Accès rapide :

  • Augmenter la taille de la police
  • Réduire la taille de la police
  • Ajouter notre Fil RSS

Présentation du Venezuela

Partager
Partager sur Twitter
Partager sur Facebook
Partager sur Google Plus

Présentation

Données générales

Nom officiel : République bolivarienne du Venezuela
Chef de l’Etat : Nicolas Maduro

Données géographiques

Nom officiel : République bolivarienne du Venezuela
Superficie : 912 050 km²
Population : 29,1 millions (moins de 15 ans : 29,6% ; urbaine : 93,4% ; rurale : 6,6%)
Densité : ≈ 28,5 habitants par km²
Capitale : Caracas
Villes principales : Maracaibo, Valencia, Barquisimeto, Maracay, Merida, Ciudad Bolivar
Langue officielle : espagnol
Langue (s) courante (s) : environ 40 langues autochtones (wayuu, piaroa, pemón, guahibo, etc.)
Monnaie : 1 bolivar = 0,12 € ou 0,15 USD (17.04.13)
Fête nationale : 5 Juillet, jour de l’Indépendance (1811)

Données démographiques

Croissance démographique : 1,6%
Espérance de vie : 73,4 ans (hommes 70,2 ans ; femmes 76,5 ans)
Taux d’alphabétisation : 93,4%
Religions : catholicisme (96%), protestantisme (2%), autres (2%)
Indice de développement humain 2011 : 0,735 (75e sur 178)
Part de la population vivant avec moins de 2 USD par jour : 23,8%

Données économiques

PIB 2012 : 337 Mds USD (est. FMI)
PIB par habitant 2012 : 11 620 USD
Taux de croissance 2012 : 5,6 %
Taux de chômage 2012 : 8 %
Taux d’inflation 2012 : 20,1% (2011 : 27,6 %)
Balance commerciale (hors services 2011) : + 46,2 Mds USD
Principaux clients (2011) : États-Unis (40%) ; Chine (8%) ; Inde (8%) ; Singapour (5%) ; Cuba (5%)
Principaux fournisseurs (2011) : États-Unis (32%) ; UE (14%) ; Chine (9%) ; Brésil (9%) ; Colombie (5%)

Exportations de la France vers le Venezuela en 2012 : 483 M euros (+ 24,4%)
Importations françaises depuis le Venezuela en 2012 : 295 M euros (- 2,5%)

Site Internet du Service Economique près l’Ambassade de France à Caracas :
www.tresor.economie.gouv.fr/…

Site Internet de la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture vénézolano-française :
www2.cciavf.com.ve

Dispositif consulaire français au Venezuela : section consulaire de l’Ambassade à Caracas, consulats honoraires à Barquisimeto, Carupano, Maracaibo, Maracay, Mérida, Porlamar, Puerto Cabello, Puerto La Cruz et Puerto Ordaz.

Communauté française : estimée à 5.400 personnes fin 2012 (4.900 inscrits).

Politique intérieure

Institutions

Le Venezuela est un État fédéral.

Pouvoir exécutif : Le chef de l’Etat est élu au suffrage universel pour 6 ans. Son rôle a été renforcé par la Constitution adoptée en décembre 1999. Sa révision par referendum (15 février 2009) permet désormais à tout titulaire d’un mandat électif de se représenter sans limitation du nombre de mandats consécutifs.

Pouvoir législatif : il est monocaméral. Le pouvoir présidentiel est atténué par diverses dispositions (motion de censure contre le vice-président et les ministres, droit présidentiel de dissolution soumis à conditions, possibilité de mettre fin au mandat présidentiel par référendum "révocatoire").

La Constitution a institué un Conseil moral républicain, un Défenseur du peuple, un Procureur général et un Contrôleur général de la République ainsi que des éléments de « démocratie participative », élargissant le champ du référendum et permettant notamment la révocation du Président, mais aussi des députés et des gouverneurs.

Autorité judiciaire : la professionnalisation de la carrière judiciaire est inscrite dans le « bloc de constitutionnalité ». Le Tribunal Suprême de Justice comprend six chambres, dont une chambre constitutionnelle, qui veille au respect de la Constitution et est chargée de l’interpréter.

Les principales forces politiques sont :

- le Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV), fondé au début de l’année 2007 (après la victoire à l’élection présidentielle de décembre 2006) dans le but de fédérer les formations favorables au chavisme, notamment le MVR (Movimiento Quinta Republica) et le Parti Communiste Vénézuélien (PCV). Le PSUV a gagné l’élection présidentielle du 7 octobre 2012 avec 55% des voix. Il a également été le vainqueur du scrutin du 7 avril 2013, avec 50,75% des voix.

- La Mesa Unida Democratica (MUD) : pendant les 40 années qui ont précédé l’arrivée au pouvoir du chavisme (1958-1998), Action Démocratique (AD, Social-Démocrate) et COPEI (Démocratie Chrétienne) ont alterné au pouvoir. À partir de 2006, les différentes formations de l’opposition au chavisme ont initié un processus de regroupement. Après s’être fédérée sous le nom d’Union Démocratique en janvier 2008, l’opposition est parvenue à un nouvel accord en juin 2009, qui a donné naissance à la Mesa Unida Democratica (MUD). La MUD regroupe une trentaine de formations, dont AD et COPEI. Après avoir rassemblé 44% des suffrages à la présidentielle du 7 octobre 2012, elle a recueilli 49% des voix au scrutin du 14 avril 2013.

Évolution politique et sociale

Aux affaires de février 1999 à mars 2012 (réélu en 2000, 2006 et 2012), le président Chavez a engagé le Venezuela dans la « révolution bolivarienne », un processus de profonde transformation politique et sociale. Il revendique l’instauration du « socialisme du XXIe siècle ».

S’appuyant sur d’importantes réserves pétrolières (les 1ères du monde) et bénéficiant du cours élevé du brut, le régime a mis en place une importante politique de redistribution en vue de lutter contre la pauvreté et les inégalités.

Ces programmes sociaux (34 Misiones ont été lancées) visent à améliorer l’accès des plus démunis à la santé, à l’éducation, à l’alimentation, voire à l’emploi grâce aux multiples recrutements dans la fonction publique et les entreprises d’Etat ainsi que dans de nombreuses institutions para-publiques, des coopératives ou des "entreprises de production socialistes". Ils sont mis en œuvre avec l’aide d’environ 40 000 coopérants cubains, dont une majorité de professionnels de la santé.

Près de la moitié des dépenses totales de ces programmes (45,7% du budget 2010) est destinée à réduire la pauvreté qui, selon la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC), a reculé de 54% à 23,8% de 2003 à 2009, avec un chômage qui a chuté sous la barre des 10% et un pouvoir d’achat qui s’est accru.

C’est ainsi que l’on observe de réelles avancées dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le Développement : éducation primaire pour tous (97% des enfants seraient scolarisés au Venezuela) ; lutte contre les inégalités de genre (création d’un Ministère pour la Femme) ; réduction de la mortalité infantile (16,4 pour 1000 habitants) ; santé des femmes ; politique anti déforestation ; accès à l’eau potable (94% de la population y aurait accès).

La cote du président Chavez a cependant connu une baisse tendancielle depuis 2007 (elle est passée sous la barre des 50% d’opinions favorables au cours de l’année 2010). Ce phénomène s’est vérifié lors des élections législatives du 26 septembre 2010. Le parti présidentiel (PSUV) allié au parti communiste vénézuélien (PCV, un seul élu sur une liste de coalition) a obtenu la majorité des sièges (98 sur 165) sans pour autant disposer de la majorité des voix (48%). Il est ainsi privé de la majorité qualifiée (99 députés pour les 3/5 ou 110 pour les 2/3).

Cette désaffection relative des électeurs traduit deux phénomènes contradictoires. D’une part, un refus chez certains de mesures qui se voudraient révolutionnaires comme les nationalisations, alors que toutes les enquêtes montrent le profond attachement des Vénézuéliens à la propriété privée et au modèle de consommation fondé sur la rente pétrolière ; d’autre part, une attente chez d’autres de mesures plus radicales au bénéfice des populations les plus défavorisées pour étendre les "misiones". Quoi qu’il en soit, la cote de popularité du Président est remontée à partir de la mi-2011.

C’est alors que le Président apprend qu’il est touché par le cancer et qu’il décide de se faire soigner à Cuba. Il parvient à se faire réélire le 7 octobre 2012, avec 55% des voix. Il est toutefois contraint de retourner à La Havane pour une 4e intervention, le 10 décembre suivant. Son état le conduit à désigner M. Nicolas MADURO en qualité de dauphin au cas où des élections se révèleraient nécessaires. Le Président Chavez revient à Caracas le 18 février 2013. Il y décède le 5 mars suivant.

L’élection présidentielle du 14 avril donne la victoire au dauphin désigné. Nicolas MADURO recueille 50,75% des voix, face au chef de l’opposition, Henrique CAPRILES, qui rassemble 49% des suffrages. L’écart qui avait été de 11% entre le président Chavez et Capriles en octobre 2012 se réduit à 1,78% six mois plus tard. La dévaluation de 46% du bolivar intervenue en février 2013, de même que les pénuries, tant de produits de première nécessité que d’énergie, ont sans doute leur part dans le message adressé par la nation à l’occasion de ce scrutin. Dans son discours d’investiture (19 avril), le président Maduro a fait du réalisme économique une priorité majeure.

Situation économique

Avec un PIB estimé par le FMI à 337Mds USD en 2012 et doté des plus grandes réserves mondiales de pétrole (297 Mds de barils), le Venezuela est la 5e puissance économique d’Amérique latine derrière le Brésil, le Mexique, l’Argentine et la Colombie. Membre fondateur de l’OPEP, ce pays se positionne comme le 9e exportateur mondial de brut et le 1er en Amérique du Sud. Il tire des exportations et de l’exploitation des hydrocarbures 96% de ses devises et environ 50% de ses recettes budgétaires, bien que le pays abonde d’autres ressources naturelles (minières : or, bauxite, fer, nickel, charbon, mais aussi ressources hydrauliques et agricoles).

Avec un taux de 5,6%, la croissance du Venezuela a été l’une des plus élevées d’Amérique latine en 2012, dépassant la moyenne régionale (3,2%). L’inflation (20,1%) a été à son plus bas niveau depuis 2007 et le taux de chômage a été ramené à 8% (contre 8,6% en 2011).

Cette dynamique s’explique par une politique budgétaire et monétaire expansive (échéances électorales) et par une conjoncture internationale porteuse (hausse des cours du brut vénézuélien à 103,4 USD/b) ; elle a permis, par un programme de dépenses sociales de grande ampleur, de stimuler l’offre et la demande nationales (plan de relance de la construction de logements sociaux, augmentation du salaire minimum et extension de la protection sociale aux salariés du secteur public). Au cours des quatorze années au pouvoir du président Chavez (1999-2012), la rente pétrolière a fait l’objet d’une large redistribution, contribuant à réduire la pauvreté et les inégalités.

Les comptes externes sont équilibrés grâce aux ventes record de pétrole, dopées par l’effet prix. En volume, on constate une faible augmentation des livraisons. Trois pays absorbent 67% des exportations, les Etats-Unis, toujours au premier rang, suivis par la Chine et l’Inde.

Par contraste, les ventes de produits non pétroliers baissent. Les importations poursuivent donc leur forte hausse (+26%) ; elles sont concentrées, pour moitié, entre 4 pays (Etats-Unis, Chine, Brésil et Colombie). Le compte courant reste excédentaire, tandis que la balance des paiements accuse un léger déficit.

L’économie vénézuélienne est à la fois forte et faible de son pétrole en ce qu’elle ne favorise pas la diversification de l’appareil productif. Dans ce contexte, le président Maduro a lancé un appel au réalisme économique dans le cadre de son discours d’investiture (19 avril 2013). Il a souhaité la formation d’un gouvernement économique, efficace et social.

La politique de redistribution de la manne pétrolière a en effet porté préjudice aux investissements dans ce secteur. Au lendemain des échéances électorales, il semble donc essentiel d’enclencher une dynamique d’investissements, à même d’augmenter la production pétrolière de façon à pérenniser la politique sociale, qui reste une priorité, toutes tendances politiques confondues.

Politique extérieure

La rhétorique "anti-impérialiste" vis-à-vis des Etats-Unis a forgé la politique étrangère d’Hugo Chavez et amené Caracas à nouer des relations étroites avec des partenaires "sensibles", tel l’Iran. Au-delà de cette posture (qui n’a pas fondamentalement évolué avec l’administration Obama), Hugo Chavez a cherché à bâtir une diplomatie Sud-Sud, émancipée des Occidentaux, et à promouvoir un monde multipolaire (nouvelles alliances stratégiques avec la Chine, la Russie et l’Iran ainsi que, dans une moindre mesure, avec la Biélorussie, l’Ukraine et la Syrie).

Le président Chavez a défendu ouvertement la politique nucléaire de l’Iran (il s’est rendu à sept reprises à Téhéran, tandis que Mahmoud Ahmadinejad a effectué cinq visites au Venezuela et effectué le déplacement à l’occasion des obsèques du président Chavez et lors de l’investiture du président Maduro). Il défend la cause palestinienne. Il a ainsi rompu les relations diplomatiques avec Israël (après l’opération "plomb durci" dans la bande de Gaza).

Le président Chavez a également soutenu le président Khadafi jusqu’au bout et il a vu dans l’intervention de l’OTAN en Libye une agression impérialiste visant à s’emparer des ressources pétrolières du pays. Caracas apporte également son appui à Bachar El Assad.

Le Venezuela a développé des relations étroites avec la Chine où Hugo Chavez s’est rendu à six reprises entre 1999 et 2009. Avec la Russie, l’accent est mis sur la coopération industrielle et militaire, le Venezuela espérant obtenir d’importants transferts de technologie.

Mais la dimension politique n’est pas absente puisque le président Chavez a reconnu l’indépendance des régions séparatistes géorgiennes d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud. Cela vaut également pour l’Afrique (le Venezuela a accueilli en septembre 2009 le deuxième Sommet Afrique-Amérique du Sud ; le premier s’était tenu à Abuja en 2006 et le 3e s’est réuni à Malabo en février 2013). Le Venezuela a ouvert plusieurs ambassades sur ce continent et, avec 18 représentations, détient désormais le troisième réseau sud-américain après Cuba et le Brésil.

Les Etats-Unis demeurent le premier partenaire économique et commercial du Venezuela (1er client pour le pétrole).

Caracas est également soucieux de développer des relations avec l’Union européenne, notamment avec l’Espagne, le Portugal, la France et l’Italie.

L’intégration régionale, deuxième volet de la politique étrangère du Venezuela, n’est pas étrangère à l’histoire, notamment à la « grande Colombie » de Simon Bolivar. Elle se développe selon deux modalités :

- un axe idéologique (« bolivarien »), dans le cadre de l’ALBA, qui regroupe neuf pays d’Amérique latine et des Caraïbes : Antigua-et-Barbuda, Bolivie, Cuba, Dominique, Équateur, Honduras, Nicaragua, Saint-Vincent-et-les-Grenadines et Venezuela, lié à l’initiative énergétique régionale Petrocaribe (fourniture de pétrole, à des conditions préférentielles, aux États d’Amérique centrale et des Caraïbes) ;

- une logique plus « géographique », à travers l’Union des Nations sud-américaines (UNASUR, qui rassemble les 12 États d’Amérique du Sud : Argentine, Bolivie, Brésil, Chili, Colombie, Équateur, Guyana, Paraguay, Pérou, Suriname, Uruguay et Venezuela) et la Communauté des États latino-américains et caribéens (CELAC), instituée les 2 et 3 décembre 2011 à Caracas. Cette communauté regroupe les 32 États latino-américains et caribéens à l’exception des États-Unis et du Canada. Le Venezuela a quitté la CAN (Communauté andine des nations) en 2006 pour adhérer au MERCOSUR (31 juillet 2012). Cette adhésion, projetée de longue date, a été rendue possible à la faveur de circonstances exceptionnelles (suspension du Paraguay de l’Organisation suite à la destitution du président Lugo - le Sénat paraguayen s’était antérieurement opposé à l’adhésion du Venezuela).

Le Venezuela a dénoncé la Convention interaméricaine des droits de l’homme de 1969, se retirant ainsi du système de protection interaméricain des droits de l’homme (ce retrait devrait être effectif à compter de septembre 2013).

Concernant la Colombie, l’accession du président Juan Manuel Santos au pouvoir a permis une normalisation des relations. Les deux chefs d’Etat se sont rencontrés à plusieurs reprises depuis la prise de fonctions du président Santos en août 2010.



Mise à jour :06.06.13

PLAN DU SITE