Afghanistan

Présentation

Présentation

La communauté internationale s’est engagée à soutenir le redressement de l’Afghanistan afin que ce pays retrouve sa place dans son environnement régional et international. Le processus de Bonn s’est achevé avec succès, mais la stabilisation définitive du pays n’est pas encore assurée.

Les Nations unies en Afghanistan

Le Conseil de Sécurité des Nations unies, par sa résolution 1401 du 28 mars 2002, a établi la Mission d’Assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA), qui est dirigée depuis le 1er mars 2010 par le Suédois Staffan de Mistura, représentant spécial du Secrétaire Général des Nations unies. Ce dernier co-préside, avec le gouvernement afghan, les travaux de l’instance de coordination des autorités afghanes et de la communauté internationale en Afghanistan, le JCMB (Joint Coordination and Monitoring Board), créée à la conférence de Londres de 2006 pour suivre la mise en œuvre des réformes.

Le CSNU a, par sa résolution 1917 du 22 mars 2010, renouvelé pour un an le mandat de la MANUA en recentrant son action sur les priorités politiques : mission de bons offices, suivi des élections et du processus de paix, promotion de la coopération régionale.

La présence militaire internationale et française en Afghanistan

Les alliés ont adopté au Sommet de Bucarest (2-4 avril 2008) une stratégie qui reflète fidèlement les critères de succès définis par le Président de la République : commune détermination des alliés à rester engagés dans la durée, effort militaire inscrit dans le cadre d’une politique globale d’aide à la reconstruction, perspective claire de transfert progressif des responsabilités aux Afghans et stratégie politique impliquant le Pakistan voisin.

Annoncé à la Conférence de Londres de janvier 2010, un plan de transition, agréé entre alliés et autorités afghanes, doit permettre de transférer à ces dernières le commandement de la majorité des opérations de sécurité sur le terrain, province par province, d’ici la fin 2014. Pour accompagner cette transition, le nombre des membres des forces de sécurité afghanes sera porté à 134 000 soldats et 109 000 policiers d’ici la fin octobre 2010, puis à 171 600 soldats et 134 000 policiers en octobre 2011.

Dispositif militaire international

Le dispositif militaire international actuellement déployé en Afghanistan représente environ 130 000 soldats étrangers, originaires de 40 pays et membres de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS). Cette force est composée pour plus des deux tiers de soldats américains. 24 Etats de l’UE sur 27 y participent. Couvrant l’ensemble du territoire afghan, le déploiement de la FIAS en province s’appuie sur des bases militaires et des « Provincial Reconstruction Teams » (PRT), équipes civilo-militaires de reconstruction, souvent multinationales.

La FIAS a été créée par le Conseil de Sécurité des Nations unies en décembre 2001 (résolution 1386). Elle dispose d’un mandat renouvelé annuellement par résolution du CSNU. La dernière en date, la résolution 1890, a été votée à l’unanimité des membres du CSNU le 9 octobre 2009. Le rôle de la FIAS est d’aider le gouvernement afghan à assurer un environnement de sécurité pour permettre le succès des efforts civils destinés à la reconstruction et au développement du pays. L’OTAN assure depuis août 2003 le commandement de la FIAS, qui est dirigée, depuis le 4 juillet 2010, par le général américain David Petraeus.

Parallèlement à la FIAS, les opérations de la coalition antiterroriste « Liberté immuable » (environ 17 000 hommes, essentiellement américains) se poursuivent sur la base de l’article 51 de la Charte des Nations unies (droit de légitime défense).

Dispositif militaire français

Le dispositif militaire français engagé dans le cadre des opérations en Afghanistan regroupe 4000 militaires qui opèrent sur le territoire afghan, ou depuis Douchanbe (Tadjikistan) et l’océan Indien. Opérationnelle depuis le 1er novembre 2009, la task force La Fayette (TFLF) constitue l’une des cinq brigades (Brigade Combat Team) du Commandement régional Est. Elle a pour zone d’opération le district de Surobi et la province de Kapisa à l’est et au nord-est de Kaboul. Déployée principalement sur quatre bases ou postes avancés, elle conduit des missions de sécurisation et de contrôle de zone, des opérations au profit de la population, ainsi que des opérations conjointes avec les forces de sécurité afghanes conseillées par des militaires français. Dans la zone de la TFLF, cinq équipes d’encadrement opérationnel de l’armée afghane (Operational Mentoring and Liaison Teams françaises, ou OMLT) sont également déployées auprès des bataillons de la 3ème brigade du 201ème corps de l’Armée nationale afghane (ANA). Ce dispositif militaire s’inscrit dans le cadre d’une approche globale incluant la mise en place auprès de la police afghane de Police operational mentoring and liaison teams (POMLT), armées par la gendarmerie, ainsi que la mise en œuvre d’actions d’aide au développement.

Le Parlement a approuvé la prolongation de l’engagement des troupes françaises en Afghanistan le 22 septembre 2008.

L’aide internationale à la reconstruction

L’aide civile internationale engagée en faveur de l’Afghanistan s’élève à 40 milliards d’euros depuis 2001. Plusieurs conférences internationales se sont succédées pour encourager cet effort : à Tokyo en janvier 2002 (6,3 milliards de dollars d’aide annoncés), à Berlin en mars 2004 (8,2 milliards de dollars promis jusqu’en 2006), à Londres en janvier 2006 (10,5 milliards de dollars mobilisés sur 5 ans).

A la demande des autorités afghanes, la France a organisé le 12 juin 2008 à Paris une conférence internationale de soutien à l’Afghanistan qui a réuni 68 pays et 17 organisations internationales. Elle a permis aux autorités afghanes de présenter la Stratégie nationale de développement de l’Afghanistan (ANDS) qui couvre la période 2008-2013 et qui constitue l’un des principaux vecteurs d’une appropriation progressive des responsabilités par les Afghans. Environ vingt milliards de dollars ont été promis lors de la Conférence de Paris, pour la mise en œuvre de l’ANDS et pour l’appui à la préparation des élections de 2009 et 2010.

Première réunion internationale de cette importance organisée en Afghanistan, la Conférence de Kaboul du 20 juillet 2010 a eu pour objet de réaffirmer et d’approfondir les engagements pris par le gouvernement afghan et la communauté internationale lors de la Conférence de Londres du 28 janvier 2010. Dans le prolongement direct de cette dernière, elle a été l’occasion de valider des programmes nationaux de réformes en matière de gouvernance, de développement économique et social, de paix et de réconciliation, de sécurité et de coopération régionale. Ces programmes détaillés mettront en œuvre, de manière concrète, la transition en vue d’une appropriation accrue des responsabilités par les autorités afghanes.

L’Union européenne en Afghanistan

L’Afghanistan est le pays en Asie qui bénéficie de la plus importante aide de l’Union européenne. Le budget alloué pour la période 2007-2013 s’élève à 1,03 milliards d’euros. L’UE a adopté le 27 octobre 2009 un plan d’action pour l’Afghanistan et le Pakistan qui prévoit un appui au renforcement des capacités institutionnelles et administratives afghanes.

L’UE déploie, depuis juin 2007, la mission civile PESD EUPOL Afghanistan pour appuyer l’encadrement et la formation de la police afghane. Ces actions sont complétées par le déploiement, proposé par la France en 2009, de la Force de gendarmerie européenne (FGE) dans le cadre de la mission de formation de l’OTAN en Afghanistan (NTM-A). 130 des 190 gendarmes français présents en Afghanistan sont déployés au sein de la FGE.

L’UE dispose désormais d’un représentant unique en Afghanistan, l’ambassadeur Vygaudas Usackas, ancien ministre des Affaires étrangères de Lituanie, qui a pris ses fonctions en avril 2010.

L’Afghanistan sur la scène internationale

Le renforcement de la coopération régionale et le maintien d’un fort engagement des partenaires internationaux, notamment occidentaux, sont les deux priorités de la politique extérieure afghane. Kaboul a ouvert des représentations diplomatiques ou consulaires dans plus de 80 pays.

L’Accord sur les relations de bon voisinage signé à Kaboul le 22 décembre 2002 entre l’Afghanistan et les six pays limitrophes est destiné à favoriser des relations de confiance dans cette région. Tous les voisins de l’Afghanistan ont aujourd’hui un intérêt objectif à sa stabilité. La lutte contre le trafic de drogue et le terrorisme sont des priorités pour la plupart d’entre eux. La France a ainsi organisé le 14 décembre 2008 à La Celle Saint-Cloud une réunion ministérielle informelle de l’Afghanistan et de ses voisins afin d’examiner les moyens d’accroître la coopération régionale et renforcer ainsi le développement économique.

Le Pakistan entretient historiquement des relations difficiles avec l’Afghanistan qui l’accuse d’abriter sur son territoire des bases de retrait, de ravitaillement, de recrutement et d’entraînement pour des groupes d’insurgés. Par ailleurs, un différend frontalier oppose les deux pays au sujet de la ligne Durand, reconnue par le Pakistan, mais pas par l’Afghanistan (la France a reconnu cette frontière en 1954 par un accord signé dans le cadre de l’OTASE).

Un rapprochement est toutefois observé entre les deux pays depuis l’élection, en septembre 2008, du président pakistanais Asif Ali Zardari. Les deux Etats ont en effet de solides intérêts croisés : l’Afghanistan est pour le Pakistan une zone de « continuité pachtoune » naturelle, tandis que le Pakistan constitue pour l’Afghanistan son principal partenaire commercial (1,9 milliard de dollars d’échanges en 2009) et la voie de transit naturelle pour la grande majorité des importations afghanes. D’autre part, le Pakistan abrite encore environ 2 millions de réfugiés afghans.

L’Iran et l’Afghanistan entretiennent des relations plutôt constructives et cherchent à développer leurs échanges économiques, à partir de l’est de l’Afghanistan au sein duquel l’Iran jouit d’une grande capacité d’influence. La lutte contre le trafic de drogue, un fléau en Iran, et la situation de l’importante minorité chiite afghane sont les deux sujets prioritaires pour Téhéran. 880 000 réfugiés, ainsi que plusieurs centaines d’immigrés afghans, souvent clandestins, vivent en Iran.

Les pays d’Asie Centrale et la Russie entretiennent des relations plus distantes avec Kaboul. La lutte contre le trafic de drogue, le terrorisme et l’extrémisme religieux font partie de leurs priorités. Le nord de l’Afghanistan est peuplé de turcophones (Ouzbeks, Turkmènes), qui représentent environ 12% de la population afghane.

L’Inde cultive traditionnellement des relations étroites avec Kaboul et lui apporte une aide importante et diversifiée. Les échanges bilatéraux se sont beaucoup renforcés depuis 2002.

En dehors de sa région, l’Afghanistan a développé ses relations essentiellement avec les pays donateurs. Lors de la visite du président Karzaï à Washington en mai 2010, les Etats-Unis et Afghanistan ont décidé de renforcer leur accord de partenariat stratégique, signé en 2005, en un partenariat de long terme. Les relations avec certains pays de l’UE ou de l’OTAN (Allemagne, France, Italie, Royaume-Uni, Turquie) sont anciennes et étroites.

L’Afghanistan fait partie de l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI), de l’Organisation de Coopération Economique (Iran, Pakistan, Turquie, Azerbaïdjan, ex-républiques soviétiques d’Asie Centrale) et de la South Asian Association for Regional Co-operation (SAARC). Il a le statut de partenaire asiatique de l’OSCE et d’Etat invité de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS). L’Afghanistan a déposé en 2004 sa demande d’accession à l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) qui est toujours en cours d’examen. Enfin, il fait partie, aux côtés de l’Iran et du Tadjikistan, de l’Union des pays de langue persane, créée au printemps 2008.

Mise à jour : 21.09.10

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