Accès rapide :

Présentation

Données générales

Nom officiel : Saint Siège
Nature du régime : Papauté
Chef de l’Etat et/ou du Gouvernement : François 1er

Données géographiques

Superficie : 0,44 km² (le plus petit Etat souverain au monde)
Capitale : Cité du Vatican
Langues officielles : italien, latin (langue officielle de l’Eglise catholique et langue juridique du Vatican), français (langue diplomatique) et allemand (langue de l’armée du Vatican, la garde suisse)
Monnaie : euro
Date commémorative qui vaut fête nationale : 13 mars (jour anniversaire de l’élection du Pape François)

Politique intérieure

Benoit XVI, élu pape le 19 avril 2005, a annoncé le 11 février 2013, à la surprise générale, qu’il renonçait à son ministère. Agé de 85 ans, il a mis en avant son âge et son état de santé pour justifier sa décision. Centré sur les questions doctrinales et sur la nouvelle évangélisation, en réaction à la sécularisation des sociétés occidentales, son pontificat a connu plusieurs crises. Fortement médiatisées, ces crises ont secoué l’opinion publique, ont marqué en profondeur la vie de l’Eglise, et affecté personnellement Benoît XVI (levée de l’excommunication des évêques lefebvristes, révélation de l’étendue des cas de pédophilie, fuite de documents confidentiels assimilée à un vatileaks, gestion opaque de la banque IOR). Devenu souverain pontife émérite, à compter du 28 février 2013, Benoît XVI a annoncé vouloir s’installer dans le monastère Mater Ecclesiae, situé dans l’enceinte du Vatican.

Pour lui succéder, les 115 cardinaux électeurs, réunis en conclave, ont élu, le 13 mars, après 5 tours de scrutin, le cardinal argentin Jorge Mario Bergoglio, qui devient ainsi le 266ème souverain pontife. En sa qualité d’archevêque de Buenos Aires, il s’était distingué par son dialogue avec le judaïsme. Ayant choisi le prénom de François, par référence à Saint François d’Assise, il est le premier pape non européen depuis plus de 1200 ans, le premier pape latino-américain et le premier jésuite à accéder au pontificat.

Le nouveau souverain pontife fait face aux multiples défis auxquels est aujourd’hui confrontée l’Eglise catholique : sécularisation, persécutions religieuses, relations avec l’Islam, évolution de l’œcuménisme, développement du protestantisme (églises évangéliques en particulier), relations avec la Chine…

Sur le plan interne, la principale interrogation porte sur la réforme du gouvernement de l’église, que plusieurs cardinaux ont appelée de leurs vœux lors des « congrégations générales » précédant le conclave. Leurs demandes vont dans le sens d’une plus grande collégialité dans la prise de décision, d’un rééquilibrage en faveur des conférences épiscopales nationales et d’une réforme profonde de la Curie romaine, dont les dysfonctionnements ont été révélés par l’affaire « Vatileaks » et par la gestion de la banque du Vatican, l’IOR.

Dès ses premières apparitions publiques, le pape François a imprimé sa marque, caractérisée par son humilité et son attention pour les pauvres. Il a ainsi immédiatement généré une grande sympathie dans les médias et auprès du public. La popularité du pape se manifeste notamment par le nombre de ceux qui le suivent sur twitter, qui a atteint 5 millions en trois semaines. Ce véritable engouement est perceptible tant dans les pays occidentaux que dans ceux du Sud.

L’encyclique Lumen Fidei du 29 juin, consacrée à la foi, a constitué la première pierre doctrinale du pontificat, mais elle est la reprise par François d’un document élaboré en presque totalité par Benoît XVI. Ce document marque l’évidente continuité doctrinale d’un pontife à l’autre.

François 1er choisit de se présenter en premier lieu en tant qu’Evêque de Rome, utilisant rarement le qualificatif de pape, et a d’ailleurs modifié l’appellation de la cérémonie d’inauguration du Pontificat (« début du ministère pétrinien de l’Evêque de Rome »). Il met, ainsi, en avant la prééminence du caractère pastoral de son action. En présence de 132 délégations officielles étrangères et de représentants des autres religions, dont celle, inédite, du Patriarche orthodoxe grec, Bartholomée Ier, le Pape François a célébré, le 20 mars 2013 la messe de début de son ministère. Son homélie articulée autour de la notion de « gardien » invitait à se préoccuper de la « création toute entière », qu’il s’agisse de l’environnement, des personnes, particulièrement « les plus fragiles » ou de la famille. Lors de la réception du corps diplomatique, le 22 mars, François 1er a insisté sur les trois priorités que sont la lutte contre la pauvreté, matérielle et spirituelle, le dialogue interreligieux et la sauvegarde de l’environnement. Son objectif est de guider l’église catholique pour qu’elle retrouve sa force missionnaire sans entrer en conflit avec des sociétés pluralistes et sécularisées.

Premier déplacement du pape François à l’étranger et manifestation d’ampleur considérable, les Journées Mondiales de la Jeunesse à Rio de Janeiro ont constitué un test important pour le pontificat. La participation, en nombre comme en qualité, a été au rendez-vous. D’un point de vue spirituel, l’objectif est également atteint, si l’on en juge par la ferveur suscitée. François 1er a confirmé ses capacités de communicant et renforcé son audience publique internationale. Au cours de ces rencontres, et notamment avec les évêques du Brésil et les représentants des épiscopats latino-américain, il a donné pour la première fois une présentation d’ensemble de sa vision ecclésiale, exprimée jusque-là de façon éparse.

Le pape a ainsi mis en exergue le fait que le christianisme est d’abord un témoignage vivant et non une doctrine. La foi devait avoir un contenu et des conséquences concrets et l’Eglise ne pouvait se départir d’une attitude ouverte et attentive aux réalités des sociétés. Il a également insisté sur l’élan missionnaire à redonner à l’Eglise.

S’agissant de la réforme des structures de la curie et de l’Eglise, le pape entend s’inspirer des recommandations suggérées lors des congrégations générales qui avaient préparé le conclave. Il souhaite également tenir compte des urgences et des impondérables, comme par exemple les problèmes récents survenus autour des questions de gestion économique du Vatican, qu’initialement il aurait souhaité n’aborder que plus tard.

Parmi les réflexions issues des congrégations générales, il a accordé une grande attention à la question du développement de la synodalité, c’est-à-dire la possibilité de mieux associer les évêques aux différents actes de l’Eglise. Dans la continuité de cette réflexion, le synode extraordinaire sur « les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation », qui s’est déroulé en octobre dernier, a marqué une étape majeure du pontificat du Pape François.

Politique extérieure

L’action internationale du Saint-Siège est originale, car elle s’estime dégagée non seulement des intérêts d’un Etat, mais aussi de ceux d’une religion particulière. Elle représente la dignité de l’homme, valeur transcendante dont le respect est la norme fondamentale. Cette mission justifie, aux yeux du Saint-Siège, sa reconnaissance comme autorité morale souveraine indépendante des Etats, et donc le statut international singulier qui est le sien. Cette exception est contestée par ceux qui assimilent son action à celle d’une ONG ou s’interrogent sur le privilège exorbitant ainsi reconnu à l’Eglise catholique, par rapport aux autres grandes confessions.

L’engagement international du Saint-Siège avait été, sous Benoît XVI, plus spirituel que politique. Le respect de la dignité humaine impose aux Etats, pour le Vatican, de se conformer à des principes intangibles : le droit à la vie, de la conception à la mort naturelle, la défense de la famille traditionnelle, la liberté religieuse, la paix. Se faisant l’écho de ces principes dans les enceintes internationales, la diplomatie vaticane se trouve confrontée à des évolutions sociales qui ont plutôt tendance à les relativiser.

La diplomatie vaticane, qui utilise le français, est également originale par les instruments qu’elle met en œuvre : un appareil proprement diplomatique réduit (40 personnes à la deuxième section de la secrétairerie d’Etat) mais qui dispose, à travers les évêques (4500 dans le monde), les églises et communautés locales, les congrégations religieuses ou à travers les ONG catholiques (Caritas), de relais d’information et d’action sans équivalent. L’archevêque Pietro Parolin, qui dirige la secrétairerie d’Etat sous l’autorité du Saint-Père, fait figure de chef de gouvernement et dirige l’édifice diplomatique. Le Saint-Siège est actif dans les fora multilatéraux, en tant que membre de l’OSCE, de l’agence internationale pour l’énergie atomique et de l’organisation mondiale du tourisme, observateur permanent à l’ONU, à l’UNESCO et à l’OMC. Il s’est engagé en faveur de dans la lutte contre le dérèglement climatique, et soutient également les efforts de non-prolifération.

Le Saint Siège est engagé dans des dossiers essentiels de politique internationale :

- au Moyen-Orient : le synode des évêques et patriarches réuni en octobre 2010 avait été l’occasion de faire un point sur les grandes problématiques auxquelles l’Eglise est confrontée dans la région, en premier lieu la situation des chrétiens d’Orient. Le Saint-Siège constate son impuissance à endiguer leur exode, dans ce qu’il considère être l’indifférence de la communauté internationale. Cette question a eu une acuité particulière dans le contexte des printemps arabes. En Palestine, le Saint-Siège est favorable à une approche globale du processus de paix, et souhaite un statut international pour Jérusalem et les lieux saints. Benoît XVI avait effectué un voyage difficile au Proche-Orient en mai 2009, afin de promouvoir le dialogue entre les trois religions monothéistes, pour contribuer à la paix et encourager les chrétiens de la région. Le Liban est également une priorité, car il est emblématique d’une coexistence possible entre communautés chrétiennes ou musulmanes. Le Président Sleimane avait été reçu par le Pape en février 2011, occasion pour le Saint-Siège d’exprimer sa sollicitude pour le Liban dont il avait souligné le rôle exemplaire pour les chrétiens du Moyen-Orient. Benoît XVI avait effectué un voyage au Liban, en septembre 2012, au cours duquel, en délivrant son exhortation apostolique, il avait appelé à une mise en œuvre de la laïcité permettant une bonne insertion des chrétiens d’Orient dans la vie civile et politique et le respect de leurs droits fondamentaux.

- en Afrique, le Saint-Siège est très impliqué et soutient l’action de la communauté internationale. Benoît XVI avait pris position en faveur d’un effort beaucoup plus important dans le domaine du développement. Il estimait que la libéralisation du commerce ne devait pas être considérée comme une fin en soi mais s’accompagner de dispositifs protecteurs pour les pays en développement. Il défendait le rôle de l’Etat dans la gestion des « biens publics » comme l’eau, l’éducation ou la santé. Un synode des évêques d’Afrique avait été réuni à Rome fin 2009 pour préciser la stratégie du Saint-Siège sur ces questions de développement, et sur l’évangélisation du continent. Afin de célébrer le 150ème anniversaire de l’évangélisation de l’Afrique occidentale, Benoît XVI avait effectué, en novembre 2011, un voyage apostolique au Bénin, qui lui avait donné l’occasion d’encourager l’église africaine à résister au « sécularisme occidental ». Dans cette région qui concentre 190 millions de catholiques, le Saint-Siège apparaît préoccupé par la montée des mouvements évangélistes et par la persécution dont sont victimes les chrétiens, en particulier au Nigeria.

- en Europe occidentale, Benoît XVI s’était efforcé de lutter contre la déchristianisation, et avait fait valoir les principes d’éthique de la vie défendus par l’Eglise. La création au sein de la Curie romaine, en octobre 2010, du conseil pontifical en charge de la nouvelle évangélisation, avait marqué la volonté de Benoît XVI de lancer un « nouvel élan missionnaire », notamment dans les pays occidentaux. Le synode ouvert en octobre 2012 a également été consacré à cette question.

- le Pape Benoît XVI avait fait du dialogue avec l’orthodoxie une priorité de son pontificat, réitérée lors de la visite du Président Medvedev au Saint-Siège (février 2011). Des progrès notables ont été accomplis dans le rapprochement avec le patriarcat de Moscou, et Benoît XVI avait effectué en juin 2010 une première visite dans un pays orthodoxe, à Chypre.

- Le Saint-Siège s’exprime également régulièrement sur les grands dossiers multilatéraux. Avant le sommet du G20 à Cannes en novembre 2011, le Conseil Pontifical « Justice et paix » a publié une note intitulée : « pour une réforme du système financier et monétaire international », critiquant la dérégulation financière et appelant à dépasser un multilatéralisme préservant des nationalismes en soutenant plusieurs réformes, telles que la création d’une Banque centrale mondiale, la taxation des transactions financières et la constitution d’une réserve mondiale pour les pays en difficulté. S’agissant de la crise économique et financière en Europe, le pape estime qu’il s’agit avant tout « d’une crise éthique ». « Les Européens manquent souvent de la force stimulante pour faire les sacrifices nécessaires ».

Mise à jour : 17.11.14


Informations complémentaires

PLAN DU SITE



MENTIONS LÉGALES & INFOS PRATIQUES

Tous droits réservés - Ministère des Affaires étrangères et du Développement international - 2014