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Présentation de Sao Tomé et Principe

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Présentation

Données générales

Nom officiel  : République démocratique de Sao Tomé-et-Principe

Nature du régime : République

Chef de l’Etat : M. Manuel Pinto da Costa, Président de la République (élu le 09 août 2011)

Chef du Gouvernement : M. Gabriel Ferreira da Costa (depuis le 11 décembre 2012)

Données géographiques

Superficie : 1001 Km²

Capitale  : São Tomé

Villes principales : São Tomé et São António do Príncipe

Langue(s) officielle(s)  : portugais

Monnaie  : Dobra (1€ =24 500 dobras)

Fête nationale : 12 juillet

Données démographiques

Population : 172 000 habitants (INED, 2012)

Croissance démographique  : 19,9% (INED, 2012)

Densité : 171,8 hab/km2

Espérance de vie : 64,9 ans (INED, 2012)

Religion (s) : Christianisme, Islam

Indice de développement humain  : 144e rang sur 187 (PNUD, 2011).

Données économiques

PIB nominal 2011 : 300 MUSD (DGTPE,).

PIB par habitant (PPA) 2011 : 1.530 USD (DGTPE).

Taux de croissance du PIB en 2011 : 4,9% (DGTPE).

Taux d’inflation 2012 : 11,5% (DGTPE).

Balance commerciale 2011 : -125 MUSD (DGTPE).

Exportations totales 2011 : 5 MUSD (DGTPE).

Importations totales 2011  : 130 MUSD (DGTPE).

Principaux clients 2011  : Portugal (44,4%), France (21,05%), Belgique (20,2%), Pays-Bas (10,9%) (DGTPE).

Principaux fournisseurs 2011
 : Portugal (64%), Angola (7,4%), USA (6,4%) (DGTPE).

Exportations de la France vers Sao Tomé (2011) : 3,3 M€ (DGTPE).

Importations de la France en provenance de Sao Tomé (2011) : 0,8 M€ (DGTPE).

Consulat(s) : Libreville

Communauté française à Sao Tomé : 70 personnes immatriculées (2010)

Communauté santoméenne en France  : 103 ressortissants (MININT 2009)

Géographie

Ancienne colonie du Portugal, Sao Tomé est un archipel de l’Atlantique Sud situé dans le golfe de Guinée à 350 km des côtes gabonaises. Couvrant 1001 km² de terres émergées, l’archipel est constitué des deux îles principales (appelées Concelhos), d’origine volcanique, São Tomé (859 km²) et Principe (142 km²) et de petites îles ou îlots environnants de Cabras au Nord, de Sete Pedras, Santana et Quixiba à l’Est, de Rolas au Sud, réputée pour ses voador (des poissons volants) et de Gobaldo et Coco à l’Ouest. L’équateur passe à 2 kilomètres de Ponta Lamaporco, la pointe sud de l’île de São Tomé, la séparant de l’île Rolas. L’île principale ne compte qu’une douzaine de villages principalement localisés dans le Nord de l’île. La distance séparant l’île de São Tomé de l’île de Principe est de 152 kilomètres. Le point culminant du pays est le Pico de São Tomé (2024 m). Deux parcs naturels (zones de conservation) d’une surface totale de 295 km² représentent 30% de la superficie de l’archipel. São Tomé, la capitale, est le principal port du pays (53 000 habitants). Il s’agit du plus petit pays d’Afrique.

Histoire

L’île de Sao Tomé est découverte le 21 décembre 1471, jour de la Saint Thomas, par les navigateurs portugais João de Santarem et Pedro Escobar. Au cours du XVe siècle, des colons portugais s’y installent, amenant avec eux des esclaves qui travaillent dans les plantations de canne à sucre. Le café est introduit à Principe en 1800 et l’exploitation commerciale du cacaoyer débute en 1852.
Aboli en 1878 sur l’archipel, l’esclavage laisse la place, en réalité, au travail forcé dans les roças (plantations). Les « travailleurs contractuels volontaires » remplaçant les anciens esclaves. En 1907, une conférence spéciale se tient à Lisbonne sur les conditions de travail dans l’archipel. Deux ans plus tard, les grands chocolatiers européens décident de boycotter le cacao santoméen. Compte tenu des pressions internationales exercées sur le gouvernement portugais, des mesures sont prises pour améliorer les conditions de travail. En 1913, Sao Tomé devient le premier exportateur de cacao au monde.
En 1950, Sao Tomé accède au statut de province portugaise d’outre-mer. En 1953, la révolte des forros, réprimée très brutalement (massacre de Batepa), marque la naissance du mouvement indépendantiste.
En 1960 se crée le comité de libération de Sao Tomé-et-Principe qui devient, en 1972, le Mouvement de Libération de Sao Tomé-et-Principé (MLSTP).

Le 12 juillet 1975, l’archipel accède à l’indépendance. Le président Manuel Pinto da Costa instaure un régime marxiste de parti unique.

En août 1990, une nouvelle constitution d’inspiration libérale est adoptée par référendum, ouvrant l’archipel au multipartisme. Malgré plusieurs tentatives de putsch, le régime démocratique subsiste et permet à deux reprises une alternance politique.

Le 21 février 2001, Sao Tomé entre officiellement dans l’ère pétrolière avec la signature du traité établissant la Zone de Développement conjoint (JDZ : Joint Development Zone) par les gouvernements nigérian et santoméen. Il prévoit un partage des ressources pétrolières (60% pour le Nigéria et 40% pour Sao Tomé) et l’établissement d’une autorité conjointe chargée de gérer la zone : la Joint Development Authority (JDA).

En juillet 2001, l’homme d’affaires Fradique de Menezes est élu président de la République. Il fait face à un coup d’Etat le 16 juillet 2003, rapidement maîtrisé après un accord avec l’armée, obtenu grâce à la médiation du Nigeria. Il est réélu en 2006, pour son dernier mandat.
Manuel Pinto da Costa (indépendant), ancien chef de l’Etat santoméen de 1975 à 1991, lui succède le 9 août 2011.

Politique intérieure

Sao Tomé est présidée de 1975 (année de l’indépendance) à 1991 par le président Pinto da Costa, héros de l’indépendance et chef d’un parti unique d’inspiration marxiste (le MLSTP : Mouvement de libération de Sao Tomé-et-Principe). En 1990, le Président promulgue une nouvelle constitution inspirée du système portugais et ouvrant la voie au multipartisme. Ses successeurs, les présidents Miguel Trovoada (1991-2001) et Fradique de Menezes (2001-2011) se conforment à la limite de deux mandats consécutifs, confirmant ainsi l’ancrage démocratique de l’archipel. La séquence politique de 2001 à 2009 est marquée par une période de cohabitation et de tensions politiques. Le président de Menezes doit composer avec un parlement d’opposition dans un contexte social dégradé. En outre, sa présidence voit échouer deux tentatives de coup d’Etat (juillet 2003 et février 2009).
Patrice Trovoada est nommé Premier ministre le 13 août 2010 à l’issue des élections législatives de juillet. Son parti politique, l’ADI (Action démocratique indépendante), ne dispose toutefois que d’une majorité relative à l’Assemblée nationale.
Le premier tour de l’élection présidentielle d’août 2011 se caractérise par l’émiettement des candidatures (9) parfois fratricides (3 candidats issus du MLSTP) qui facilitent l’accès au second tour d’Evaristo di Carvalho (candidat ADI, soutenu par P. Trovoada) et de l’ancien président de la République, Manuel Pinto da Costa (indépendant). Se présentant comme un homme d’expérience, Manuel Pinto da Costa sort vainqueur de l’élection. A l’exception de l’ADI, tous les partis politiques en sortent affaiblis.
Le 21 novembre 2012, une coalition de députés d’opposition à l’Assemblée nationale présente une motion de censure, reprochant au Premier ministre de mal gérer les affaires du pays. La censure est votée le 28 novembre 2012 alors que l’ADI s’employait à en contester le fondement juridique tout en appelant à des élections anticipées. Dans un contexte houleux, le gouvernement Trovoada démissionne le 4 novembre. Soucieux de sortir de l’impasse politique et institutionnelle, le président de Costa nomme Premier ministre M.Gabriel Ferreira da Costa (indépendant) le 10 décembre 2012 ; son gouvernement est formé le lendemain.

Situation économique

Un pays tributaire de l’aide internationale.

Avec 54% de sa population vivant en dessous du seuil de pauvreté et un budget national dépendant à 90% de l’aide internationale, l’archipel santoméen est l’un des pays les plus pauvres du continent africain. Il continue de bénéficier d’une importante aide extérieure tant multilatérale (FMI, Banque mondiale, BAD, UE, PNUD) que bilatérale (Portugal, Taiwan, France, Brésil, Etats-Unis).
Le revenu national repose essentiellement sur les recettes d’exportation du cacao, du café et du coton. Les espoirs suscités par la découverte de gisements pétroliers dans les années 2000 tardent à se concrétiser et déçoivent une population impatiente de profiter de la manne pétrolière.

Conjoncture économique.

Après une longue période de déséquilibres économiques et financiers chroniques, des progrès notables ont été réalisés à partir de 1998. Soutenue par une forte poussée de l’investissement privé étranger et par des dépenses publiques accrues, l’économie santoméenne a enregistré une croissance de +6% en 2010 et +4,9% en 2011 (estimation). Les prévisions 2012 tablent sur +5,5%.
Les efforts menés par les autorités de l’archipel ont permis une décélération de l’inflation à 12% en 2010 et 2011, et une prévision de 8,8% pour 2012. Pour mémoire, ce taux avoisinait 80% en 1997.
La balance commerciale est chroniquement déficitaire (-38% du PIB en 2009, -46% en 2010 et -39% en 2011). La prévision 2012 est cependant plus optimiste, avec -35,6%. Il en est de même du déficit du compte courant (hors transferts officiels) qui a, selon le FMI, atteint -42% du PIB en 2009, -52% en 2010, et -43% en 2011. L’année 2012 devrait marquer une légère amélioration à -39%.

Relations avec les bailleurs de fonds.

Depuis 2002, compte tenu d’efforts de bonne gestion des finances publiques remarqués par les institutions internationales, ces dernières ont apporté leur aide à Sao Tomé. Le pays a suivi un « programme de référence » du FMI qui a débouché en août 2005 sur une FRPC (Facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance) de 3 ans d’un montant de 4,26 MUSD. Ce programme triennal du FMI a permis à Sao Tomé de bénéficier en septembre 2005 d’un accord en Club de Paris pour le rééchelonnement de sa dette. Un accord bilatéral en Club de Paris a été signé avec la France le 16 novembre 2006. Sao Tomé a atteint le point d’achèvement de l’initiative PPTE le 14 mars 2007, ce qui lui a permis d’annuler 314 MUSD de sa dette publique auprès des bailleurs multilatéraux (FMI et Banque mondiale). Les créanciers du Club de Paris ont, de leur côté, annulé 24 MUSD en mai 2007 et se sont engagés à annuler leur dette bilatérale en totalité. Le FMI a accordé une nouvelle FRPC de 3,8 MUSD en mars 2009.

En janvier 2012, le FMI a conclu la consultation article IV en constatant la reprise économique du pays, la croissance soutenue du PIB, la réalisation de projets dans les secteurs de la construction, de l’agriculture et du tourisme, mais en maintenant le classement à haut risque du pays. Dans ce contexte, le FMI vient d’approuver en juillet 2012 une nouvelle Facilité élargie de crédit (FEC), pour environ 3,9 MUSD.

La France avait précédemment annulé 338 000 USD dus à titre bilatéral sur une dette totale estimée à 7,1 MUSD au 31 décembre 2007. Cette somme a été convertie afin de compléter un financement de l’AFD par le biais d’une procédure d’annulation/conversion, en faveur du développement des petites infrastructures. Elle a également annulé 4,9 MUSD au titre du Club de Paris dans le cadre d’un réaménagement de dettes entre la France et Sao Tomé, signé le 14 mars 2009.

Politique extérieure

La politique extérieure santoméenne se tourne d’abord vers l’espace lusophone. Sao Tomé est membre de la CPLP (Communauté des pays de langue portugaise). En outre, l’archipel santoméen appartient à plusieurs organisations régionales : Organisation internationale de Francophonie (OIF), Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC), Commission du golfe de Guinée (dont l’ancien président Miguel Trovoada est le secrétaire exécutif depuis le 1er janvier 2009). Les liens restent forts avec le Portugal mais l’archipel santoméen a tissé des relations étroites et suivies avec le Brésil et l’Angola.

Les relations avec le Brésil ont été l’occasion de visites réciproques en mars 2009. Les autorités santoméennes désirent faire du Brésil un partenaire qui compte. Lors de la 13e réunion des Ministres de la Défense de la CPLP qui s’est tenue à Brasilia du 9 au 13 novembre 2010, les deux pays ont signé un accord de coopération de défense relatif à la lutte contre l’insécurité maritime dans le golfe de Guinée.
Les Etats-Unis portent une attention grandissante à l’archipel en raison de leur politique pétrolière et de leur volonté de faire du golfe de Guinée l’une de leurs principales régions d’importation.
Sao Tomé est l’un des derniers pays à reconnaître Taïwan, malgré l’intérêt que porte Pékin aux potentialités de l’archipel. En contrepartie, Taïwan a augmenté son aide depuis 2007, en la portant à 15 MUSD par an jusqu’en 2012.

Mise à jour : 17.12.12

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