Accès rapide :

Présentation du Soudan du Sud

Présentation

Données générales

Nom officiel : République du Soudan du Sud.
Nature du régime : Présidentiel.
Organisation de l’État : République fédérale, dix Etats fédérés.
Chef de l’Etat : Général Salva Kiir (élu en avril 2010).
Vice-président : James Wani Igga (nommé le 23 août 2013)

Données géographiques

Superficie : 644 329 km².
Capitale : Djouba.
Villes principales : Wau, Malakal.
Langue (s) officielle (s) : anglais
Langue (s) courante (s) : anglais, arabe, langues locales (dinka, nuer, shillouk, zande, bari).
Monnaie : livre sud-soudanaise (SSP, depuis le 18 juillet 2011).
Fête nationale : 9 juillet.

Données démographiques

Population : 10,84 millions d’habitants (2012).
Densité : 16,82 habitants/km².
Croissance démographique : +4,4 %
Espérance de vie (source Banque mondiale) : 62 ans.
Taux d’alphabétisation (source FMI) : 37% des 15-24 ans
Religion (s) : majorité chrétienne, minorités musulmanes et animistes.
Indice de développement humain :

Données économiques

PIB (2012) : 9,34 milliards USD (source : Banque Mondiale).
PIB par habitant (2012) : 861 USD (source : South Sudan Bureau of Statistics).
Taux d’inflation (2012, estimation FMI).
Principaux clients (source Ministère de l’Economie et des finances) : Chine, Inde et Japon.
Principaux fournisseurs (source Ministère de l’Economie et des finances) : Kenya, Ouganda et Soudan.

http://www.tresor.economie.gouv.fr/…

Consulat de France : section consulaire ouverte à l’Ambassade de France à Djouba en mai 2013.
Communauté française au Soudan du Sud : 87.


Politique intérieure

La situation sécuritaire s’est dégradée depuis le référendum de janvier 2011 du fait de conflits intercommunautaires, principalement dans le Jonglei et de combats entre l’armée et plusieurs mouvements de rébellion qui ont vu le jour dans les Etats d’Unité, de Jonglei et du Haut Nil, tel que le « Mouvement démocratique du Sud Soudan » mené par David Yauyau. Le gouvernement sud-soudanais, en concertation avec la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS,), cherche à mettre fin à ces rébellions en alliant mesures militaires et propositions d’amnistie et d’intégration dans l’armée nationale.

La pression exercée unanimement par la communauté internationale sur Khartoum et Djouba depuis 2012 a rapidement eu des effets : les combats Nord/Sud ont pratiquement cessé ; les deux armées se sont retirées de la zone contestée d’Abyei ; les négociations entre les deux Etats, menées à Addis Abeba sous les auspices du Panel de Haut niveau de l’Union Africaine, dirigé par le Président Mbeki, ont abouti à une série d’accords le 27 septembre 2012.

Si ces accords ne résolvent ni la question des zones revendiquées (« claimed areas ») ni celle de la région disputée d’Abyei, ils prévoient :

  • l’activation des mesures de sécurisation de la frontière avec la création d’une zone démilitarisée de 10 km de chaque côté de la frontière assortie du déploiement d’observateurs nationaux dans le cadre de la mission conjointe de vérification prévue par l’accord du 29 juin 2011. Ils bénéficieraient du soutien de la FISNUA ainsi que d’observateurs internationaux.
  • un accord sur le partage du pétrole. Outre des tarifs importants pour le transport et le transit du pétrole, cet accord prévoit une contribution sud-soudanaise de 15 USD par baril pendant trois ans et demi pour couvrir le manque à gagner du Soudan lié à l’indépendance du Sud (pour un total de 3,254 milliards de dollars). Des accords sur la démarcation de la frontière, la nationalité et les droits des ressortissants d’un Etat résidents dans l’autre, ainsi que des accords commerciaux.

Les 8 et 12 mars 2013, un calendrier d’application de ces accords a été adopté par les parties, et la mise en œuvre des accords a débuté.

Le 9 juin 2013, le Soudan a menacé de se retirer des accords de septembre 2012 dans les soixante jours si le Soudan du Sud ne mettait pas un terme immédiat à son soutien à la rébellion soudanaise du Sud Kordofan et du Nil bleu.

Le Soudan du Sud a répondu en niant apporter un soutien quelconque à ce mouvement rebelle, et en accusant le Soudan en retour de soutenir les rébellions agissant au Soudan du Sud, notamment le « Mouvement démocratique du Soudan du Sud » (MDSS) mené par David Yauyau dans l’État régional du Jonglei.

Pour éviter une interruption du transit du pétroleComposition du gouvernement sud-soudanais, le Panel de Haut niveau de l’Union africaine et l’Autorité intergouvernementale pour le Développement (IGAD) ont obtenu le lancement le 22 juillet 2013 d’une enquête de vérification de la véracité des accusations réciproques de soutien aux groupes rebelles armés, ainsi que le déploiement le 2 août 2013 d’une équipe technique du programme frontières de l’Union africaine pour déterminer la ligne médiane de la zone frontalière démilitarisée entre les deux pays.

La situation a pris un nouveau tour le 31 juillet 2013 avec la nomination par le Président Kiir d’un nouveau gouvernement resserré de trente-trois membres. Les Présidents Kiir et Béchir se sont rencontrés le 3 septembre 2013 à Khartoum. Ils se sont engagés à reprendre immédiatement le transit du pétrole, à ouvrir la frontière pour permettre la circulation des marchandises et des personnes et à ne pas accueillir et soutenir de mouvements rebelles. Ils se sont également engagés à poursuivre un dialogue constructif sur les différends relatifs au tracé de la frontière et au statut du territoire d’Abyei.


Situation économique

Le pays dispose d’importantes ressources pétrolières : il produisait plus de 250 000 barils/jour jusqu’à l’interruption de la production en février 2012. Le budget de l’Etat dépend à 61 % du pétrole à la suite des accords de coopération d’Addis Abeba du 27 septembre 2012 prévoyant une nouvelle répartition des revenus pétroliers avec le Soudan. Les interruptions du transit pétrolier qu’a connu le pays ont fortement affecté son économie.

La reprise pleine et entière du transit décidée lors de la rencontre entre les président Kiir et Béchir, le 3 septembre à Khartoum, devrait permettre une amélioration significative de la situation économique au Soudan du Sud. De mai à août 2013, le Soudan du Sud a perçu 969 millions de dollars de la vente du pétrole, dont 238 millions ont été reversés au Soudan.

Au-delà de la question pétrolière, le Soudan du Sud est confronté à des handicaps structurels résultant de décennies de guerre civile :

  • l’économie du pays ne dispose pas d’industrie. L’exploitation des ressources minières dont le Soudan du Sud regorge ne s’est pas développée, et le potentiel agricole du pays, lié à l’importance de ses terres arables, demeure sous exploité.
  • les infrastructures sont très limitées : il n’y a que 100 km de routes goudronnées pour un pays plus vaste que la France. Il en résulte un fort enclavement, que la seule route internationale reliant Djouba à l’Ouganda ne permet pas de compenser. Le manque d’équipements de base dans le domaine de l’eau, de l’éducation ou de la santé est criant.
  • du fait de son enclavement, le Soudan du Sud est sujet à une forte inflation, voire à des pénuries de biens alimentaires. Cette inflation a été aggravée au Nord du pays par la fermeture de la frontière avec le Soudan, mais l’accord pour la reprise des échanges commerciaux trouvé le 23 septembre 2013 pourrait améliorer la situation.
  • le Soudan du Sud manque de ressources humaines suffisamment formées.
  • la gouvernance du jeune Etat est déstabilisée par les conflits internes. Les premières élections depuis l’indépendance, qui devraient avoir lieu en 2015, seront un test pour la stabilité de l’Etat.

Afin de surmonter ces défis, le gouvernement s’est doté en août 2011 d’un plan stratégique de développement pour la période 2011-2016, qui identifie six secteurs prioritaires : gouvernance, développement social et humain, développement économique et prévention des conflits et sécurité.

Sur le plan économique, le développement des infrastructures est considéré comme particulièrement urgent, tout comme celui de l’agriculture, dont le gouvernement veut faire un important poste d’exportation à terme.

L’aide extérieure joue un rôle important dans la construction et la consolidation de l’Etat au Soudan du Sud. Dès avril 2005, un « Trust Fund » regroupant quatorze pays donateurs (Pays Bas, Norvège, Grande-Bretagne, Suède, Allemagne, Danemark, Finlande, Italie, Islande, Egypte, Grèce, Canada, Espagne et la Commission européenne) ainsi que la Banque mondiale, a été formé pour le développement du Soudan du Sud. Ce fonds a permis de récolter 718 millions de dollars de 2005 à 2013. La santé, l’eau, l’agriculture, l’éducation et la sécurité sont les secteurs les plus subventionnés.


Politique extérieure

Le Soudan du Sud entretient de très bonnes relations avec ses partenaires régionaux. L’Ethiopie, l’Ouganda, le Kenya, l’Erythrée et l’Egypte sont des interlocuteurs privilégiés.

L’avenir de sa relation avec le Soudan sera essentiel dans le maintien de la stabilité régionale. De nombreuses questions liés à la séparation des deux Etats restent à régler : partage de la dette, tracé des frontières, transit du pétrole, citoyenneté, statut de la région contestée d’Abyei (cf. supra).

Les relations avec les Etats-Unis, Israël, la Norvège, la Grande-Bretagne et la Chine sont également très bonnes.


Relations avec les institutions multilatérales

Le 14 juillet 2011, le Soudan du Sud a été admis aux Nations Unies, devenant le 193e Etat membre. Il a intégré le 15 août l’Union Africaine (54e Etat membre) et le 25 novembre l’IGAD. Le Soudan du Sud a également adhéré à l’Initiative du Bassin du Nil en août 2013. Il a demandé un statut d’observateur au sein de l’EAC (communauté des Etats d’Afrique orientale).

Le Soudan du Sud a adhéré au Fond Monétaire International (FMI) et à la Banque Mondiale le 18 avril 2012. Un fonds multibailleurs de 11M$ sur une période de quatre ans a été mis en place au sein du FMI pour le renforcement des institutions macroéconomiques du Soudan du Sud (administration fiscale et douanière, gestion des finances publiques, banque centrale, politique de change).


Mise à jour : 01.10.13

Informations complémentaires

PLAN DU SITE



MENTIONS LÉGALES & INFOS PRATIQUES

Tous droits réservés - Ministère des Affaires étrangères et du Développement international - 2014