Au cours de leur entretien, les ministres ont notamment évoqué la proposition soutenue par la France, faite par la Commission européenne, que l’Union européenne se dote d’un instrument propre à assurer une meilleure réciprocité en matière d’accès des entreprises européennes aux marchés publics des pays tiers.
Sommaire
Seuls pays d’Europe dotés de l’arme nucléaire, membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies, munis d’ambitions sur la scène internationale et des outils politiques et militaires afférents, nos deux pays partagent souvent des approches similaires au sein des organisations internationales, notamment à l’ONU.
Nos relations bilatérales se nourrissent de contacts réguliers à tous les niveaux et de sommets réguliers. Les initiatives communes notamment pendant la crise financière ont été nombreuses et fructueuses. Le dialogue dans le cadre de la présidence française du G8/G20 a été important à de nombreux niveaux,le Premier ministre britannique ayant présidé un groupe de travail sur la gouvernance mondiale.
Le 8 juillet 2011, le Premier ministre François Fillon a reçu le vice-Premier ministre britannique Nick Clegg, avec lequel il a évoqué les grands dossiers économiques et européens d’actualité. Le Ministre d’Etat s’est entretenu le 25 juillet avec son homologue William Hague à Londres. David Cameron, accompagné de William Hague, est venu à Paris le 1er septembre pour co-présider avec le Président de la République la conférence des « amis de la Libye ». Il s’est entretenu le 2 décembre avec le Président de la République principalement pour évoquer la situation dans la zone euro.
Le dernier sommet bilatéral s’est tenu le 17 février 2012. Il a permis d’approfondir encore la coopération franco-britannique en matière de défense et de lancer un partenariat dans le domaine de l’énergie, centré sur le nucléaire civil (création d’un groupe franco-britannique de haut niveau sur l’énergie nucléaire ; confirmation de la construction par EDF Energy de quatre réacteurs EPR au Royaume-Uni ; développement de programmes conjoints de recherche et de formation ; coopération en matière de sécurité et de sûreté nucléaires, mais également sur les énergies renouvelables (éoliennes offshore, ferme d’hydroliennes au large de l’île d’Aurigny).
Coopération en matière de défense
Le 31ème sommet qui s’est tenu à Londres le 2 novembre 2010 a marqué un tournant pour nos relations en matière de défense. En effet, le Président de la République et le premier ministre britannique ont signé deux traités majeurs, ratifiés au printemps 2011 et désormais entrés en vigueur :
un traité de défense et de sécurité, qui concerne le volet opérationnel (exercice commun), le volet capacitaire, le volet de recherche et de développement et le volet industriel (missiles) de notre coopération militaire. Il prévoit notamment la mutualisation de moyens ;
un traité spécifique, rendu possible par le précédent, relatif à des installations communes pour la coopération nucléaire.
La crise libyenne a démontré des convergences de vues et d’analyse entre Paris et Londres, qui ont pris l’initiative de l’action internationale avec notamment l’adoption de la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies. Cette crise a mobilisé les deux diplomaties (réunion ministérielle du G8 à Paris les 14-15 mars, conférence de Londres le 29 mars, visite du ministre de la Défense à Londres le 9 mai, etc). Le conflit a permis de rapprocher sur le plan opérationnel nos deux armées, en première ligne dans les actions militaires engagées.
Tirant les enseignements du conflit libyen, nos deux pays ont décidé lors du sommet du 17 février 2012 de renforcer encore leur coopération en matière de défense : ils ont ainsi annoncé la finalisation dès 2012 de l’état-major conjoint de niveau opératif non permanent, l’augmentation des flux d’échange d’officiers ou encore des programmes conjoints de développement de plusieurs types de drones.
Coopération en matière de sécurité et de lutte contre l’immigration illégale
La coopération en matière de lutte contre l’immigration illégale connaît un développement majeur avec des résultats très significatifs (baisse de 75 % du nombre de demandeurs d’asile dans le Pas-de-Calais) depuis la fermeture du centre de Sangatte (décembre 2002) et la mise en place progressive des bureaux de contrôles juxtaposés dans les ports de la Manche et sur l’Eurostar. Des centres d’information ont été mis en place à Folkestone et à Calais. Lors du sommet de 2010, une déclaration publique sur la lutte contre l’immigration illégale a été adoptée et un arrangement administratif complète les dispositifs existants.
Par ailleurs, la France et le Royaume-Uni vont travailler en étroite coopération pour assurer la sûreté et la sécurité des Jeux olympiques et paralympiques de Londres, qui se dérouleront respectivement du 27 juillet au 12 août et du 29 août au 9 septembre 2012.
Le Tunnel sous la Manche
Le régime juridique actuellement applicable à la Liaison Fixe transmanche est défini par les dispositions du Traité de Canterbury du 12 février 1986 concernant la construction et l’exploitation par des sociétés privées concessionnaires d’une liaison fixe transmanche, et les dispositions de la Concession quadripartite du 14 mars 1986 liant les gouvernements français et britannique et le concessionnaire Eurotunnel. Une Commission intergouvernementale (CIG) est chargée de « suivre au nom des deux Gouvernements et par délégation de ceux-ci l’ensemble des questions liées à la construction et à l’exploitation de la liaison fixe » et détient, s’agissant de la liaison fixe, un pouvoir réglementaire.
Les échanges entre nos deux pays sont dynamiques : en 2012, le Royaume-Uni devrait demeurer le premier excédent commercial bilatéral de la France pour la 6ème année consécutive (+5,7 milliards d’euros en 2011). Le Royaume-Uni est notre 4ème client et notre 7ème fournisseur. La France est le 4ème client et le 5ème fournisseur du Royaume-Uni avec un peu plus de 6% des parts de marché. Pour les biens, les excédents se concentrent sur les secteurs agricole et agroalimentaire, automobile,produits chimiques, parfum et cosmétiques. S’agissant des services, la France est l’un des rares pays à dégager un excédent face au Royaume-Uni grâce au tourisme.
Cependant, nos échanges commerciaux ont été affectés par la crise (baisse de nos exportations de 20% en 2009), et surtout par l’impact de la baisse de la livre intervenue en 2008. Biens et services confondus, la part de marché française diminue sur le moyen terme (9,9% en 1998, 6,5% en 2010), au bénéfice principalement de la Chine et des pays pétroliers, en particulier la Norvège.
En matière d’investissements, le Royaume-Uni est la première destination des investissements français à l’étranger (11 % du total) avec 1.900 filiales et 665.000 salariés. Les investissements britanniques en France arrivent au 2ème rang (15,4% du total). En décembre 2008, le rachat de British Energy par EDF a constitué l’une des plus grosses opérations de l’histoire britannique.
Les échanges culturels et scientifiques se développent au travers de liens directs entre universités, musées, instituts, centres de recherche ou fondations. Les objectifs de notre coopération visent à promouvoir la langue française et la création contemporaine, à consolider notre réseau culturel et à favoriser le dialogue entre les institutions de recherche et les systèmes éducatifs.
L’arrangement administratif bilatéral en matière de coopération éducative, signé en 2003 et qui vient d’être renouvelé, fournit un cadre officiel et dynamique dans ce secteur (formation des enseignants, partenariats scolaires, échanges sur des thèmes d’intérêt commun). Les étudiants français au Royaume-Uni étaient 12.455 en 2006, alors que 2.400 Britanniques seulement étudiaient en France.
Mise à jour : 10.04.12
