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Présentation de la Sierra Leone

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Présentation

Données générales

Nom officiel : République de Sierra Léone
Nature du régime : République
Chef de l’Etat : Ernest Bai Koroma (vice-président Samuel Sam-Sumana)

- Données géographiques

Superficie : 71 740 km²
Capitale : Freetown
Villes principales : Bo, Kenema, Makeni, Kambia, Port Loko
Langue (s) officielle (s) : Anglais
Langue (s) courante (s) : Krio, Mende, Temne
Monnaie : Leone
Fête nationale : 27 avril

- Données démographiques :

Population : 5, 9 millions d’habitants
Densité : 76 hb/km²
Croissance démographique : 2,2%
Espérance de vie : 48 ans
Taux d’alphabétisation : 40,9 %
Religion (s) : Islam (60 %), christianisme (10 %), religions traditionnelles (30%)
Indice de développement humain : 180 sur 187 pays

- Données économiques :

PIB (2011) : 2,2 Md USD (Banque mondiale)
PIB par habitant (2011) : 734 USD (PNUD)
Taux de croissance (2011) : 6 % (Banque mondiale, prévision 2012 : 51%)
Taux d’inflation (2011) : 16,2 %
Balance commerciale (2011) : - 1, 068 MM USD (Banque mondiale)
Principaux clients : Belgique (17,1%), Roumanie (7,4%), Pays-Bas (5,4%)
Principaux fournisseurs : Chine (22%), RSA (14,7%), USA (10,1%), Royaume-Uni (9,8%)
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :
- agriculture : 51,4%
- industrie : 22,1%
- services : 26,6%

Exportations de la France vers la Sierra Leone (2011) : 31 M €
Importations françaises depuis la Sierra Leone (2011) : 12 M€

Consulat de France : Antenne diplomatique de Freetown relevant de l’ambassade de France à Conakry
Communauté française en Sierra Leone : 90 personnes au 1er janvier 2012
Communauté sierra léonaise en France : NC

Histoire

La vie politique sierra léonaise s’est, depuis son indépendance en 1961, caractérisée par une instabilité politique majeure. Ce n’est qu’à l’issue d’une guerre civile de onze années (1991-2002) que le pays retrouve la stabilité qui lui permet de se reconstruire et de s’inscrire durablement dans le développement.

Politique intérieure

Après plus de dix ans de guerre civile, les élections législatives et présidentielles de 2002 ont vu la victoire du Sierra Leone People’s Party (SLPP), formation de l’ex-président Ahmad Tejan Kabbah. L’alternance politique a eu lieu en septembre 2007, avec l’élection comme président de la République, d’Ernest Bai Koroma dirigeant de l’APC (All People Congress).

Celui-ci peut se prévaloir de succès et de progrès significatifs en termes de gouvernance du fait de la mise en œuvre du « programme pour le changement » axé sur quatre priorités (secteur agricole, domaine énergétique, infrastructures et services sociaux) : lancement de la centrale hydroélectrique de Bumbuna, mise en place d’une législation instaurant la gratuité des soins médicaux pour les femmes enceintes, jeunes mères et enfants de moins de cinq ans. La découverte de nouveaux gisements de fer et la reprise économique devraient encore doper le bilan présidentiel dans la perspective du scrutin présidentiel du 17 novembre 2012. Dans un pays dans lequel 43% de la population a moins de 14 ans, l’emploi des jeunes est une priorité comme en témoigne la création de la National Youth Commission (NAYCOM) – en charge de la mise en œuvre d’un plan d’action sur l’employabilité des jeunes, mais aussi d’autres initiatives comme la création de centres de formation procurant des certificats d’aptitude de compétences acquises dans l’économie informelle. Son bilan lui a permis d’aborder l’élection sereinement bien que la lutte contre la corruption dont il avait fait son cheval de bataille lors de la campagne de 2007, doive encore être intensifiée.

Des élections générales (présidentielle, législatives, municipales et locales) se sont tenues le 17 novembre 2012. Pour la première fois depuis la fin de la guerre civile, des élections étaient entièrement organisées sous la responsabilité des institutions sierra léonaises. Les scrutins législatifs et présidentiels ont rassemblé 87,3% des électeurs appelés à se prononcer. Dans un pays où plus de 65% des jeunes sont désœuvrés et où les tensions politiques refont sporadiquement surface (mars-juin 2010, septembre 2011), la fracture encore très vive entre le Nord du pays (Mendé) acquis à l’APC et le Sud (Temné) acquis au SLPP ne s’est pas réveillée à l’occasion du processus électoral.

L’élection présidentielle. Il s’agissait du 3ème scrutin présidentiel depuis la fin de la guerre civile en 2002. Au terme de la loi électorale, est élu président de la République (pour un mandat de cinq ans), dès le premier tour, le candidat qui a totalisé 55 % des voix. Avec près de 58,7 % des voix, le président Koroma a été réélu dès le premier tour contre Julius Maada Bio, général à la retraite de 47 ans, ancien chef d’une junte qui avait dirigé le pays durant trois mois en 1996 pour remettre le pouvoir aux civils en mars 1996.

Les élections législatives. Les Sierra-léonais étaient amenés à élire leur Parlement. Composé d’une chambre unicamérale comportant 124 sièges, 112 députés ont été élus selon un scrutin majoritaire uninominal pour 5 ans et 12 « Paramount Chiefs » (chefs traditionnels locaux) au suffrage indirect, également pour 5 ans. L’APC a remporté ces élections par 72 sièges contre 40 au SLPP. Ernest Bai Koroma dispose ainsi de la majorité nécessaire pour engager les réformes qu’appelle son « Agenda pour la prospérité ».

Le bon déroulement de ces élections est révélateur de l’ancrage de la Sierra Léone dans la démocratie et le développement. En poursuivant sa stabilisation, la Sierra Leone devient un exemple de relèvement post-conflit et de consolidation de la paix, mais doit encore faire face à bien défis persistent (état de droit, lutte contre la corruption et l’impunité, trafic de drogue et implications sécuritaires, reprise même éphémère des rivalités politiques, chômage des jeunes).

Le verdict du procès de Charles Taylor, ancien chef d’Etat libérien accusé de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre pendant la guerre civile en Sierra Leone (1991-2001), jugé à La Haye par le Tribunal Spécial pour la Sierra Leone, a été rendu le 26 avril 2012. Charles Taylor a été reconnu pénalement responsable d’avoir aidé et encouragé la commission de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre. Ce verdict constitue la première condamnation d’un ancien chef d’Etat par une juridiction pénale internationale.

Situation économique

Avec un PIB qui, en 2011, a atteint 2,2 milliards USD, 66% de la population est en situation de pauvreté et 26% en situation d’extrême pauvreté.

L’agriculture reste le principal moyen de subsistance des habitants. Ce secteur représente 51,4% du PIB et 2/3 des emplois du pays. La production agricole est concentrée sur quelques produits de base : riz, cacao ou café. La pêche est d’un apport limité, malgré des ressources maritimes abondantes. Les ressources naturelles renouvelables (agriculture, sylviculture et pêche) représentent 50% du PIB (75% de la population en vit).

Le secteur industriel est limité aux seules industries de biens de consommation. L’accès à l’électricité est une problématique cruciale. Les génératrices de la centrale de King Tom, à Freetown, fournissent moins d’un tiers des besoins en énergie de la capitale. Le barrage hydroélectrique de Bumbuna a permis d’améliorer la distribution d’électricité à Freetown. Le réseau routier est en cours de réhabilitation sur financement international (principalement l’UE). Il n’existe plus de chemin de fer, les deux lignes existantes ayant été démantelées dans les années 70. Dans le secteur tertiaire, la Sierra Leone connaît une expansion très rapide du marché de la téléphonie mobile GSM, qui supplée l’absence de lignes fixes dans la plupart des zones rurales. Quant au tourisme, florissant auparavant, il a été annihilé par la guerre. Le secteur bancaire se restaure après avoir été, lui aussi, anéanti.

La Sierra Leone dispose d’un important potentiel minier (diamant, rutile, or, bauxite, fer) dont l’exploitation devrait fortement accroitre le PIB sierra léonais. Selon des projections des institutions financières internationales, la croissance pour 2012 pourrait atteindre 45% du fait du seul secteur minier et, au total, avoisiner les 50% en comptabilisant les secteurs de l’économie bénéficiant indirectement de l’essor du secteur minier. La concession de minerai de fer de Tonkali, au Nord du pays, est à la source de cette explosion de la croissance. Cette concession, qui a été attribuée à la société London Mining and African Minerals Ltd, représente 57% du marché minier national et a été conclue pour 99 ans, au Nord du pays, fief du parti au pouvoir et du Président Koroma. La conclusion de ce contrat a fait polémique en Sierra Leone car il n’est pas certain que l’exploitation de ce gisement bénéficie véritablement au pays compte tenu des innombrables exemptions fiscales accordées.

Le pays s’efforce de s’acquitter de ses obligations en matière de transparence minière, avec la publication du premier rapport ITIE en mars 2010. Le gouvernement sierra léonais a relancé son processus ITIE à Freetown le 20 juillet 2011, en signant un protocole d’entente pour officialiser le groupe multipartite de l’ITIE et publier le plan de travail 2011-2012 de l’ITIE. Selon le second rapport de la Sierra Leone, publié le 24 septembre 2012 pour la période 2008-2010, le gouvernement sierra léonais n’a perçu que 18,5 M$ de revenus des 19 compagnies qui opèrent sur son territoire pour une population avoisinant les 6 millions d’habitants, ce qui équivaut à 1$ de revenus des industries extractives par habitant et par an.

Une agence dédiée au traitement des questions minières est en cours de création.

Le diamant est l’une des principales sources de devises de la Sierra Leone grâce à l’augmentation des taxes à l’exportation (augmentation de 6,5% à 15%).

Le pétrole constituera une source de revenus à venir importante pour la Sierra Leone. Les bénéfices de la découverte de pétrole offshore ne sont pas attendus avant longtemps. En 2009 et 2010, les prospections conduites par Anadarko ont permis de découvrir les gisements de Venus et Mercury. Le pétrole représentait 18% du revenu total lié aux industries extractives pour 2008-2010. Gazprom et Lukoil ont récemment entrepris des explorations en offshore.

La Sierra Leone bénéficie de nombreux programmes d’aide :
-  Depuis juillet 2010, un nouveau programme du FMI (Facilité élargie de crédit) au titre de la facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance a été amorcé pour un montant total de 47,9 MUSD sur trois ans.
-  Le montant total des prêts de la Banque Mondiale à la Sierra Leone s’est élevé à 243,62 MUSD en 2009. La Banque mondiale a accordé en 2011 deux financements totalisant 42 MUSD destinés à des projets agricoles.
-  Les engagements de la Banque africaine de développement pour la période 2006-2011 pour la Sierra Leone s’élèvent à 61,2 MUSD.

Politique extérieure

Sierra Leone et Royaume-Uni

En mai 2000, suite à la prise en otage de centaines de casques bleus par le RUF, Londres dépêche alors un commando de plusieurs centaines de membres des forces spéciales britanniques. Le Royaume-Uni a depuis lors contractualisé son engagement dans de nombreux domaines (Long term partnership agreement) pour la période 2002-2012. Par cet accord, le Royaume-Uni s’est engagé à apporter à la Sierra Leone pendant dix ans une aide équivalent à celle déjà apportée, c’est-à-dire un total de 120 M£ dès lors que le gouvernement de la Sierra Leone continue à mettre en œuvre sa stratégie de réduction des causes du conflit et de la pauvreté et à améliorer les standards de gouvernance.

Un accord bilatéral assurait jusqu’en 2010 la professionnalisation des forces armées sierra léonaises par un contingent de 100 militaires (la plus importante coopération militaire britannique dans le monde) au sein de l’International Military and Advisory Training Team (IMATT). Le Royaume-Uni, qui est le premier partenaire bilatéral du pays, axe désormais son soutien sur le volet civil et plus particulièrement sur ses aspects jeunesse, éducation et soutien au secteur de la justice grâce à un budget de 28 M£ pour les années à venir.

Sierra Leone et partenaires africains

La Sierra Leone est membre de l’Union du fleuve Mano (Mano river union, MRU) créée en 1973 pour promouvoir l’intégration économique et qui regroupe également le Libéria, la Guinée et la Côte d’ivoire. Le dernier mini sommet de l’Union du fleuve Mano s’est tenu à Conakry en septembre 2012.

L’élection d’Alpha Condé à la Présidence guinéenne a contribué à resserrer les liens entre ces deux pays qui partagent un passé commun douloureux. Ainsi, depuis décembre 2010, date d’investiture du Président Condé, le président Koroma s’est rendu à deux reprises en Guinée. Alpha Condé a assisté à la célébration du cinquantième anniversaire de l’indépendance de la Sierra Léone le 27 avril 2011. La Sierra Leone connaît un différend territorial avec son voisin guinéen au sujet de la colline du Yenga. Le règlement de ce dossier n’avait pas connu d’avancée notable jusqu’à ce que le Président Koroma effectue les 13 et 14 octobre 2011 une visite de travail et d’amitié à Conakry. Dans le communiqué final conjoint de cette visite, les Présidents Koroma et Condé sont convenus de régler par la voie diplomatique et dans les meilleurs délais leur différent frontalier concernant la poche de Yenga.

Le processus de redressement économique et les progrès en termes de gouvernance de la Sierra Leone valent au Président Koroma de bénéficier de la confiance et la reconnaissance de ses pairs africains. Désigné, dés 2008, à la tête du « Comité des Dix » de l’Union Africaine, le Chef de l’Etat sierra léonais a, l’année suivante, assumé les fonctions de Vice Président de l’UA. L’intégration de la Sierra Leone dans la sous-région se poursuit. Freetown a été choisie pour accueillir plusieurs réunions importantes de la CEDEAO (dont la Conférence Ministérielle sur la Coopération Transfrontalière en matière de Lutte contre les Trafics de Drogue et le Crime Organisé tenue le 17 février 2010).

Sierra Leone et G7

Depuis le G7 de Busan (29 novembre-1er décembre 2011), la Sierra Leone est Etat pilote du New Deal pour l’Engagement dans les États Fragiles. Le « New Deal » s’appuie sur la vision et les principes énoncés depuis la Déclaration du Millénaire jusqu’à la Feuille de Route de Monrovia. Il propose les principaux objectifs de la consolidation de la paix et du renforcement de l’État, se concentre sur de nouvelles façons de s’engager, et identifie les engagements pour renforcer la confiance mutuelle et obtenir de meilleurs résultats dans les États fragiles.

Mise à jour : 09.01.13

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