Relations avec l’Union européenne
Après avoir fait part aux autorités zimbabwéennes de sa profonde préoccupation face à l’escalade de la violence l’Union européenne a adopté des mesures à l’encontre du gouvernement zimbabwéen et des principaux responsables de ces faits le 18 février 2002 :
embargo sur les armes ;
restrictions d’entrée et de transit des principaux responsables des violences politiques sur le territoire de l’UE et gel de leurs avoirs au sein de l’UE (mesures « restrictives ») ;
suspension de la coopération au titre FED, à l’exception de l’aide bénéficiant aux populations : soutien à la société civile, aide humanitaire (mesures « appropriées » au titre de l’article 96 de l’Accord de Cotonou).
La constitution d’un gouvernement d’union nationale (11 février 2009) puis le référendum constitutionnel (16 mars 2013) ont toutefois conduit l’UE à encourager l’effort de redressement et d’ouverture en suspendant progressivement depuis 2010 les mesures restrictives. Au terme de ces assouplissements successifs, seuls 10 individus (dont le couple présidentiel) et 2 entités restent aujourd’hui soumis à des sanctions.
Dans ce contexte, un véritable exercice de programmation de la coopération européenne a été mis en œuvre au Zimbabwe dans le cadre du 11ème FED. Trois secteurs d’intervention prioritaires ont été identifiés en septembre 2012 : agriculture, gouvernance, secteurs sociaux (santé, éducation, eau et assainissement).
La mise en place d’une programmation conjointe avec les Etats de l’UE actifs au Zimbabwe (Royaume Uni, Suède, Allemagne, Danemark et Pays-Bas) est envisagée.
Au-delà des nuances nationales (pays nordiques très favorables, Allemagne et Royaume-Uni plus enclins à la coopération bilatérale), les Etats membres ont estimé que le contexte politique local (séquence électorale à risques), et ses possibles conséquences sur l’aide internationale (sanctions, mesures restrictives) ne sont pas propices à une programmation conjointe dès 2013. Une telle initiative pourrait être envisagée à partir de 2014-2015 en fonction des progrès du processus politique.
Au total, l’Union européenne reste le premier bailleur de fonds du Zimbabwe, avec une aide qui s’est élevée à 82 M€/an de 2002 à 2008 et qui a atteint environ 90 M€/an depuis 2009.
Au regard des progrès enregistrés dans le processus constitutionnel, d’autres pays ont annoncé ou envisagent une modification du régime des sanctions à l’encontre de certaines personnalités et entités zimbabwéennes.
Le Canada, où le Ministre des finances MDC Biti a récemment plaidé pour un allégement des mesures, pourrait prendre des mesures en ce sens.
L’Australie lève ses sanctions en trois étapes : annonce de la date du référendum constitutionnel, tenue du référendum le 16 mars, et enfin élections si celles-ci sont jugées satisfaisantes.
La Norvège, traditionnellement proche de l’UE en la matière, souhaite une levée plus rapide des mesures européennes. Les Etats-Unis pourraient également faire évoluer leur position compte tenu du déroulement satisfaisant du référendum.
Mise à jour : 29.03.13
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