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Présentation

Données générales

Nom officiel : Fédération de Russie
Chef de l’État : Vladimir POUTINE, Président de la Fédération (depuis le 07/05/2012)
Chef du gouvernement : Dmitri MEDVEDEV, Premier ministre

Données géographiques

Superficie : 17 millions de km²
Capitale : Moscou (11,5 millions d’habitants)
Villes principales : Saint-Pétersbourg (4,8 M), Novossibirsk (1,5 M), Ekaterinbourg (1,3 M), Nijni Novgorod (1,2 M)
Langue officielle : russe
Monnaie : rouble (1 € : environ 43,8 roubles, octobre 2013)
Fête nationale : 12 juin

Données démographiques

Population : 143,4 millions d’habitants (RosStat, 2012)
Densité : 8.4 habitants/km²
Croissance démographique : -0.02% (Banque Mondiale, est : 2013)
Espérance de vie : 69 ans (Banque Mondiale, 2010)
Taux d’alphabétisation : 99,6%
Indice de développement humain : 0,788/55e place (PNUD, 2012)

180 groupes ethnolinguistiques, dont Russes 80,8%, Tatars 3,8%, Ukrainiens 2,9%, Bachkirs 1,1%, Tchouvaches 1,1%, Tchétchènes 0,9%, Arméniens 0,76% (RosStat, 2010)
Principales confessions religieuses : orthodoxes 41%, musulmans 6,9%, chrétiens 4,1%, bouddhistes 0,5%, hindouistes 0,5% (Centre Sreda, 2012)

Données économiques

RNB : 2015 Mds dollars (Banque mondiale, 2012)
RNB par habitant : 12 700 dollars (Banque mondiale, 2012)
Classement : devenu « pays à revenu élevé » pour la Banque mondiale en 2012
Classement ‘Doing Business’ (Banque Mondiale, 2012) : 112e rang

Taux de croissance : 3,4%(FMI, 2012)
Taux de chômage : 6% (FMI, 2012)
Taux d’inflation : 5,1% (FMI, 2012)

Émissions de CO2 : 11,1 tonnes/habitant (Banque mondiale, 2012)

Principaux clients (% des exportations, 2012) : Ukraine (18%), Italie (14%), Inde (6%), Allemagne (5%) Chine (4,5%)
Principaux fournisseurs (% des importations, 2012) : Allemagne (16,4%), Chine (13%), Ukraine (10%), Italie (7%), France (6%) (source : Douanes russes)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2012) :

  • agriculture : 5 %,
  • secondaire : 28%,
  • tertiaire : 67%

La France est en 2012 le 6e fournisseur mondial de la Russie, son 2d fournisseur européen (4,4 % des parts de marché russe) (source : Douanes françaises).

Voir également le site de la mission économique de l’ambassade de France à Moscou : http://www.ambafrance-ru.org/Le-Ser…

Consulats de France en Russie : Moscou, Saint-Pétersbourg, Ekaterinbourg
Communauté française en Russie : 5764 Français inscrits au registre en 2013


Politique intérieure

M. Vladimir Poutine a été élu pour un troisième mandat à la Présidence de la Fédération de Russie le 4 mars 2012 (avec 63,6% des voix au premier tour). Il a pris ses fonctions le 7 mai 2012, M. Medvedev lui succédant au poste de Premier ministre ainsi qu’à la présidence du parti Russie Unie. Vladimir Poutine avait été Président de Russie de 2000 à 2008 (mandats de quatre ans), puis Premier ministre, lors de la présidence de M. Medvedev, de 2008 à 2012.

Le parti du président jouit d’une majorité significative au parlement depuis les élections législatives de décembre 2011 qui ont reconduit une majorité de députés issus du parti Russie Unie, avec 238 sièges sur les 450 que compte la Douma d’État. Le parti a perdu la majorité constitutionnelle (2/3 des sièges) qu’il avait dans la législature précédente au profit des partis communiste et Russie Juste qui ont connu un progrès marquant.

Le scrutin législatif a été suivi d’une contestation sans précédent de l’hiver 2011 aux élections présidentielles du printemps 2012, certains rassemblements à Moscou comptant plus de 100 000 personnes.

Des élections municipales se sont tenues le 8 septembre 2013. À Moscou, le maire sortant, et membre du parti Russie Unie, Sergueï Sobianine a été réélu avec 51,4% des voix, suivi par le candidat du Parti républicain, Alexeï Navalny (27,2% des voix). Deux autres personnalités de l’opposition ont été élues lors de ce scrutin : Evgueni Roïzman à Iekaterinbourg, quatrième ville du pays, et Galina Chirchina, candidate du parti Iabloko, à Petrozavodsk.

L’élection directe des gouverneurs, rétablie en avril 2012, a été de nouveau retirée en avril 2013. Les parlements locaux peuvent opter pour un vote parlementaire avec approbation du Président russe. Ces nouvelles modalités s’appliqueront lors des élections gouvernatoriales de 2014 prévues dans au moins quinze régions de Russie. Les parlements locaux seront renouvelés en 2014 dans au moins douze autres régions, y compris celle de Moscou.


Nord-Caucase

L’instabilité au Nord Caucase perdure, malgré la relative « pacification » de la République de Tchétchénie et les investissements économiques russes. La violence s’est aujourd’hui largement déplacée vers la Daghestan, et depuis ces derniers mois, vers les autres républiques du Caucase (Kabardino-Balkarie, Karachaévo-Tcherkessie) et au-delà (région de la Volga).

L’instabilité et le recours à la violence continus dans le Caucase nord sont une importante source d’inquiétude à la veille des Jeux olympiques de Sotchi (7-23 février 2014). Un double-attentat dans la ville de Volgograd les 29 et 30 décembre 2013 a causé la mort de plus de trente personnes.


Droits de l’homme

Le mouvement de contestation de l’hiver 2011-2012 a contribué à l’adoption de certaines mesures libérales : retour à l’élection des gouverneurs (de nouveau annulée en 2013), simplification de l’enregistrement des partis politiques. Les autorités russes ont aussi mis en place de nouveaux instruments de contrôle de la société civile : loi obligeant les ONG recevant des financements étrangers à se déclarer « agents de l’étranger », loi pénalisant la « promotion de l’homosexualité » auprès des mineurs, loi condamnant « les offenses au sentiment religieux », renforcement des aspects répressifs de la législation sur les manifestations publiques et loi sur la trahison et l’espionnage.

Le texte d’amnistie adopté par la Douma le 18 décembre 2013 a permis la libération de prisonniers, parmi lesquels les chanteuses du groupe Pussy Riot et les militants de Greenpeace. La grâce présidentielle accordée à l’oligarque Mikhaïl Khodorkovski le 20 décembre 2013 a également permis sa libération anticipée. Les procédures judiciaires visant des opposants sont maintenues, notamment celle de l’opposant Alexeï Navalny, celle de certains des manifestants arrêtés sur la place Bolotnaïa en mai 2012 ou encore de l’activiste Sergueï Oudaltsov.

Le Conseil présidentiel des Droits de l’homme et la Chambre sociale constituent d’importants relais entre les autorités et la société civile, et complètent un dispositif qui comportait déjà un médiateur des droits de l’Homme (Vladimir Loukine). Certaines avancées ont ainsi été enregistrées ces dernières années : annonces officielles concernant la lutte contre la corruption et les mauvaises conditions d’incarcération ; annonce par la Cour constitutionnelle russe du prolongement du moratoire sur la peine de mort ; signature de la loi fédérale sur la ratification par Moscou du Protocole 14 de la Cour européenne des droits de l’Homme.


Situation économique

Le pays constitue, avec 143 millions d’habitants, le 9e marché national au monde. L’économie russe se caractérise par l’importance des ressources en hydrocarbures (premier producteur mondial de pétrole, premier exportateur mondial de gaz en 2011) et des richesses minières et naturelles du pays (or, nickel, cobalt, diamant, bois…). L’exportation de ces ressources naturelles représente plus des deux tiers des exportations russes.

La métallurgie, l’armement, le nucléaire et le spatial sont également des spécialisations industrielles russes. Les flux d’investissements directs étrangers (IDE) ont progressé très rapidement depuis 2006 (suppression totale du contrôle des changes, libre convertibilité du rouble) pour constituer désormais, en stock, 500 Mds USD. La moitié des flux d’IDE vers et depuis la Russie proviennent ou sont dirigés vers des zones off-shore ou à fiscalité attractive.

La Russie a connu de 2000 à 2008 une croissance moyenne de 7% par an. Elle a été durement touchée par la crise, avec la pire récession des années 2000 (près de -8% en 2009), mais le pire – l’État en défaut de paiement à la fin des années 90 – a été évité. La Russie a depuis renoué avec la croissance (autour de 4% par an) et les grands indicateurs macro-économiques sont au vert : balance commerciale structurellement excédentaire, réserves de change importantes (4e rang mondial), dette publique très modérée (9% du PIB), inflation au plus bas depuis 20 ans.

L’économie russe demeure très dépendante du cours des matières premières, ce qui la rend plus vulnérable à un choc sur le prix de ces dernières. Les autorités russes entendent favoriser la diversification économique, l’accroissement de l’investissement, la restructuration de l’industrie lourde et le renforcement de l’attractivité du pays (la Russie est 112e sur 185 pays au classement Ease of Doing Business de la Banque mondiale). La stimulation de l’investissement privé passe notamment par un renforcement de l’État de droit et par l’amélioration du climat des affaires. En même temps, la présence de l’État dans l’économie demeure très forte (le secteur public représente 35 % du PIB, dont les deux principales banques). Le gouvernement russe a toutefois récemment relancé un vaste plan de privatisation.

Les infrastructures de transport (route, rail, aéroports) nécessitent, dans un pays aussi vaste, d’importants investissements au cours des années à venir, en particulier dans la perspective des Jeux olympiques de Sotchi (2014) et de la Coupe du monde de football (2018). Le secteur des services urbains (eau, déchets) demande également de lourds investissements.

Voir aussi : http://www.tresor.economie.gouv.fr/…


Politique extérieure

Les grands principes de la politique étrangère russe

Après la période d’instabilité qu’a connue la Russie dans les années 1990, l’arrivée de V. Poutine au début des années 2000 a été marquée par la volonté de rendre à la Russie son rang et de renouer avec sa vocation mondiale, tout en renforçant l’influence russe dans les pays issus de l’URSS.

La politique étrangère russe tend ainsi prioritairement à l’affirmation de la Russie sur la scène régionale et internationale, la défense de ses intérêts nationaux et la protection des populations russophones. Elle défend un certain nombre de principes liés notamment à la perte de son statut de super puissance (multipolarité et respect du droit international, affirmation du rôle central des Nations unies) et à la volonté de ne pas avoir de comptes à rendre sur ses activités intérieures (principe de non-ingérence, hostilité aux politiques de sanctions).

Moscou affiche toutefois une volonté de coopération avec les grands acteurs de la scène internationale, et donne la priorité – au-delà de son étranger proche - à ses relations avec l’Europe puis avec la zone Asie-Pacifique.


L’ « étranger proche » demeure la zone d’intérêt privilégiée

Très attentive à l’évolution politique des pays de l’ancienne Union soviétique, encore perçus aujourd’hui comme appartenant à sa zone d’intérêt privilégiée, Moscou a tendance à privilégier le statu quo et analyse les changements intervenus (révolutions de couleur) comme un facteur de déstabilisation pour la région et une atteinte potentielle à ses intérêts. L’intervention armée en Géorgie au mois d’août 2008 a montré que la Russie n’excluait pas l’usage de la force pour défendre ce qu’elle considère comme ses intérêts nationaux dans la région.

La mise en place par l’Union européenne du Partenariat oriental avec les pays du voisinage commun a été vécue par la Russie comme une incursion dans sa sphère d’influence. Dans les mois qui ont précédé le Sommet du Partenariat oriental de Vilnius (novembre 2013), qui devait initialement aboutir à la signature de 4 accords d’association (Ukraine, Arménie, Géorgie, Moldavie), la Russie a fait usage d’un certain nombre de leviers de pression (embargo sur les vins moldaves et le chocolat ukrainien, annonces d’une augmentation des prix de l’énergie, promotion virulente du projet d’Union douanière eurasiatique).

La Russie détient par ailleurs en grande partie la clé du règlement des conflits dits « gelés » de Transnistrie (région séparatiste de Moldavie) et du Haut-Karabagh (opposant l’Azerbaïdjan et l’Arménie).

Dans le Sud Caucase et en Asie centrale, la politique russe est marquée par la problématique énergétique (contrôle des voies d’évacuation énergétique pour le premier et recherche de garanties d’approvisionnement pour la seconde) et par le souhait de lutter contre le risque terroriste et le trafic de drogue en provenance d’Afghanistan.

La diplomatie russe vis-à-vis des pays de la CEI s’appuie également sur les initiatives régionales lancées sous son égide depuis l’effondrement de l’URSS : Organisation du Traité de Sécurité collective (dont Moscou voudrait faire une authentique alliance politico-militaire), Organisation de coopération de Shanghaï, Union douanière Russie-Biélorussie-Kazakhstan qui a vocation à devenir une Union eurasiatique à l’horizon 2015, projet phare de la diplomatie poutinienne pour les années à venir. À ce stade, le Tadjikistan et le Kirghizstan ont fait part de leur intérêt pour cette organisation, ainsi que récemment l’Arménie.

L’enjeu fondamental pour les Russes sera cependant de s’assurer de l’entrée de l’Ukraine dans l’Union eurasiatique, loin d’être acquise à ce stade en dépit de la volte-face ukrainienne sur l’accord d’association avec l’UE.


Une relation UE / Russie qui stagne

Alors que plusieurs avancées avaient été enregistrées dans la relation UE-Russie en 2010-2011 (conclusion des négociations d’accession de la Russie à l’OMC, amorce du processus de libéralisation des visas de court séjour, soutien aux réformes en Russie via le Partenariat pour la modernisation), les relations UE-Russie semblent être dans l’impasse depuis près de deux ans : négociation du nouvel accord de partenariat au point mort, rétivité de la partie russe à mettre en œuvre les engagements souscrits dans le cadre de son accession à l’OMC, voire adoption de mesures protectionnistes, contestation de la législation européenne en matière d’énergie et hostilité réaffirmée de la Russie aux projets du Corridor sud contournant son territoire, etc.

Dans ce contexte, et au lendemain du sommet du Partenariat oriental, le prochain Sommet UE-Russie des 27-28 janvier peinera à enregistrer des avancées substantielles et devra privilégier une relance du dialogue avec la Russie.


Russie / États-Unis : les limites du « reset »

Les relations russo-américaines, fortement dégradées au cours des dernières années de l’administration Bush, ont connu une phase d’embellie avec le « reset » initié par l’administration Obama à partir de 2009. Celui-ci s’est traduit par une coopération russo-américaine accrue sur les sujets internationaux d’intérêt mutuel (non-prolifération des armes nucléaires, lutte contre le terrorisme, Afghanistan) et a enregistré quelques résultats concrets (ratification du traité Start 2 sur la réduction des armes stratégiques).

Il pâtit cependant d’un désaccord fondamental sur la défense anti-missile, que l’annonce par les Américains début 2013 de l’abandon de la phase 4 de l’EPAA n’aura pas permis de résoudre. Au total, en dépit des multiples irritants bilatéraux (loi interdisant l’adoption d’enfants russes par des couples américains, fermeture du bureau USAID en Russie, affaire Snowden), les États-Unis restent un interlocuteur privilégié pour la Russie sur les grandes crises internationales (nucléaire iranien, crise syrienne et préparation de la conférence de Genève II).

La relation Russie-OTAN pâtit également de l’absence d’avancées sur le plan de la défense antimissile (maintien par Moscou d’exigences inacceptables pour les Alliés et annonce russe en octobre dernier d’une suspension unilatérale du dialogue OTAN-Russie sur la DAMB), même si elle porte ses fruits dans plusieurs autres domaines, notamment l’Afghanistan (accords de transit, lutte contre le trafic de stupéfiants) et la lutte contre le terrorisme.


Un retour de la Russie au Moyen-Orient et en Asie

Face aux bouleversements que connaît le monde arabe depuis décembre 2010, la Russie, inquiète d’une montée de l’islamisme radical et de ses possibles répercussions sur la rébellion nord-caucasienne, a multiplié les appels à la prudence et à la non-ingérence. Concernant la Syrie, Moscou campe depuis le début de la crise sur une position intransigeante, refusant toute forme de sanction contre le régime syrien ou le départ préalable d’Assad (triple veto au Conseil de sécurité, poursuite des livraisons d’armes).

Toutefois l’accord de septembre 2013 de mise sous tutelle de l’arsenal chimique syrien aura permis à Moscou de confirmer son statut d’acteur incontournable dans la gestion du conflit syrien voire d’apparaître comme une faiseuse de paix ayant écarté tout risque d’intervention occidentale en Syrie. Moscou appelle avec constance à la mise en œuvre du communiqué de Genève de juin 2012 sur les modalités d’une transition politique en Syrie.

Le dialogue russo-américain et au sein du P5 se densifie ainsi depuis plusieurs mois sur la préparation de la conférence Genève II, prévue le 23 janvier 2014. Toutefois la tenue d’une telle conférence, et a fortiori son issue, est incertaine, du fait de la rigidité de la posture russe vis-à-vis des revendications de l’opposition.

L’Asie revêt une importance croissante pour Moscou, qui cherche à tirer parti du potentiel de développement économique de la zone et à approfondir ses relations avec les grands acteurs tels que la Chine, le Japon et l’Inde, tout en prenant part aux organisations régionales (sommet de l’APEC à Vladivostok le 7 septembre 2012). Avec la Chine à qui elle est liée depuis quinze ans par un partenariat stratégique, la Russie affiche une relation bilatérale dynamique (la Chine est le premier fournisseur de la Russie) qu’elle cherche à approfondir, même si cela n’occulte pas totalement une méfiance de part et d’autre.

Par ailleurs, la volonté russe de jouer un rôle plus actif dans le maintien de la paix et de la sécurité, en particulier en Afrique, s’est traduite par certaines initiatives concrètes (contribution à la mission EUFOR au Tchad, participation à la lutte contre la piraterie en Somalie) et un soutien politique à l’action de la France au Mali et en République centrafricaine.


Mise à jour : 24.01.14


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