Présentation de la Roumanie
Présentation
Sommaire
Données générales
Données géographiques
Nom officiel : Roumanie
Superficie : 237.500 km²
Population : 19,06 millions (recensement de 2011)
Capitale : Bucarest
Villes principales : Iasi, Cluj, Brasov, Constanta, Timisoara, Galati, Craiova, Sibiu
Langue officielle : roumain
Monnaie : leu (RON)
Fête nationale : 1er décembre
Située dans le centre-est du continent européen, au nord-est des Balkans, la Roumanie occupe la plus grande partie du bassin inférieur du Danube. Le pays s’étale sur les deux versants des Carpates et possède une façade maritime sur la Mer Noire. La Roumanie couvre une superficie de 237 499 kilomètres carrés, soit environ 43 % du territoire français. Les pays voisins sont, au nord-ouest la Hongrie, au nord-est la république de Moldavie, au nord et à l’est l’Ukraine, au sud la Bulgarie, au sud-ouest la Serbie.
Données historiques
Divisée au Moyen Age en principautés, menacée à plusieurs reprises par les Turcs, unifiée en 1859, la Roumanie ne devient indépendante qu’en 1877. S’ouvre une période de modernisation permettant le développement économique du pays. Avec la victoire des Alliés en 1918, le territoire de la Roumanie s’agrandit : le Royaume de Roumanie s’unit à la Transylvanie, à la Bessarabie et à la Bucovine (union appelée La Grande union de 1918). Cette union est entérinée en 1920 par le traité de Trianon (pour le cas de la Transylvanie, de Crisana et du Banat et du Maramures) et par le traité de Versailles (pour la Bucovine et la Bessarabie). A l’issue de la seconde guerre mondiale, le pays est placé sous la sphère d’influence de l’URSS. La République Populaire de Roumanie est proclamée à la fin de l’année 1947. Le peuple se soulève en décembre 1989 et, le 22 décembre, contraint le dictateur Ceausescu à renoncer au pouvoir. Au terme d’un procès très court, il est fusillé le 25 décembre 1989.
La démocratie est alors restaurée et une nouvelle constitution est promulguée en 1991. La Roumanie devient membre de l’OTAN en 2004 et intègre l’Union européenne en 2007.
Données démographiques
Croissance démographique : - 0,25 % (2011)
Espérance de vie : 69,6 pour les hommes et 77,1 pour les femmes.
Taux d’alphabétisation : 98 %.
Religions : orthodoxes (87 %), catholiques, protestants
Indice de développement humain (Classement ONU 2011) : 0,765 – 50ème
Données économiques 2012
PIB : 131,3 Mds €
PIB par habitant : 6 375 €
Taux de croissance : 0,8 % (prévisions 2013 : 1,6% ; 2014 : 2,5% source Commission européenne)
Taux de chômage : 7,4 %
Taux d’inflation : 3,5 %
Dette publique : 34,6% du PIB
Déficit budgétaire : 2,8 % du PIB (5,5% en 2011)
Echanges commerciaux : 6,25 Mds €
Exportations françaises : 3 Mds €
Importations françaises : 3,25 Mds €
Solde : - 250 M €
Taux de croissance du commerce franco-roumain : +2 %
Principaux clients : Allemagne (18,6%), Italie (12,6%), France (7%, 3éme client), Turquie (6,1%)
Principaux fournisseurs : Allemagne (17,1%), Italie (11,2%), Hongrie (8,7%), France (5,7%, 4ème fournisseur)
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :
primaire : 6,5 % (28% de la population active)
secondaire : 38,3% (33,0% de la population active)
tertiaire : 51,7% (39% de la population active)
Flux d’IDE sortant de France : 17 M €
Stock d’IDE détenu par la France : 5,04 Mds € (9%)
Rang de la France dans le stock : 4ème derrière les Pays-Bas, l’Autriche et l’Allemagne
Consulat de France : Bucarest
Communauté française en Roumanie : 2100 Français enregistrés
La Roumanie et l’Union Européenne
Fonds européens mis à disposition sur la période 2007-2013 : 19,2 Mds € pour les fonds structurels et de cohésion.
Taux d’absorption au 31 décembre 2012 : 11,47 % soit 2,2 Mds € sur les 19,2 Mds € mis à sa disposition (le plus faible taux de l’UE).
Les trois quarts du montant des fonds disponibles ont été pré-suspendus en 2012 par la Commission en raison d’irrégularités. Cette mesure a concerné les programmes « transport », « amélioration de la compétitivité économique », « régional » et « développement des ressources humaines ».
Fonds européens mis à disposition sur la période 2014-2020 : 21,8 Mds € pour les fonds structurels et de cohésion, dont enveloppe FEADER de 7,2 Mds €.
Nombre de députés au Parlement européen : 33 /736
Nombre de voix au Conseil de l’UE (pondération, Traité de Nice) :14 /345 soit 4,1%
Nombre de voix au Conseil de l’UE (critère démographique, Traité de Lisbonne) : 4,36% (augmentation de 0,3%).
Commissaire européen : M. Dacian Ciolos (Agriculture)
Politique intérieure
La réélection en décembre 2009 de Traian Basescu et le gouvernement d’Emil Boc
A l’issue d’une élection très serrée, M. Basescu a été élu le 6 décembre 2009 président pour un second mandat (après un premier de 2004 à 2009). Cette victoire surprise (avec 70.000 voix d’avance seulement), alors que les sondages prédisaient une victoire de M. Geoana, président du Sénat à cette date, ancien ministre des affaires étrangères (PSD), avait suscité des contestations de la part de l’opposition.
A partir de janvier 2012, des manifestations ont eu lieu dans plusieurs grandes villes de Roumanie, réunissant parfois plusieurs milliers de personnes. Ces événements ont été déclenchés à la suite du dépôt par le président Basescu d’un projet de loi de réforme du système de santé, qui avait entraîné la démission du docteur Raed Arafat, sous-secrétaire d’Etat chargé des services d’urgences.
Surpris par l’ampleur des protestations, le président Basescu a retiré le projet de loi controversé et M. Arafat a pu retrouver ses fonctions, mais sans que les manifestations cessent pour autant. Les mots d’ordre des protestataires étaient multiples : appel à la démission du président Basescu, mais aussi rejet des mesures d’austérité, critiques contre la corruption dans le pays et en particulier au sein de la classe politique, demande d’élections anticipées.
L’ensemble de la classe politique est pris pour cible, l’opposition faisant l’objet des mêmes critiques que le gouvernement.
Le 23 janvier, le ministre des affaires étrangères, Teodor Baconschi a été révoqué par le premier ministre Emil Boc pour des propos virulents tenus sur son blog à l’encontre des manifestants. Il a été remplacé par Cristian Diaconescu, qui avait déjà brièvement occupé ces fonctions en 2008-2009, et qui a été confirmé dans le nouveau gouvernement de M. Ungureanu.
L’éphémère gouvernement de M. Ungureanu (février–avril 2012)
Devant la poursuite du mouvement de protestation, M. Basescu a procédé à un vaste remaniement, avec la révocation du premier ministre Emil Boc et de tous les ministres issus du parti majoritaire, le parti démocrate-libéral (PDL).
Il a nommé un nouveau premier ministre, M. Mihai Razvan Ungureanu. Celui-ci, né en 1968, indépendant, avait été ministre des affaires étrangères de 2004 à 2007 ; il avait, à ce titre, signé le traité d’adhésion de la Roumanie à l’Union européenne. Depuis décembre 2007, il dirigeait le service de renseignement extérieur roumain.
Le gouvernement Ponta du 8 mai 2012
Le 27 avril 2012, l’opposition a renversé le gouvernement de Mihai Ungureanu, qui ne sera resté que 78 jours au gouvernement, par une motion de censure votée par 235 députés, soit quatre voix de plus que la majorité absolue. Victor Ponta, président du Parti social démocrate (PSD), a été choisi par le président Basescu pour constituer le nouveau gouvernement. Victor Ponta a été investi le 7 mai 2012.
L’échec de la cohabitation et la tentative manquée de destitution du président Basescu
La cohabitation entre le président Basescu et le premier ministre Victor Ponta a rapidement achoppé sur la question de la représentation de la Roumanie au Conseil européen. Le Parlement, à majorité USL, avait voté une motion indiquant que c’était au premier ministre d’y siéger, contredite par un avis de la Cour constitutionnelle favorable au président. Sans tenir compte de cet avis, M. Ponta s’est rendu au Conseil européen de juin 2012.
Adrian Nastase, ancien premier ministre et mentor de Victor Ponta, condamné en appel le 20 juin 2012 à de la prison ferme pour corruption, a tenté le même jour de se suicider. M. Ponta a été quant à lui accusé d’avoir plagié sa thèse de doctorat. L’USL a dénoncé une manipulation politique à l’origine de ces événements.
Le gouvernement Ponta a répliqué en menant de front et de façon accélérée, voire irrégulière selon ses adversaires, plusieurs réformes : modification des pouvoirs de la Cour constitutionnelle (finalement invalidée), tentative de réforme du fonctionnement des élections, prise de contrôle par l’Etat sur l’Institut culturel roumain et modification de ses missions, prise de pouvoir à la Chambre des députés et au Sénat.
Ces réformes ont suscité l’inquiétude d’une partie des médias roumains, mais aussi de la Commission européenne et du Conseil de l’Europe, qui y ont vu un risque de disparition des contre-pouvoirs. La Commission européenne a adressé à M. Ponta, à la suite de sa visite à Bruxelles le 12 juillet 2012, une liste de recommandations à laquelle le gouvernement a dû répondre point par point. Ces recommandations ont été reprises dans les conclusions du mécanisme de coopération et de vérification, qui examine notamment les progrès de la Roumanie dans le domaine de la justice, publiées le 18 juillet 2012 (cf. politique européenne).
Parallèlement, une procédure de destitution, qui figurait parmi les objectifs de l’USL, a été lancée au Parlement à l’encontre du président Basescu, confirmée par un vote du Parlement et un avis de la Cour constitutionnelle. Conformément à la Constitution roumaine, les pouvoirs de Traian Basescu ont été suspendus le 7 juillet 2012, et le président du Sénat, Crin Antonescu, chef du Parti national libéral (PNL) et principal partenaire de coalition de M. Ponta, a été nommé président par intérim.
Un référendum s’est tenu le 29 juillet pour confirmer ou non cette procédure. Il s’est terminé par un score sans appel en faveur d’une destitution du président Basescu (souhaitée par 7,5 millions de Roumains soit 86 % de la population). Cependant, le scrutin a été invalidé par la Cour constitutionnelle le 21 août en raison d’une participation insuffisante (seulement 46 % des inscrits au lieu des 50 % requis).
Le président Basescu a été rétabli dans ses fonctions le 28 août. Cette crise a provoqué l’inquiétude de la Commission européenne, qui en a tenu compte dans les conclusions du mécanisme de coopération et de vérification (MCV) publiées le 18 juillet. De la même manière, l’intense polémique apparue au mois d’août autour de la composition des listes électorales a conduit Mme Reding et M. Barroso à intervenir auprès des autorités roumaines pour les appeler au respect des valeurs européennes.
Rétabli dans ses fonctions, le président Basescu demeure très impopulaire et sa cohabitation avec le premier ministre Ponta est devenue encore plus difficile.
La victoire écrasante de l’USL lors des élections législatives du 9 décembre 2012 et la reconduction de Victor Ponta au poste de premier ministre
Lors de ce scrutin, la coalition sortante du premier ministre Victor Ponta a remporté une très large victoire, avec 58,6 % des voix à la chambre des députés et 60 % au sénat, en progression de 6 % par rapport aux législatives de 2008. Elle a devancé de très loin l’ARD (« Alliance pour une Roumanie Juste »), coalition de centre droit regroupant le parti démocrate libéral du président Basescu et de la Force civique de l’ancien premier ministre Ungureanu, qui n’obtient que 17 % des voix, payant ainsi lourdement les conséquences du plan d’austérité mise en œuvre à partir de 2009 (baisse des salaires, hausse de la TVA).
Le parti du peuple (PPDD), mouvement populiste fondé par Dan Diaconescu, propriétaire d’une chaîne de télévision et animateur d’une émission à succès, est parvenu en troisième position avec 14 % de voix. Enfin, l’UDMR (principal parti de la minorité hongroise) est sorti particulièrement affaiblie, ne recueillant pour la première fois qu’avec peine les 5% de voix, seuil nécessaire pour entrer au parlement. Le faible taux de participation (42%) a confirmé le désenchantement croissant des Roumains envers une classe politique éclaboussée par de nombreux scandales de corruption et de clientélisme.
Le président Basescu a reconduit le 17 décembre 2012 Victor Ponta au poste de premier ministre. Le gouvernement formé par ce dernier a été investi par le Parlement dès le 21 décembre par 402 vote pour et 120 votes contre (voir point 2 « institutions »).
Prochaines échéances électorales : présidentielle en décembre 2014, législatives en 2016.
Situation économique
La Roumanie a corrigé, au détriment de sa croissance, les déséquilibres macroéconomiques responsables d’une crise qui s’est révélée avant tout interne.
Après une période de boom (croissance de +6,5% par an en moyenne sur 2002-2008), l’économie roumaine a connu un sévère ajustement : son PIB s’est contracté de 6,6% en 2009 et de 1,6% en 2010. La croissance des années d’avant-crise reposait sur un mécanisme pernicieux, alimenté par diverses bulles (prix, salaires, crédits, immobilier), un afflux important de capitaux étrangers et une politique budgétaire expansionniste. Il en est résulté d’importants déséquilibres économiques : creusement du déficit du compte courant (12,4% du PIB en 2008) et du déficit budgétaire (passé de 3,1% du PIB en 2007 à 7,3% du PIB en 2009) et inflation persistante (taux moyen de 5,6% en 2009 malgré la récession).
Les difficultés de financement ont obligé la Roumanie à faire appel aux bailleurs de fonds internationaux (principalement FMI, Commission européenne et Banque mondiale), avec qui elle a conclu un premier accord de confirmation en mars 2009, portant sur une période de deux ans et une somme d’environ 20 Mds d’€, et assorti d’un programme d’ajustement ambitieux. Arrivé à son terme en avril 2011, cet accord a été relayé par un deuxième programme, sur deux ans également, mais cette fois de précaution (le soutien financier apporté par le FMI et la CE, de 5 Mds d’€, est mis à la disposition de la Roumanie mais ne peut être effectivement utilisé qu’en cas d’urgence).
Le traitement des déséquilibres est passé par des mesures d’austérité amères (baisse de 25% des salaires dans la fonction publique, baisse de 15% des transferts sociaux hors retraites, augmentation de la TVA de 19% à 24%) et s’est soldé par un succès (respect du critère maastrichtien en termes de déficit budgétaire dès 2012, contraction du déficit du compte courant, inflation réduite).
La Roumanie a par ailleurs mis en œuvre des réformes structurelles (loi de responsabilité fiscale, loi établissant une grille unique de salaires dans la fonction publique, loi de réforme du système des retraites) visant à pérenniser les bons résultats de cet ajustement.
En revanche, la croissance économique a fait les frais de ces programmes et, malgré la bouffée d’oxygène qu’a représenté la bonne récolte de 2011 (croissance récemment révisée à 2,2%), la Roumanie n’a pas encore trouvé le chemin d’une relance pérenne de son économie.
Commerce extérieur
Les ressorts qui ont fait la vigueur du commerce extérieur roumain en 2010 et 2011 ont atteint leurs limites en 2012. Après un impressionnant rebond en 2010 (+25%) suivi d’un léger ralentissement en 2011 (+19%), le commerce extérieur roumain stagne en 2012 (-0,5%) : à 99,74 Mds d’€ au total, il se place à un niveau légèrement inférieur au record historique atteint en 2011. Le déficit commercial de la Roumanie, à 9,63 Mds d’€, est resté quasiment égal à celui de 2011 (-0,5%) sous l’effet d’une baisse uniforme des importations et des exportations roumaines (-0,5% par rapport à 2011), qui ressortent respectivement à 54,68 Mds d’€ et 45,05 Mds d’€.
La zone euro reste le principal partenaire de la Roumanie mais voit ses parts s’éroder, notamment au profit des pays d’Europe de l’Est. Si les perspectives du commerce extérieur roumain restent incertaines et intimement liées à la reprise dans la zone euro, on assiste cependant, début 2013, à un redémarrage, notamment grâce aux ventes de véhicules (renouvellement de gamme Dacia, début de production Ford).
Energie
La Roumanie présente la caractéristique d’être un pays producteur de gaz et de pétrole qui bénéficie d’une relative autonomie énergétique : 65% de l’énergie consommée est produite sur place et 35% est importée.
Les réserves cumulées de gaz et de pétrole lui assurent respectivement, à paramètres constants, 28 et 16 années de consommation. Elle est dépendante du gaz russe pour 30% de ses approvisionnements (via l’Ukraine). Les 70% restants sont fournis par sa production nationale (10-12 Mds m³), qui a cependant tendance à décliner.
Le mix énergétique de consommation est relativement équilibré en Roumanie : 29 % de produits pétroliers, 27 % de gaz, 18% d’énergies renouvelables, 15 % d’électricité. La production énergétique se répartit de la façon suivante : 31 % de gaz, 23 % de charbon, 18% d’énergies renouvelables et 17 % de pétrole. Elle est par ailleurs dotée d’un potentiel hydroélectrique et éolien important, qu’elle a su exploiter.
Le potentiel hydroélectrique représente une alternative durable pour le développement du secteur énergétique. La Roumanie se propose de réaliser une centrale hydroélectrique avec accumulation par pompage à Tarnita-Lapustesti, la première de ce type du pays, d’une puissance installée totale de 1000 MW. Ce projet, d’une valeur de plus d’1 Md €, représente un objectif prioritaire de sa Stratégie énergétique 2007-2020.
Le rôle de la centrale hydroélectrique de Tarnita-Lapustesti sera d’optimiser le fonctionnement du système énergétique national, par l’équilibrage de la demande et de l’offre, notamment dans la perspective de la réalisation des réacteurs 3 et 4 de la centrale nucléaire de Cernavoda (voir ci-dessous). Du point de vue régional, cette centrale hydroélectrique sera située entre deux centrales nucléaires : Cernavoda en Roumanie et Paks en Hongrie, ce qui permettra une valorisation maximum de son potentiel.
Il n’existe à l’heure actuelle qu’une centrale nucléaire, sur le site de Cernavoda, qui produit environ 15% de l’électricité du pays. Le gouvernement roumain projette depuis plusieurs années de construire des réacteurs 3 et 4 à l’horizon 2020-2030.
Cependant, la difficulté à financer ce projet pourrait donner ses chances au projet d’une deuxième centrale de nouvelle génération en Transylvanie, dans un calendrier moins lointain que prévu.
Le secteur de l’énergie est au centre des préoccupations en raison de son poids dans l’économie. Les enjeux sont notamment liés à la dérégulation de ce marché. La bonne mise en œuvre des réformes structurelles apparaît aujourd’hui comme une condition préalable incontournable pour inscrire la stabilité macroéconomique dans la durée et relancer l’activité sur une base saine.
En Roumanie, une Autorité nationale régule les prix de l’énergie sur le marché intérieur. La Commission a dû engager une procédure d’infraction contre la Roumanie et lui a demandé de déréguler le secteur d’ici 2015.
Les minorités en Roumanie
Les deux minorités les plus importantes numériquement sont les Hongrois, qui représentent 6,5% de la population (selon le recensement de 2011), soit 1,2 millions d’habitants, et les Roms, dont le nombre, difficile à établir car cette population ne se déclare souvent pas comme telle lors des recensements, est évalué de un à deux millions de personnes. Le recensement de 2011 ne décompte que 619.000 Roms, soit 3, 2 % de la population.
La minorité hongroise est représentée politiquement par l’Union démocratique des Magyars de Roumanie (UDMR), qui faisait partie de la coalition gouvernementale, aux côtés du PDL, et disposait d’un vice-premier ministre en la personne de M. Marko Bela, et de plusieurs ministres. A présent dans l’opposition, l’UDMR a néanmoins annoncé son intention de soutenir par son vote la majorité gouvernementale (USL). La minorité rom, moins bien structurée politiquement, est représentée à la Chambre par le « Parti rom de Roumanie ».
Les autres minorités ethniques en Roumanie sont numériquement beaucoup plus modestes : 51.000 Ukrainiens, 36.000 Allemands, 28.000 Turcs, 20.000 Tatars, mais aussi des Juifs, des Albanais, des Ruthènes… 18 organisations nationales représentant les minorités siègent actuellement au Parlement roumain.
Hors de Roumanie, la plus grande minorité roumanophone est située en Hongrie, avec plus de 400.000 personnes. En Serbie, un dialecte du roumain est parlé par environ 40.000 Valaques ou Aroumains. Les autres minorités roumaines d’importance se situent en Bulgarie (environ 11.000 personnes) et en Hongrie (près de 8000 personnes). La langue roumaine est parlée dans de nombreux pays par des émigrés roumanophones ayant acquis la nationalité des pays de résidence ou y résidant temporairement. Les principales communautés se trouvent en Espagne, aux Etats-Unis, en Israël et en Italie.
Situation des populations Roms en Roumanie
A la différence de la Bulgarie, les Roms vivent rarement dans des quartiers distincts du reste de la population. Les Roms de Roumanie sont pour la plupart sédentaires et vivent souvent en milieu rural, où ils possèdent des micro-exploitations. Ils sont majoritairement chrétiens orthodoxes, mais on peut constater un certain essor des nouvelles églises protestantes (pentecôtistes, évangéliques, adventistes). Certains Roms n’ont pas le romani (langue vernaculaire de la communauté) comme langue natale, mais le roumain.
Les cas d’agressions ciblées contre des Roms sont rares. En revanche, les ONG qui travaillent avec les communautés Roms signalent de nombreux cas de discriminations sociales. Plus d’un tiers des enfants Roms de Roumanie ne sont pas scolarisés.
Politique extérieure
L’Alliance atlantique et relations avec les Etats-Unis
L’Alliance atlantique : la relation transatlantique est essentielle pour la Roumanie, qui est devenue membre de l’OTAN en avril 2004. Elle a depuis obtenu l’organisation du XXème Sommet qui s’est déroulé à Bucarest du 2 au 4 avril 2008.
Ce sommet était le premier dans un pays de l’ex-bloc communiste, auquel a participé pour la première fois le président russe Poutine, qui effectuait à cette occasion la première visite bilatérale en Roumanie d’un chef d’Etat russe depuis la chute du régime communiste (décembre 1989). Le pays a progressivement augmenté son engagement en Afghanistan, essentiellement au sein de la Force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF) de l’Otan. Le nombre de militaires roumains présents en Afghanistan atteignait début 2012 près de 2.000 personnes.
Relations avec les Etats-Unis : les deux pays sont liés par un partenariat stratégique depuis 1997. La Roumanie accueille, en vertu de l’accord du 6 décembre 2005, deux bases américaines. Cet accord a constitué un succès extérieur et intérieur pour le Président Basescu.
Le 13 septembre 2011, Hillary Clinton, et son homologue roumain Teodor Baconschi ont signé un accord intergouvernemental prévoyant la mise en place d’éléments du système de défense antimissile (ABM) sur la base roumaine de Deveselu (sud du pays). Cet accord a été signé au cours de la visite aux Etats-Unis du président Basescu qui s’est entretenu avec M. Obama, visite au cours de laquelle une "Déclaration commune sur le partenariat stratégique pour le 21ème siècle" a été signée.
Outre sa dimension militaire, cette déclaration inclut également d’autres domaines de coopération : le soutien à la démocratie et aux droits dans les Etats membres du partenariat oriental par des actions de coopération communes, la "sécurité énergétique" de la région, le commerce et l’investissement "dans un environnement sain de transparence et d’intégrité publique", et enfin, la diversification des contacts entre communautés scientifiques.
La politique régionale de la Roumanie : diplomatie de bon voisinage et ouverture sur la Mer noire
Bucarest s’efforce depuis la transition démocratique d’établir de bonnes relations avec ses voisins et à jouer un rôle régional. Elle soutient le renforcement de la présence de l’Union européenne dans la région à travers la « Synergie mer Noire » lancée en avril 2007, qui vise à améliorer la coopération régionale, notamment à travers l’Organisation de coopération économique de la Mer noire (OCEMN ou BSEC selon l’acronyme anglais), dont elle est membre.
Moldavie
D’abord partie de l’Empire russe avant d’être rattachée à la Roumanie en 1918, puis annexée par l’URSS en 1941, puis enfin devenue indépendante après l’éclatement de celle-ci en 1991, la Moldavie, majoritairement peuplée de roumanophones, entretient avec la Roumanie des relations traditionnellement délicates.
Alors que l’idée d’une réunification des deux Etats comptait de nombreux partisans lors de l’indépendance de la Moldavie, l’importance de la population russophone et la question de la Transnistrie ont rapidement montré qu’elle n’était pas réaliste. La Roumanie a ainsi été le premier Etat à reconnaître l’indépendance de la Moldavie, dès 1991.
La Roumanie entretient d’intenses échanges avec son voisin du nord-est, notamment dans le domaine culturel et universitaire (plus de 10.000 étudiants moldaves sont inscrits dans les universités roumaines), de nombreux Roumains ayant en outre de la famille en Moldavie.
Ces échanges ont néanmoins été rendus plus difficiles par l’adhésion de la Roumanie à l’UE. En effet, depuis l’adhésion à l’UE le 1er janvier 2007, les citoyens moldaves, qui pouvaient auparavant se rendre en Roumanie avec un simple passeport, sont soumis à l’obtention d’un visa, exigence nouvelle qui a été mal comprise par une partie de la population moldave.
En outre, les Moldaves dont les parents ou les grands-parents étaient roumains en 1941, peuvent demander la nationalité roumaine. 100.000 Moldaves environ ont ainsi profité de cette possibilité et obtenu la nationalité roumaine depuis 1991.
Depuis l’organisation de nouvelles élections en juillet 2009, qui ont vu la victoire de l’opposition pro-européenne, les relations se sont normalisées (levée de l’obligation de visas, retour de l’ambassadeur roumain, ouverture de deux nouveaux consulats roumains en Moldavie).
Le 13 novembre 2009 un Accord sur le petit trafic frontalier (PTF) a été signé avec le gouvernement moldave, dans le contexte du soutien apporté par Bucarest aux perspectives d’adhésion à l’UE de la Moldavie (un « partenariat stratégique pour l’intégration européenne de la République de Moldavie » a ainsi été signé le 27 avril dernier entre les deux Etats).
En 2010, les deux gouvernements ont signé un accord de gestion de la frontière, qui met en accord le régime de gestion avec les normes européennes.
Ukraine
Les relations entre la Roumanie et l’Ukraine sont marquées par la question des minorités ethniques : la minorité ukrainienne en Roumanie représente, d’après les chiffres du recensement de 2011, 51.000.personnes.
Cette minorité est représentée au Parlement (un mandat de député lui est réservé) et dispose d’une offre en matière d’écoles bilingues réelle, mais limitée en regard de la taille de cette population (un lycée bilingue à Sighet à la frontière ukrainienne, des cours de langue ukrainienne dans plusieurs écoles).
L’Ukraine s’inquiète périodiquement du respect des droits de cette minorité. La minorité roumaine en Ukraine représente quant à elle plus de 300 000 personnes.
Deux questions venaient en outre traditionnellement troubler les relations roumano-ukrainiennes, dont l’une a été résolue :
la question de la délimitation de la frontière maritime entre la Roumanie et l’Ukraine (dite « problème de l’Ile-aux-Serpents), aux enjeux économiques forts dans cette zone riche en hydrocarbures, a été tranchée par la Cour internationale de justice en janvier 2009, la Roumanie obtenant environ 80% du territoire contesté.
Les travaux d’aménagement du canal de Bystroe entrepris par l’Ukraine pour se doter d’une voie navigable du Danube à la Mer Noire sont à l’origine d’un nouveau contentieux entre ces deux Etats, la Roumanie s’inquiétant des conséquences qu’auraient ces travaux sur l’environnement du delta du Danube, écosystème unique au monde inscrit par l’UNESCO au patrimoine mondial de l’humanité.
La Roumanie soutient en tout état de cause les aspirations de l’Ukraine à rejoindre l’UE et l’OTAN.
Hongrie
Les relations entre la Roumanie et la Hongrie ont longtemps été rendues difficiles par la question des minorités hongroises de Transylvanie. La Transylvanie, région de l’Empire d’Autriche-Hongrie à population majoritairement roumaine, mais comportant une très forte minorité hongroise, a en effet été intégrée à la Roumanie après la Première Guerre mondiale par le traité de Trianon, d’où des tensions occasionnelles autour de la question des droits de la minorité hongroise (qui représente aujourd’hui 1,8 millions d’habitants, soit 8% de la population totale du pays).
La transition démocratique et la constitution roumaine de 1991 qui garantit les droits des minorités, ainsi que la participation du parti représentant la minorité hongroise, l’UDMR, à la plupart des coalitions gouvernementales depuis 1991, ont permis un rapprochement entre les deux pays. Le Traité de base signé à Timisoara en septembre 1996 a constitué le point de départ d’une coopération bilatérale qui s’est déployée dans tous les domaines : politique, économie, militaire (exercices communs dans le cadre du Partenariat pour la paix en préparation de l’adhésion à l’OTAN) et culturel.
Bulgarie
Fondées sur le Traité de base de 1992, les relations avec la Bulgarie se sont resserrées dans le cadre des négociations pour l’entrée des deux pays dans les structures euro-atlantiques (adhésions simultanées à l’UE et à l’OTAN ; Bucarest et Sofia souhaitent en outre intégrer en même temps l’espace Schengen.
Le dialogue bilatéral est aujourd’hui davantage nourri que par le passé. L’accord signé en 2007 pour la construction d’un deuxième pont sur le Danube (entre Vidin et Calafat, dont la mise en service, plusieurs fois retardée, est toujours attendue), ou encore les démarches communes pour le rétablissement de la navigation sur le Danube en sont une bonne illustration.
Un différend territorial persiste relatif à la délimitation du plateau continental sur la mer Noire (17 km2 contestés par Bucarest). Enfin, les deux pays souhaitent un renforcement de la présence de l’UE dans la région de la mer Noire.
Kosovo
Bucarest a rappelé, après la déclaration d’indépendance de Pristina du 17 février 2008, son opposition sur le fond à une indépendance unilatérale du Kosovo, qu’elle refuse de reconnaître (de même, au sein de l’UE, que l’Espagne, la Grèce, la Slovaquie et Chypre). 59 soldats roumains participaient début 2012 à la KFOR (sur 6.226).
Mise à jour : 25.04.13
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Déclarations de politique étrangère
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Chronologie des relations bilatérales






