Zimbabwe - Déclaration de la Haute Représentante de l’Union européenne pour les Aaffaires étrangères et la Politique de sécurité, Catherine Ashton, au nom de l’Union européenne (Bruxelles, 17 février 2012)
L’Union européenne est déterminée à soutenir la population du Zimbabwe dans la réalisation de progrès pacifiques et dans le renforcement de la démocratie. Elle réaffirme qu’elle soutient la mise en œuvre intégrale de l’accord politique global qui a permis la mise en place du gouvernement d’unité nationale. L’Union européenne se félicite également des progrès réalisés pour créer un climat propice à la tenue d’élections libres, régulières, pacifiques et transparentes grâce à l’élaboration de la feuille de route sous l’égide de la SADC. Elle salue les efforts déployés par cette organisation ainsi que par le médiateur sudafricain pour accompagner le gouvernement zimbabwéen tout au long de ce processus.
Eu égard à ces évolutions et pour encourager de nouveaux progrès dans la mise en œuvre de l’accord politique global, l’Union européenne a décidé ce jour de retirer 51 personnes et 20 entités de la liste d’interdictions de visas et de la liste des personnes et entités faisant l’objet d’un gel des avoirs, avec effet immédiat. 112 personnes et 11 entités toujours considérées comme participant ou étant liées à des politiques et activités qui portent atteinte aux droits de l’Homme, à la démocratie et à l’État de droit restent soumises aux mesures précitées.
Nous avons en outre décidé de prolonger les restrictions à l’aide au développement pour une période de six mois seulement afin de commencer à nous préparer à une coopération accrue dès que ces mesures pourront être levées. Malgré ces restrictions, depuis la mise en place du gouvernement d’unité nationale, l’Union européenne a apporté une aide au développement pour près d’un milliard de dollars afin de répondre aux besoins de la population zimbabwéenne, notamment pour fournir des soins de santé et des services d’enseignement. Elle demeure la principale source d’aide au développement et est prête à maintenir des niveaux de financement appropriés au cours de l’année à venir.
En tant que deuxième partenaire commercial du Zimbabwe, l’Union européenne a vu ses échanges avec cet État presque doubler depuis 2009, ce qui a permis de stimuler la reprise économique et la création d’emplois dont le pays a grandement besoin. Nous espérons renforcer ces liens commerciaux au fur et à mesure de l’amélioration de l’environnement économique.
L’Union européenne réaffirme son souhait d’engager un dialogue politique sérieux avec le Zimbabwe. Pour faciliter ce processus, nous avons également suspendu l’interdiction de pénétrer sur le territoire de l’Union européenne qui frappe les deux membres du parti Zanu-PF appartenant à l’équipe ministérielle zimbabwéenne chargée de renouer le dialogue afin que celle-ci puisse se rendre à Bruxelles au grand complet pour participer à des consultations de haut niveau.
Même si nous constatons une amélioration de la situation générale au Zimbabwe, d’autres réformes politiques conformes aux engagements pris dans le cadre de l’accord politique global sont nécessaires pour que le Zimbabwe devienne un pays démocratique et pacifique. L’Union européenne demeure disposée à réexaminer les mesures à tout moment en fonction des progrès concrets réalisés dans la mise en œuvre de l’accord politique global et dans la préparation d’élections crédibles et pacifiques.
Ces élections, qui doivent être conformes aux principes et lignes directrices de la SADC concernant l’organisation d’élections, devraient permettre la mise en place d’un gouvernement reflétant les souhaits librement exprimés de la population du Zimbabwe. L’Union européenne reconnaîtra tout gouvernement formé à la suite d’un tel processus et coopérera avec lui.
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