
Bernard Kouchner s’est rendu à Kaboul les 17 et 18 octobre, dans un contexte rendu tendu par les retards dans la publication des résultats de l’élection présidentielle, pour y délivrer un message de rassemblement et de confiance et encourager nos partenaires afghans à respecter les aspirations des Afghans exprimées par le scrutin.
Bernard Kouchner a rencontré à deux reprises le Président Karzaï et son opposant, M. Abdullah Abdullah. Il s’est également entretenu avec le Sénateur Kerry, Président de la Commission des Affaires étrangères du Sénat américain, qui était présent à Kaboul. Il a enfin rencontré les représentants de plusieurs pays engagés en Afghanistan. Il a aussi rencontré Kai Eide, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies ainsi que le Docteur Spanta, ministre afghan des Affaires étrangères.
Ce déplacement, prévu de longue date, a été rendu nécessaire par le blocage de la situation : les résultats du scrutin tenu le 20 août ne sont toujours pas connus, et des soupçons de fraude l’ont entaché, qui font l’objet de vérifications de la part de la Commission des recours électoraux.
La période actuelle est cruciale dans l’histoire du pays : comme l’a rappelé Bernard Kouchner, ces élections marqueront une nouvelle étape dans la consolidation de l’état de droit, la reconstruction du pays et la fondation d’institutions stables. Il est nécessaire que de ce scrutin émerge un gouvernement reconnu, avec qui nous travaillerons dans les prochains mois et prochaines années pour accroître la sécurité de ce pays et son développement. La France continuera à soutenir l’Afghanistan dans ce sens.
Dans ce contexte, il est nécessaire que l’esprit de responsabilité prédomine avec la préoccupation centrale de l’unité nationale. Au cours de leurs entretiens avec Bernard Kouchner, le Président Karzai et M. Abdullah Abdullah se sont engagés à respecter les résultats du scrutin quels qu’ils soient, y compris si un second tour devait être organisé. Le Président Karzaï a convenu avec Bernard Kouchner de la nécessité de travailler avec son adversaire, le Dr Abullah Abdullah pour la mise en œuvre d’un véritable programme de développement et de réforme. Il est impératif que les Afghans se rassemblent autour des priorités premières que sont la sécurité et la reconstruction.
Entretien de Bernard Kouchner avec le quotidien "Le Figaro" (19 octobre 2009)
"Après avoir rencontré deux fois le président Karzaï et deux fois le docteur Abdullah, ainsi que les Américains et le représentant de l’ONU, nous avons obtenu la promesse du président Karzaï de respecter les résultats quels qu’ils soient, d’accepter un programme de réformes et de collaborer avec le docteur Abdullah."
Entretien de Bernard Kouchner avec "France Info" (Paris, 20 octobre 2009)
"Le président Karzaï ne s’élèvera pas contre toute la communauté internationale, qui lui apporte un soutien considérable. Je le sais puisque nous en avons, encore une fois, beaucoup parlé. De plus, il a accepté de travailler avec le docteur Abdullah. Je crois que cette unité-là est très notable et nous n’avons pas été pour rien dans cette décision, nous les Français."
Entretien de Bernard Kouchner avec "I - Télé" (Paris, 20 octobre 2009)
"Ce que nous a promis le président Karzaï c’est qu’il respecterait le verdict des urnes. Or apparemment, le verdict des urnes lui laisse moins de 50 % - je ne sais pas si c’est 47 %, 48 % ou 49 %, mais c’est très proche-, il consentira donc un second tour."
