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La France et la Suisse

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Relations politiques

Relations politiques et dernières visites

Les relations de la France avec la Suisse sont denses, en raison notamment du voisinage géographique et de l’ancienneté des relations politiques et diplomatiques. Signe de la qualité de ces relations, la Suisse avait accepté d’assurer la représentation des intérêts français en République fédérale de Yougoslavie après que la France eut rompu ses relations diplomatiques avec Belgrade en mars 1999. A la demande de Berne, la France, représentée par son ministre des Affaires étrangères, a parrainé l’adhésion de la Suisse à l’ONU le 10 septembre 2002.

Au niveau politique, les contacts à caractère spécifiquement bilatéral ont été fréquents au cours de ces dernières années, tant au niveau Chef d’Etat (M. Sarkozy a rencontré la présidente de la Confédération suisse Mme Leuthard le 27-01-2010 pour un entretien en marge du Forum économique mondial de Davos et l’a reçue à Paris le 21-07-2010) que Premier ministre (entretien de M. Fillon avec M. Couchepin, conseiller fédéral, chef du département de l’intérieur de la Confédération suisse le 16-02-2009, rencontre entre M. Fillon et M. Couchepin, alors président de la Confédération le 28-11-2008, et rencontre de M. Fillon avec M. Couchepin le 24-01-2008 en marge du Forum économique mondial de Davos), ou ministres des Affaires étrangères (entretien entre M. Kouchner et Mme Calmy-Rey à Paris le 18-03-2009, entretien de M. Juppé avec M. Burkhalter le 27 février 2012, en marge de la journée d’ouverture de la 19ème session du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU).

M. Burkhater a effectué le 6 septembre 2012 sa 1ère visite à Paris à l’occasion de laquelle il a été reçu par le Ministre des Affaires étrangères, M. Fabius et le Ministre délégué chargé des Affaires européennes, M. Cazeneuve.

Le Président de la République a reçu à Paris, le 7 décembre 2012 pour une visite de travail, la présidente en exercice de la Confédération suisse, Mme Widmer-Schlumpf.

Relations économiques

La Suisse est notre 9ème client (6,6 Mds € d’exportations) et 10ème fournisseur (5,7 Mds €). Les échanges de biens entre la France et la Suisse ont retrouvé de la vigueur en 2011 avec une croissance des échanges globaux (importations et exportations) de 16% en glissement annuel (12,4 Mds €). Malgré la baisse des exportations françaises en Suisse depuis le début 2009 dans un contexte de crise économique, la France conserve un excédent commercial : pour l’année 2011, il s’élève à 928M€, contre 505M€ en 2010. Toutefois cette forte hausse de nos exportations a été enregistrée principalement au 1er trimestre 2011 en raison, notamment, de livraisons d’Airbus à la compagnie aérienne Swiss.
Au 1er semestre 2011, selon les statistiques des douanes françaises, nos cinq principaux produits d’exportation représentaient 30% du total de nos ventes vers la Suisse.

Le premier poste des exportations de France vers la Suisse est le secteur agroalimentaire (473 M€ soit 7,1 % des exportations). Viennent juste après les exportations du secteur aéronautique (448M€, soit 6,7%), suivies par celles des articles de joaillerie et bijouterie (409M€) puis du secteur automobile (359M€, soit 5,4% du total). L’électricité est le 5ème produit d’exportation, avec près de 4,8% du total ; on constate une forte volatilité de nos échanges avec la Suisse dans ce secteur en raison des changements rapides de la demande et de l’offre en fonction des saisons.
S’agissant de nos importations, en 2011, cinq postes représentaient 43% de nos importations en provenance de Suisse : les préparations pharmaceutiques (11,9% du total de nos importations de produits helvétiques), les articles d’horlogerie (11,6%), les instruments et fournitures à usage médical (8%), les équipements médicaux (6,3%) et les huiles essentielles (5,3%). Fin 2011, en glissement annuel, nos importations affichaient une croissance modérée de 3%

Cette tendance résulte principalement des évolutions contrastées de nos principaux produits d’importations : une faible augmentation de nos importations de produits pharmaceutiques, une augmentation soutenue de nos importations d’articles d’horlogerie et des instruments à usage médical et dentaire et une diminution significative et régulière de nos importations d’équipements d’irradiation médicale, électro-médicaux et électro-thérapeutiques sur un an.

Coopération culturelle, scientifique et technique

Nos relations culturelles, scientifiques et techniques sont largement décentralisées du fait des compétences culturelles des cantons et communes helvétiques, et du rôle que l’initiative privée joue en Suisse dans ce domaine. Le réseau des 9 Alliances françaises de Suisse contribue à leur visibilité. La coopération repose sur des accords directs entre les différents organismes publics et privés des deux pays, ainsi que sur les multiples relations transfrontalières.

Dans le domaine universitaire et scientifique, auquel elle consacre 2,7% de son PIB, la Confédération est très active. La recherche helvétique est l’une des plus performantes du monde.
Les relations sont plus denses entre la Suisse romande et la France, mais on constate une progression des échanges avec la Suisse alémanique. Cette coopération se traduit par le volume des co-publications scientifiques, la France étant le 3ème partenaire de la Suisse dans ce domaine, derrière les Etats-Unis et l’Allemagne.

La Suisse est la 7ème destination des missions des chercheurs du CNRS, hors CERN. D’ailleurs, le CNRS entretient avec la Suisse, depuis 2001, un LEA (Laboratoire européen associé) en microtechnique, qui regroupe une dizaine d’institutions de recherche françaises et suisses.
La quasi-totalité des agences françaises de recherche entretiennent des relations avec des institutions suisses : le plus important est l’INSERM (dont la Suisse est le 6ème partenaire mondial) avec environ 315 partenariats, mais on peut également mentionner l’INRA, l’IFREMER, l’INRIA, l’Institut Pasteur…

La Suisse est devenue membre à part entière de la Francophonie au sommet de Dakar, en 1989, avant de rejoindre l’Agence universitaire de la Francophonie en 1996. Elle en a assuré la présidence pour l’année 2011 et a accueilli avec succès le XIIIème sommet de la Francophonie à Montreux en octobre 2010.

Coopération transfrontalière et militaire

La coopération transfrontalière est un domaine essentiel de la relation franco-suisse qui concerne 10 cantons et la moitié de la population suisse. Elle prend une part de plus en plus importante dans les relations bilatérales avec la France, puisque quelque 140 000 travailleurs frontaliers se rendent quotidiennement en Suisse pour y travailler. Malgré l’excellente qualité des échanges en matière transfrontalière, la répartition différente des compétences entre l’Etat et les diverses collectivités locales en France et en Suisse les rend extrêmement complexes.

Le volet institutionnel repose sur un cadre juridique global, l’accord de Karlsruhe et trois conventions de voisinage qui ont créé des commissions dans l’espace franco-genevois, dans la région du Rhin supérieur ainsi que dans l’arc jurassien. Un entretien le 21 janvier 2005, entre les deux ministres des Affaires étrangères a permis d’agréer le principe de réunions régulières de hauts fonctionnaires pour assurer le suivi de la coopération transfrontalière, leur objet étant d’identifier en amont les problèmes nécessitant un traitement par les autorités centrales éventuellement au niveau politique. Le 8ème dialogue politique franco-suisse sur les questions transfrontalières s’est tenu le 8 novembre 2012, à Paris. Toutes les questions de coopération ont été abordées (transports ferroviaires et routiers, projet d’agglomération transfrontalière autour de Genève, libre circulation des personnes et libre prestation de services, coopération dans le domaine sanitaire et environnemental …).

L’ampleur du phénomène du travail transfrontalier suscite quelques tensions autour de Genève où le MCG (mouvement des citoyens genevois) qui avait drainé 15% des suffrages aux élections cantonales d’octobre 2009 en faisant une campagne axée sur la nécessité de réserver les emplois aux Genevois et de lutter contre « l’invasion de Genève par les frontaliers » a poursuivi sur ces thèmes lors des dernières élections fédérales et obtenu un siège au Conseil National.

La coopération militaire avec la Suisse est l’une des plus importantes que la France entretient avec ses voisins en volume d’activité. Compte tenu de la neutralité helvétique, elle s’exerce essentiellement dans le domaine de l’entraînement et des échanges d’expertise. En raison de la position géographique et du rôle de la Suisse comme pays de transit ou de rebond pour de nombreux flux migratoires irréguliers à destination de l’Europe occidentale, nos actions communes se multiplient. Des accords intergouvernementaux de coopération en matière de sûreté aérienne transfrontalières ont été signés à Berne le 26 novembre 2004 et le 27 octobre 2005, autorisant notamment le droit de poursuite au delà des frontières. L’accord franco-suisse de coopération transfrontalière en matière judiciaire, policière et douanière du 11 mai 1998 est entré en vigueur courant 2009./.

Mise à jour : 08.01.13

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