPC) qui avait été examinée par le Conseil d’administration du Fonds le 3 septembre 2010, soit quelques jours avant les déboires de la Kabul Bank. Ce programme aurait fait suite à la FRPC 2006-2009, dont le dernier décaissement était prévu en septembre 2010.

Problème majeur, la drogue entrave le développement de l’économie afghane, mine les efforts de reconstruction du pays, gangrène l’Etat et nourrit le terrorisme avec une imbrication croissante entre les Taleban et les réseaux de trafiquants. L’opium afghan représente 90% de la production mondiale totale. L’expansion de la culture du pavot est liée aux difficultés persistantes de contrôle du territoire par les autorités, aux défaillances de l’appareil judiciaire, douanier et policier ainsi qu’à une corruption endémique.L’opium étant transformé en héroïne de plus en plus sur le territoire afghan, la France a proposé le vote de la résolution 1817 du CSNU, adoptée le 11 juin 2008 et destinée à lutter contre le trafic international de précurseurs chimiques.

L’Afghanistan et la communauté internationale

La communauté internationale s’est engagée à soutenir le redressement de l’Afghanistan afin que ce pays retrouve sa place dans son environnement régional et international. Le processus de Bonn s’est achevé avec succès, mais la stabilisation définitive du pays n’est pas encore assurée.

Les Nations unies en Afghanistan

Le Conseil de Sécurité des Nations unies, par sa résolution 1401 du 28 mars 2002, a établi la Mission d’Assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA), qui est dirigée depuis le 1er mars 2010 par le Suédois Staffan de Mistura, représentant spécial du Secrétaire Général des Nations unies. Ce dernier co-préside, avec le gouvernement afghan, les travaux de l’instance de coordination des autorités afghanes et de la communauté internationale en Afghanistan, le JCMB (Joint Coordination and Monitoring Board), créée à la conférence de Londres de 2006 pour suivre la mise en œuvre des réformes.

Le CSNU a, par sa résolution 1917 du 22 mars 2010, recentré l’action de la MANUA sur les priorités politiques : mission de bons offices, suivi des élections et du processus de paix, promotion de la coopération régionale. Ces axes ont été confirmés par la résolution 1974 du 22 mars 2011 renouvelant pour un an le mandat de la MANUA.

La présence militaire internationale et française en Afghanistan

Les alliés ont adopté au Sommet de Bucarest (2-4 avril 2008) une stratégie qui reflète fidèlement les critères de succès définis par le Président de la République : commune détermination des alliés à rester engagés dans la durée, effort militaire inscrit dans le cadre d’une politique globale d’aide à la reconstruction, perspective claire de transfert progressif des responsabilités aux Afghans et stratégie politique impliquant le Pakistan voisin.

Dans le prolongement des conférences de Londres (28 janvier 2010) et de Kaboul (20 juillet), le Sommet de l’OTAN, à Lisbonne les 19 et 20 novembre 2010, a annoncé le lancement, au premier semestre 2011, du processus de transition vers un plein exercice des responsabilités par les autorités afghanes. L’objectif est de transférer progressivement à ces dernières le commandement des opérations de sécurité dans tout le pays d’ici la fin 2014.Pour accompagner cette transition, le nombre des membres des forces de sécurité afghanes sera porté à 170000 soldats et 134000 policiers d’ici octobre prochain. Le président Karzaï a annoncé le 22 mars 2011 la liste des zones concernées par la première tranche de la transition (3 provinces et 4 districts).

Dispositif militaire international

Le dispositif militaire international actuellement déployé en Afghanistan représente environ 140 000 soldats étrangers, originaires de 48 pays et membres de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS). Cette force est composée pour plus des deux tiers de soldats américains. 24 Etats de l’UE sur 27 y participent. Couvrant l’ensemble du territoire afghan, le déploiement de la FIAS en province s’appuie sur des bases militaires et des « Provincial Reconstruction Teams »(PRT), équipes civilo-militaires de reconstruction, souvent multinationales.

La FIAS a été créée par le Conseil de Sécurité des Nations unies en décembre 2001 (résolution 1386). Elle dispose d’un mandat renouvelé annuellement par résolution du CSNU. La dernière en date, la résolution 1943, a été votée à l’unanimité des membres du CSNU le 13 octobre 2010. Le rôle de la FIAS est d’aider le gouvernement afghan à assurer un environnement de sécurité pour permettre le succès des efforts civils destinés à la reconstruction et au développement du pays. L’OTAN assure depuis août 2003 le commandement de la FIAS, qui est dirigée, depuis le 4 juillet 2010, par le général américain David Petraeus.

Parallèlement à la FIAS, les opérations de la coalition antiterroriste « Liberté immuable » (environ 17 000 hommes, essentiellement américains) se poursuivent sur la base de l’article 51 de la Charte des Nations unies (droit de légitime défense).

Dispositif militaire français

Le dispositif militaire français engagé dans le cadre des opérations en Afghanistan regroupe 4000 militaires qui opèrent sur le territoire afghan, mais aussi depuis Douchanbé (avions de transport) et la mer d’Oman (ravitaillement).

Opérationnelle depuis le 1er novembre 2009, la task force La Fayette (TFLF) constitue l’une des cinq brigades (Brigade Combat Team) du Commandement régional Est. Elle a pour zone d’opération le district de Surobi et la province de Kapisa à l’est et au nord-est de Kaboul. Déployée principalement sur quatre bases ou postes avancés, elle conduit des missions de sécurisation et de contrôle de zone, des opérations au profit de la population, ainsi que des opérations conjointes avec les forces de sécurité afghanes conseillées par des militaires français. Dans la zone de la TFLF, cinq équipes d’encadrement opérationnel de l’armée afghane (Operational Mentoring and Liaison Teams françaises, ou OMLT) sont également déployées auprès des bataillons de la 3ème brigade du 201ème corps de l’Armée nationale afghane (ANA).

Ce dispositif militaire s’inscrit dans le cadre d’une approche globale incluant la mise en place auprès de la police afghane de Police operationalmentoring and liaison teams (POMLT), armées par la gendarmerie, ainsi que la mise en œuvre d’actions d’aide au développement.

Le Parlement a approuvé la prolongation de l’engagement des troupes françaises en Afghanistan le 22 septembre 2008.

L’aide internationale à la reconstruction

L’aide civile internationale engagée en faveur de l’Afghanistan s’élève à 40 milliards d’euros depuis 2001. Plusieurs conférences internationales se sont succédées pour encourager cet effort : à Tokyo en janvier 2002 (6,3 milliards de dollars d’aide annoncés), à Berlin en mars 2004 (8,2 milliards de dollars promis jusqu’en 2006), à Londres en janvier 2006 (10,5 milliards de dollars mobilisés sur 5 ans).

A la demande des autorités afghanes, la France a organisé le 12 juin 2008 à Paris une conférence internationale de soutien à l’Afghanistan qui a réuni 68 pays et 17 organisations internationales. Elle a permis aux autorités afghanes de présenter la Stratégie nationale de développement de l’Afghanistan (ANDS) qui couvre la période 2008-2013 et qui constitue l’un des principaux vecteurs d’une appropriation progressive des responsabilités par les Afghans. Environ vingt milliards de dollars ont été promis lors de la Conférence de Paris, pour la mise en œuvre de l’ANDS et pour l’appui à la préparation des élections de 2009 et 2010.

Première réunion internationale de cette importance organisée en Afghanistan, la Conférence de Kaboul du 20 juillet 2010 a eu pour objet de réaffirmer et d’approfondir les engagements pris par le gouvernement afghan et la communauté internationale lors de la Conférence de Londres du 28 janvier 2010. Dans le prolongement direct de cette dernière, elle a été l’occasion de valider desprogrammes nationaux de réformes en matière de gouvernance, de développement économique et social, de paix et de réconciliation, de sécurité et de coopération régionale. Ces programmes détaillés mettront en œuvre, de manière concrète, la transition en vue d’une appropriation accrue des responsabilités par les autorités afghanes.

L’Union européenne en Afghanistan

L’Afghanistan est le pays en Asie qui bénéficie de la plus importante aide de l’Union européenne. Le budget alloué pour la période 2007-2013 s’élève à 1,03 milliards d’euros.L’UE a adopté le 27 octobre 2009 un plan d’action pour l’Afghanistan et le Pakistan qui prévoit un appui au renforcement des capacités institutionnelles et administratives afghanes.

L’UE déploie, depuis juin 2007, la mission de PSDC civile EUPOL-Afghanistan pour appuyer l’encadrement et la formation de la police afghane. Ces actions sont complétées par le déploiement, proposé par la France en 2009, de la Force de gendarmerie européenne (FGE) dans le cadre de la mission de formation de l’OTAN en Afghanistan (NTM-A). 130 des 190 gendarmes français présents en Afghanistan sont déployés au sein de la FGE.

L’UE dispose désormais d’un représentant unique en Afghanistan, l’ambassadeur Vygaudas Usackas, ancien ministre des Affaires étrangères de Lituanie, qui a pris ses fonctions en avril 2010.

L’Afghanistan sur la scène internationale

Le renforcement de la coopération régionale et le maintien d’un fort engagement des partenaires internationaux, notamment occidentaux, sont les deux priorités de la politique extérieure afghane. Kaboul a ouvert des représentations diplomatiques ou consulaires dans plus de 80 pays.

L’Accord sur les relations de bon voisinage signé à Kaboul le 22 décembre 2002 entre l’Afghanistan et les six pays limitrophes est destiné à favoriser des relations de confiance dans cette région. Tous les voisins de l’Afghanistan ont aujourd’hui un intérêt objectif à sa stabilité. La lutte contre le trafic de drogue et le terrorisme sont des priorités pour la plupart d’entre eux. La France a ainsi organisé le 14 décembre 2008 à La Celle Saint-Cloud une réunion ministérielle informelle de l’Afghanistan et de ses voisins afin d’examiner les moyens d’accroître la coopération régionale et renforcer ainsi le développement économique.

Le Pakistan entretient historiquement des relations difficiles avec l’Afghanistan qui l’accuse d’abriter sur son territoire des bases de retrait, de ravitaillement, de recrutement et d’entraînement pour des groupes armés qui combattent le gouvernement afghan. Par ailleurs, un différend frontalier oppose les deux pays au sujet de la ligne Durand, reconnue par le Pakistan, mais pas par l’Afghanistan (la France a reconnu cette frontière en 1954 par un accord signé dans le cadre de l’Organisation du Traité de l’Asie du Sud-Est).

Un rapprochement est toutefois observé entre les deux pays depuis l’élection, en septembre 2008, du président pakistanais Asif Ali Zardari. Les deux Etats ont en effet de solides intérêts croisés : l’Afghanistan est pour le Pakistan une zone de « continuité pachtoune » naturelle, tandis que le Pakistan constitue pour l’Afghanistan son principal partenaire commercial (1,9 milliard de dollars d’échanges en 2009) et la voie de transit naturelle pour la grande majorité des importations afghanes. D’autre part, le Pakistan abrite encore environ 2 millions de réfugiés afghans.

L’Iran et l’Afghanistan entretiennent des relations plutôt constructives et cherchent à développer leurs échanges économiques, à partir de l’est de l’Afghanistan au sein duquel l’Iran jouit d’une grande capacité d’influence. La lutte contre le trafic de drogue, un fléau en Iran, et la situation de l’importante minorité chiite afghane sont les deux sujets prioritaires pour Téhéran. 880 000 réfugiés, ainsi que plusieurs centaines d’immigrés afghans, souvent clandestins, vivent en Iran.

Les pays d’Asie Centrale et la Russie entretiennent des relations plus distantes avec Kaboul. La lutte contre le trafic de drogue, le terrorisme et l’extrémisme religieux font partie de leurs priorités. Le Nord de l’Afghanistan est peuplé de turcophones (Ouzbeks, Turkmènes), qui représentent environ 12% de la population afghane.

L’Inde cultive traditionnellement des relations étroites avec Kaboul et lui apporte une aide importante et diversifiée. Les échanges bilatéraux se sont beaucoup renforcés depuis 2002.

En dehors de sa région, l’Afghanistan a développé ses relations essentiellement avec les pays donateurs. Lors de la visite du président Karzaï à Washington en mai 2010, les Etats-Unis et Afghanistan ont décidé de renforcer leur accord de partenariat stratégique, signé en 2005, en un partenariat de long terme. Les relations avec certains pays de l’UE ou de l’OTAN (Allemagne, France, Italie, Royaume-Uni, Turquie) sont anciennes et étroites.

L’Afghanistan fait partie de l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI), de l’Organisation de Coopération Economique (Iran, Pakistan, Turquie, Azerbaïdjan, ex-républiques soviétiques d’Asie Centrale) et de la South Asian Association for Regional Cooperation (SAARC). Il a le statut de partenaire asiatique de l’OSCE et d’Etat invité de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS). L’Afghanistan a déposé en 2004 sa demande d’accession à l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) qui est toujours en cours d’examen. Enfin, il fait partie, aux côtés de l’Iran et du Tadjikistan, de l’Union des pays de langue persane, créée au printemps 2008.

Mise à jour : 27.01.12

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