Afghanistan

La France et l’Afghanistan

Brève

Afghanistan - Annonce de la 3ème tranche de la transition (14 mai 2012)

La France félicite le président Karzaï et le gouvernement afghan pour ces décisions, qui se situent dans le prolongement de la visite du président afghan en janvier dernier et à l’occasion de de laquelle avait été signé le traite d’amitié et de coopération entre nos deux pays. Ces décisions traduisent aussi les progrès enregistrés sur le terrain par l’action conjuguée des forces de la Force internationale d’Assistance à la Sécurité et des forces de sécurité afghanes.

Historique des relations politiques et de la coopération franco-afghane

Historique des relations politiques et de coopération

Les relations diplomatiques entre la France et l’Afghanistan sont établies dès 1922, avec la, création, la même année, de la délégation archéologique française en Afghanistan (DAFA). Les fondements de la coopération franco-afghane apparaissent, en plus de l’archéologie, dans les domaines de l’éducation : création du lycée francophone pour garçons en 1923 (baptisé Esteqlal en 1929) et du lycée francophone pour filles Malalaï en 1942. L’Université de Lyon 1 et la faculté de droit de l’Université de Paris ont débuté leur coopération avec l’Université de Kaboul dès les années 1960. Des accords de coopération ont été signés dans le domaine de la santé (1963), de la coopération culturelle et technique (1966) et de l’agriculture (1969). Un centre culturel français a été fondé à Kaboul en 1970. Après avoir été entièrement rénové, il est devenu le 1er janvier 2011 l’Institut français d’Afghanistan.

Après l’invasion soviétique de 1979, l’effort de la France s’est concentré dans le domaine humanitaire. L’action des ONG françaises, présentes en Afghanistan mêmes aux heures les plus sombres, a contribué au capital de sympathie dont continue de jouir aujourd’hui la France dans ce pays. La fin du régime des Taliban a permis la réouverture de l’ambassade de France à Kaboul en février 2002. Les visites officielles dans les deux sens ont repris à un rythme soutenu, témoignant du caractère privilégié de la relation franco-afghane.

Les présidents Sarkozy et Karzaï ont signé le 27 janvier 2012 un traité d’amitié et de coopération entre la France et l’Afghanistan. Conclu pour 20 ans, ce traité inscrit l’engagement français dans la durée et marque son évolution d’une dominante militaire à une dominante civile. Il est complété par un programme de coopération présentant de manière plus détaillée les projets qui seront menés dans le cadre du traité sur une première période de cinq ans (2012-2016) dans les domaines de la sécurité (formation militaire, formation de la police, et création d’une gendarmerie afghane), de la coopération scientifique, culturelle et technique (agriculture, recherche, éducation, santé, archéologie, gouvernance), des infrastructures (irrigation, rail, mines), de l’économie et du commerce. Le traité s’accompagnera d’une augmentation importante de notre aide bilatérale.

Visites

Principales visites de personnalités françaises en Afghanistan :
- 31 décembre 2011-1er janvier 2012 : visite du ministre de la Défense et des Anciens combattants ;
- 12 juillet 2011 : visite du Président de la République ;
- 17-19 avril 2011 : visite du ministre de la Défense ;
- 25-26 décembre 2010 : visite du Ministre d’Etat, ministre de la Défense ;
- 12-14 novembre 2010 : visite du Ministre des Affaires étrangères et européennes ;
- 17-20 juillet 2010 : visite du ministre des Affaires étrangères et européennes (Conférence de Kaboul, visite de terrain) ;
- 6 mai 2010 : déplacement à Kaboul du ministre de l’Intérieur, de l’Outre-Mer et des Collectivités territoriales ;
- 11 février 2010 : déplacement à Kaboul et en Kapisa du Premier ministre ;
- 30-31 décembre 2009 : visite du ministre de la Défense ;
- 18-20 novembre 2009 : déplacement à Kaboul du ministre des Affaires étrangères et européennes (cérémonie d’investiture du Président Karzaï, visite de terrain en Kapisa) ;
- 27-29 octobre 2009 : déplacement à Kaboul et en Kapisa du Président du Sénat ;
- 17-18 octobre 2009 : déplacement à Kaboul du ministre des Affaires étrangères et européennes ;
- 14-16 mai 2009 : déplacement à Kaboul et en Kapisa du ministre des Affaires étrangères et européennes, accompagné du représentant spécial pour l’Afghanistan et le Pakistan ;
- 10-12 octobre 2008 : déplacement à Kaboul et Mazar-é Charif du secrétaire d’Etat à la Coopération et à la Francophonie ;
- 14-15 septembre 2008 : déplacement à Kaboul et Bamiyan de la secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères et aux Droits de l’Homme ;
- 20 août 2008déplacement à Kaboul du Président de la République, accompagné du ministre des Affaires étrangères et européennes et du ministre de la Défense (décès de 10 soldats français) ;
- 12-13 avril 2008 : déplacement du ministre des Affaires étrangères et européennes (Kaboul, Kandahar) ;
- 22 décembre 2007:visite à Kaboul du Président de la République,
- mai 1968 : visite du Premier Ministre Georges Pompidou.

Principales visites de personnalités afghanes en France :

- 27 janvier 2012 : visite du président Karzaï ;
- 28 février-4 mars 2011 : visite de MM. Zakhelwal et Shahrani, ministres des finances et des mines
- 1er et 2 juillet 2010 : visite de M. Mohammad Daoudzaï, secrétaire général de la présidence ;
- 23 juin-1er juillet 2010 : visite de M. Mohammad Asif Rahimi, ministre de l’agriculture ;
- 17-24 février 2010 : déplacement à Paris du Dr Abdoullah Abdoullah, ancien ministre des Affaires étrangères et candidat à l’élection présidentielle de 2009 ;
- 12-14 mai 2009 : déplacement à Paris du ministre de l’aménagement et du développement ruraux, M. Ehsan Zia ;
- 13-14 décembre 2008 : déplacement à Paris, à l’occasion de la réunion de l’Afghanistan et de ses voisins à La Celle Saint-Cloud, du ministre des Affaires étrangères, M. Rangin Dadfar Spanta ;
- 8 décembre 2008 : déplacement à Paris du ministre de l’Intérieur, M. Hanif Atmar ;
- 11-13 juin 2008 : déplacement à Paris, à l’occasion de la conférence internationale de soutien à l’Afghanistan, du Président Karzaï, accompagné du ministre des Affaires étrangères, M. Spanta, du ministre des Finances, M. Ul Haq Ahadi, du conseiller national à la sécurité, M. Rassoul ;
- 24 mai 2008 : visite à Paris du ministre de l’aménagement et du développement ruraux, M. Ehsan Zia, et de la présidente de la commission indépendante des droits de l’Homme, Mme Sima Samar ;
- 31 mars-6 avril 2007 : visite de M.Abdul Salam Azimi, Président de la Cour Suprême ;
- 19 mars 2007 : visite du Président Karzaï à Paris, à l’occasion de l’inauguration au musée Guimet de l’exposition « Afghanistan, les Trésors retrouvés » ;
- 13-14 décembre 2006 : visite du ministre des Affaires étrangères, M.Rangin Dadfar Spanta ;
- 14-22 novembre 2006 : visite du Président du Sénat, le Pr Sebghatollah Modjadeddi ;
- 15-22 octobre 2006 : visite du ministre de l’Agriculture, M.Obeidollah Ramin ;
- 18-22 septembre 2006 : visite du Président de l’Assemblée Nationale, M.Younous Qanouni ;
- 3-4 octobre 2005 : première visite officielle à Paris du Président Karzaï.

Relations économiques

Malgré un potentiel important, le commerce bilatéral franco-afghan demeure très faible en raison principalement des conditions de sécurité et d’un cadre législatif afghan encore incertain. Les exportations françaises à destination de l’Afghanistan ont atteint 45,7 millions d’euros en 2010. Elles ont enregistré une contraction de 10,5 % par rapport à 2009 en raison de la baisse des ventes de produits électroniques, informatiques et agricoles. Elles représentent moins de 2% des exportations françaises en Asie du Sud (même si de nombreuses marchandises françaises sont réexportées depuis le Pakistan ou Dubaï). Les importations, quant à elles, ont représenté en 2010 un volume financier très limité de 1,5 million d’euros.

Cependant, plusieurs entreprises françaises commencent à s’intéresser aux perspectives qu’offre l’Afghanistan dans les secteurs des mines (ressources considérables), des matières premières et énergétiques (raffinerie de pétrole), de la construction (ciment), de l’eau (réseaux d’adduction et d’assainissement particulièrement dans les zones urbaines), les infrastructures de transport ou encore l’agriculture et l’agroalimentaire.

Parmi les grands groupes français présents en Afghanistan peuvent être cités Airbus (2 avions de ligne et 2 cargos), Thales (réseau de télécommunication sécurisé de l’OTAN) et Sagem (équipement électronique de défense). On compte également quelques PME, comme par exemple Feljas Masson pour l’adduction d’eau à Kaboul.

L’aide française à la reconstruction

En 2002, la France a mis en place un programme d’actions pour la reconstruction de l’Afghanistan. Les premiers objectifs de cette coopération étaient alors de répondre à l’urgence humanitaire et de relancer les coopérations traditionnelles : aide aux lycées francophones Esteqlal et Malalaï de Kaboul, coopération dans les domaines de la santé, de l’agriculture et de la culture. Une coopération en matière de gouvernance et d’Etat de droit a été également initiée, en raison des forts besoins de l’Afghanistan dans ce domaine. Cet effort a progressivement augmenté depuis 2002.

La décision, prise en 2004, d’inclure l’Afghanistan dans la Zone de Solidarité Prioritaire (ZSP) permet à ce pays de bénéficier de financements plus importants, grâce aux subventions de l’Agence Française de Développement (AFD) et à l’accès au Fonds de Solidarité Prioritaire (FSP). Un projet de relance de la culture du coton (subvention de l’AFD de 10 millions d’euros) a été lancé en 2004 dans les provinces de Koundouz et de Balkh, tout comme un projet de réhabilitation du système national de transfusion sanguine (don de l’AFD de 8 millions d’euros).

Le Président de la République a annoncé lors de la conférence de Paris de juin 2008 que l’aide civile française à l’Afghanistan serait, en étant portée à 106 millions d’euros sur trois ans, plus que doublée par rapport à la période précédente (13,57 millions d’euros de décaissements annuels entre 2005 et 2007). Cette aide est consacrée en priorité à des actions de coopération en matière de santé et d’agriculture, deux domaines essentiels pour améliorer de manière rapide, tangible et durable les conditions de vie de la population afghane.

Cet objectif a été confirmé et amplifié par la décision prise en 2009 d’augmenter encore notre aide civile, portée à 40 millions d’euros par an, et axée plus particulièrement sur la mise en œuvre de projets de développement rural et agricole dans la province de Kapisa et dans le district de Surobi. Une équipe civile de 9 experts français en gouvernance et développement (le Pôle de Stabilité) a été déployée dans cette zone à l’été 2010.

La France a coordonné les efforts internationaux pour appuyer la mise en place du Parlement afghan, en étroite collaboration avec le Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD) et ses partenaires, en particulier européens. Le ministère des Affaires étrangères et européennes y a consacré 2,5 millions d’euros et la Commission européenne 3,5 millions d’euros. Ce projet a consisté à former une administration parlementaire efficace pour accompagner le travail des élus. L’expertise du Sénat et de l’Assemblée nationale français a joué un rôle majeur dans le succès de cette entreprise. De manière complémentaire, un projet franco-allemand de formation de juges et de magistrats de la Cour suprême afghane a été lancé.

En matière de santé, il convient de relever, hors projets de l’AFD, l’inauguration, le 7 avril 2006, de l’Institut médical français pour l’enfant (IMFE) de Kaboul, en présence du Président Karzaï, de Mme Bernadette Chirac, qui en avait posé la première pierre en mai 2003, du ministre des Affaires étrangères, M. Douste-Blazy, et du Prince Karim Aga Khan. Cet établissement a été créé avec l’aide de fonds privés mobilisés par les ONG françaises Enfants Afghans et La Chaîne de l’espoir, ainsi qu’avec le soutien du ministère des Affaires étrangères et européennes. La première opération à cœur ouvert de l’histoire afghane y a été pratiquée, sur un enfant, en avril 2006. Un prêt concessionnel de l’AFD de 9 millions d’euros doit financer le projet d’extension de l’hôpital.

Dans le domaine éducatif, outre l’aide aux lycées francophones déjà mentionnée, la France soutient la réhabilitation de plusieurs instituts de formation d’enseignants, ainsi que la rénovation des programmes scientifiques scolaires. Dans le secteur de l’enseignement supérieur, des coopérations ont été engagées avec l’université de Kaboul (faculté de droit, département de français).

Enfin, la coopération française est également engagée dans la relance du secteur privé (prêts de 5 millions d’euros pour le développement du micro-crédit et de 10 millions d’euros pour le développement de la téléphonie mobile) et la sauvegarde du patrimoine millénaire de l’Afghanistan. La DAFA a redémarré en 2002 ses activités de protection, de restauration et de mise en valeur des richesses archéologiques du pays, et la reconstruction de l’Institut National pour l’Archéologie a fait l’objet d’un financement français en 2010

Mise à jour : 01.02.12

Archéologie

Appuyé sur l’expertise de la Commission consultative des recherches archéologiques à l’étranger, le ministère des Affaires étrangères et européennes (DGCID) subventionne près de 160 missions archéologiques (de la paléontologie à la période médiévale) intervenant dans 75 pays, dont :

- Bactres : les occupations anciennes de l’oasis de Bactres
- Bamiyan : Antiquités bouddhiques

Mise à jour : 21.09.10

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