Présentation
Données générales
Nom officiel : République du Rwanda
Nature du régime : présidentiel
Chef de l’Etat et/ou du Gouvernement : Paul KAGAME
Données géographiques
Superficie : 26 338 km²
Capitale : Kigali
Villes principales : Butare, Kigali, Ruhengeri
Langue (s) officielle (s) : anglais, français, kinyarwanda
Langue (s) courante (s) : kinyarwanda, Swahili
Monnaie : Franc rwandais (1 EUR = 790 RWF)
Fête nationale : 4 juillet
Données démographiques
Population : 11 370 425 millions d’habitants
Densité : 430 hab/km²
Croissance démographique : 2,9 % (EIU, 2011)
Espérance de vie : 58 ans
Taux d’alphabétisation : 70 %
Religion (s) : Catholiques (56,5% en 2001) ; Protestants (26%) ; Adventistes (11,1%) ; Musulmans (4,6%) ; Croyances indigènes (0,1%) ; Autres (1,7%)
Indice de développement humain : 166ème sur 187 (PNUD 2011)
Classement Transparency International : 66ème sur 180 pays
Données économiques
PIB : 5,4 milliards $US (EIU, 2011)
PIB par habitant : 540 $ (2011)
Taux de croissance du PIB : 7% en 2010
Déficit budgétaire : 0,1% du PIB en 2010
Solde de la balance des paiements : -605 millions $ (2010)
Taux de chômage (au sens du BIT) : N.A
Taux d’inflation : 5 % en 2011
Balance commerciale : - 1 024 millions de $ (EIU, 2011)
Dette : 736 millions de $
Principaux clients : Kenya (16,7%), Belgique (11,2%), Suisse (22,7%), Chine (7,4%), Hong Kong (8,1%) – (EIU, 2010)
Principaux fournisseurs : Kenya (9,6%), Ouganda (12%), Chine (15,6%), Inde (5,5%), Japon (5,6%) – (EIU, 2010)
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :
agriculture : 34 %
industrie : 14 %
services : 46 %
Exportations de la France vers le Rwanda : 11,95 M€ (Mission économique, 2010)
Importations françaises depuis le Rwanda : 2,45 M€ (Mission économique, 2010)
Ambassade de France : Kigali
Communauté française au Rwanda : environ 204 personnes [recensement 2010].
Communauté rwandaise en France : 2 520 résidants autorisés à séjourner en France.
Politique intérieure
Le Rwanda est une république unitaire de constitution démocratique dont le système légal est issu de loi belge et de la constitution rwandaise de 2003. Le pays comprend un Parlement national, composé d’une Assemblée (80 membres dont la moitié de femmes), d’un Sénat (24 membres, dont 16 sont élus au suffrage indirect et 8 nommés par le chef de l’Etat). Les dernières élections présidentielles remontent à 2003 et les dernières ont eu lieu le 9 août 2010 reconduisant le Président Kagame à la tête de l’Etat. Les dernières législatives datent de 2008, les prochaines étant prévues en 2015.
Le Rwanda est en transition politique mais le jeu politique est dominé par le FPR (Front Patriotique Rwandais).
Le pays s’est lancé dans un profond processus de réformes dans le domaine économique et social (décentralisation, réforme de la justice). Le régime cherche à adapter le pays et les avancées sont réelles, notamment en matière économique, avec un strict respect des programmes économiques préconisés par les institutions financières internationales (FMI, Banque mondiale). Kigali est en passe d’atteindre plusieurs objectifs du Millénaire (dont l’éducation pour tous). Pour autant, des problèmes structurels persistent : enclavement du pays, manque d’infrastructure, insuffisances agricoles, pression démographique (2,4%/an).
Depuis 2002, le Rwanda s’est engagé, au travers du processus gacaca (justice coutumière), dans une longue et difficile entreprise de réconciliation nationale. Inspiré de la justice coutumière, ce processus a vocation à classer les personnes accusées d’avoir participé au génocide en quatre catégories en fonction de la gravité des crimes qui leur sont reprochés. Seules les personnes qui entrent dans la catégorie des crimes les plus graves doivent faire l’objet de poursuites judiciaires. Les procès en première instance de quelque 600 000 présumés génocidaires seront achevés d’ici la fin 2011. Le Rwanda a aboli la peine de mort le 26 juillet 2007.
Situation économique
Le Rwanda a atteint le point d’achèvement de l’initiative pays pauvres très endettés PPTE en avril 2005 grâce notamment aux annulations de sa dette publique extérieure consenties par l’ensemble des bailleurs de fonds et les créanciers publics bilatéraux lors de son passage en Club de Paris.
Le gouvernement a une perspective globale qualifiée sous le nom de « Vision 2020 ». Ce projet directeur table sur une croissance de 7 %, un développement du secteur privé, une modernisation de l’agriculture et veut faire du Rwanda un centre régional de services pour l’Afrique des Grands Lacs.
Le Rwanda a mené à son terme en juillet 2009 un programme FRPC (facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance) de trois ans et devrait s’engager au mois de mars 2010 avec le FMI dans un programme ISP (instrument de soutien des politiques économiques, non assorti de financement).
En 2010, la croissance économique devrait se situer aux alentours de 7% alors que l’inflation paraît maitrisée.
Les autorités rwandaises tablaient, en début d’année 2010, sur une croissance réelle du Produit Intérieur Brut (PIB) de 7,4%. Cet objectif ambitieux, dont certains doutaient de sa réalisation, a été atteint. La croissance reste donc soutenue et est largement supérieure au taux de croissance démographique.
Dans ce contexte, le PIB par habitant devrait passer de 517 USD en 2009 à 589 USD, soit une augmentation de plus de 13,8% (il était de 289 USD en 2005).
Le rythme de l’inflation s’est considérablement réduit, passant de + 10,3% en 2009 à une estimation de + 3,2% en 2010. Ce résultat favorable est dû à la mise en place d’un contrôle gouvernemental des prix sur plusieurs produits dont notamment les carburants.
Toutefois, des pressions inflationnistes existent principalement du fait de l’accroissement significatif des flux d’aide publique au développement en 2009 et 2010.
La politique monétaire du gouvernement demeure neutre, comme en 2009. Le taux de change moyen passe de 568 RWF pour 1 USD en 2009 à 579 RWF pour 1 USD en 2011.
La balance des paiements courants demeure déficitaire du fait de la faiblesse de l’offre exportable et des flux d’Investissement Direct Etranger (IDE) entrants.
Le déficit de la balance commerciale se creuse en valeur absolue (- 832,3 millions USD en 2009 contre – 861,1 millions USD en 2011) mais diminue en part de PIB (15,9% du PIB en 2009 contre 15,2% du PIB en 2011). Très clairement, le Rwanda souffre d’une offre exportable structurellement limitée.
L’attractivité du Rwanda s’agissant de l’investissement direct étranger est faible : les flux d’IDE entrants diminuent de près de 40% entre 2009 et 2010 et demeurent peu significatifs (1,2% du PIB en 2011). Les réformes entreprises, saluées par le rapport « Doing business » de la Banque Mondiale, ne portent pas encore leurs fruits.
En revanche, les transferts de fonds en provenance de la diaspora rwandaise à l’étranger augmentent en valeur absolue, passant de 88,1 millions USD en 2009 à 98,8 millions USD en 2010. Ils s’avèrent toutefois stables en part de PIB (1,7% pour ces deux années).
Par ailleurs, la croissance de l’aide publique au développement entraîne une légère augmentation du poids de la dette externe qui passe de 14,5% du PIB en 2009 à 15% en 2010.
Toutefois, le niveau de soutenabilité à moyen terme de l’endettement extérieur ne suscite pas d’inquiétude particulière. Par ailleurs, il est cohérent avec la politique gouvernementale de développement des infrastructures.
Enfin, les réserves de change sont estimées à 4,6 mois d’importations, ce qui reste satisfaisant malgré la baisse constatée par rapport au biennum 2009-2010).
La gestion budgétaire des autorités rwandaises peut être considérée comme saine. Le déficit budgétaire semble maîtrisé. Pour l’exercice 2009/2010, il se situait à 2,2% du PIB et devrait atteindre 0,1% du PIB s’agissant de l’exercice en cours.
Par ailleurs, si l’aide publique au développement augmente en valeur absolue, sa part dans le budget diminue (52% pour l’exercice 2009/2010 contre 39% pour l’exercice en cours) du fait de l’augmentation significative des recettes fiscales de l’Etat.
Politique extérieure
Au cœur du conflit, la région des Kivu convoitée pour ses richesses minérales, est située dans la partie est de la République démocratique du Congo. Ce traditionnel creuset de migrations transfrontalières est agité de longue date par des flambées de violences interethniques, en particulier entre Hutu et Tutsi originaires du Rwanda et du Burundi voisins. Depuis 1996, ces tensions ont engendré deux conflits successifs.
En 1996-1997 éclate un premier conflit, dans lequel le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi soutiennent une rébellion zaïroise tutsi pour renverser le président zaïrois Mobutu et le remplacer par Laurent-Désiré Kabila. Ils parviennent à leurs fins en mai 97. L-D Kabila prend rapidement ses distances avec ceux qui l’ont porté au pouvoir, et dont les troupes stationnent au Kivu depuis son arrivée à la tête de l’Etat.
Un an plus tard, il les accuse de piller les ressources minières et agricoles de l’est du pays et de porter atteinte à l’intégrité territoriale de la RDC en occupant la zone frontalière du Kivu. Il dénonce, en particulier, la volonté expansionniste du Rwanda vers cette région qui devient la véritable poudrière d’un conflit régional.
Le Rwanda justifie sa présence en RDC par la seule nécessité d’y combattre les extrémistes hutu rwandais qui y ont trouvé refuge depuis le génocide de 1994 et qui tentent des incursions sur son sol pour y reprendre le pouvoir. De même, l’Ouganda persiste à justifier la sienne par l’obligation de sécuriser également ses frontières face aux infiltrations de mouvements rebelles qui œuvrent à partir de leurs bases arrière au Kivu.
Enfin, les troupes venues du Burundi occupent aussi le Kivu pour lutter contre les rebelles hutus burundais qui y entretiennent également des bases arrière pour rétablir un pouvoir hutu au Burundi. Les objectifs de ces trois Etats sont non seulement de sécuriser les frontières pour empêcher les infiltrations de rebelles venus de RDC vers leur pays respectif, mais aussi de renverser Kabila devenu imprévisible et trop menaçant pour eux. Il s’agit aussi de consolider leur mainmise sur l’exploitation illicite des richesses naturelles de l’est de la RDC.
S’ensuit un deuxième conflit (1998-2003), dans lequel ces mêmes pays soutiennent une nouvelle rébellion tutsi pour écarter L-D Kabila du pouvoir. Le conflit prend alors une dimension régionale d’une grande complexité en raison de l’implication de sept pays africains et de nombreux groupes rebelles dans les combats, pillant les ressources naturelles de la République démocratique du Congo et commettant les pires atrocités sur la population.
Face à l’aggravation de la situation sécuritaire et humanitaire dans les Kivus au second semestre 2007, Kigali et Kinshasa ont engagé un dialogue en vue de trouver une solution concertée au problème des groupes armés congolais (L. Nkunda, milices maï-maï) et rwandais (FDLR), présents dans l’Est de la RDC : visite du Ministre rwandais des affaires étrangères à Kinshasa les 3 et 4 septembre 2007, entretien entre les Présidents Kabila et Kagame à New York en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies. Ce dialogue a débouché sur la signature le 9 novembre 2007 à Nairobi d’un communiqué conjoint sur la stabilité régionale.
Le début de l’année 2009 a été marqué par un net rapprochement entre la RDC et le Rwanda, qui ont mené sur le sol congolais, de fin janvier à fin février, une opération militaire conjointe contre les rebelles FDLR. Une nouvelle étape a été franchie avec la rencontre entre les Présidents Kabila et Kagame le 6 août 2009 à Goma et l’annonce de la relance de la Commission mixte RDC-Rwanda. Ce rapprochement s’est concrétisé par la nomination respective d’ambassadeurs après une décennie de rupture des relations diplomatiques et offre pour la première fois depuis de nombreuses années des perspectives encourageantes pour le règlement durable et concerté de la crise dans l’Est de la RDC.
Les relations avec Kampala se sont améliorées grâce à la médiation de la Grande-Bretagne et à l’action des Etats-Unis au sein de la commission tripartite (rapprochement scellé par la visite du Président Kagame à Kampala le 1er octobre 2006). Mais les fondements de la défiance demeurent : rancune personnelle entre le président Museveni et le président rwandais ; lien entre Kampala et les milieux affairistes en Ituri, qui lui permet, malgré le retrait de ses troupes en 2003, de conserver une emprise sur les richesses de la région (mines d’or et de diamant).
Certains éléments incitent cependant à relativiser la situation : imbrication des réseaux entre les deux pays ; intérêt partagé à ne pas se mettre en difficulté vis-à-vis de la communauté internationale. Les deux pays ont montré une réelle volonté de régler leurs différends par le dialogue : visites croisées des ministres des Affaires étrangères congolais et ougandais (2007) ; rencontre entre les Présidents Museveni et Kabila à plusieurs reprises entre 2007 et 2009.
Le Rwanda poursuit par ailleurs sa politique d’intégration régionale : il a adhéré en juillet 2007 à la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Est (dont il a occupé la présidence tournante jusqu’en décembre 2009) et a participé à la relance de la Communauté économique des Pays des Grands Lacs en avril 2007. Il joue également un rôle majeur dans le règlement de la crise du Darfour, où il déploie un important contingent (3 550 militaires) dans le cadre de la force de maintien de la paix de l’Union africaine (Minuad).
En outre, il a adhéré au Commonwealth en novembre 2009, tout en restant membre de l’OIF.
Au mois d’avril 2012, l’Est de la RDC est de nouveau déstabilisé par une mutinerie au sein des Forces Armées de RDC (FARDC) et initiée par d’anciens membres du Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP), réintégrés à la suite des accords du 23 mars 2009.
Les mutins reprochent aux autorités congolaises de ne pas avoir respecté les termes de cet accord et décident de créer un nouveau groupe rebelle appelé M23 (en référence aux accords de 2009). Face à l’incapacité des autorités congolaises à reprendre le contrôle de la situation et de stopper le mouvement de désertion au sein de son armée, le M23 étend son emprise au Nord-Kivu et prend brièvement le contrôle de Goma le 20 novembre avant de s’en retirer.
Le retour de l’instabilité à l’Est de la RDC menace l’équilibre de toute la sous-région et risque de s’étendre aux pays voisins.
Dans un rapport publié le 27 juin 2012, le groupe d’expert des Nations Unies sur la RDC, met directement en cause le Rwanda et l’Ouganda pour leur soutien direct au M23. Les autorités rwandaises, qui contestent ce rapport, mettent en cause l’objectivité du groupe des experts et ont fait part de leurs remarques tant sur le contenu que la forme de ce rapport, dont elles considèrent qu’il n’est pas assez étayé.
Dans ce contexte, la communauté internationale soutient les initiatives visant à trouver une solution négociée à la crise dans l’est de la RDC. Tout en soutenant le processus de Kampala conduit par la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs (CIRGL), le Secrétariat des Nations Unies a préparé un accord-cadre destiné à traiter l’ensemble des causes profondes de la crise ainsi que les enjeux de long terme.
Parallèlement, le Rwanda a été élu, le 18 octobre 2012, membre non permanent du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Il siège au Conseil de Sécurité depuis le 1er janvier 2013 pour une durée de deux ans. C’est la première fois depuis le génocide de 1994 que le Rwanda siège au Conseil de sécurité. Le Rwanda dispose d’une expérience reconnue en matière de maintien de la paix, de reconstruction post-conflit et de connaissance des organisations régionales africaines qu’il souhaite mettre au service des Nations Unies.
Mise à jour : 22.02.13
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