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Présentation de la Somalie

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Présentation

Données générales

Données politiques

Nom officiel : République fédérale de Somalie

Chef de l’Etat : Sheikh Hassan Mohamoud

Premier Ministre : Abdi Farah Shirdon Said

Speaker du Parlement : Mohamed Osman Jawari

Ministre des Affaires étrangères et vice Premier-ministre : Fawzia Yusuf Haji Adan

Données géographiques et démographiques

Superficie : 637 657 km²

Capitale : Mogadiscio

Population (estimation) : 10 085 638 d’habitants (juillet 2012)

Agglomérations principales (estimation) : Mogadiscio (1,6M), Hargeisa (436 232), Bossasso (108 016), Gaalka’yo (85 252), Berbera (71 151), Borama (68 851), Kismaayo (66 921), Laascanood (40 579), Garowe (38 636)

Croissance démographique (estimation) : 1,603 % (2011)

Espérance de vie (estimation) : 50,8

Indice de développement humain : non défini

Taux de mortalité (pour 1000) : 14,55 (juillet 2012)

Taux de mortalité infantile (pour 1000) : 108,3 (Banque mondiale 2010)

Prévalence SIDA/VIH (% de la population 15-49 ans) : 0,7 (Banque mondiale 2010)

Taux d’alphabétisation : 37,8%

Source d’eau améliorée, en milieu rural (% de la population rurale y ayant accès) : 9%

Religion : islam sunnite (99 %)

Langues usitées : somali (officiel), arabe, anglais (au nord), italien (au sud)

Fête nationale : 1er juillet (création de la république)

Données économiques

Devise : Shilling somalien (SOS)

PIB/habitant (estimation) : 600USD

Répartition du PNB (% par secteur) : agriculture (60.2%), industrie (7.4%), services : 32.5% (estimation 2008)

Principaux clients (estimation (2010) en USD) : EAU (242,7), Yémen (81,8), Oman (61,3), Arabie saoudite (15,8)

Principaux fournisseurs (estimation (2010) en USD) : Djibouti (313,2), Kenya (81,9), Chine (79,4), Pakistan (74)

Dette extérieure (estimation) : 2,94 milliards de $

Représentation française

Ambassadeur de France : M. Etienne de Poncins (en résidence à Nairobi)

Représentation somalienne en France

Ambassadeur de Somalie en France : M. Said FARAH

Politique intérieure

Situation politique

Ces derniers mois ont permis à la Somalie de franchir des étapes historiques, qui seraient apparues hors d’atteinte il y an. La transition initiée en 2004 a pris fin et de nouvelles institutions ont été mises place : un Parlement fédéral, un Président, M. Hassan Sheikh Mohamoud, élu en septembre 2012, ainsi qu’un gouvernement, approuvé par le Parlement au début du mois de novembre 2012.

Mais la situation demeure incertaine et les autorités sont confrontées à des défis immenses. La sécurisation du territoire somalien, qui constitue l’objectif immédiat, nécessite une réelle stratégie politique. Sur l’ensemble du territoire somalien, et en particulier dans les territoires libérés de la présence d’Al Shabaab, la mise en place d’institutions fédérales et d’administrations civiles inclusives est une priorité.

À cet égard, les six « piliers » élaborés par le chef de l’État (stabilité, redressement économique, consolidation de la paix, fourniture de services de base, relations internationales et unité nationale) constituent une initiative positive. Toutefois, les mesures prises par les autorités sont difficiles à mettre en œuvre sur le terrain.

Situation sécuritaire

Les succès de l’AMISOM et de l’armée somalienne sur Al-Shabaab ne doivent pas occulter la situation sécuritaire en Somalie toujours dégradée. Al-Shabaab continue à perdre de l’influence dans le Sud de la Somalie mais a gardé la capacité de frapper, notamment par le recours à des engins explosifs improvisés (EEI), des assassinats ciblés et des attentats-suicides. La prise de Kismayo a infligé un sérieux revers aux islamistes, mais elle ne consacre en rien la fin de leur mouvement. La situation au Puntland, voire au Somaliland, pourrait se dégrader avec l’afflux d’insurgés islamistes, contraints à regagner le Nord du pays. La stabilisation du pays reste donc une perspective à long terme.

Le phénomène de piraterie perdure, mais tend à diminuer grâce aux efforts internationaux. Le nombre d’attaques depuis le début de l’année 2012 ainsi que le volume historiquement bas de navires capturés tendent à indiquer que la menace pirate est contenue. Cette évolution favorable s’explique notamment par l’efficacité de l’action des forces navales présentes dans la zone, notamment celle d’EU NAVFOR Somalie – Opération ATALANTA. La communauté internationale reste, à ce stade, mobilisée et l’UE en est un acteur clé.

Bien que fragile, la situation actuelle en mer permet à la lutte contre la piraterie d’entrer dans une nouvelle phase, avec le développement d’une stratégie à terre, en Somalie, et le renforcement des capacités des Etats de la région. Tel est l’objectif de la mission civile de PSDC, EUCAP NESTOR, dont le déploiement a commencé à l’été 2012 sous la direction de l’Amiral français, Jacques Launay.

Situation humanitaire

La situation humanitaire s’est globalement améliorée en 2012, mais demeure problématique. Plus de 2M de Somaliens sont toujours en situation d’insécurité alimentaire (22% de la population totale) et près de 235 000 enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition et requièrent une prise en charge médicale. Seul 30% seulement de la population a accès à l’eau potable.

On compte encore près de 1,4M de déplacés internes en Somalie, principalement dans les régions du centre et du sud. Quelque 800 000 d’entre eux sont en situation d’insécurité alimentaire.

Le nombre de réfugiés somaliens dans les Etats frontaliers et au-delà est estimé à plus de 1 million de personnes. Un nombre considérable de Somaliens ont trouvé refuge au Kenya où les camps de Dadaab rassemblent plus de 500 000 personnes. Mais on compte encore de nombreux réfugiés somaliens en Ethiopie (160 000) ainsi qu’au Yémen, en Egypte, à Djibouti, en Tanzanie et en Ouganda.

L’insécurité qui règne encore en Somalie, notamment dans les régions centrales et méridionales, contraint très fortement l’accès humanitaire.

Situation économique

L’économie somalienne, de plus en plus informelle, repose totalement sur le secteur privé. Elle s’appuie traditionnellement sur l’élevage et l’agriculture (les deux premiers postes d’exportation étant le bétail et les bananes). Les autres secteurs de l’économie sont quasiment inexistants : peu d’exploitation des ressources minérales, destruction des secteurs manufacturiers pendant la guerre, pas de tourisme.

L’économie somalienne reste marquée par une inflation galopante, des déficits financiers importants et des arriérés de dette croissants et significatifs. En dépit de ces difficultés et de la situation de conflit, l’économie somalienne connaît un développement régulier (entre +2,5 % et +3 %) depuis 2007, notamment par rapport à d’autres pays en situation de post-conflit, par exemple dans le secteur des télécommunications et des services financiers. De plus, les Somaliens peuvent compter sur les transferts de fonds de la diaspora qui s’élèvent à environ 1,2 Md USD par an.

Les ports somaliens, notamment ceux de Kismayo et de Mogadiscio, vont devenir des enjeux de pouvoir considérables : l’activité commerciale est de nature à y générer des revenus importants, sous forme de droits de douane, de taxes portuaires et autres impôts.

Politique extérieure

Djibouti est un acteur important du dossier somalien. Apres avoir été à l’origine des accords d’Arta (août 2000), Djibouti a été en 2008 le cadre de la négociation entre le gouvernement fédéral de transition et l’Union des tribunaux islamiques. Les discussions ont abouti aux Accords de Djibouti en août et décembre 2008, précédent la mise en place d’un nouveau gouvernement transitoire à Mogadiscio, qui était dirigé par Sheikh Sharif depuis son élection en janvier 2009. Djibouti a accueilli la formation par la France d’un bataillon des forces de sécurité somaliennes en 2009 ; des policiers somaliens y ont été formés. Un bataillon djiboutien s’est déployé à Beledweyne.

La situation en Somalie a un impact direct au Kenya. Victime de fréquentes incursions de la milice islamiste Al-Shabaab et gardant en mémoire les attentats de Nairobi de 1998 (213 morts et 4 000 blessés), le Kenya a fait le choix d’un engagement plus direct au début de l’année 2011. Il a déclenché à la mi-octobre 2011, une opération militaire d’envergure dans le Sud de la Somalie afin d’assurer la paix et la sécurité à sa frontière et de protéger l’économie du pays.

Cette offensive, en appui de milices locales, contribue à affaiblir Al Shabaab, qui a été contraint de fuir, fin septembre, sa principale source d’approvisionnement, le port de Kismayo. Suite à la décision de renforcer l’AMISOM (augmentation du nombre de soldats, renforcement du soutien matériel) par le vote de la résolution 2036 du Conseil de sécurité des Nations unies le 22 février 2012 et à la signature d’un memorandum of understanding avec l’Union africaine le 2 juin 2012, les troupes kenyanes ont été intégrées à l’AMISOM. 

L’Ethiopie participe à la lutte contre le terrorisme en Somalie et soutient le gouvernement somalien, ainsi que l’AMISOM. L’armée éthiopienne, en accord avec les autorités locales, mène depuis octobre 2011 des opérations militaires dans le centre de la Somalie, en appui de milices locales, afin de lutter contre
Al-Shabaab. L’Ethiopie souhaite cependant se retirer au plus vite de la Somalie afin de ne pas se heurter au rejet des populations somaliennes.

Mise à jour : 15.11.12

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