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Réunion des amis du peuple syrien - Tribune de Laurent Fabius parue dans "Le Figaro" (6 juillet 2012)

Solidaires du peuple syrien

Avec un courage qui suscite l’admiration, les Syriens revendiquent leur droit à la liberté et à la démocratie, au nom des principes universels portés par les « printemps arabes ».

Le régime de Bachar Al Assad a réagi, dès les premières manifestations pacifiques de mars 2011, par une répression sauvage et sanglante, contredisant ses slogans sur les « réformes » ou le « dialogue ».

Le bilan est terrible, après bientôt dix-sept mois de violences ininterrompues : plus de 16000 morts, dans leur grande majorité des civils désarmés dont de nombreux enfants, des dizaines de milliers de personnes arbitrairement arrêtées, souvent torturées, des disparitions forcées, des centaines de milliers de Syriens contraints de quitter leur foyer, déplacés à travers le pays ou réfugiés dans les Etats voisins.

Ce pays, à juste titre si fier de sa contribution à l’humanité et de sa convivialité, apparaît meurtri et défiguré. Le régime n’a pas hésité à recourir aux instruments les plus pervers pour se maintenir en place, notamment en attisant les clivages communautaires. La guerre contre son propre peuple menée par Bachar Al Assad a fini par plonger la Syrie dans une logique de guerre civile qui risque de se généraliser. La responsabilité du tyran est massive.

Face à une telle tragédie, la communauté internationale devait se mobiliser.

C’est la raison d’être du groupe des Amis du peuple syrien qui va tenir ce vendredi 6 juillet à Paris sa troisième réunion ministérielle, après celles de Tunis et d’Istanbul, avec la participation des représentants de plus de cent Etats et d’organisations internationales et régionales. Le groupe des Amis s’est constitué pour exprimer la détermination de la communauté internationale à ne pas abandonner les Syriens et à agir de manière concrète à leurs côtés, malgré les difficultés rencontrées notamment au Conseil de sécurité. L’Union européenne et ses Etats-membres sont naturellement présents au rendez-vous, aux côtés de la Ligue Arabe et de la quasi-totalité des Etats arabes, de la Turquie, des Etats-Unis mais aussi de très nombreux pays d’Asie, d’Afrique, d’Amérique… tous sensibles à la portée universelle du drame syrien.

La réunion de Paris a un rôle majeur à jouer alors que, à l’initiative de Kofi Annan, Envoyé spécial conjoint des Nations Unies et de la Ligue arabe, un groupe d’action rassemblant les principaux acteurs internationaux et régionaux a approuvé un plan de sortie de crise prévoyant l’arrêt de la répression et des violences ainsi qu’une transition démocratique à laquelle Bachar Al Assad ne sera pas associé. Avec les opposants syriens, nous disons clairement que le massacreur n’a pas sa place dans un tel processus et doit partir.

En cette période particulièrement critique, la réunion du 6 juillet manifeste l’isolement et le rejet du régime illégitime et meurtrier de Bachar Al Assad. Elle prendre des engagements concrets pour soutenir les Syriens, notamment au regard de la situation humanitaire de plus en plus préoccupante et des besoins nécessaires à la reconstruction quand la transition sera engagée.

Dans le tableau sombre qui est celui de la Syrie aujourd’hui, la réunion de Paris est aussi l’occasion d’appuyer les efforts de l’opposition syrienne pour surmonter les clivages qui l’ont trop longtemps minée, renforçant de fait la main du régime. Même s’ils doivent être complétés, des pas prometteurs ont été accomplis en ce sens voici quelques jours au Caire. Les militants de la démocratie en Syrie sont désormais en mesure de s’entendre pour proposer à l’ensemble des Syriens une alternative crédible garantissant à tous les mêmes droits, quels que soient les origines, les appartenances confessionnelles ou ethniques, les croyances ou le genre. Chaque Syrien doit savoir qu’il a sa place dans la Syrie de demain.

Dans ce soutien international au peuple syrien et à ceux qui portent ses espoirs et ses aspirations légitimes, l’Europe prendra toute sa place. Elle le fera au nom de sa vocation à développer ses relations avec son voisinage méditerranéen. Elle le fera au nom des valeurs de démocratie et de paix qu’elle partage avec ceux qui se battent courageusement pour leur liberté.


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