En 2002, la France a mis en place un programme d’actions pour la reconstruction de l’Afghanistan. Les premiers objectifs de cette coopération étaient alors de répondre à l’urgence humanitaire (mise en place d’une aide alimentaire) et de relancer les coopérations traditionnelles : aide aux lycées francophones Esteqlal et Malâlaï de Kaboul, coopération en matière de santé et d’agriculture, coopération culturelle. Une coopération en matière de gouvernance et d’état de droit a été également initiée, en raison des forts besoins de l’Afghanistan dans ce domaine. Cet effort a progressivement augmenté depuis 2002 (11,86 millions € versés en 2002, 12,45 millions € en 2003, environ 15 millions € en 2004, 2005 et 2006, et un peu plus de 12 en 2007). A la conférence de Londres (2006), la France a annoncé un engagement nouveau de 33 millions € en faveur de l’Afghanistan.
Le Président de la République a annoncé lors de la conférence internationale de soutien à l’Afghanistan que l’aide civile française à ce pays serait, en étant portée à 106 millions d’euros sur trois ans, plus que doublée par rapport à la période précédente (en moyenne, 13,57 millions d’euros de décaissements annuels entre 2005 et 2007). Cette aide sera en priorité consacrée à des actions de coopération en matière de santé et d’agriculture, deux domaines essentiels pour améliorer de manière rapide, tangible et durable les conditions de vie de la population afghane.

Conférence internationale de soutien à l’Afghanistan © MAEE / F de la Mure
La décision, prise en 2004, d’inclure l’Afghanistan dans la Zone de Solidarité Prioritaire (ZSP) permet à ce pays de bénéficier de financements plus importants, grâce aux subventions de l’Agence Française de Développement (AFD) et à l’accès au Fonds de Solidarité Prioritaire (FSP). Le projet de relance de la culture du coton (subvention de l’A.F.D. de 10 M €) lancé en 2004 dans les provinces de Koundouz et de Balkh, ou encore le projet de réhabilitation du système national de transfusion sanguine (don de l’AFD de 8 millions €) comptent parmi les projets majeurs de la coopération française en Afghanistan. Un projet d’appui au développement de l’agriculture périurbaine dans la région de Kaboul est en cours d’identification.
La France attache une grande importance à la formation de l’Armée Nationale Afghane. Dans le cadre de l’opération « Epidote », elle a pris en charge la formation à Kaboul de trois des six bataillons d’infanterie des deux brigades légères du Corps central de Kaboul, et poursuit cette opération, depuis 2003, par la formation d’officiers (4148 officiers formés au 1er janvier 2007).
La lutte contre la drogue et la formation de la police afghane sont également une préoccupation centrale pour la France. Paris avait accueilli, dans le cadre de la présidence française du G8, une conférence internationale sur "les routes de la drogue de l’Asie centrale à l’Europe" consacrée au trafic des stupéfiants en provenance d’Afghanistan (21 et 22 mai 2003). La Russie a prolongé les efforts français en organisant à Moscou la conférence de Paris 2- Moscou 1 sur les routes de la drogue en provenance d’Afghanistan (26-28 juin 2006). Depuis 2003, un attaché de sécurité intérieur (ASI), assisté depuis 2006 d’un adjoint, est en fonction à l’ambassade de France. Son action consiste notamment à organiser des formations à destination de la police afghane spécialisée dans la lutte anti-drogue, à assurer l’appui au fonctionnement du laboratoire de police scientifique et d’analyse des stupéfiants de Kaboul offert par la France et l’Allemagne et à coordonner le programme de formation de brigades de protection des mineurs. 1,4 million € ont permis en 2007 de financer la poursuite de ces opérations.

De manière complémentaire, un projet franco-allemand de formation de juges et de magistrats de la Cour suprême afghane a été lancé.
La France a coordonné les efforts internationaux en appui à la mise en place du Parlement afghan, en étroite collaboration avec le Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD) et ses partenaires, en particulier européens. Le Ministère des Affaires étrangères et européennes y a consacré 2,5 millions d’euros et la Commission européenne 3,5 millions d’euros. Ce projet a consisté à former une administration parlementaire efficace pour accompagner le travail des élus. L’expertise du Sénat et de l’Assemblée nationale a joué un rôle majeur dans le succès de cette entreprise. L’Assemblée nationale a mis en place en 2006 un groupe d’amitié avec l’Afghanistan, présidé par Mme Geneviève Lévy, députée (UMP) du Var, de même que le Sénat (groupe présidé par M.Thierry Repentin, sénateur -PS- de Savoie).

En matière de santé, il convient de relever, hors projets de l’AFD, l’inauguration, le 7 avril 2006, de l’Institut médical français pour l’enfant (IMFE) de Kaboul, en présence du Président Karzaï, de Mme Bernadette Chirac (qui en avait posé la première pierre en mai 2003), de M. Philippe Douste-Blazy et du Prince Karim Aga Khan. Cet établissement a été créé à l’aide de fonds privés mobilisés par les ONG françaises Enfants Afghans et La Chaîne de l’espoir et le soutien du Ministère des Affaires étrangères et européennes (1 M €). La première opération à cœur ouvert de l’histoire afghane y a eu lieu, sur un enfant, en avril 2006. Une lettre d’intention en matière de coopération médicale signée en marge de la conférence internationale de soutien à l’Afghanistan entre les autorités françaises, afghanes, l’AFD et la fondation Aga Khan prévoit, entre autres, l’octroi par l’AFD d’un prêt concessionnel de 9 millions d’euros pour financer le projet d’extension de l’hôpital qui doit être lancé prochainement.
Ce projet ne doit pas faire oublier par ailleurs la relance en 2002 d’une coopération hospitalo-universitaire entre l’université Claude Bernard et les Hospices civils de Lyon et l’université et les CHU de Kaboul.
Dans le domaine éducatif, outre l’aide aux lycées francophones déjà mentionnée, la France soutient la réhabilitation de plusieurs instituts de formation d’enseignants ainsi que la rénovation des programmes scientifiques scolaires. Dans le secteur de l’enseignement supérieur, des coopérations ont été engagées avec l’université de Kaboul (faculté de droit, département de français).

Enfin, la coopération française est également engagée dans la relance du secteur privé (prêts de 5 M € pour le développement du micro-crédit et de 10 M € pour le développement de la téléphonie mobile) ou la sauvegarde du patrimoine millénaire de l’Afghanistan (inauguration en décembre 2006 de l’exposition « Afghanistan, les Trésors retrouvés » au musée Guimet, en présence des ministres français et afghan de la Culture, visite conjointe des président afghan et français le 19 mars 2007.
L’engagement militaire :
En février 2009, environ 2800 militaires français sont présents en Afghanistan, dans le cadre des opérations de lutte contre le terrorisme et de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) de l’OTAN.
La sécurité du peuple afghan :
La France accompagne la montée en puissance de l’armée nationale afghane dans les domaines de la formation et de l’assistance opérationnelle aux unités.
Des responsabilités régionales et locales
Kaboul : la France a pris le commandement de la région capitale, l’un des cinq commandements régionaux de la Fias. Le contingent français, environ 1 400 hommes, est composé de l’état-major, du bataillon français, du bataillon de commandement et de soutien, et du détachement hélicoptères. Il organise, depuis fin août 2008, le transfert progressif des responsabilités de la sécurité aux forces afghanes.
Kapisa : Un groupement tactique interarmes d’un effectif de 600 hommes est déployé en Kapisa (au nord-est de Kaboul). Il assure des missions de sécurisation aux côtés de l’armée nationale afghane.
Mise à jour : février 2009.