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Présentation

Dès mars 2011, à l’instar de ses partenaires occidentaux, la France a appelé au départ du président Bachar al-Assad, et a soutenu l’aspiration du peuple syrien à la démocratie et à la liberté en se mobilisant en faveur d’une transition politique en Syrie.

Dans cet esprit, la France a reconnu la Coalition des forces de la révolution et de l’opposition syrienne formée le 11 novembre 2012 à Doha comme « seul représentant légitime du peuple syrien ».

Site de l’ambassade de France en Syrie (fermée depuis mars 2012)

Données générales

Nom officiel : République arabe syrienne
Nature du régime : République

Chef de l’Etat : Président de la République, M. Bachar AL ASSAD
Vice-Président : M. Farouq AL CHARAA
Vice-Présidente chargée des Affaires culturelles : Mme Najah AL ATTAR

Données géographiques et générales

Superficie : 185.181 Km2
Capitale : Damas
Villes principales : Alep, Homs, Hama, Lattaquié.
Langue officielle : arabe
Langues courantes : arabe, kurde.
Monnaie : Livre syrienne
Fête nationale : 17 avril (commémore l’évacuation des troupes françaises le 17/04/1946)

Données démographiques (2012)

Population : 22,4 M
Croissance démographique (estimée) : -0,797%
Espérance de vie : 76 ans
Indice de fécondité (2011) : 2,87 enfants par femme
Taux d’alphabétisation : 83,4%
Religion (s) : sunnites (74%), alaouites (12%), chrétiens (10%), druzes (3%), chiites duodécimains, ismaéliens, juifs.
Indice de développement humain : 0,648

Données économiques (estimations pour 2012)

PIB : 73,67 Mds$ (US courants)
PIB par habitant : 3288 $
Taux de croissance (estimation pour 2011) : -2,3%
Taux de chômage (au sens du BIT) : 18 %
Taux d’inflation : 37 %
Solde des comptes publics : -11,4 % du PIB
Solde commercial (2010) : -0,367 Mds de $
Principaux clients : Irak 55,9%, Arabie Saoudite 9,3%, Koweit 6.1%, EAU 5,3%, Liban 4,2 %, Principaux fournisseurs : Arabie Saoudite 21,2%, EAU 10,4%, Iran 7,7%, Chine 7%, Irak 6,3%, Ukraine 6,3%, Egypte 4,3%
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :

  • agriculture : 16,5%
  • industrie : 22,8 %
  • services : 60,7 %
    Exportations de la France vers la Syrie (2010) : 332 M€ (82e client de la France)
    Importations françaises depuis la Syrie (2010) : 405 M€ (69e fournisseur de la France)
    (Sources : FMI, Banque mondiale, PNUD, CIA)

Liens

Consulats de France (fermés depuis mars 2012) : Damas, Alep

Communauté française en Syrie : il a été instamment recommandé aux ressortissants français de quitter le pays, compte tenu de l’intensification des violences

Communauté syrienne en France : environ 5.000 (hors binationaux)

Révolution syrienne

a - Historique de la révolution

Dès mars 2011, de fréquentes manifestations, principalement à Damas, Deraa, Hama et Homs, ont mobilisé des dizaines de milliers de personnes pour réclamer des réformes politiques et démocratiques. Dès le premier mois, elles ont été réprimées dans le sang. Le régime a pratiqué une répressionà grande échelle : tirs contre les manifestants pacifiques ;arrestations massives ; tortures, y compris sur des mineurs ; perquisitions d’habitations. Les principaux foyers de la révolution – notamment Hama, Homs et Deraa – ont été la cible d’une répression d’une extrême violence. Les bombardements par l’armée et les affrontements entre soldats du régime et combattants de l’opposition y ont entraîné la mort de plusieurs milliers de personnes.

Dans ce contexte, certains opposants ont pris les armes. Un groupe de militaires ayant fait défection a annoncé, le 29 juillet 2011, la formation de l’Armée Syrienne Libre (ASL). Elle a bientôt été ralliée par des milliers de civils. Dès l’automne, des affrontements ont eu lieu entre, d’une part, l’ASL et d’autres groupes armés de la contestation, et, d’autre part, les forces de sécurité et les chabbiha – les milices pro-régime.

L’opposition a également cherché à se structurer sur le plan politique : sous la présidence de Burhan Ghalioun, le Conseil national syrien (CNS), fondé à Istanbul le 15 septembre 2011, unifie une grande partie de l’opposition intérieure et extérieure de différentes sensibilités (libérale, islamiste, nationaliste), recevant notamment le soutien des comités locaux de coordination, groupes d’opposition laïcs créés en avril 2011. Le CNS appelle à une transition politique impliquant le départ de Bachar al-Assad.

Bachar al-Assad a entretenu l’illusion de réformes : un référendum sur l’adoption d’une nouvelle constitution a étéorganisé le 26 février 2012. Le régime a annoncé un taux de participation de 57% ; 89% des Syriens auraient voté « oui ». Ce vote a été suivi d’élections législatives le 7 mai. Mais le régime a été affaibli par la défection de personnalités de premier plan, notamment celles du vice-ministre syrien du pétrole, Abdo Hussammedine, en mars,de Manaf Tlass, haut gradé de l’armée et ami d’enfance d’Assad, en juillet, et de Riad Hijab, Premier ministre depuis à peine plus d’un mois, en août. En outre, des attentats ont frappé l’appareil de sécurité du régime, en particulier celui du 18 juillet, qui a tué quatre hauts responsables de la sécurité, dont le beau frère d’Assad, Assef Chawkat.

A l’automne 2012, plusieurs évènements ont aggravé le risque d’une déstabilisation régionale : tirs parfois meurtriers hors des frontières syriennes au Liban et en Turquie ; incursions de l’armée syrienneau-delà de la frontière Nord avec le Liban ; attentat du 19 octobre à Beyrouth, causant la mort du général Wissam al-Hassan, le chef des renseignements libanais, proche du courant du 14 mars. A cela s’ajoute l’afflux massif de réfugiés, qui constituent une lourde charge pour ces pays.

De son côté, l’opposition a poursuivi ses efforts de structuration. Ces efforts ont abouti le 11 novembre 2012 à Doha, avec la formation de la Coalition nationale des forces de la révolution et de l’opposition syriennes, qui englobe notamment les mouvements actifs sur le terrain. La Coalition est présidée à l’origine par un dignitaire sunnite, ancien imam de la mosquée des Omeyyades à Damas, le cheikh Ahmad Moaz al-Khatib, opposant de longue date. Ahmad al-Assi al-Jarba lui a succédé à la tête de la Coalition en juillet 2013. Sur le terrain, l’opposition poursuit une action efficace notamment dans des zones dites « libérées », administrées par des conseils révolutionnaires.

b - Récents développements

A ce stade, les révolutionnaires ont pris le contrôle d’une importante partie de l’Est – vallée de l’Euphrate – et du Nord du pays – frontière turque – ainsi que de certains quartiers des grandes villes – Homs, banlieue Est de Damas. Cependant, les combats demeurent intenses dans certaines de ces zones, et l’aviation syrienne continue de pilonner les zones libérées, tuant de nombreux civils. Le régime est également responsable de nombreux blocus qui privent la population d’accès aux vivres et aux médicaments, notamment à Moaddamiye, où des milliers d’habitants restent bloqués, dans certaines zones urbaines de la Ghouta, ou encore à Homs. Pour permettre l’acheminement de l’aide humanitaire dans les zones libérées, la Coalition a mis en place une Unité de Coordination des Aides (ACU). Lors de la réunion internationale de soutien à la Coalition qui s’est tenue le 28 janvier 2013 à Paris, de nombreux pays se sont engagés à soutenir financièrement cette structure.

Sur le plan politique, l’opposition modérée continue de s’organiser. L’Assemblée générale de la Coalition, qui s’est tenue du 9 au 11 novembre à Istanbul, a permis des avancées sur trois points. La Coalition s’est tout d’abord prononcée en faveur d’une participation à la conférence de Genève II, pourvu que celle-ci se fixe pour objectif de mettre en place un gouvernement de transition doté des pleins pouvoirs exécutifs. L’opposition kurde (CNKS) a ensuite été intégrée au sein de la Coalition (huit nouveaux membres, portant le total des membres de la Coalition à 123). Enfin, l’Assemblée générale de la Coalition a désigné les neuf membres du gouvernement provisoire dirigé par Ahmed Tomeh. Ce gouvernement est conçu comme un pourvoyeur de services fonctionnant sous l’égide de la Coalition. Le président al-Jarba assume de facto le portefeuille des Affaires étrangères.

Sur le plan militaire, l’opposition modérée regroupée au sein de l’Armée syrienne libre subit la répression du régime mais aussi les fréquentes attaques des jihadistes. Ces derniers profitent du chaos créé par la crise pour se développer de façon préoccupante sur le terrain. Le régime les instrumentalise pour décrédibiliser l’opposition modérée. Les deux principaux groupes jihadistes sontl’Etat islamique en Irak et au Levant, affilié à Al Qaida, groupe jihadiste le plus actif en Syrie, qui occupe une place croissante dans le nord du pays, et le Jabhat al-Nosra, également affilié al-Qaïda.

Situation économique

La crise intérieure, l’isolement régional et les sanctions économiques décidées par l’Union européenne et les Etats-Unis ont conduit à une dégradation de la situation économique en Syrie. Le tourisme est au point mort et la croissance réelle en 2012 est estimée à -2,3% (contre +3,4% en 2010). Un certain nombre d’hommes d’affaires ont pris leurs distances avec le régime. Les sanctions pétrolières sont efficaces, la Syrie ne parvenant plus à exporter de pétrole en quantité, alors que ces exportations représentaient 25% des revenus du régime. La livre syrienne a été dépréciée de plus de 200% depuis le début de la crise.

Situation humanitaire

Selon le Haut commissariat desNations Unies aux droits de l’Homme, les violences en Syrie auraient fait, depuis mars 2011, plus de 120.000 morts (deux tiers sont des civils). 9.3 millions de personnes seraient désormais affectés par la crise et nécessiteraient une aide humanitaire d’urgence tandis que6.5 millions de personnes seraient déplacés à l’intérieur du pays, Les dommages matériels sont également considérables et affectent lourdement le quotidien de la population syrienne : le Bureau de la coordination humanitaire des Nations Unies rapporte que 1.2 million de foyers auraient été endommagés dont 400.000 entièrement détruits et que près de 5.000 écoles ne seraient plus en mesure d’accueillir leurs élèves, laissant 1.9 million d’enfants (sur un total de 5.4 million) sans accès à l’éducation. En dépit des appels de l’ONU, l’accès aux populations, dans un contexte sécuritaire très dégradé, reste complexe et aléatoire. Les attaques ciblant les travailleurs humanitaires sont fréquentes et font obstacle à la bonne marche des programmes d’aide à l’intérieur du pays. Le régime demeure le principal responsable des difficultés entravant l’acheminement de l’aide humanitaire dans tout le territoire syrien. Il prive délibérément et de façon systématique la population syrienne se trouvant dans des zones tenues par l’opposition des biens de première nécessité indispensables à sa survie. Il en résulte le développement de situations de famine et d’épidémies. On observe actuellement notamment la résurgence de la poliomyélite alors que l’épidémie était sur le point d’être éradiquée au niveau mondial. Nonobstant les difficultés d’accès et les contraintes sécuritaires, les opérateurs (Agences, ONG locales et internationales, CICR), tentent de poursuivre leur activité sur le terrain.

La situation humanitaire est également très préoccupante hors des frontières syriennes. Dans les pays voisins, l’afflux massif et croissant de réfugiés a des conséquences désastreuses sur les communautés hôtes. Les agences de l’ONU estimaient début septembre que, chaque jour, environ 5000 Syriens abandonnaient leur maison. Le HCR compte plus de 2.2 millions de réfugiés syriens enregistrés ou en cours d’enregistrement fin novembre 2013, dont plus de 830.000 au Liban, 520.000 en Turquie, 560.000 en Jordanie, 200.000 en Irak et 120.000 en Egypte.

La communauté internationale se mobilise pour venir en aide aux pays voisins de la Syrie et les aider à gérer cet afflux de réfugiés. A cet égard, un Groupe international de soutien au Liban a été mis en place sous l’égide du Secrétariat général des Nations Unies dans l’objectif d’apporter une réponse collective à la crise que traverse le Liban.

Politique extérieure

Ligue arabe

En novembre 2011, la Ligue arabe a décidé le gel de l’adhésion de la Syrie à toutes ses réunions et à ses instances. Le 22 décembre 2011, des observateurs arabes ont été déployés en Syrie, dont la mission était de vérifier la mise en œuvre du plan en quatre volets établi par la Ligue arabe et accepté par Damas, prévoyant notamment l’arrêt de la répression et la libération de tous les prisonniers politiques. Mais la mission, qui s’est déroulée dans un climat de recrudescence des violences, a pris fin officiellement le 12 février 2012. Suite à cette mission, deux points ont été ajoutés au plan de la Ligue : la formation d’un gouvernement d’union nationale et l’effacement simultané de Bachar al-Assad au profit du vice-président Farouk al-Charaa.

En février 2012, la Ligue arabe a demandé à ses Etats membres de mettre fin à toute coopération diplomatique avec la Syrie et elle a décidé, le 25 mars 2013, d’attribuer le siège de la Syrie à la Coalition Nationale Syrienne, dont le Président, Moaz al Khatib, a représenté le peuple syrien, lors du 24ème Sommet de la Ligue tenu à Doha le 26 mars.

Lors de sa réunion ministérielle du 1er septembre 2013, la Ligue arabe a imputé au régime syrien la responsabilité des massacres chimiques du 21 août à Damas et a appelé à prendre des mesures dissuasives à son égard. Elle a également renouvelé son soutien à la Coalition nationale syrienne dans sa résolution du 3 novembre et appelé à ce que les négociations de Genève II débouchent avec succès sur la mise en place d’un gouvernement de transition doté des pleins pouvoirs exécutifs.

Groupe des Amis du peuple syrien

A l’initiative de la France, un Groupe des Amis du peuple syrien a été constitué en 2012, afin d’accroître la pression diplomatique sur le régime de Bachar al-Assad, montrer son isolement croissant et condamner la poursuite de la répression. Il regroupe à ce stade 115 Etats et organisations, et a déjà tenu cinq plénières à niveau ministériel : à Tunis, le 24 février 2012 ; à Istanbul, le 1er avril 2012 ; à Paris, le 6 juillet 2012 ; à Marrakech, le 12 décembre 2012 et à New-York, le 26 septembre 2013. Le Core Group, réunissant les 11 pays les plus proches de la Coalition nationale syrienne s’est également réuni à plusieurs reprises : à Rome, le 28 février 2013 ; à Amman, le 22 mai 2013 ; à Doha, le 22 juin 2013 et à Londres, le 22 octobre 2013. A Marrakech, les Amis, qui ont appelé au départ de Bachar al-Assad, ont reconnu collectivement la Coalition comme le représentant légitime du peuple syrien. Le communiqué publié lors de la réunion de Londres le 22 octobre 2013 appelle à ce que le gouvernement de transition mis en place suite à Genève II soit doté des pleins pouvoirs exécutifs et contrôle toutes les institutions, y compris sécuritaires. Il encourage également la Coalition nationale syrienne à jouer un rôle moteur dans les négociations et exige l’adoption de mesures de confiance par le régime en parallèle des négociations pour améliorer les conditions de vie du peuple syrien.

Mise à jour : 26.12.13


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