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Présentation

Données générales

Nom officiel : Fédération de Russie
Chef de l’Etat : Vladimir POUTINE, Président de la Fédération (depuis le 07/05/2012)
Chef du Gouvernement : Dmitri MEDVEDEV, Premier Ministre

Données géographiques

Superficie : 17 millions de km²
Capitale : Moscou (11,5 millions d’habitants)
Villes principales : Saint-Pétersbourg (4,8 M), Novossibirsk (1,5 M), Ekaterinbourg (1,3 M), Nijni Novgorod (1,2 M)
Langue officielle : russe
Monnaie : rouble (1 € : environ 48,14 roubles, août 2014)
Fête nationale : 12 juin

Données démographiques

Population : 143,7 millions d’habitants (RosStat, 2013)
Densité : 8.6 habitants/km2
Croissance démographique : 0,06% (RosStat, 2014)
Espérance de vie : 70 ans (Banque Mondiale, 2012)
Taux d’alphabétisation : 100% (Banque mondiale)
Indice de développement humain : 0.778/57ème place (PNUD, 2014)
180 groupes ethnolinguistiques, dont Russes 80.8%, Tatars 3.8%, Ukrainiens 2.9%, Bachkirs 1.1%, Tchouvaches 1.1%, Tchétchènes 0.9%, Arméniens 0.76% (RosStat, 2010)
Principales confessions religieuses : Orthodoxes 41%, Musulmans 6.9%, Chrétiens 4.1%, Bouddhistes 0.5%, Hindouistes 0.5% (Centre Sreda, 2012)

Données économiques

RNB : 2097 Mds dollars (Banque Mondiale, 2013)
RNB par habitant : 13 860 dollars (Banque Mondiale, 2013)
Classement : devenu ‘pays à revenu élevé’ pour la Banque Mondiale en 2012
Classement ‘Doing Business’ (Banque Mondiale, 2014) : 92ème rang

Taux de croissance : 1,3% (FMI, 2013)
Taux de chômage : 5,5% (FMI, 2013)
Taux d’inflation : 7,8% (OCDE, 2014)
Emissions de CO2 : 12,2 tonnes/habitant (Banque Mondiale, 2013)

Principaux clients (% des exportations, 2013) : Pays-Bas (13,3%), Italie (7,5%), Allemagne (7%), Chine (6,8%), Turquie (4,8%)
Principaux fournisseurs (% des importations, 2013) : Chine (16,7%), Allemagne (11,2%), Etats-Unis (5,2%), Ukraine (4,9%), Japon (4,2%) (source : DG Trésor)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2013) :

  • agriculture : 3,4 %,
  • secondaire industrie, mines) : 31,2%,
  • tertiaire (services) : 65,4%

La France est en 2013 le 8ème fournisseur mondial de la Russie (4,1 % des parts de marché russe) (source : Douanes françaises).

Voir également le site de la mission économique de l’ambassade de France à Moscou

Consulats de France en Russie : Moscou, Saint-Pétersbourg, Ekaterinbourg
Communauté française en Russie : environ 6100 Français inscrits au registre en 2013 (5512 à Moscou, environ 150 à Ekaterinbourg, environ 450 à Saint-Pétersbourg)

Situation intérieure

Vladimir Poutine a été élu pour un troisième mandat à la Présidence de la Fédération de Russie le 4 mars 2012 (avec 63.6% des voix au premier tour). Il avait déjà été Président de Russie de 2000 à 2008 (deux mandats de quatre ans), puis premier ministre, lors de la présidence de Dimitri Medvedev, de 2008 à 2012. Vladimir Poutine a pris ses fonctions le 7 mai 2012, D. Medvedev lui succédant au poste de Premier Ministre ainsi qu’à la présidence du parti Russie Unie. Le mandat du président russe a été porté à six ans par une révision constitutionnelle en 2008, et court donc jusqu’en 2018. La Constitution russe autorise V. Poutine à briguer un quatrième mandat, jusqu’en 2024.

Le parti du Président jouit d’une majorité significative au Parlement depuis les élections législatives de décembre 2011 qui ont reconduit une majorité de députés issus du parti Russie Unie, avec 238 sièges sur les 450 que compte la Douma d’Etat. Le parti a perdu la majorité constitutionnelle (2/3 des sièges) qu’il avait dans la législature précédente au profit des partis Communiste et Russie Juste qui ont connu un progrès marquant.

Le scrutin législatif a été suivi d’une contestation sans précédent de l’hiver 2011 aux élections présidentielles du printemps 2012, certains rassemblements à Moscou comptant plus de 100 000 personnes.

Des élections municipales se sont tenues le 8 septembre 2013. A Moscou, le maire sortant, et membre du parti Russie Unie, Sergueï Sobianine a été réélu avec 51.4% des voix, suivi par le candidat du Parti Républicain, Alexeï Navalny (27.2% des voix). Deux autres personnalités de l’opposition ont été élues lors de ce scrutin : Evgueni Roïzman à Iekaterinbourg, quatrième ville du pays et Galina Chirchina, candidate du parti Iabloko, à Petrozavodsk. L’élection directe des gouverneurs, rétablie en avril 2012, a été de nouveau retirée en avril 2013. Les parlements locaux des sujets de la Fédération sont désormais libres de modifier le mode d’élection des gouverneurs et de préférer un vote parlementaire avec approbation du Président russe à une élection au suffrage universel. Le 14 septembre 2014, des élections pour renouveler les gouverneurs se sont tenues selon ces nouvelles modalités dans trente régions de Russie, et des élections des parlements régionaux ont eu lieu dans douze régions. Ces élections ont largement donné victoire au parti Russie Unie. Ce même jour, les autorités russes ont aussi organisé le renouvellement des parlements locaux de Crimée et de la ville fédérale de Sébastopol, par des élections non reconnues par la communauté internationale.

Nord-Caucase

L’instabilité au Nord Caucase perdure, malgré les tentatives de stabilisation de la République de Tchétchénie, notamment au moyen d’importants investissements économiques russes. Une attaque terroriste a eu lieu dans la nuit du 3 au 4 décembre 2014 au centre de Grozny, la capitale de la Tchétchénie, causant la mort de plus d’une dizaine de représentants des forces de l’ordre et de terroristes. La violence s’est largement répandue au Daghestan et dans les autres républiques du Caucase (Kabardino-Balkarie, Karachaévo-Tcherkessie) et au-delà (région de la Volga). Un double-attentat dans la ville de Volgograd les 29 et 30 décembre 2013 a causé la mort de plus de trente personnes.

Droits de l’homme

Le mouvement de contestation de l’hiver 2011-2012 avait contribué à l’adoption de certaines mesures libérales : retour à l’élection des gouverneurs (de nouveau annulée en 2013), simplification de l’enregistrement des partis politiques. Depuis, les autorités russes ont mis en place de nouveaux instruments de contrôle de la société civile : loi obligeant les ONG recevant des financements étrangers à se déclarer « agents de l’étranger », loi pénalisant la « promotion de l’homosexualité » auprès des mineurs, loi condamnant « les offenses au sentiment religieux », renforcement des aspects répressifs de la législation sur les manifestations publiques et loi sur la « trahison d’Etat » et l’espionnage.

Un assouplissement avait été constaté dans le contexte des Jeux olympiques de Sotchi : le texte d’amnistie adopté par la Douma le 18 décembre 2013 avait permis la libération de nombreux prisonniers, parmi lesquels les chanteuses du groupe Pussy Riot et les militants de Greenpeace. La grâce présidentielle accordée à l’oligarque Mikhaïl Khodorkovski le 20 décembre 2013 a également permis sa libération anticipée. Toutefois, les procédures judiciaires visant des opposants sont maintenues, notamment celle de l’opposant Alexeï Navalny. La loi sur les « troubles massifs à l’ordre public » dans le cadre des manifestations a entraîné des peines d’emprisonnement fermes de manifestants arrêtés sur la place Bolotnaïa en mai 2012, parmi lesquels l’activiste Sergueï Oudaltsov. Depuis le début de la crise ukrainienne, la situation s’est à nouveau durcie. Depuis juin 2014, les principales ONG russes ont été inscrites d’office par le ministère de la Justice au registre des « agents de l’étranger », ce qui empêche de facto leur activité. L’ONG Mémorial Russie, plus importante ONG russe, est menacée de liquidation par le Ministère de la Justice depuis octobre 2014. Des pressions sont constatées sur la liberté d’utilisation d’internet ; fermeture administrative de certains blogs dont celui d’Alexeï Navalny, loi contraignant les blogs recevant plus de 3000 visites par jour à s’enregistrer auprès de l’agence de supervision des communications et des médias (Roskomnadzor), restrictions de l’anonymat (interdiction de l’utilisation anonyme du Wi-fi et tentatives d’empêchement de l’utilisation du logiciel libre Tor). En outre, la législation « anti-extrêmisme » est renforcée : depuis juillet 2014, la contestation publique de l’annexion de la Crimée est passible de cinq ans de prison ferme.

Le Conseil présidentiel des Droits de l’homme et la Chambre sociale constituent des relais entre les autorités et la société civile, et complètent un dispositif qui comportait déjà un médiateur des droits de l’Homme (Ella Pamfilova). Certaines avancées ont ainsi été enregistrées ces dernières années : annonces officielles concernant la lutte contre la corruption et les mauvaises conditions d’incarcération ; annonce par la Cour constitutionnelle russe du prolongement du moratoire sur la peine de mort ; signature de la loi fédérale sur la ratification par Moscou du Protocole 14 de la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Toutefois, la liberté d’action de ces institutions est limitée.

Situation économique

Le pays constitue, avec 143,7 millions d’habitants (selon les chiffres officiels russes), le 9e marché national au monde. L’économie russe se caractérise par l’importance des ressources en hydrocarbures (deuxième producteur mondial de gaz et de pétrole en 2012) et des richesses minières et naturelles du pays (charbon, or, nickel, cobalt, diamants, bois…). L’exportation de ces ressources naturelles représente plus des deux tiers des exportations russes. La métallurgie, l’armement, le nucléaire et le spatial sont également des spécialisations industrielles russes. Les secteurs des services (télécommunications, finance, distribution) ont connu un essor important au cours de la dernière décennie. Les flux d’investissements directs étrangers (IDE) ont progressé rapidement depuis 2006 (suppression totale du contrôle des changes, libre convertibilité du rouble) pour constituer en stock près de 500 Mds USD. Toutefois, plus de la moitié des flux d’IDE vers et depuis la Russie proviennent ou sont dirigés vers des zones off shore ou à fiscalité attractive.

La Russie a connu de 2000 à 2008 une croissance moyenne de 7% par an. Elle a été durement touchée par la crise économique et financière de 2008, avec une récession de près de -8% en 2009, qui a révélé les principales faiblesses de l’économie russe : un manque de compétitivité à l’exportation et une forte dépendance aux matières premières (les hydrocarbures représentent environ 30% du PIB, 50% des recettes budgétaires et 70% des exportations), qui pèse sur l’économie russe dans le contexte actuel de chute des cours du baril (65 USD/baril le 10 décembre 2014). La Russie a renoué avec la croissance (autour de 4% par an) en 2010 et 2011 grâce à la bonne tenue des prix du pétrole et à l’augmentation de la demande interne. Toutefois, cette tendance s’est inversée depuis l’été 2012 en l’absence de moteur externe de croissance, et face au ralentissement de la production agricole et industrielle, ainsi qu’à un fléchissement de la consommation privée due à une hausse moins rapide des salaires (+5,2% en 2013, contre +8,4% en 2012) et à un ralentissement de l’expansion de crédits (+29% en 2013, contre 39% en 2012). La croissance a ainsi atteint 3,4% sur l’ensemble de l’année 2012 et 1,3% en 2013. L’excédent du compte courant a fortement diminué, à 33 Mds USD en 2013 (soit 1,5% du PIB, contre 3,6% du PIB en 2012). La dette publique reste modérée (13% du PIB en 2013) et les réserves de change importantes (454 Mds USD en octobre 2014).

Les incertitudes engendrées par la crise en Ukraine et les sanctions occidentales à l’encontre de la Russie se sont traduites par une forte contraction des investissements domestiques et étrangers, une fuite massive des capitaux (flux sortants bruts de capitaux de 70 Mds USD au 1er trimestre 2014, contre 182 Mds USD sur l’ensemble de l’année 2013), une forte augmentation de l’inflation (qui atteint 8%), et une très forte dépréciation du rouble, qui a perdu plus du quart de sa valeur depuis janvier 2014. Les entreprises russes peinent à trouver des sources de financement alternatives et réclament des recapitalisations qui pèsent sur les réserves fédérales. Le Fonds monétaire international a ainsi révisé en juillet 2014 sa prévision de croissance annuelle du PIB en la réduisant de 1,3% à 0,2% pour 2014. En octobre, le FMI a maintenu cette prévision pour 2014 et a revu ses prévisions à la baisse pour 2015, anticipant une croissance de 0,5% (au lieu de 1%). Ces dernières années, les priorités économiques des autorités russes ont été la diversification du tissu économique, l’accroissement de l’investissement, la restructuration de l’industrie lourde et le renforcement de l’attractivité du pays (la Russie est 92ème sur 185 pays au classement Ease of Doing Business 2014 de la Banque mondiale). La stimulation de l’investissement privé (qui passe notamment par un renforcement de l’Etat de droit) et l’amélioration du climat des affaires sont considérablement mis en difficulté depuis la crise en Ukraine La présence de l’Etat dans l’économie demeure très forte (le secteur public représente entre 40 et 50 % du PIB). Le gouvernement russe a récemment relancé un vaste plan de privatisation.

Les infrastructures de transport (route, rail, aéroports) nécessitent, dans un pays aussi vaste, d’importants investissements, à l’instar des efforts réalisés pour la préparation des Jeux olympiques de Sotchi (2014), ou de ceux prévus pour la Coupe du monde de football (2018). Deux projets bénéficient de financements massifs : en novembre 2013, les autorités russes ont décidé de moderniser le Transsibérien ainsi que la ligne ferroviaire Baïkal-Amour, et de construire un contournement routier de la région de Moscou. Le secteur des services urbains (eau, déchets) demande également de lourds investissements.

Voir aussi : http://www.tresor.economie.gouv.fr/…

Politique extérieure

Les grands principes de la politique étrangère russe

Après la période d’instabilité qu’a connue la Russie dans les années 1990, l’arrivée de V. Poutine au début des années 2000 a été marquée par la volonté de rendre à la Russie son rang et de renouer avec sa vocation mondiale, tout en renforçant l’influence russe dans les pays issus de l’URSS. La politique étrangère russe tend ainsi prioritairement à l’affirmation de la Russie sur la scène régionale et internationale, la défense de ses intérêts nationaux et la protection des populations russophones. De manière paradoxale, compte tenu de la violation du droit international que constitue l’annexion de la Crimée, la Russie adopte systématiquement une posture très légaliste. Elle défend un certain nombre de principes : multipolarité et respect du droit international, affirmation du rôle central des Nations unies, principe de non-ingérence.

L’ "étranger proche" demeure la zone d’intérêt privilégiée

Très attentive à l’évolution politique des pays de l’ancienne Union soviétique, encore perçus aujourd’hui comme appartenant à sa zone d’intérêt privilégiée, Moscou a tendance à privilégier le statu quo et analyse les changements intervenus (révolutions de couleur, Maïdan) comme un facteur de déstabilisation pour la région et une atteinte potentielle à ses intérêts. L’intervention armée en Géorgie au mois d’août 2008, l’annexion de la Crimée et le soutien apporté aux séparatistes dans le Donbass, ont montré que la Russie n’excluait pas l’usage de la force pour défendre ce qu’elle considère comme ses intérêts nationaux et la défense du « monde russe » dans la région.

La mise en place par l’Union européenne du Partenariat oriental a été vécue par la Russie comme une incursion dans sa sphère d’influence. Dans les mois qui ont précédé le Sommet du Partenariat oriental de Vilnius (novembre 2013), qui a vu le paraphe des accords d’association de l’Union européenne avec la Géorgie et la Moldavie), la Russie a fait usage de leviers de pression pour contrarier ce rapprochement (embargo sur les vins moldaves et le chocolat ukrainien, annonces d’une augmentation des prix de l’énergie). Kiev et Erevan ont ainsi respectivement renoncé à signer et parapher les accords d’association avec l’UE. La Russie est par ailleurs un acteur clé du règlement des conflits dits « gelés » de Transnistrie (région séparatiste de Moldavie) et du Haut-Karabagh (opposant l’Azerbaïdjan et l’Arménie).

Dans le Sud Caucase et en Asie centrale, la politique russe est marquée par la problématique énergétique (contrôle des voies d’évacuation énergétique pour le premier et recherche de garanties d’approvisionnement pour la seconde) et par le souhait de lutter contre le risque terroriste et le trafic de drogue en provenance d’Afghanistan. La diplomatie russe vis-à-vis des pays de la CEI s’appuie également sur les initiatives régionales lancées sous son égide depuis l’effondrement de l’URSS : Organisation du Traité de Sécurité collective (dont Moscou voudrait faire une authentique alliance politico-militaire), Organisation de coopération de Shanghai, Union douanière Russie-Biélorussie-Kazakhstan qui deviendra l’Union eurasiatique au 1er janvier 2015, projet phare de la diplomatie du président V. Poutine pour les années à venir. De nombreuses incertitudes pèsent sur ce projet d’intégration, notamment depuis la signature par l’Ukraine de l’accord d’association avec l’UE. Le Parlement arménien a ratifié le 4 décembre l’accord d’adhésion à l’Union économique eurasiatique.. Le Tadjikistan et le Kirghizstan ont également fait part de leur intérêt pour cette organisation.

La crise ukrainienne impacte fortement la relation entre la Russie et l’Occident

Les relations entre l’Occident et la Russie se sont fortement dégradées dans le contexte de la crise ukrainienne.

• L’Union européenne a adopté trois types de mesures restrictives à l’encontre de la Russie :

  • phase I : suspension des discussions sur les visas (tant sur l’accord de facilitation, qui était en voie de finalisation, que sur le processus de libéralisation), et des négociations en vue d’un nouvel accord global UE-Russie ; annulation du sommet UE-Russie de Sotchi (3 juin) et des sommets bilatéraux périodiques entre Etats membres et Russie ; soutien à l’annulation du sommet du G7 à Sotchi (4-5 juin) ; soutien à la suspension des négociations relatives à l’adhésion de la Russie à l’OCDE et à l’AIE ;
  • phase II : mesures ciblées contre des entités et des individus (interdictions de visas et gel d’avoirs) ;
  • phase III : mesures économiques sectorielles prises en juillet et élargies en septembre 2014 dans quatre domaines : embargo sur les armes ; limitation à l’accès aux marchés et financements européens ; restrictions aux exportations de biens à double usage ; restrictions aux exportations de technologies sensibles dans le secteur pétrolier.

Le Conseil Affaires étrangères du 17 novembre a adopté de nouvelles mesures individuelles contre 13 individus et 5 entités séparatistes. L’Union européenne envisage également un renforcement des sanctions à l’égard de la Crimée.

Voir aussi pour le détail des sanctions (mis à jour) : http://www.tresor.economie.gouv.fr/…

Les sanctions adoptées par l’Union européenne et ses Etats-membres dans le cadre de la crise ukrainienne ont pour but :

  • de favoriser une désescalade, en décourageant les actions ou politiques qui compromettent ou menacent l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine, ou la stabilité ou la sécurité en Ukraine, ou qui font obstruction à l’action d’organisations internationales en Ukraine ;
  • de marquer notre fort soutien à l’intégrité territoriale, à l’indépendance et à la souveraineté de l’Ukraine et au respect des règles internationales.

• Suspension de la coopération OTAN-Russie, même si le dialogue politique n’est pas rompu à ce stade. La relation Russie-OTAN pâtissait de l’absence d’avancées sur la question de la défense antimissile mais portait ses fruits dans plusieurs autres domaines, notamment l’Afghanistan (accords de transit, lutte contre le trafic de stupéfiants) et la lutte contre le terrorisme. L’annexion de la Crimée est considérée par l’OTAN comme une violation de l’Acte fondateur OTAN-Russie et pose la question de la poursuite de la coopération entre l’Alliance et Moscou ;

• Le reset russo-américain est définitivement compromis. Ce dernier s’était traduit par une coopération russo-américaine accrue sur les sujets internationaux d’intérêt mutuel (non-prolifération des armes nucléaires, lutte contre le terrorisme, Afghanistan) et avait enregistré quelques résultats concrets (ratification du traité Start 2 sur la réduction des armes stratégiques). Il pâtissait cependant d’un désaccord fondamental sur la défense anti-missile et de la multiplication des irritants bilatéraux (loi interdisant l’adoption d’enfants russes par des couples américains, fermeture du bureau USAID en Russie, affaire Snowden etc). Toutefois, Moscou continue de rechercher un dialogue d’égal à égal avec les Etats-Unis dans le règlement des grandes crises internationales (nucléaire iranien, crise syrienne, Ukraine).

Un retour de la Russie au Moyen-Orient et en Asie

Face aux bouleversements que connaît le monde arabe depuis décembre 2010, la Russie, inquiète d’une montée de l’islamisme radical et de ses possibles répercussions sur la rébellion nord-caucasienne, a multiplié les appels à la prudence et à la non-ingérence. Concernant la Syrie, Moscou campe depuis le début de la crise sur une position intransigeante, refusant toute forme de sanction contre le régime syrien ou le départ préalable d’Assad (triple véto au Conseil de sécurité, poursuite des livraisons d’armes). Toutefois l’accord de septembre 2013 de mise sous tutelle de l’arsenal chimique syrien aura permis à Moscou de confirmer son statut d’acteur incontournable dans la gestion du conflit syrien voire d’apparaître comme une faiseuse de paix ayant écarté tout risque d’intervention occidentale en Syrie. Moscou appelle avec constance à la mise en œuvre du communiqué de Genève de juin 2012 sur les modalités d’une transition politique en Syrie. La Russie est apparue comme « co-parrain », au même titre que les Etats-Unis, de la conférence de Genève II. La montée en puissance de Daech en Syrie et en Irak tend à confirmer, du point de vue de Moscou, ses craintes concernant le soutien aux mouvements d’opposition en Syrie.

L’Asie revêt une importance croissante pour Moscou, qui cherche à tirer parti du potentiel de développement économique de la zone et à approfondir ses relations avec les grands acteurs tels que la Chine, le Japon et l’Inde, tout en prenant part aux organisations régionales (sommet de l’APEC à Pékin les 11-12 novembre 2014). Avec la Chine à qui elle est liée depuis quinze ans par un partenariat stratégique, la Russie affiche une relation bilatérale dynamique. La Chine est le premier fournisseur de la Russie, et le voisin chinois cherche à augmenter son approvisionnement en hydrocarbures, dont sont particulièrement riches les régions orientales de la Russie. La crise ukrainienne a pour effet d’accélérer le pivotement de la Russie vers la Chine (signature d’un important contrat gazier en mai 2014). Toutefois, les obstacles au rapprochement avec la Chine demeurent nombreux et sont en particulier liés à un certain sentiment de méfiance de la population et des élites russes vis-à-vis des Chinois.

Par ailleurs, la volonté russe de jouer un rôle plus actif dans le maintien de la paix et de la sécurité, en particulier en Afrique, s’est traduite par certaines initiatives concrètes (contribution à la mission EUFOR au Tchad, participation à la lutte contre la piraterie en Somalie) et un soutien politique à l’action de la France au Mali et en République centrafricaine.

Mise à jour : 11.12.14


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