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Présentation

Données générales

Nom officiel : République du Tadjikistan
Chef de l’Etat : Emomali RAKHMON


Données géographiques

Superficie : 143 100 km2
Capitale : Douchanbé
Villes principales : Khodjent, Kouliab, Kourgan-Tioubé
Langue officielle : tadjik ; langue courante : russe
Monnaie : somoni ( =0,15 € )
Fête nationale : 9 septembre (Fête de l’Indépendance)


Données démographiques

Population : 8,13 M (2013)
Densité : 57 habitants/km²
Croissance démographique : 2,11 %
Espérance de vie : 65 ans (50 % de la population a moins de 17 ans)
Taux d’alphabétisation : 99,5 %
Religion (s) : Islam sunnite (90%), chiites ismaéliens (Pamir, 5%), orthodoxie (200 000)
Indice de développement humain : 125ème sur 186 (classement ONU 2012)


Données économiques

PIB 2013 : 8,5 Md $.
PIB par habitant (2013) : 1050 $ courants (2 000 en PPA)

Taux de croissance (2013) : 6,7%
Taux de chômage officiel (au sens du BIT) (2012) : 2,5 %
Taux d’inflation (2013) : 5%
Solde budgétaire (2013) : - 0,81 % PIB

Principaux clients (2013) : Turquie (40,7%), Russie (10,6%), Iran (10%), Chine et Kazakhstan (7,4%)
Principaux fournisseurs (2013) : Russie (22 %), Kazakhstan (15,2%), Chine (14,5%), Lituanie, USA, Kirghizstan, Turquie : autour de 5% ,

Secteurs d’activités dans le PIB (2012) :

  • agriculture (23,3%),
  • industrie (22,8%),
  • services (53,9%)

Exportations de la France vers le Tadjikistan, 2013 : 11 M€
Importations françaises depuis le Tadjikistan, 2013 : 0,5 M€

Consulat de France : section consulaire de l’ambassade de France à Douchanbé
Communauté française : une cinquantaine de personnes (ONG et organisations internationales, expatriés de sociétés françaises), hors contingent militaire une dizaine depersonnes


Politique intérieure

Institutions et vie politique

Le Tadjikistan est une république parlementaire bicamérale avec une chambre basse de 63 représentants élus au suffrage universel direct et une chambre haute de 33 membres, le Conseil National représentant les régions.

L’accord de réconciliation de 1997 prévoyait le partage du pouvoir entre les partisans du Président Rakhmon et l’Opposition Tadjike Unifiée, réunie autour du Parti de la Renaissance Islamique (PRI, dirigé depuis 2006 par Muhiddin Kabiri), seul parti islamiste autorisé en Asie centrale. Malgré cet accord, le Parti de la Renaissance Islamique a été marginalisé. Les élections législatives du 28 février 2010 ont été remportées par le Parti démocratique populaire du Président Rakhmon (71,7% des voix) qui détient 55 des 63 sièges. Le PRI, le Parti communiste, le Parti agrarien et le Parti des réformes économiques ont obtenu chacun 2 des 8 sièges restants.

Au pouvoir depuis 1994, le Président Rakhmon a été réélu à la tête de l’Etat le 6 novembre 2013 avec 83,36% des suffrages (participation de 90%) au terme d’une campagne marquée par l’absence de débat et de candidats alternatifs, les cinq autres concurrents ne se situant pas dans l’opposition. La candidate des deux partis d’opposition (PRI et Parti Social-Démocrate), la militante des droits de l’homme novice en politique Mme Bobonazarova, n’a pas pu faire valider sa candidature faute d’avoir rassemblé le nombre de signatures de soutien requis.

S’agissant du fondamentalisme religieux, de nombreux Tadjiks sont encore très marqués par la guerre civile, mais l’attrait de certains jeunes pour l’islam radical préoccupe le gouvernement, qui a pris des mesures pour lutter contre l’extrémisme et contrôler la pratique de l’islam : rapatriement des étudiants tadjiks du Pakistan, du Golfe et du Maghreb, contrôles des imams (qui sont maintenant rémunérés par l’Etat) et des prêches, fermeture de mosquées non accréditées (mais construction à Douchanbé de la plus grande mosquée d’Asie centrale).
Les relations avec l’Ouzbékistan voisin restent tendues (voir point 7). Une partie importante de l’Ouzbékistan est tadjikophone et 15% des habitants du Tadjikistan sont ouzbeks.


Sécurité intérieure

17 ans après la fin de la guerre civile, des affrontements entre forces de sécurité et groupes armés se produisent sporadiquement. Le pouvoir tente de réduire les anciens chefs de guerre, les combattants d’Afghanistan et les groupes armés liés au grand banditisme ou à des chefs religieux radicaux. Il est parvenu en avril 2011 à éliminer un dernier groupe armé dirigé par Mullo Abdullo.

A l’été 2012, dans un contexte de lutte d’influence entre groupes criminels, l’assassinat du Général Abdoullo Nazarov, chef des services de sécurité à Khorog, a conduit les autorités à lancer d’importantes opérations dans la région autonome du Haut Badakhshan, qui ont fait plusieurs dizaines de morts, dont des civils ; aucune enquête officielle n’a encore fait la lumière sur ces évènements. La situation reste tendue dans cette région, où des affrontements avec la police ont fait quatre victimes, dont un policier, le 21 mai 2014.

Une tentative d’attentat contre le ministère de l’Intérieur à la veille de l’élection présidentielle a été déjouée en octobre 2013.

Les ONG locales et internationales dénoncent les atteintes à la liberté d’expression et d’information et déplorent une aggravation de la situation. Une presse indépendante existe bien, même si ces dernières années ont vu le renforcement des contrôles sur les activités des médias. Les violences à l’encontre des femmes et la torture restent répandues.


Situation économique

Le Tadjikistan reste le pays le plus pauvre de la CEI : alors que 43 % de la population vit avec moins de 2 $/jour, plus d’un million de Tadjiks travaillent en Russie (dont les transferts équivalent à 46% du PIB) et au Kazakhstan. La forte croissance des dernières années est poussée davantage par la consommation, financée principalement par l’argent des émigrés, que par la création de richesse au Tadjikistan même. Le pays est particulièrement vulnérable aux risques de trafic de stupéfiants et au crime organisé.

La population est jeune, majoritairement rurale (75%) et présente une des plus fortes densités au monde en proportion des terres cultivables. Le développement des infrastructures routières, auquel la Chine participe, est essentiel. L’Iran est aussi un partenaire important dans ces secteurs.

La balance commerciale (marchandises seules) est largement déficitaire, avec 4,1 Md$ d’importations pour 1,2 Md$ d’exportations. Même si leur production est en baisse importante, le coton (17% des exportations tadjikes) et l’aluminium de l’usine Talco (32% des exportations, presque exclusivement vers la Turquie)) dominent encore l’économie du Tadjikistan qui dépend par ailleurs de ses importations pour les produits alimentaires et l’énergie. La fin des importations de gaz d’Ouzbékistan en 2012 a poussé le Tadjikistan à convertir une partie de ses industries au charbon, dont il dispose en abondance.

La part de l’agriculture dans le PIB diminue mais elle emploie toujours 50% de la population active. On constate une croissance des secteurs de la construction (à Douchanbé). Les investissements dépendent largement de l’étranger (chinois, russes et turcs) et des institutions financières internationales. Alors que le Tadjikistan dispose d’un fort potentiel hydroélectrique (jusqu’à 300 milliards de KWh/an, mis en valeur à moins de 5%, soit 17 Md KWh), ses projets de barrages se heurtent, au-delà de la question des investissements qui se chiffrent en milliard de dollars, aux intérêts des pays de l’aval, particulièrement l’Ouzbékistan.

Le président tadjik a fait de la construction du méga-barrage de Roghun un projet phare pour assurer au pays l’autosuffisance en électricité. Douchanbé souhaite également participer à la réalisation du projet CASA-1000 d’export d’hydro-électricité produite au Kirghizstan et Tadjikistan vers l’Afghanistan et le Pakistan, que la Russie et la Banque mondiale serait prêtes à financer chacune à hauteur de 500 M $ (plus d’1Md $ de budget prévisionnel).


Politique extérieure

Après les attentats du 11 septembre 2001, le Tadjikistan a apporté son soutien à la coalition internationale anti-terroriste et accordé des facilités aux Etats-Unis et à ses alliés, dont la France avec l’accueil d’un détachement aérien sur l’aéroport de Douchanbé.


La Russie

La Russie reste la puissance tutélaire du Tadjikistan, notamment pour la sécurité avec la présence de la 201ème division de fusiliers motorisés (la plus importante base militaire russe à l’étranger avec près de 7000 hommes) dont le bail a été renouvelé jusqu’en 2042.

Quelque 200 conseillers russes sont par ailleurs présents à Douchanbé pour travailler sur les problématiques de la porosité de la frontière tadjiko-afghane.

La Russie reste un partenaire économique de premier plan ( premier fournisseur avec 22% des importations) et attire de très nombreux migrants. L’université russe à Douchanbé maintient une présence culturelle et intellectuelle, alors que la minorité russe ne représente plus qu’entre 0,5 et 1% de la population (contre presque 8 % avant l’indépendance).


L’Iran

Les relations avec l’Iran, fondées sur des liens de proximité culturelle et linguistique, sont bonnes (bien que les Tadjiks soient sunnites et les Iraniens chiites). L’Iran participe au développement des infrastructures au Tadjikistan (tunnels, routes, centrales hydroélectriques).


Relations avec les pays limitrophes

L’Afghanistan

Très hostile aux Talibans, Douchanbé, qui avait soutenu l’Alliance du Nord dominée par les Tadjiks de la vallée du Panshir, est confronté à l’instabilité en Afghanistan et à la croissance du trafic de drogue (1344 km de frontières communes). Le Tadjikistan est le principal pays de transit de la « voie du nord » (d’après l’ONUDC, en moyenne 200 kg d’héroïne par jour). Le Tadjikistan mise sur la coopération économique pour favoriser la stabilité en Afghanistan.


L’Ouzbékistan

Les relations avec ce voisin restent tendues. Fermement opposé au projet de construction du méga-barrage de Roghun, l’Ouzbékistan agite la menace d’un conflit en cas de poursuite des travaux. Outre le blocage régulier du fret ferroviaire à destination du Tadjikistan par Tachkent, les Tadjiks sont soumis à une obligation de visa pour se rendre en Ouzbékistan ou pour passer entre le nord et le sud du pays en contournant les chaînes de montagnes du centre. L’usine de production d’aluminium Talco, à quelques kilomètres de la frontière, est également accusée de pollution par l’Ouzbékistan.


Le Kirghizstan

Les tensions interethniques survenues dans le sud du Kirghizstan en 2010 et les inquiétudes de ces deux pays liées à l’évolution de la situation en Afghanistan et à la porosité de leurs frontières ont relancé le dialogue entre Bichkek et Douchanbé. La démarcation des 971 km de frontière n’est effectuée que pour moitié et se poursuit, de même que les discussions sur les enclaves tadjikes dans le sud du Kirghizstan, qui sont fréquemment le théâtre d’incidents.


La Chine

La Chine est le premier investisseur au Tadjikistan, construisant routes, lignes électriques, usines (cimenteries notamment) et accordant à Douchanbé des financements, en contrepartie desquels elle négocie l’usage de terres agricoles et l’exploitation de ressources minières. Elle va financer un gazoduc pour l’acheminement du gaz turkmène vers la Chine via le Tadjikistan. Celui-ci est favorable au développement d’autres grands projets régionaux chinois, comme la construction d’un chemin de fer entre Kashgar et Herat dont les travaux ont été initiés en avril 2011. L’accord du 12 janvier 2011 par lequel le Tadjikistan a cédé 1158 km2 de territoire montagneux et inhabité à la Chine ont mis fin à une revendication chinoise antérieure à la création de l’URSS et qui concernait initialement 28 500 km² dans le Pamir.


La coopération régionale et internationale

Le Tadjikistan tente de développer ses relations avec les voisins et les grands acteurs régionaux au travers des enceintes régionales : Organisation du Traité de Sécurité Collective, Organisation de coopération de Shanghai (OCS) et Eurasec (Communauté économique eurasiatique). Il soutient l’adhésion de l’Iran à l’OCS. Douchanbé a privilégié son adhésion à l’OMC le 2 mars 2013 avant d’envisager la possibilité d’adhérer à l’Union douanière Biélorussie-Russie-Kazakhstan, pays avec lesquels il ne partage aucune frontière.


Mise à jour : 26.05.14


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