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Présentation du Royaume-Uni

Présentation

Données générales

Nom officiel : Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord.
Nature du régime : Monarchie constitutionnelle. Démocratie parlementaire.
Chef de l’Etat : Elizabeth II, Reine d’Angleterre (6 février 1952).
Chef du Gouvernement, Premier ministre : David Cameron (12 mai 2010).

Données géographiques

Superficie : 244 820 km2
Angleterre : 130 395 km2
Écosse : 78 782 km2
Pays de Galles : 20 779 km2
Irlande du Nord : 13 843 km2

Capitale : Londres (London).
Villes principales : Londres, Manchester, Birmingham, Leeds, Glasgow, Cardiff, Belfast.
Langue officielle : anglais.
Langue courante : anglais.
Monnaie : livre sterling - symbole : £.
Fête nationale : 14 juin, anniversaire officiel de la Reine.

Données démographiques

Population (2012) : 63 182 000 habitants.
Angleterre : 53,01 millions d’habitants.
Londres (7,82M), Manchester (2,62M), Birmingham (2,28M), Leeds (1,49M), Sheffield (0,64M).
Écosse : 5,29M* - Glasgow (1,16M), Edimbourg (0,49M).
Pays de Galles 3,06M – Cardiff (0,32M).
Irlande du Nord 1,81M - Belfast (0,27M).

Population active (2011) : 30,72M (services 82,9%, industrie 15,8%, agriculture 1,3%).
Densité : 258,07 habitants/km².
Croissance démographique : entre 0,2 et 0,3% d’ici 2050.
Espérance de vie (H/F) (2011) : 79 ans/83 ans.
Taux d’alphabétisation : 99%.
Religions : Deux religions d’Etat : anglicanisme en Angleterre et presbytérianisme en Ecosse. Anglicans : 35%. Catholiques romains : 9%. Presbytériens : 4%. Autres chrétiens : 14%. Musulmans : 2,7%. Hindous : 1%. Sikhs : 0,6%. Juifs : 0,5%. Bouddhistes : 0,3%.
Autres : 0,2%. Sans religion : 33%. (source : British Social Attitudes).

Indice de développement humain (2011 - PNUD) : 0,863. 28ème rang mondial (26ème en 2009 et 18ème en 2006).

* Chiffres issus du recensement 2011 publiés le 17 décembre 2012.

Données économiques

PIB (2012) : 2 096 Md USD – 1913,1 Md € - 7ème économie mondiale.
PIB par habitant (2011) : 27 900 €.

Taux de croissance (2012) : 0,2 % / prévisions 2013 : 0,6%.
Taux de chômage : 8% (2011) - 7,8 % (2012 – UK Office for national statistics)

Solde budgétaire : 5,2% (82,1 Mds£) pour 2012/2013 / 7,4% hors éléments exceptionnels
Dette publique (au sens de Maastricht) : 88,7% (2012)
Balance commerciale (2011) : - 113,3 Md € [Export : 368,7 Md€ - Import : 481,9 Md€].

Principaux clients (2011) : Etats-Unis (12,2%), Allemagne (10,4%), Suisse (7,5%), France (7,2%), Pays-Bas (7,1%), Irlande (5,4%).
Principaux fournisseurs : Allemagne (11,1%), Etats-Unis (9,4%), Chine (6,3%), Pays-Bas (6,3%), France (6,7%), Norvège (5,1%).

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :

  • agriculture : 0,7 %
  • industrie : 21,6%
  • services : 76,9 %.

Lien utile : http://www.tresor.economie.gouv.fr/… Uni
Sources disponibles : DG-Trésor, Commission européenne, FMI

Consulats de France : Londres, Edimbourg.

Communauté française au Royaume Uni (2012) : 126 049 Français enregistrés (+ 2,2% par rapport à 2011) dont 120 697 dans la circonscription de Londres et 5 362 dans la circonscription d’Edimbourg et Glasgow. Le nombre total de Français résidant au Royaume Uni est estimé à 350.000.

Communauté britannique en France : 400 000 (estimation).


Politique intérieure

Après 13 ans de majorité travailliste, le scrutin du 6 mai 2010 marque l’élection d’un « Hung Parliament » (sans parti majoritaire à lui seul) à la Chambre des Communes : 307 députés conservateurs, 258 travaillistes, 57 libéraux-démocrates et 30 députés de petits partis régionalistes. Les seules possibilités offertes aux partis politiques sont alors de constituer soit un gouvernement minoritaire soit une coalition, pour la première fois depuis 1931.

Elu à la tête des Conservateurs en 2005, David Cameron forme le 11 mai 2010, à 44 ans, un gouvernement de coalition avec les Lib-Dems, Nick Clegg devenant vice-premier ministre. Le gouvernement inscrit son action dans une logique de long terme, fondée sur l’amélioration de la compétitivité de l’économie, stimulant une croissance tirée par le secteur privé et atténuant l’impact social des coupes budgétaires.

Le parti libéral-démocrate est de loin le plus pro-européen et internationaliste du pays. Il est également traditionnellement le parti le plus anti-nucléaire et le refuge des partisans d’un désarmement unilatéral.

Alors que le parti nationaliste UK Independence monte dans les sondages (plus de 10%), le gouvernement a annoncé, dans le discours du trône du 8 mai, un projet de loi sur l’immigration pour « attirer [les étrangers] qui contribuent [à l’économie britannique] et dissuader ceux qui ne le font pas », limiter l’accès au système de santé gratuit et à l’aide sociale des personnes nouvellement résidentes. Il fait porter la responsabilité de contrôles sur les particuliers (propriétaires, employeurs). Le Premier ministre s’était engagé à réduire le nombre net d’immigrés à 100 000 par an en 2015 (255 000 en 2010).


Question écossaise

Le Parti National Ecossais (SNP), de centre-gauche dispose d’une majorité (69 sièges sur 129) au Parlement écossais depuis l’alternance de 2011 après 13 ans de législature travailliste dans une région où les conservateurs n’arrivent pas à percer. Depuis la création du parti en 1934, et sa montée en puissance dans les années 1970, le sujet de l’indépendance est un thème de débat récurrent.

L’Ecosse jouit, depuis les accords de « dévolution » de 1999, d’une autonomie accrue au sein du Royaume-Uni, en matière d’éducation, de santé, d’environnement et de justice, les questions relatives aux affaires étrangères, à l’énergie, à la fiscalité et à la défense restant du ressort de Londres. Après en avoir accepté le principe en janvier 2012, David Cameron a signé, le 15 octobre à Edimbourg, avec le dirigeant indépendantiste écossais, Alex Salmond, un accord prévoyant l’organisation d’un référendum sur l’indépendance, qui aura lieu le 18 septembre. David Cameron espère renouveler le précédent de 1973 en Irlande du Nord, soldé par un statu quo, et enrayer la montée du SNP (seuls 36% des électeurs seraient favorables à l’indépendance).

Néanmoins, les antagonismes pourraient se durcir et finalement profiter au SNP. Ouvert aux résidents en Ecosse, y compris les jeunes de 16 et 17 ans, le référendum portera sur un choix binaire (rester dans l’union ou la quitter) juridiquement contraignant. Si la cause indépendantiste reste fortement controversée au sein de la classe politique britannique, elle l’est également parmi les Ecossais eux-mêmes qui aspirent pourtant à plus d’autonomie. 44% des électeurs seraient indécis (sur leur vote et sur leur participation). Des 56% d’Ecossais sûrs de se rendre aux urnes, 67% voteraient non et 33% oui (sondage Ipsos Mori publié le 15 août). Selon les analystes, la Yes campaign doit convaincre 75% des indécis si elle souhaite l’emporter.

Une réflexion est en cours sur les modalités d’adhésion à l’UE en cas d’indépendance : automatique ou consécutive à un processus de candidature et de reprise de l’acquis, impliquant l’adhésion à l’euro et qui devrait être validé par tous les Etats membres, y compris ceux qui affrontent eux-mêmes des mouvements sécessionnistes.

Le 11 février 2013, le gouvernement britannique a publié une analyse sur les conséquences de l’indépendance au niveau international, notamment sur la succession de l’Etat soulignant l’incertitude qui découlerait de l’indépendance de l’Ecosse. Le rapport indique que le Royaume-Uni, en tant qu’Etat continuateur, resterait signataire des accords alors qu’une Ecosse indépendante, en tant que nouvel Etat, devrait renégocier l’adhésion aux OIs et aux 8500 traités dont Grande-Bretagne est actuellement signataire. En tant que membre candidat à l’UE, l’Ecosse aurait vocation à adopter l’euro alors que le premier ministre avait indiqué à vouloir rester accroché à la livre.

L’Ecosse représente un tiers du territoire, 8,4% de la population du Royaume-Uni et près de 10% du PIB national. La force océanique de dissuasion nucléaire britannique est en Ecosse et il n’y a pas de site alternatif à Faslane. L’Ecosse souhaite conserver les revenus des hydrocarbures en Mer du Nord.

A l’occasion du remaniement du 7 octobre, Michael Moore, le ministre lib-dem chargé de ce dossier, a été remplacé par Alistair Carmichael, personnalité plus combattive et perçue comme mieux à même de porter la contradiction face au First minister écossais, Alex Salmond.


Situation économique

Le gouvernement de D. Cameron mène depuis 2010 une politique de rigueur budgétaire qui semble porter ses fruits. Cependant, la situation reste fragile : la croissance atteint 0,9% pour le troisième trimestre mais les investissements industriels restent faibles, malgré les mesures de financement des banques prêtant aux entreprises et la baisse de l’IS (de 26 à 22% et 20% en 2015). La dette publique s’établit à 88,3% du PIB pour 2012/2013 et le déficit public 2012/2013 reste parmi les plus élevés d’Europe (7,4% PIB).

Alors que la notation d’emprunts à long terme britannique a été abaissée d’un cran de Aaa à Aa1 par les agences de notation Moody’s le 22 février et Fitch le 19 avril, l’objectif d’un retour à l’équilibre (0,1%), reste prioritaire, mais a été repoussé d’un an, en 2016/2017.

Le budget 2012/2013, voté le 21 mars, s’inscrit dans cette perspective et prévoit une baisse des dépenses (hors santé, éducation et aide au développement) de 1,1Mds£ en 2013/2014 et 1,2Mds£ l’année suivante, malgré une très faible marge de manœuvre budgétaire (croissance pour 2012 : 0,2% et pour 2013 : 0,6%), mais se veut résolument « pro-business » (baisse de l’IS et de la tranche maximum d’IR, taxation des retraites).

Le nombre de chômeurs a baissé de 185 000 en 2012 pour atteindre 2,49 millions (7,7% en novembre 2012 contre 8,3% en novembre 2011). Il est désormais stable, à 7,6% en novembre 2013. Ces résultats ne sont pourtant pas favorables aux femmes, dont le taux de chômage stagne, et aux jeunes de moins de 25 ans, dont le taux de chômage s’établit à 21%.. La politique de rigueur affecte sensiblement l’emploi public (près de 700 000 suppressions prévues dont 400 000 déjà réalisées), le pouvoir d’achat (avec les coupes dans les dépenses sociales et les hausses de fiscalité) et plus généralement la croissance.

Afin de réduire les effets de l’austérité budgétaire, la Banque d’Angleterre a mené en parallèle une politique monétaire expansionniste, avec le maintien d’un taux d’intérêt historiquement bas et la mise en place d’une politique monétaire non conventionnelle « d’assouplissement quantitatif » (Quantitative Easing) – achats de bons du Trésor britannique financés par émission monétaire, à hauteur de 375 Md£.

La Banque d’Angleterre pourrait prochainement effectuer de nouvelles injections massives de liquidités afin de faire baisser les rendements réels. Cette politique favorise l’inflation et la dépréciation de la livre. Le gouvernement envisage d’élargir le mandat de la banque d’Angleterre qui, en cas de chocs exceptionnels, pourra arbitrer entre son objectif de 2% d’inflation et la croissance. La Banque, dont l’ancien gouverneur Mervyn King a été remplacé, le 1er juillet 2013, par l’ancien gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, pourrait avoir une mission de croissance.

Le maintien des objectifs économiques du gouvernement devrait être soutenu par une politique monétaire active. A l’occasion de son discours annuel à Mansion House devant les représentants de la City, le 19 juin, George Osborne a rappelé l’importance des réformes bancaires en cours et la mise en place d’un nouveau système de supervision depuis avril. Le désengagement de l’Etat de ses participations dans les banques aidées devrait s’accélérer.

Dans le cadre du Spending round 2013, George Osborne a présenté le 26 juin de nouvelles réductions de dépense (11,5 Mds£ pour 2015/2016) dans les budgets de fonctionnement des ministères. Les départements des collectivités locales, du trésor, de la justice et les services du Premier ministre sont particulièrement touchés. Seuls les secteurs de la santé, de l’éducation et de l’aide au développement sont sanctuarisés.

Par ailleurs, la progression des salaires du secteur public est limitée à 1% et il est mis fin à la progression salariale automatique à l’ancienneté pour les fonctionnaires du civil service. Un nouveau durcissement des conditions d’octroi de plusieurs prestations pour favoriser le retour à l’emploi a été annoncé.

Parallèlement, un programme d’investissements publics dans les infrastructures Investing in Britain’s future (100 Mds£ sur 6 ans à partir de 2015 dont 73 Mds£ pour les transports routiers et ferroviaires, 20 Mds£ pour la construction d’écoles et le reste dans la relance du programme nucléaire, les sciences, le logement et la protection des inondations) est mené.

Afin d’encourager les investissements privés, le ministre a annoncé la prolongation de deux ans, jusqu’en décembre 2016, du dispositif de garantie publique portant sur un maximum de 40Mds£ de projets d’infrastructures.


Energie

Le Royaume-Uni est confronté à un défi énergétique sans précédent : fermeture d’ici 2020 d’1/4 de ses capacités de production d’électricité ; mix énergétique dominé par les énergies fossiles ; engagement ambitieux en matière de réductions de CO2 (-34%/2020 et -80% d’ici 2050).

Un projet de loi sur l’énergie, qui regroupe un paquet de mesures visant à réformer le marché de l’électricité, est en cours de discussion au Parlement et devrait être promulgué d’ici fin 2013. Il prévoit notamment une forte augmentation des subventions au secteur des énergies à faible empreinte carbone (9,8 Mds£ en valeur nominale (7,6 Mds£ en prix réels) d’ici 2020). Mesure figurant dans l’accord de coalition de mai 2010, le prix plancher du carbone est entré en vigueur le 1er avril pour inciter le secteur privé à investir dans la production d’électricité sobre en carbone. Cette taxe revient à un quasi doublement du prix du carbone sur le marché ETS et augmentera rapidement par la suite, entraînant des coûts importants dans un pays où près de 70% de l’électricité est d’origine fossile.

Par ailleurs, le gouvernement a publié, le 5 décembre 2012, la stratégie du gaz et, le 26 mars, la stratégie industrielle sur l’énergie. Cette dernière confirme le rôle important du nucléaire et l’importance croissante donnée à la dimension industrielle de la politique énergétique.

Le 27 juin, le ministère de l’économie a réaffirmé l’engagement du Royaume-Uni en faveur du gaz de schiste et a présenté les tarifs de rachat provisoires pour les énergies renouvelables qui seront fixés par la réforme du marché de l’électricité. Le gouvernement, qui cherche à prémunir le pays contre le risque de coupures de courant dans les prochaines années, espère attirer 110 Mds£ d’investissements privés dans les infrastructures énergétiques

Le Royaume-Uni compte aujourd’hui 16 réacteurs (dont 15 exploités par EDF Energy). Le 21 octobre, le gouvernement britannique et EDF Energy sont parvenus à un accord commercial en vue de la construction de deux EPR de 3ème génération sur le site d’Hinkley point (sud-ouest de l’Angleterre).


Politique extérieure

Une diplomatie d’envergure mondiale

Le gouvernement Cameron promeut une politique étrangère pragmatique et résolument au service des intérêts britanniques. Ses grandes priorités sont sensiblement identiques à celles des gouvernements travaillistes qui l’ont précédé, mais présentent quelques inflexions.

Traditionnellement, la politique étrangère du Royaume-Uni est présentée dans les trois dimensions chères à Churchill : l’Europe, la relation transatlantique et le Commonwealth. Londres attache toujours beaucoup d’importance à la relation transatlantique, malgré un lien moins inconditionnel avec les Etats-Unis, et reste conscient de sa dépendance à l’égard de l’Union européenne.

En outre, le Royaume-Uni compte encore sur le Commonwealth, fort de ses 53 pays membres (depuis le retrait de la Gambie en octobre 2013) et plus de 2 milliards de citoyens.

En revanche, le Royaume-Uni souhaite désormais renforcer ses liens avec l’ensemble des économies émergentes d’Asie, d’Afrique du Nord et d’Amérique latine, et mettre sa diplomatie davantage au service de ses intérêts économiques et commerciaux. Dans le cadre de la révision stratégique de la défense et de la sécurité, le ministère de la défense a annoncé (22 janvier 2013) la suppression de 5300 emplois dans l’armée. D’ici 2020, l’armée régulière comptera 82 000 personnes, soit leur plus bas niveau depuis le 19ème siècle. Le budget de la défense reste stable à 33 milliards de livres.

La « relation spéciale » qui unit le Royaume-Uni aux Etats-Unis repose sur le partage du renseignement, la proximité des politiques économiques et l’intensité des flux d’investissements ainsi que les relations militaires. Si elle dépend aussi de la qualité des relations personnelles entre les dirigeants américains et britanniques, elle fait l’objet d’un consensus quasi-constant au sein des élites politiques du pays.

Après les attentats du 11 septembre 2001, cette alliance est apparue essentielle à deux reprises : en octobre 2001 avec le lancement conjoint de l’offensive en Afghanistan, puis en mars 2003 - avec plus de visibilité encore du fait de la division de la communauté internationale - lors de l’intervention en Irak. S’il ne reste plus de soldats britanniques en Irak depuis juillet 2009, le contingent britannique en Afghanistan, deuxième contribution à la FIAS essentiellement déployée dans le Helmand, est de 9.000 hommes depuis fin 2012 (-500). Le retrait de 3800 soldats est prévu d’ici fin 2013, la priorité du Royaume-Uni étant désormais de réussir la transition et d’assurer un soutien durable aux forces de sécurité afghanes après 2014.

David Cameron affiche néanmoins la volonté de rendre l’alignement avec les Etats-Unis moins inconditionnel. Le Président Obama s’est rendu en visite d’Etat à Londres du 24 au 26 mai 2011. David Cameron s’est rendu à son tour les 14 et 15 mars 2012 en visite officielle à Washington, puis les 20 et 21 mai 2012 au sommet de l’OTAN à Chicago. Le premier ministre s’est à nouveau rendu aux Etats-Unis du 13 au 16 mai 2013.

Dans l’opinion britannique, la relation avec les Etats-Unis est depuis quelque temps empreinte de méfiance : les Etats-Unis auraient volontairement mal informé les Britanniques sur les motifs de leur engagement en Irak et en Afghanistan, afin d’obtenir leur soutien. Le récent blocage par l’administration américaine de la publication du rapport britannique sur les circonstances du déclenchement de la guerre en Irak confirme ces soupçons.

Le Royaume-Uni se démarque aussi des Etats-Unis par une position plus équilibrée dans le conflit israélo-palestinien (depuis l’opération « Plomb durci » en 2009). W. Hague se dit « ami critique d’Israël » et condamne fermement les colonies, alors que l’opinion se montre parfois ouvertement hostile.

Désireux de mettre davantage la diplomatie britannique au service des intérêts économiques et commerciaux de son pays, David Cameron souhaite renforcer ses liens avec les pays émergents d’Asie, d’Amérique latine et d’Afrique du Nord. William Hague s’est ainsi engagé à maintenir les 140 ambassades britanniques à travers le monde et à renforcer la présence britannique dans les pays émergents, plus particulièrement les BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) par l’ouverture ou l’augmentation des effectifs de consulats, en particulier en Chine et en Inde mais aussi au Brésil, au Mexique, en Indonésie et en Turquie).

L’ambassade à Madagascar, fermée en 2005, est rouverte depuis fin octobre 2013. L’effort particulier mis sur les puissances émergentes et des régions clés doit être compensé par une empreinte moindre ou plus « efficace » en Europe, en Afghanistan et en Irak (fermeture de Bassora).

Après une période d’inquiétudes du fait du dossier des droits de l’homme, la relation sino-britannique est marquée par un renforcement des partenariats stratégiques. Le déplacement de George Osborne en Chine (14-19 octobre 2013), précédé de plusieurs mois de diplomatie très conciliante du côté britannique, a marqué la fin du gel des relations bilatérales entamé il y a plus d’un an à la suite des rencontres de D. Cameron et Nick Clegg avec le Dalaï Lama.

Dans un contexte d’intensification des échanges bilatéraux, cette visite a permis de signer plusieurs accords témoignant d’un renforcement des liens économiques et commerciaux avec Pékin : facilitations pour la délivrance de visas ; mesures en faveur de l’installation des succursales bancaires chinoises au Royaume-Uni ; renforcement du rôle de centre offshore de Londres pour le renminbi (62% des transactions en yuan hors Chine et Taïwan passent déjà par le marché des changes britanniques, Forex) ; coopération nucléaire.

En 2012, le Royaume-Uni a été la première destination des investissements directs chinois à l’étranger (après Hong Kong). Il est l’un des principaux pays d’accueil des étudiants chinois (près de 120.000) et le premier des pays européens s’agissant du nombre d’Instituts Confucius (20 instituts et 60 salles de classe sur tout le territoire).

Les relations bilatérales avec l’Inde, parfois ambiguës du fait du passé colonial, constituent une priorité pour la diplomatie britannique. Le Royaume Uni est en tête des investissements indiens en Europe et la communauté indienne compte 1,5 millions de membres outre-Manche.

David Cameron s’est rendu en Inde une première fois en juillet 2010 et a insisté sur la nécessité de relancer un partenariat stratégique entre les deux pays, malgré les irritants (difficultés faites aux investisseurs britanniques, restriction à l’immigration au Royaume-Uni).

A l’occasion d’une deuxième visite du 18 au 20 février 2013, le Premier ministre a fixé l’objectif de doubler le niveau du commerce bilatéral annuel d’ici 2015, le faisant ainsi passer à 16 Mds£. Lors de sa dernière visite, le 14-15 novembre 2013, D. Cameron s’est efforcé d’envoyer un signal fort sur la politique migratoire, irritant dans les relations des derniers mois.

Les restrictions à l’immigration ne devaient pas dissuader les étudiants et investisseurs, qui seraient accueillis sans limite de nombre ; la mesure exigeant des demandeurs d’asile en provenance de six pays, dont l’Inde, de verser 3000£ sur un compte en guise de garantie, très mal perçue en Inde, serait supprimée. L’Inde est le premier bénéficiaire de l’aide bilatérale du DFID (279 millions £). Dans ses relations avec New Delhi, Londres doit veiller à respecter l’équilibre avec le Pakistan.

Le Pakistan est un partenaire incontournable pour le Royaume-Uni. Un dialogue stratégique renforcé dans cinq domaines de coopération (commerce et affaires, finance et aide au développement, éducation et santé, culture, défense et sécurité) a été instauré en avril 2011. Le Premier ministre pakistanais Yousuf Raza Gilani s’est rendu à Londres en mai 2012 pour la première réunion annuelle d’évaluation, confirmant la normalisation progressive de la relation bilatérale.

A la tête d’une importante délégation à composante essentiellement commerciale et sécuritaire, David Cameron, qui tenait à marquer la constance de l’engagement du Royaume-Uni au Pakistan, a été le premier dirigeant de gouvernement européen à se rendre, depuis la formation du nouveau gouvernement pakistanais, à Islamabad (29 et 30 juin). Le premier ministre britannique s’est notamment entretenu avec le président Zardari et son homologue Nawaz Sharif. D. Cameron a appelé à poursuivre l’amélioration des relations avec Kaboul où il avait fait halte le 29 juin pour rencontrer le président Karzaï, après avoir rendu visite dans le Helmand aux forces de son pays.

Le Royaume-Uni cherche à jouer le rôle d’intermédiaire dans la réconciliation entre le Pakistan et l’Afghanistan : une première réunion trilatérale s’est tenue à Chequers en février 2013, et la seconde à Londres fin octobre, marquant un net réchauffement des relations.

Le gouvernement britannique s’efforce d’améliorer l’état des relations russo-britanniques, marquées depuis plusieurs années par un relent de guerre froide (affaire Litvinenko, octroi de l’asile politique à l’oligarque Berezovsky et à l’indépendantiste tchétchène Zakaiev, expulsions de diplomates, tracasseries infligées au British Council). De fait, les intérêts économiques des deux pays peuvent se rejoindre (les relations commerciales ont enregistré une hausse de 39% en 2011).

Plus de 1000 compagnies britanniques sont immatriculées en Russie et la Russie constitue un investisseur étranger important pour la levée de fonds à la Bourse de Londres. 500.000 Russes vivraient au Royaume-Uni. Les efforts entrepris depuis 2009 ont abouti au déplacement en Russie de William Hague en octobre 2010 et de David Cameron le 12 septembre 2011. William Hague s’est rendu de nouveau à Moscou le 16 mai 2012.

Pour la première fois depuis neuf ans, Vladimir Poutine a effectué une visite à Londres le 2 août 2012 à l’occasion des Jeux olympiques. Il a participé au G8 à Lough Erne les 17 et 18 juin 2013. La langue et la culture des deux pays seront mises à l’honneur en 2014 et 2015 à l’occasion d’années croisées. Les agences de renseignements britanniques et russes ont dit reprendre leur collaboration afin d’assurer la sécurité des jeux Olympiques de Sotchi.


Un engagement fort au service de la résolution des crises en Afrique du Nord et au Moyen-Orient et dans la Corne de l’Afrique

La Somalie constitue un intérêt britannique majeur : héritage colonial et zone d’influence, impact de la piraterie sur les intérêts commerciaux britanniques, contre-terrorisme. Le Premier Ministre David Cameron a pris l’initiative de la Conférence du 23 février 2012 qui a notamment abouti à la révision du mandat de la force de l’Union Africaine, l’AMISOM. Le Royaume-Uni reste très attaché à au financement pérenne de l’AMISOM. 

Les menaces pour la sécurité européenne provenant du Sahel sont bien comprises de nos partenaires britanniques. Volontariste et désireux de bénéficier de notre expertise, inquiet des risques d’expansion, Londres est le premier de nos partenaires à avoir fourni une assistance et le seul allié européen à nous fournir un appui à deux composantes, transport et renseignement (avec deux C17 et un avion Sentinel IRS-Intelligence Surveillance Reconnaissance). William Hague s’est rendu à Bamako le 4 mars 2013 où il a réitéré son soutien à l’intervention française et à l’EUTM. 

S’agissant de la Syrie, le Royaume-Uni condamne sans réserve, comme la France, la répression féroce menée par le régime de Bachar Al Assad. Le 20 novembre 2012, le Royaume-Uni a reconnu la nouvelle Coalition de l’opposition syrienne comme seul représentant légitime du peuple syrien. Le vote négatif à la chambre des Communes le 29 août a fait disparaître le débat sur une quelconque intervention britannique, que l’opinion rejette massivement. La réponse humanitaire est désormais la priorité : le Royaume-Uni consacre 500 M£ à l’aide humanitaire en Syrie, et plaide pour l’ouverture d’un corridor humanitaire.

Après les révolutions en Tunisie et en Egypte, les autorités britanniques ont appelé ces deux pays à saisir les opportunités en matière de développement économique et d’ouverture politique. Inquiets du ralentissement économique notamment en Egypte, où William Hague s’est rendu le 11 septembre 2012, les Britanniques appellent à une meilleure coordination des bailleurs (Banque mondiale, FMI, UE) et à une relance de la politique de voisinage.

Concernant la question du nucléaire iranien, le Royaume-Uni, tout en gardant en mémoire l’invasion de son ambassade à Téhéran en novembre 2011, privilégie la solution diplomatique dans le cadre E3+3. Londres a soutenu l’adoption de sanctions robustes (pétrole, banque centrale iranienne) ainsi que de sanctions étendues pour les violations des droits de l’Homme (UE et enceintes spécialisées).

Cependant, durant les derniers mois Londres a plaidé pour un rapprochement et la reprise des négociations sur le nucléaire. Lors de la session des négociations en format E3+3 le 9 et 10 novembre 2013, W. Hague a qualifié la partie iranienne de « sincère et constructive ». Les deux pays ont engagé une reprise des relations diplomatiques avec la désignation de représentants spéciaux non-résidents,

Londres souhaite une relance du processus de paix israélo-palestinien. Elle fait reposer la responsabilité principale de la crise actuelle sur le Hamas mais invite Tel Aviv à faciliter la réduction des tensions. Le Royaume-Uni s’accorde avec nous pour faire pression sur Washington en vue d’obtenir des Etats-Unis un réengagement fort sur ce dossier.


Mise à jour : 25.11.13

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