La France et le Vanuatu

Relations politiques

Relations politiques

La France entretient avec le Vanuatu un dialogue politique de confiance, qui s’appuie notamment sur la proximité géographique de la collectivité française d’outre-mer de Nouvelle-Calédonie. Les rencontres bilatérales sont régulières.

Le ministre des Affaires étrangères du Vanuatu, M. Joe Natuman s’est rendu à Nouméa le 31 juillet 2009 pour le troisième Sommet France-Océanie, puis le 16 février 2010 à l’occasion de la signature de la troisième convention de coopération régionale Nouvelle-Calédonie-Vanuatu. Le Ministre de l’Intérieur du Vanuatu, M. Moana Carcasses s’est rendu à Nouméa en janvier 2010. Le Président du Parlement, M. Maxime Carlot, s’est également rendu à Nouméa en janvier 2010 (à la fin de son mandat).

Le Ministre de l’Education et de la Francophonie, M.Charles Salwai, qui conduisait la délégation du Vanuatu à la Conférence Générale de l’UNESCO en octobre 2009 à Paris, a eu à cette occasion des entretiens bilatéraux au ministère des Affaires étrangères et européennes.

M. Pascal Vittori, membre du Gouvernement de Nouvelle-Calédonie, s’est rendu à Port-Vila en avril 2009. Une visite conjointe du Haut-Commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie et du Commandant Supérieur des forces armées de Nouvelle-Calédonie (FANC) a eu lieu en novembre 2009 au Vanuatu.

Le Ministre des Affaires Etrangères du Vanuatu, alors M. Joe Natuman, est venu en visite à Paris du 24 au 27juin 2010. Il s’est entretenu avec Mme Marie-Luce Penchard, Ministre de l’Outre-mer. M.Natuman a également eu un entretien avec M. Abdou Diouf, Secrétaire général de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).

Une délégation française conduite par M. Pierre Frogier, député à l’Assemblée nationale et Président de la Province Sud de la Nouvelle-Calédonie, a participé aux cérémonies du 30ème anniversaire de l’indépendance du Vanuatu, le 30 juillet 2010 à Port-Vila. Des délégations de Nouvelle-Calédonie, de Polynésie française et de Wallis-et-Futuna étaient également présentes.

En août 2011, le ministre chargé des Transports, M . Thierry Mariani, a effectué une visite de deux jours à Port-Vila. Il a rencontré les instances dirigeantes et les Français vivant dans l’archipel. Cette visite ministérielle, la première depuis celle de M. Dominique Perben en 1993, a permis de réaffirmer les liens étroits entre la France et le Vanuatu.

A l’Assemblée Nationale, le Groupe d’amitié France-Vanuatu est présidé par M. Bernard Lesterlin, député de l’Allier. Au Sénat, M. Simon Loueckhote, élu de Nouvelle-Calédonie, est Président délégué pour le Vanuatu au sein du Groupe interparlementaire France-Vanuatu-Iles du Pacifique.

Relations économiques

Si les échanges commerciaux entre la France et le Vanuatu restent faibles (8,1 millions d’euros pour 2010) en raison de l’étroitesse de ce marché, la France est le troisième investisseur étranger, avec, en 2008, 14% de la valeur totale des investissements, derrière l’Australie (26%) et l’Irlande (20%, avec l’investissement exceptionnel réalisé par l’opérateur téléphonique Digicel). Des investissements ont été notamment réalisés dans l’agro-alimentaire, le secteur bancaire, l’eau et l’assainissement, la distribution d’énergie, ainsi que l’immobilier.

Selon les dernières statistiques disponibles du Vanuatu (2007), l’Australie est le fournisseur principal du Vanuatu avec 31% de part de marché. La France (hors ses territoires du Pacifique) est le septième fournisseur de l’île avec une part de marché d’environ 1%. La France métropolitaine est toutefois le premier fournisseur hors pays voisins (loin devant les autres pays européens et même devant les Etats-Unis).

La Nouvelle-Calédonie, territoire voisin, dispose d’une part de marché non négligeable de 1,6%. Inversement, la Nouvelle-Calédonie est la seconde destination des exportations du Vanuatu (9,8%) derrière les Fidji. La France absorbe 4,2% des exportations du Vanuatu.

Coopération culturelle, scientifique et technique

La coopération de la France avec le Vanuatu s’inscrit dans la stratégie d’insertion des collectivités françaises du Pacifique dans leur environnement régional.Plus généralement, notre coopération vise à accompagner le Vanuatu sur la voie du développement et à y promouvoir la francophonie. Cette démarche, engagée dès l’accession de l’archipel à l’indépendance, s’est diversifiée au fil des ans et se poursuit en étroite concertation avec les autres partenaires du Vanuatu. Les secteurs forts de notre coopération sont traditionnellement l’éducation (bourses, soutien aux établissements d’enseignement) et la santé (formation du personnel, modernisation des établissements). Notre coopération repose sur plusieurs instruments complémentaires :

- Pour la période 2006-2010, le Document Cadre de Partenariat (DCP), signé le 26 juin 2006 par le Premier Ministre, M. Ham Lini, et la Ministre de la Coopération, Mme Girardin, a organisé les actions de la France en faveur du développement durable au Vanuatu. Les secteurs prioritaires retenus étaient l’éducation et l’agriculture, où un projet en partenariat avec l’UE (le POPACA) a permis d’atteindre des résultats satisfaisants. Le Vanuatu a été le seul Etat du Pacifique Sud à avoir bénéficié de cet instrument de coopération.

- L’Agence Française de Développement (AFD), au cours des années passées, a servi d’opérateur pour les projets financés par la France dans le domaine des infrastructures : rénovation d’aéroports (îles de Malicolo, Ambae, Pentecôte) ainsi que des établissements de santé(hôpital de Luganville sur l’île de Santo, inauguré en février 2010, et école d’infirmières).

- Le Fonds social de Développement (FSD) est adapté aux interventions en milieu rural.

- Le Fonds français pour le Pacifique Il peut être mobilisé pour des projets de coopération économique, sociale et culturelle impliquant une collectivité française du Pacifique, sur une base annuelle. Le Vanuatu est le premier bénéficiaire du Fonds Pacifique, pour un montant d’environ 200 000 euros.

- L’enveloppe de coopération bilatérale de l’Ambassade de France à Port-Vila privilégie des projets en matière d’éducation et de formation des élites.

En ce qui concerne la francophonie, le bilinguisme est reconnu par la Constitution vanouataise. Le français et l’anglais sont les langues d’enseignement au Vanuatu. Le lycée français de Port-Vila, auquel le nom de l’écrivain « J.M. Le Clézio » a été récemment donné, est partie intégrante du réseau des établissements d’enseignement français. Par ailleurs, le réseau des Alliances françaises du pays regroupe 2 000 membres.

Autres types de coopération

Un partenariat dynamique avec la Nouvelle-Calédonie :
- Les relations entre la France, la Nouvelle-Calédonie et le Vanuatu sont encadrées par la Convention de coopération qui couvre la période 2010-2014, signée le 16 février 2010, à Nouméa, par l’ambassadrice de France, le Président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, M. Philippe Gomès, et le Ministre vanouatais des Affaires étrangères, M. Joe Natuman. Cet accord s’articule autour des priorités suivantes : développement économique, éducation, insertion professionnelle des jeunes, recherche et transferts de technologie, culture et sports, santé, bonne gouvernance et coopération décentralisée. Le financement est réparti à parts égales entre le ministère français des Affaires étrangères (le Fonds Pacifique) et le gouvernement de Nouvelle-Calédonie et les provinces néo-calédoniennes (la Province Sud en particulier). La réunion annuelle de la commission mixte définit les projets à mettre en oeuvre.

Autres domaines de partenariat :

En matière de Défense, des coopérations sont menées par les Forces Armées de Nouvelle-Calédonie (FANC) avec le Vanuatu, tournées vers la surveillance de la ZEE du Vanuatu, la formation et l’assistance civile, avec les opérations « Castor » de réhabilitation de bâtiments publics. Port-Vila a marqué son intérêt pour le « service militaire adapté » (SMA), actuellement en vigueur en Nouvelle-Calédonie, et dont le concept pourrait être repris au Vanuatu. Un accord franco-vanouatais sur la recherche et le sauvetage maritimes a été signé en septembre 2004.

Des coopérations existent également dans le domaine du droit : jumelage des juridictions (Cour d’Appel de Nouméa et Cour Suprême du Vanuatu), codification des lois votées depuis l’indépendance, échange de professeurs de droit entre l’Université de Nouvelle-Calédonie et l’Université du Pacifique Sud, stages d’avocats. Une convention de coopération sur la fonction publique a par ailleurs été signée le 8 février 2008, au bénéfice des cadres de la fonction publique du Vanuatu, entre les instituts de formation de Nouvelle-Calédonie et la Commission de la fonction publique du Vanuatu.

Mise à jour : 26.10.11

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