La France et le Tchad
Brève
"La France est attachée au respect des droits de l’Homme et de l’Etat de droit au Tchad comme partout dans le monde. Nous sommes préoccupés par les récentes arrestations de députés et de journalistes tchadiens. Les personnes mises en cause doivent pouvoir se défendre et bénéficier de la présomption d’innocence."
Présentation
Sommaire
Relations politiques
Pendant la crise du Darfour, la France est beaucoup intervenue en faveur du Tchad afin de trouver une solution politique et de traiter la dimension régionale de cette crise, sur les plans sécuritaires, humanitaires, et pour aider les régions affectées : la France a été à l’initiative de la résolution du Conseil de sécurité qui a décidé du déploiement, dans l’est du Tchad et le nord-est de la RCA, d’une présence internationale (EUFOR Tchad-RCA) dont elle a été le principal contributeur. Avec la participation d’une vingtaine de pays, sous commandement irlandais, cette mission a été un succès pour la politique européenne de sécurité et de défense. La France a ensuite appuyé l’objectif d’une relève d’Eufor par l’ONU (mars 2009).
La France a aussi apporté un appui au dialogue politique inter-tchadien pour les élections de 2011-2012 : statut d’observateur, avec l’UE, au sein du comité de suivi de l’accord du 13 août 2007 ; soutien à la création d’une commission d’enquête chargée de faire la lumière sur les événements de février 2008 (attaque rebelle sur N’Djaména, violences et disparitions).
Alors que le Tchad connaît, depuis 2010, une période de stabilité propice à son développement et que nous avons assuré le président Déby de notre soutien, nous n’avons plus assez de moyens en bilatéral pour l’appuyer au niveau souhaité. Nous avons sollicité et obtenu un soutien de l’UE pour financer des projets dans le cadre de la réforme de l’armée tchadienne (baisse d’effectifs et réinsertion professionnelle des ancien soldats) et de DDR.
Nous avons également soutenu l’engagement personnel du Président Déby pour la sauvegarde du lac Tchad, dont le niveau a baissé ces vingt dernières années. Celui-ci a participé au Forum mondial de l’Eau à Marseille le 12 mars 2012, au cours duquel il a fait un plaidoyer en direction des bailleurs internationaux pour financer une trentaine de projets en faveur du lac Tchad. Nous avons contribué à la mobilisation des bailleurs lors de la présentation de ces projets (la France apporte un appui à travers le Fonds français pour l’environnement mondial, pour 800.000€). Le Président Déby a fait un nouveau plaidoyer au Sommet Rio +20, le 21 juin 2012.
Les visites
Le président Déby s’est rendu à Paris en juillet 2007 et s’est entretenu avec M. Nicolas Sarkozy, Président de la République.
Le Président Sarkozy et le ministre Kouchner se sont rendus au Tchad le 27 février 2008.
Les 21 et 22 novembre 2008, M. Kouchner, s’est déplacé dans l’Est. Il a participé aux cérémonies de transfert d’autorité entre EUFOR et la MINURCAT, les 14 et 15 mars 2009, à Ndjaména et Abéché.
Lors de visites privées (16 octobre 2009 et 8 avril 2010), le Président Déby a rencontré son homologue à Paris. Il a participé au sommet Afrique-France de Nice (31 mai-1er juin 2010) et aux célébrations du cinquantenaire des indépendances, les 13 et 14 juillet 2010 à Paris.
Mme Idrac, secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, s’est rendue au Tchad en septembre 2010, ainsi que Mme Létard, secrétaire d’Etat chargée des technologies vertes et des négociations sur le climat, le 31 octobre 2010 à l’occasion Forum mondial du Développement durable, consacré à la sauvegarde du Lac Tchad.
En janvier 2011, M. Juppé, ministre de la Défense et des anciens combattants, a assisté à la célébration du cinquantenaire de l’indépendance tchadienne. En décembre 2011, M. Laffineur, secrétaire d’Etat auprès du Ministre de la défense, s’est rendu au Tchad.
Le ministre des Affaires étrangères, M. Fabius, a rencontré le président Déby à Ndjaména le 28 juillet 2012.
Relations économiques
La France reste, après le Cameroun (surtout concerné par le transfert des produits pétroliers), le principal partenaire économique du Tchad. Le montant annuel des échanges atteint plus de 200 M€. Le solde commercial franco-tchadien a progressé grâce à la hausse des exportations françaises, constituées principalement de médicaments, de farines et céréales, de matériel électrique, automobile et de BTP. Les importations françaises en provenance du Tchad restent concentrées sur le pétrole et la gomme arabique. La France occupe le second rang des IDE (investissements directs à l’étranger) au Tchad, derrière les Etats-Unis impliqués dans l’exploitation pétrolière. Malgré un environnement des affaires relativement difficile (le Tchad est en avant dernière position du classement Doing Business de la Banque mondiale en 2012), une vingtaine de filiales d’entreprises françaises opèrent au Tchad et disposent de perspectives de développement réelles
Coopération culturelle, scientifique et technique
Les priorités de la coopération présentées dans le « Document cadre de partenariat 2006-2010 » comprenaient : l’éducation de base ; l’eau et l’assainissement ; la santé et la lutte contre le Sida. La gouvernance et la consolidation de l’Etat de droit, la francophonie et la culture, l’enseignement supérieur et la recherche y figuraient au titre des secteurs transversaux. Un nouveau DCP devrait être préparé avec les autorités tchadiennes.
La France (2e bailleur bilatéral derrière les Etats-Unis) mène une coopération civile importante : 22,1 M€ ont été décaissés en 2011, 28,4 M€ en 2010, ainsi qu’une aide alimentaire de 3 M€ en 2010 et 2011. Les engagements de l’AFD se sont élevés à près de 102 M€ de 2002 à 2009, dont 10% au titre de l’ajustement structurel et 90% au titre de l’aide-projet : 17 M€ d’engagement en 2011.
Pour les années 2012-2013, l’AFD prévoit des appuis à la municipalité et la zone de Ndjaména, notamment deux projets portant sur l’eau, l’assainissement et la santé urbaine (20,5 M€ dont 10 M€ délégués par l’UE), un appui de long terme au pastoralisme et un appui au secteur privé et à l’environnement économique (micro-finance, appui aux très petites entreprises et formation professionnelle). Le lancement de nouveaux projets du Fonds de Solidarité prioritaire (FSP) est envisagé en 2013 dans les secteurs de l’appui à la gouvernance (renforcement de la redevabilité des politiques publiques) et au bénéfice de l’enseignement supérieur et de la recherche, dans le cadre des initiatives autour du lac Tchad et des autres systèmes lacustres du pays.
Coopération militaire
La France et le Tchad ont conclu en 1976 un « accord de coopération militaire technique ». La France passe actuellement, en concertation avec les autorités civiles et militaires tchadiennes, d’une logique d’assistance à une logique de partenariat par projets, qui vise à renforcer les capacités militaires tchadiennes, en liaison avec les Eléments français au Tchad présents sur place (opération « Epervier » depuis 1986, près de 950 hommes déployés essentiellement à Ndjaména, mais aussi à Abéché dans l’est et à Faya-Largeau au nord ; quelques avions de chasse et hélicoptères).
Les actions visent principalement la réorganisation de l’Armée nationale tchadienne (ANT), la formation (qui demeure le socle intangible de notre action), le soutien institutionnel de la gendarmerie par un renforcement de l’Etat de droit et la santé avec un appui au profit de l’hôpital militaire d’Instruction. Dans le cadre de la sécurisation du territoire et de la surveillance des frontières, un projet de soutien à la réorganisation de la garde nationale et nomade tchadienne (GNNT) est développé depuis l’été 2007. La coopération militaire a également aidé le ministère de la Défense à formuler un projet de réorganisation de l’armée et de réduction d’effectifs associé à des formations pour la réinsertion professionnelle des militaires.
Mise à jour : 03.12.12
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