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Géographie et histoire

Géographie

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Histoire

Dès son indépendance en 1956, le Soudan est confronté à une première guerre civile opposant le gouvernement central de Khartoum à des mouvements armés sudistes revendiquant une plus grande autonomie (guerre Anya-Nya, qui dure de 1955 à 1972). Les accords d’Addis-Abeba en 1972 y mettent un terme en accordant une large autonomie au Sud du pays.

La dissolution de l’assemblée du Sud en 1981, puis l’abrogation du régime d’autonomie en juin 1983, déclenchent la deuxième guerre civile (soulèvement de la garnison de Bor, mené par John Garang, officier de l’armée soudanaise), renforcée par l’imposition de la charia en septembre 1983.

A la tête de l’Armée populaire de libération du Soudan (APLS) et de sa branche politique, le Mouvement populaire de libération du Soudan (MPLS), John Garang parvient à contrôler une partie du territoire du Sud, ainsi que certaines zones du Nord (Nil Bleu et Sud Kordofan), avec le soutien de l’Ethiopie de Mengistu. Mais le conflit s’enlise rapidement. Le chef du MPLS développe un programme politique original, le « New Sudan », qui prône une meilleure répartition du pouvoir et des richesses dans un Soudan unifié et respectueux des diversités. Durant toute la guerre, l’APLS souffre de nombreuses défections et de retournements d’alliance (notamment du fait de l’ancien vice-président du Soudan du Sud, Riek Machar).

Au total, ces deux guerres causent plusieurs millions de morts, de déplacés et de réfugiés.

Un processus de paix est initié en 2001, sous l’égide de l’IGAD, soutenu par une troïka internationale comprenant les Etats-Unis, la Norvège et le Royaume-Uni. Les négociations entre le vice-président soudanais Ali Osman Taha et le leader de l’Armée populaire de libération du Soudan (APLS), John Garang, aboutissent le 9 janvier 2005, à la signature, à Nairobi, d’un « accord de paix global » (« Comprehensive peace agreement » – CPA), qui précise les modalités de partage du pouvoir et des richesses pendant une période intérimaire allant jusqu’en juillet 2011. Un gouvernement autonome du Sud-Soudan (GoSS) est mis en place en 2005 à Djouba. John Garang en prend la tête, mais meurt dans un accident d’hélicoptère le 30 juillet 2005. Salva Kiir, son vice-président, lui succède à la tête du gouvernement.

Pour appuyer la mise en œuvre de cet accord, l’ONU crée en 2005 la Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS), qui compte 10 500 casques bleus au Soudan du Sud. En prévision de l’indépendance, la MINUS est remplacée par la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) le 8 juillet 2011, avec un plafond de 7000 hommes en uniforme.

Etape majeure dans la mise en œuvre du CPA, le référendum d’autodétermination du Sud Soudan se déroule dans de bonnes conditions en janvier 2011. Les résultats officiels révèlent un vote massif en faveur de l’indépendance (98,83%).

Mais le 21 mai 2011, l’armée soudanaise prend le contrôle du territoire d’Abyei dont le statut, provisoire, est contesté. La région est depuis lors en proie à des violences et à de vives tensions. Le 20 juin 2011, un accord est signé entre le MPLS et le gouvernement de Khartoum, qui prévoit la création d’une zone démilitarisée surveillée par une force internationale et le retrait de tout groupe armé de cette zone. Le 27 juin 2011, le Conseil de sécurité des Nations unies autorise, le déploiement de la Force Intérimaire de Sécurité des Nations Unies pour Abyei (FISNUA), avec l’envoi d’un contingent de soldats éthiopiens. Son mandat prévoit de contrôler et vérifier le retrait des belligérants, de sécuriser la région, de faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire et de permettre un retour rapide des déplacés.

Le mandat de la FISNUA est étendu fin 2011 pour aider les gouvernements du Soudan et du Soudan du Sud à établir une zone démilitarisée le long de la frontière, surveillée par une mission conjointe de vérification, selon les termes d’un accord signé le 29 juin 2011. Cette partie du mandat commence à être mise en œuvre à partir de mars 2013.

Le 9 juillet 2011, le Soudan du Sud célèbre son indépendance, entourée d’une quinzaine de chefs d’Etat et de gouvernement africains et de nombreux représentants de la communauté internationale. Le Président soudanais Omar El Béchir, présent à Djouba ce jour-là, est le premier à reconnaître l’indépendance du Soudan du Sud. Le jour même, le Président Kiir promulgue une constitution transitoire.

Toutefois, les négociations progressent peu avec Khartoum sur les arrangements post-référendaires (questions de la répartition de la dette et des recettes pétrolières, établissement de la nationalité, partage des actifs, citoyenneté, tracé et démilitarisation de la frontière), malgré la médiation assurée par le Panel de Haut niveau mandaté par l’Union africaine et dirigé par l’ancien président sud-africain, Thabo Mbeki. Khartoum et Djouba s’accusent mutuellement de soutenir divers mouvements rebelles. Une série de bras de fer sur le pétrole crispe la relation entre les deux pays : saisine par le Soudan de cargaisons de pétrole sud-soudanais transitant par le Nord en arguant d’arriérés de paiement par le Soudan du Sud en décembre 2011, suspension par le Soudan du Sud de sa production pétrolière en janvier 2012 et invasion par Djouba de la région soudanaise pétrolifère de Heglig en avril 2012, avant de s’en retirer dix jours plus tard.

Le 24 avril 2012, le Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine (CPS) présente une feuille de route exigeant des parties certains gestes immédiats, à commencer par l’arrêt des affrontements. Le Conseil de sécurité reprend à son compte, le 2 mai, les principaux éléments de cette feuille de route (résolution 2046), et menace de prendre des sanctions.

Au sein même du Soudan du Sud, la situation sécuritaire se dégrade rapidement après le référendum de janvier 2011 du fait de de l’apparition d’un arc de rébellions, notamment dans les Etats d’Unité, du Haut-Nil et du Jonglei. Le gouvernement sud-soudanais, en concertation avec la MINUSS, parvient à mettre fin à la plupart de ces rébellions en offrant une amnistie générale et l’intégration dans l’armée nationale, le 25 avril 2013. A l’été 2013, le pays est également affecté par d’importants conflits intercommunautaires, principalement dans le Jonglei entre communautés Nuer et Murlé.


Mise à jour : 20.06.14


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