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Présentation de la Roumanie

Présentation

Données générales

Nom officiel : Roumanie
Capitale : Bucarest
Président : Traian Basescu


Données géographiques

Superficie : 237.500 km²
Population : 21,848 millions (2012)
Villes principales : Iasi, Cluj, Brasov, Constanta, Timisoara, Galati, Craiova, Sibiu
Langue officielle : roumain
Monnaie : leu (RON)
Fête nationale : 1er décembre


Données démographiques

Croissance démographique : - 0,25 % (2011)
Espérance de vie : 69,6 pour les hommes et 77,1 pour les femmes.
Taux d’alphabétisation : 98 %.
Religions : orthodoxes (87 %), catholiques, protestants
Indice de développement humain (Classement ONU 2011) : 0,765 – 50ème


Données économiques (2013)

PIB : 143 Mds €
PIB par habitant : 6 700 € (moyenne UE 28 : 23 100 € ; rang UE : 27ème sur 28)

Salaire mensuel brut moyen : 460 € (France : 2 500 € ; rang UE : 27ème sur 28)
Salaire minimum : 138 €

Taux de croissance : 3,5 %
Taux de chômage : 5,6 %
Taux d’inflation : 5,1 %

Dette publique : 34,4 % du PIB
Déficit budgétaire : 2,52 % du PIB (5,5 % en 2011, 2,6 % en 2013 : 2,6 %, prévision 2014 2,4 % )
PIB par habitant (standard de pouvoir d’achat) : 49 (base 100 = UE à 28)

Echanges commerciaux franco-roumains (chiffres 2013) : 7,2 Mds €
Exportations françaises : 3 920 M €
Importations françaises : 3 100 M €
Solde : - 820 M €
Taux de croissance du commerce franco-roumain : +2 %
Principaux clients : Allemagne (18,6%), Italie (12,6%), France (7%, 3éme client), Turquie (6,1%)
Principaux fournisseurs : Allemagne (17,1%), Italie (11,2%), Hongrie (8,7%), France (5,7%, 4ème fournisseur)

Flux d’IDE sortant de France (chiffres 2012) : 17 M €
Stock d’IDE détenu par la France : 5,04 Mds € (9%)
Rang de la France dans le stock : 4ème derrière les Pays-Bas, l’Autriche et l’Allemagne

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :

  • primaire : 6,5% (28% de la population active)
  • secondaire : 38,3% (33,0% de la population active)
  • tertiaire : 51,7% (39% de la population active)

Consulat de France : Bucarest
Communauté française en Roumanie : 2100 Français enregistrés


La Roumanie et l’UE

Fonds européens mis à disposition sur la période 2007-2013 : 32,2 Mds € dont :

  • 19,2 Mds € pour les fonds structurels et de cohésion
  • 13 Mds € pour la PAC.

Taux d’absorption au 17 juin 2013 : 15 % soit 2,76 Mds € sur les 19,2 Mds € mis à sa disposition (le plus faible taux de l’UE).
Les trois quarts du montant des fonds disponibles ont été pré-suspendus en 2012 par la Commission en raison d’irrégularités. Cette mesure a concerné les programmes « transport », « amélioration de la compétitivité économique », « régional » et « développement des ressources humaines ».

Fonds européens mis à disposition sur la période 2014-2020 : 39,3 Mds € dont :

  • 21,8 Mds € pour les fonds structurels et de cohésion (+10% par rapport à 2007-2013)
  • 17,5 Mds € pour la PAC (+27% par rapport à 2007-2013)

Nombre de députés au Parlement européen : 33/736
Nombre de voix au Conseil de l’UE (pondération, Traité de Nice) :14 /345 soit 4,1%
Nombre de voix au Conseil de l’UE (critère démographique, Traité de Lisbonne) : 4,36% (augmentation de 0,3%).
Commissaire européen : M. Dacian Ciolos (Agriculture)



Politique intérieure

La réélection en décembre 2009 de Traian Basescu et le gouvernement d’Emil Boc

A l’issue d’une élection très serrée, M. Basescu a été élu le 6 décembre 2009 président pour un second mandat (après un premier de 2004 à 2009). Cette victoire surprise (avec 70.000 voix d’avance seulement), alors que les sondages prédisaient une victoire de M. Geoana, président du Sénat à cette date, ancien ministre des affaires étrangères (PSD), avait suscité des contestations de la part de l’opposition.

A partir de janvier 2012, des manifestations ont eu lieu dans plusieurs grandes villes de Roumanie, réunissant parfois plusieurs milliers de personnes. Ces événements ont été déclenchés à la suite du dépôt par le président Basescu d’un projet de loi de réforme du système de santé, qui avait entraîné la démission du docteur Raed Arafat, sous-secrétaire d’Etat chargé des services d’urgences.

Surpris par l’ampleur des protestations, le président Basescu a retiré le projet de loi controversé et M. Arafat a pu retrouver ses fonctions, mais sans que les manifestations cessent pour autant. Les mots d’ordre des protestataires étaient multiples : appel à la démission du président Basescu, mais aussi rejet des mesures d’austérité, critiques contre la corruption dans le pays et en particulier au sein de la classe politique, demande d’élections anticipées. L’ensemble de la classe politique est pris pour cible, l’opposition faisant l’objet des mêmes critiques que le gouvernement.

Le 23 janvier 2012, le ministre des affaires étrangères Teodor Baconschi a été révoqué par le premier ministre Emil Boc pour des propos virulents tenus sur son blog à l’encontre des manifestants. Il fut remplacé par Cristian Diaconescu, qui avait déjà brièvement occupé ces fonctions en 2008-2009.

L’éphémère gouvernement de M. Ungureanu (février – avril 2012)
Devant la poursuite du mouvement de protestation, M. Basescu a procédé à un vaste remaniement, avec la révocation du premier ministre Emil Boc et de tous les ministres issus du parti majoritaire, le parti démocrate-libéral (PDL). Il a nommé un nouveau premier ministre, M. Mihai Razvan Ungureanu. Né en 1968, indépendant, ce dernier avait été ministre des affaires étrangères de 2004 à 2007 ; il avait, à ce titre, signé le traité d’adhésion de la Roumanie à l’Union européenne. Il dirigeait, depuis décembre 2007, le service de renseignement extérieur roumain.


Le gouvernement Ponta I (mai – décembre 2012)

Le 27 avril 2012, l’opposition a renversé le gouvernement de Mihai Ungureanu par une motion de censure votée par 235 députés, soit quatre voix de plus que la majorité absolue. Il ne sera resté en place que 78 jours. Président du Parti social-démocrate (PSD) à l’origine de cette motion, Victor Ponta a été chargé par le président Basescu pour constituer le nouveau gouvernement, et investi le 7 mai 2012.


L’échec de la cohabitation et la tentative manquée de destitution du président Basescu

La cohabitation entre le président Basescu et le premier ministre Victor Ponta a rapidement achoppé sur la question de la représentation de la Roumanie au Conseil européen. Le Parlement avait voté une motion indiquant que c’était au premier ministre d’y siéger, contredite par un avis de la Cour constitutionnelle favorable au président. Sans tenir compte de cet avis, M. Ponta a s’est rendu au Conseil européen de juin 2012.

Autre source de tensions, la condamnation en appel le 20 juin 2012 à de la prison ferme pour corruption d’Adrian Nastase, ancien premier ministre et mentor de Victor Ponta. Enfin, Victor Ponta a été accusé dans la presse d’avoir plagié sa thèse de doctorat. L’Union sociale libérale a aussitôt dénoncé une manipulation politique orchestrée par le président Basescu.

Le gouvernement Ponta a répliqué en menant de front et de façon accélérée, voire irrégulière selon ses adversaires, plusieurs réformes : modification des pouvoirs de la Cour constitutionnelle (finalement invalidée), tentative de réforme du fonctionnement des élections, prise de contrôle par l’Etat sur l’Institut culturel roumain et modification de ses missions, prise de pouvoir à la Chambre des députés et au Sénat.

Ces réformes ont suscité l’inquiétude d’une partie des médias roumains, mais aussi de la Commission européenne et du Conseil de l’Europe, qui y ont vu un risque de disparition des contre-pouvoirs. La Commission européenne a adressé à M. Ponta, à la suite de sa visite à Bruxelles le 12 juillet 2012, une liste de recommandations à laquelle le gouvernement a dû répondre point par point. Ces recommandations ont été reprises dans les conclusions du mécanisme de coopération et de vérification, qui examine notamment les progrès de la Roumanie dans le domaine de la justice, publiées le 18 juillet 2012.

Parallèlement, une procédure de destitution, qui figurait parmi les objectifs de l’USL, a été lancée au Parlement à l’été 2012 à l’encontre du président Basescu. Conformément à la constitution roumaine, les pouvoirs de Traian Basescu ont été suspendus le 7 juillet 2012, et le président du Sénat, Crin Antonescu, chef du Parti national libéral (PNL) et principal partenaire de coalition USL dirigée par M. Ponta, a été nommé président par intérim.

Un référendum sur la destitution s’est tenu le 29 juillet pour confirmer ou non cette procédure. Il s’est soldé par un score sans appel en faveur d’une destitution du président Basescu (souhaitée par 7,5 millions de Roumains soit 86 % de la population). Cependant, le scrutin a été invalidé par la Cour constitutionnelle le 21 août en raison d’une participation insuffisante (seulement 46 % des inscrits au lieu des 50 % requis). En conséquence, le président Basescu a été rétabli dans ses fonctions le 28 août.

Cette crise a provoqué l’inquiétude de la Commission européenne, qui en a fait état dans ses conclusions du mécanisme de coopération et de vérification (MCV) publiées le 18 juillet. De la même manière, l’intense polémique apparue au mois d’août autour de la composition des listes électorales a conduit Mme Reding et M. Barroso à intervenir auprès des autorités roumaines pour les appeler au respect des valeurs européennes. Rétabli dans ses fonctions, le président Basescu demeure très impopulaire et sa cohabitation avec le premier ministre Ponta reste difficile, en dépit d’un apaisement depuis les élections législatives de décembre 2012.


La victoire écrasante de l’USL lors des élections législatives du 9 décembre 2012 et la reconduction de Victor Ponta au poste de premier ministre - Ponta II (décembre 2012 – mars 2014)

Les élections législatives du 9 décembre 2012 ont vu la très nette victoire de la coalition sortante (USL) du premier ministre Victor Ponta, avec 58,6 % des voix à la chambre des députés et 60 % au sénat, en progression de 6 % par rapport aux législatives de 2008. Elle a devancé de très loin l’ARD (« Alliance pour une Roumanie Juste »), coalition de centre droit regroupant le parti démocrate libéral du président Basescu et de la Force civique de l’ancien premier ministre Ungureanu, qui n’a obtenu que 17 % des voix, payant ainsi lourdement les conséquences du plan d’austérité mise en œuvre à partir de 2009 (baisse des salaires, hausse de la TVA).

Le parti du peuple (PPDD), mouvement populiste fondé par Dan Diaconescu, propriétaire d’une chaîne de télévision et animateur d’une émission à succès, est parvenu en troisième position avec 14 % de voix. Enfin, l’UDMR (principal parti de la minorité hongroise) est sorti particulièrement affaiblie, ne recueillant pour la première fois qu’avec peine les 5% de voix, seuil nécessaire pour entrer au parlement. Le faible taux de participation (42%) a confirmé le désenchantement croissant des Roumains envers une classe politique éclaboussée par de nombreux scandales de corruption et de clientélisme.


La dissolution de la coalition sociale-libérale USL et la formation d’une nouvelle coalition, l’Union sociale-démocrate (depuis mars 2014)

L’USL, la plus importante alliance politique en Roumanie post-communiste, a duré trois ans, dont moins de deux ans au pouvoir. Formée le 5 février 2011 et ayant remporté 60% des voix aux législatives de décembre 2012, la coalition de centre gauche, dont le ciment a toujours été l’opposition au Président Traian Basescu, s’est rompue le 25 février 2014, lorsque le parti national libéral (PNL) a décidé de rompre son accord de coalition avec le parti social-démocrate (PSD).

Ayant pour ambition déclarée de s’offrir deux mandats gouvernementaux (législatives de 2012 et de 2016) et de préserver l’importante majorité de 70% dont elle disposait au Parlement, l’USL a nourri dès le début des conflits internes incessants entre les deux principaux partis et leurs leaders, le PSD de Victor Ponta et le PNL de Crin Antonescu, jusqu’à en provoquer l’implosion.

La toile de fond de tous les conflits a été l’accord passé pour soutenir un candidat unique à l’élection présidentielle de novembre 2014, en la personne de Crin Antonescu. En deuxième voire troisième position dans les sondages (aux alentours de 29% des intentions de vote), sa candidature soulevait de plus en plus de critiques au sein du PSD, désireux de proposer son propre candidat à la présidentielle. La crainte de ne pas voir son statut de candidat unique de l’USL se concrétiser, Crin Antonescu a progressivement adopté une stature d’opposant au sein même de la coalition, n’hésitant pas à critiquer les décisions du gouvernement dans le domaine de la justice ou ses mesures économiques.

Décidés à diriger le pays sans le soutien les libéraux, les sociaux-démocrates ont fait le choix de s’allier avec le parti de la minorité hongroise Union des Magyars de Roumanie (UDMR), qui dispose de 26 sièges au Parlement.

Le nouveau gouvernement est composé de 25 ministres et ministres délégués, dont plus de la moitié du PSD. Le premier ministre n’a réduit le nombre de ses ministres que de deux par rapport au gouvernement précédent et a gardé les poids lourds du PSD : Titus Corlăţean aux Affaires étrangères, Mircea Duşa à la Défense, Robert Cazanciuc à la Justice, Liviu Dragnea au Développement régional, Remus Pricopie à l’Education, Eugen Teodorovici aux Fonds européens. Rovana Plumb passe de l’Environnement au Travail, Constantin Nita de l’Energie à l’Economie.

Prochaines échéances électorales : présidentielle en décembre 2014, législatives en 2016.


Situation économique

La Roumanie a corrigé les déséquilibres macroéconomiques responsables d’une crise qui s’est révélée avant tout interne. Sa croissance a enfin redémarré en 2013, après plusieurs années moroses.

Après une période de boom (croissance de +6,5% par an en moyenne sur 2002-2008), l’économie roumaine a connu un sévère ajustement : son PIB s’est contracté de 6,6% en 2009 et de 1,6% en 2010. La croissance des années d’avant-crise reposait sur un mécanisme pernicieux, alimenté par diverses bulles (prix, salaires, crédits, immobilier), un afflux important de capitaux étrangers et une politique budgétaire expansionniste.

Il en est résulté d’importants déséquilibres économiques : creusement du déficit du compte courant (12,4% du PIB en 2008) et du déficit budgétaire (passé de 3,1% du PIB en 2007 à 7,3% du PIB en 2009) et inflation persistante (taux moyen de 5,6% en 2009 malgré la récession).

Les difficultés de financement ont obligé la Roumanie à faire appel aux bailleurs de fonds internationaux (principalement FMI, Commission européenne et Banque mondiale), avec qui elle a conclu un premier accord de confirmation en mars 2009, portant sur une période de deux ans et une somme d’environ 20 Mds d’€, et assorti d’un programme d’ajustement ambitieux.

Arrivé à son terme en avril 2011, cet accord a été relayé par un deuxième programme, sur deux ans également, mais cette fois de précaution (le soutien financier apporté par le FMI et la CE, de 5 Mds d’€, est mis à la disposition de la Roumanie mais ne peut être effectivement utilisé qu’en cas d’urgence).

Le traitement des déséquilibres est passé par des mesures d’austérité amères (baisse de 25% des salaires dans la fonction publique, baisse de 15% des transferts sociaux hors retraites, augmentation de la TVA de 19% à 24%) et s’est soldé par un succès (respect du critère maastrichtien en termes de déficit budgétaire dès 2012, contraction du déficit du compte courant, inflation réduite). La Roumanie a par ailleurs mis en œuvre des réformes structurelles (loi de responsabilité fiscale, loi établissant une grille unique de salaires dans la fonction publique, loi de réforme du système des retraites) visant à pérenniser les bons résultats de cet ajustement.

La croissance a été 3,5% en 2013, chiffre sensiblement supérieur aux prévisions, qui se situaient, pour les plus optimistes, à 2,8%. Le PIB roumain a atteint 143 Mds €, tiré principalement par les exportations (contribution de +4,1% à la croissance) et, dans une moindre mesure, la consommation finale (contribution de +0,3%). Le principal facteur ayant pesé négativement sur la croissance est la formation brute de capital fixe, avec une contribution de -1,5%. Par ailleurs, deux secteurs ont contribué significativement à la croissance : l’industrie (+2,3%) et l’agriculture (+1,1%).


Commerce extérieur

Les ressorts qui ont fait la vigueur du commerce extérieur roumain en 2010 et 2011 ont atteint leurs limites en 2013. Après un impressionnant rebond en 2010 (+25%) suivi d’un léger ralentissement en 2011 (+19%), le commerce extérieur roumain stagne en 2013 (-0,5%) : à 99,74 Mds d’€ au total, il se place à un niveau légèrement inférieur au record historique atteint en 2011. Le déficit commercial de la Roumanie, à 9,63 Mds d’€, est resté quasiment égal à celui de 2011 (-0,5%) sous l’effet d’une baisse uniforme des importations et des exportations roumaines (-0,5% par rapport à 2011), qui ressortent respectivement à 54,68 Mds d’€ et 45,05 Mds d’€.

La zone euro reste le principal partenaire de la Roumanie mais voit ses parts s’éroder, notamment au profit des pays d’Europe de l’Est. Si les perspectives du commerce extérieur roumain restent incertaines et intimement liées à la reprise dans la zone euro, on assiste cependant, début 2014, à un redémarrage, notamment grâce aux ventes de véhicules (renouvellement de gamme Dacia, début de production Ford).


Energie

Taux de dépendance énergétique (Eurostat) : 21%
Moyenne UE : 54%

Mix énergétique :

  • Gaz : 31%
  • Charbon : 23%
  • Energies renouvelables : 18%
  • Pétrole : 17%
  • Nucléaire : 11%

La Roumanie présente la caractéristique d’être un pays producteur de gaz et de pétrole et bénéficie d’une bonne autonomie énergétique. Les réserves cumulées de gaz et de pétrole lui assurent respectivement, à paramètres constants, 28 et 16 années de consommation. Elle est dépendante du gaz russe pour 30% de ses approvisionnements (via l’Ukraine). Les 70% restants sont fournis par sa production nationale (10-12 Mds m³), qui a cependant tendance à décliner.

Cependant, le pays disposerait d’importants gisements de gaz de schiste, évalués à 1 444 Mds de m3 par l’agence américaine EIA, équivalant à 100 ans de la consommation actuelle, concentrés en Transylvanie et en Dobroudja (sud est entre Danube et mer Noire), ainsi que des gisements offshore en mer Noire, qui pourraient lui assurer l’indépendance énergétique.

Le mix énergétique de consommation est relativement équilibré : 29 % de produits pétroliers, 27 % de gaz, 18% d’énergies renouvelables, 15 % d’électricité.

La Roumanie possède deux réacteurs nucléaires de technologie canadienne CANDU, Cernavoda 1 et 2, mis en service respectivement en 1996 et 2007, et générant environ 20% de l’électricité du pays. Un projet de construction de nouvelles tranches a été initié au début des années 2000 mais n’a pas abouti à ce jour essentiellement par manque de capacité de financement, malgré la volonté politique inaltérée de développer le parc nucléaire. L’uranium est produit sur trois sites : Bihor, Banat et Crucea (Bucovine), La Roumanie extrait le minerai nécessaire à sa consommation, elle n’exporte ni n’importe d’uranium.

En matière de coopération industrielle, AREVA est présent aujourd’hui dans la filière nucléaire à travers un contrat de fourniture de systèmes de ventilation, signé en janvier 2012, avec le canadien SNC-Lavallin, qui est chargé de moderniser les réacteurs 1 et 2 de la centrale de Cernavoda. La difficulté à financer la construction des réacteurs 3 et 4 de cette même centrale pourrait donner ses chances au projet d’une deuxième centrale de nouvelle génération en Transylvanie, dans un calendrier aujourd’hui encore très incertain.

La Roumanie dispose d’une géographie favorable au développement des énergies renouvelables. Selon sa Stratégie énergétique pour la période 2007-2020 et son Plan National d’Action dans le domaine de l’énergie de sources renouvelables (PNAER), la Roumanie disposerait d’un potentiel important en matière d’énergies renouvelables : énergie solaire (1,2 TWh), énergie éolienne (23 TWh), énergie hydroélectrique (40 TWh).

Ce potentiel s’explique par des conditions naturelles particulièrement adéquates (relief, climat, ressources, géographie), favorisant le déploiement des technologies dans les régions suivantes :

  • pour l’énergie solaire, le Delta du Danube, la Dobroudja et la Plaine du Sud ;
  • pour l’énergie éolienne, la Dobroudja et la Moldavie (région de plaine et de colline) ;
  • pour le petit hydraulique, le plateau de Transylvanie, la Moldavie (région de plaines et de collines), les Carpates, ainsi que les régions au pied des Carpates Orientaux et Méridionaux ;
  • pour la biomasse - la Plaine du Sud, la Moldavie (région de plaine et de colline), les Carpates, ainsi que les régions au pied des Carpates Orientaux et Méridionaux ;
  • pour l’énergie géothermale – la Plaine du Sud et la Plaine de l’Ouest.

L’objectif d’assurer 38% de sa consommation brute d’électricité par des sources d’énergies renouvelables en 2020 devrait être atteint sans difficultés : ainsi, au 21 juin 2013, la production d’énergie électrique générée par des sources renouvelables s’élevait à 37,16%, chiffre très proche de l’objectif de 38%, dont 33,06% d’origine hydraulique et 4,10% d’origine éolienne. Malgré le caractère variable de cette production, la mise en service des projets en cours de réalisation dans l’éolien et le solaire donne une marge confortable au pays.

Le secteur de l’énergie est au centre des préoccupations des autorités roumaines en raison de son poids dans l’économie. Les enjeux sont notamment liés à la dérégulation de ce marché. La bonne mise en œuvre des réformes structurelles apparaît aujourd’hui comme une condition préalable incontournable pour inscrire la stabilité macroéconomique dans la durée et relancer l’activité sur une base saine. La Commission a dû engager une procédure d’infraction contre la Roumanie et lui a demandé de déréguler le secteur d’ici 2015.


Les minorités en Roumanie

Les deux minorités les plus importantes numériquement sont les Hongrois, qui représentent 6,5% de la population (selon le recensement de 2011), soit 1,2 millions d’habitants, et les Roms, dont le nombre, difficile à établir car cette population ne se déclare souvent pas comme telle lors des recensements, est évalué de un à deux millions de personnes. Le recensement de 2011 ne décompte que 619 000 Roms, soit 3, 2 % de la population.

La minorité hongroise est représentée politiquement par l’Union démocratique des Magyars de Roumanie (UDMR), qui fait partie de l’actuelle coalition gouvernementale, et dispose d’un vice-premier ministre en la personne de M. Hunor KELEMEN, ministre de la culture. La minorité rom, moins bien structurée politiquement, est représentée à la Chambre par le « Parti rom de Roumanie ».

Les autres minorités ethniques sont numériquement beaucoup plus modestes : 51 000 Ukrainiens, 36 000 Allemands, 28 000 Turcs, 20 000 Tatars, mais aussi des Juifs, des Albanais, des Ruthènes… Dix-huit organisations nationales représentant les minorités siègent actuellement au Parlement roumain.

Hors de Roumanie, la plus grande minorité roumanophone est située en Hongrie, avec plus de 400 000 personnes. En Serbie, un dialecte du roumain est parlé par environ 40 000 Valaques ou Aroumains. Les autres minorités roumaines d’importance se situent en Bulgarie (environ 11 000 personnes) et en Hongrie (près de 8 000 personnes).

La langue roumaine est parlée dans de nombreux pays par des émigrés roumanophones ayant acquis la nationalité des pays de résidence ou y résidant temporairement. Les principales communautés se trouvent en Espagne, aux Etats-Unis, en Israël et en Italie.


Situation des populations Roms en Roumanie

A la différence de la Bulgarie, les Roms vivent rarement dans des quartiers distincts du reste de la population. Les Roms de Roumanie sont pour la plupart sédentaires et vivent souvent en milieu rural, où ils possèdent des micro-exploitations. Ils sont majoritairement chrétiens orthodoxes, mais on peut constater un certain essor des nouvelles églises protestantes (pentecôtistes, évangéliques, adventistes). Certains Roms n’ont pas le romani (langue vernaculaire de la communauté) comme langue natale, mais le roumain.

Les cas d’agressions ciblées contre des Roms sont rares. En revanche, les ONG qui travaillent avec les communautés Roms signalent de nombreux cas de discriminations sociales. Plus d’un tiers des enfants Roms de Roumanie ne sont pas scolarisés.


Politique extérieure

L’Alliance atlantique et les relations avec les Etats-Unis

L’Alliance atlantique : la relation transatlantique est essentielle pour la Roumanie, qui est devenue membre de l’OTAN en avril 2004. Elle a depuis obtenu l’organisation du XXème Sommet qui s’est déroulé à Bucarest du 2 au 4 avril 2008. Ce sommet était le premier dans un pays de l’ex-bloc communiste, auquel a participé pour la première fois le président russe Poutine, qui effectuait à cette occasion la première visite bilatérale en Roumanie d’un chef d’Etat russe depuis la chute du régime communiste (décembre 1989). Le pays a progressivement augmenté son engagement en Afghanistan, essentiellement de l’Otan.

Le nombre de militaires roumains présents en Afghanistan atteignait début 2012 près de 2.000 personnes. Ils sont actuellement 800 (1 bataillon d’infanterie en commandement régional sud, secteur de Zaboul, 1 compagnie de protection à l’aéroport de Kandahar, des instructeurs au sein de la NATO Training mission, des éléments de forces spéciales), et seront 250 au 2ème semestre 2014. Cette opération, bien qu’effectuée avec l’aide des Etats-Unis, représente pour le pays un effort logistique et financier considérable qui pèse sur la disponibilité globale des forces en vue de la projection.

Relations avec les Etats-Unis : les deux pays sont liés par un partenariat stratégique depuis 1997. La Roumanie accueille, en vertu de l’accord du 6 décembre 2005, deux bases américaines. Cet accord a constitué un succès extérieur et intérieur pour le Président Basescu. Le 13 septembre 2011, Hillary Clinton, et son homologue roumain Teodor Baconschi ont signé un accord intergouvernemental prévoyant la mise en place d’éléments du système de défense antimissile (ABM) sur la base roumaine de Deveselu (sud du pays). Les travaux ont été lancés en décembre 2014. Cet accord a été signé au cours de la visite aux Etats-Unis du président Basescu qui s’est entretenu avec M. Obama, visite au cours de laquelle une "Déclaration commune sur le partenariat stratégique pour le 21ème siècle" a été signée.

Outre sa dimension militaire, cette déclaration inclut également d’autres domaines de coopération : le soutien à la démocratie et aux droits dans les Etats membres du partenariat oriental par des actions de coopération communes, la "sécurité énergétique" de la région, le commerce et l’investissement "dans un environnement sain de transparence et d’intégrité publique", et enfin, la diversification des contacts entre communautés scientifiques.


La politique régionale de la Roumanie : diplomatie de bon voisinage et ouverture sur la Mer noire

Bucarest s’efforce depuis la transition démocratique d’établir de bonnes relations avec ses voisins et à jouer un rôle régional. Elle soutient le renforcement de la présence de l’Union européenne dans la région à travers la « Synergie mer Noire » lancée en avril 2007, qui vise à améliorer la coopération régionale, notamment à travers l’Organisation de coopération économique de la Mer noire (OCEMN ou BSEC selon l’acronyme anglais), dont elle est membre.


Moldavie

D’abord partie de l’Empire russe avant d’être rattachée à la Roumanie en 1918, puis annexée par l’URSS en 1941, puis enfin devenue indépendante après l’éclatement de celle-ci en 1991, la Moldavie, majoritairement peuplée de roumanophones, entretient avec la Roumanie des relations traditionnellement délicates. Alors que l’idée d’une réunification des deux Etats comptait de nombreux partisans lors de l’indépendance de la Moldavie, l’importance de la population russophone et la question de la Transnistrie ont rapidement montré qu’elle n’était pas réaliste. La Roumanie a ainsi été le premier Etat à reconnaître l’indépendance de la Moldavie, dès 1991.

La Roumanie entretient d’intenses échanges avec son voisin du nord-est, notamment dans le domaine culturel et universitaire (plus de 10 000 étudiants moldaves sont inscrits dans les universités roumaines), de nombreux Roumains ayant en outre de la famille en Moldavie. Ces échanges ont néanmoins été rendus plus difficiles par l’adhésion de la Roumanie à l’UE. En effet, à partir de cette date, les citoyens moldaves, qui pouvaient auparavant se rendre en Roumanie avec un simple passeport, ont été soumis à l’obtention d’un visa, exigence mal comprise par une partie de la population moldave. Cette exigence a été levée début 2014. En outre, les Moldaves dont les parents ou les grands-parents étaient roumains en 1941, peuvent demander la nationalité roumaine. 100.000 Moldaves environ ont ainsi profité de cette possibilité et obtenu la nationalité roumaine depuis 1991.

Bucarest souhaite l’octroi à la Moldavie d’une perspective d’adhésion.


Ukraine

Les relations entre la Roumanie et l’Ukraine sont marquées par la question des minorités ethniques : la minorité ukrainienne en Roumanie représente, d’après les chiffres du recensement de 2011, 51 000.personnes. Cette minorité est représentée au Parlement (un mandat de député lui est réservé) et dispose d’une offre en matière d’écoles bilingues réelle, mais limitée en regard de la taille de cette population (un lycée bilingue à Sighet à la frontière ukrainienne, des cours de langue ukrainienne dans plusieurs écoles).

L’Ukraine s’inquiète périodiquement du respect des droits de cette minorité. La minorité roumaine en Ukraine représente quant à elle plus de 300 000 personnes.

Deux questions venaient en outre traditionnellement troubler les relations roumano-ukrainiennes, dont l’une a été résolue :

  • la question de la délimitation de la frontière maritime entre la Roumanie et l’Ukraine (dite « problème de l’Ile-aux-Serpents), aux enjeux économiques forts dans cette zone riche en hydrocarbures, a été tranchée par la Cour internationale de justice en janvier 2009, la Roumanie obtenant environ 80% du territoire contesté ;
  • les travaux d’aménagement du canal de Bystroe entrepris par l’Ukraine pour se doter d’une voie navigable du Danube à la Mer Noire sont à l’origine d’un nouveau contentieux entre ces deux Etats, la Roumanie s’inquiétant des conséquences qu’auraient ces travaux sur l’environnement du delta du Danube, écosystème unique au monde inscrit par l’UNESCO au patrimoine mondial de l’humanité.

La Roumanie soutient en tout état de cause les aspirations de l’Ukraine à rejoindre l’UE et l’OTAN. Elle a très vite apporté son appui à la nouvelle équipe issue des manifestations de la place Maïdan, en février 2014.


Hongrie

Les relations entre la Roumanie et la Hongrie ont longtemps été rendues difficiles par la question des minorités hongroises de Transylvanie. La Transylvanie, région de l’Empire d’Autriche-Hongrie à population majoritairement roumaine, mais comportant une très forte minorité hongroise, a en effet été intégrée à la Roumanie après la Première Guerre mondiale par le traité de Trianon, d’où des tensions occasionnelles autour de la question des droits de la minorité hongroise (qui représente aujourd’hui 1,8 millions d’habitants, soit 8% de la population totale du pays).

La transition démocratique et la constitution roumaine de 1991 qui garantit les droits des minorités, ainsi que la participation du parti représentant la minorité hongroise, l’UDMR, à la plupart des coalitions gouvernementales depuis 1991, ont permis un rapprochement entre les deux pays.

Le Traité de base signé à Timisoara en septembre 1996 a constitué le point de départ d’une coopération bilatérale qui s’est déployée dans tous les domaines : politique, économie, militaire (exercices communs dans le cadre du Partenariat pour la paix en préparation de l’adhésion à l’OTAN) et culturel.


Bulgarie

Fondées sur le Traité de base de 1992, les relations avec la Bulgarie se sont resserrées dans le cadre des négociations pour l’entrée des deux pays dans les structures euro-atlantiques (adhésions simultanées à l’UE et à l’OTAN ; Bucarest et Sofia souhaitent en outre intégrer en même temps l’espace Schengen.

Le dialogue bilatéral est aujourd’hui davantage nourri que par le passé. L’accord signé en 2007 pour la construction d’un deuxième pont sur le Danube (entre Vidin et Calafat, dont la mise en service, plusieurs fois retardée, est toujours attendue), ou encore les démarches communes pour le rétablissement de la navigation sur le Danube en sont une bonne illustration.

Un différend territorial persiste relatif à la délimitation du plateau continental sur la mer Noire (17 km2 contestés par Bucarest). Enfin, les deux pays souhaitent un renforcement de la présence de l’UE dans la région de la mer Noire.


Kosovo

Bucarest a rappelé, après la déclaration d’indépendance de Pristina du 17 février 2008, son opposition sur le fond à une indépendance unilatérale du Kosovo, qu’elle refuse de reconnaître (de même, au sein de l’UE, que l’Espagne, la Grèce, la Slovaquie et Chypre). 59 soldats roumains participaient début 2013 à la KFOR (sur 6.226).

La Roumanie a toutefois assoupli sa position depuis que la Serbie et le Kosovo ont accomplis de très importants progrès dans la normalisation de leurs relations (accord de principe du 19 avril 2013 et début de mise en œuvre depuis). Le président Basescu a tenu à souligner que la position roumaine s’était infléchie au sujet de la participation de Pristina à des organisations régionales mais qu’elle demeurait liée à celle de Belgrade et aux quatre Etats membres de l’Union (Chypre, Slovaquie, Espagne et Grèce) ne reconnaissant pas le Kosovo.

Cette affirmation forte est un écho aux déclarations faites le 3 juin 2013 par le Premier ministre Victor Ponta qui, face aux commissions de politique étrangères des deux chambres réunies avait déclaré qu’il était pour une reconnaissance rapide de l’indépendance du Kosovo.


Serbie

La Roumanie soutient l’ouverture des négociations d’adhésion de la Serbie avec l’Union européenne. Elle reconnait que quelques pas ont été faits par les autorités de Belgrade concernant le traitement de la minorité roumanophone mais estime la situation encore insatisfaisante. Elle souhaite la mise en oeuvre intégrale du Protocole d’accord signé avec la Serbie en 2012.

Le Protocole prévoit des engagements concrets visant à protéger le droit des personnes appartenant à des minorités nationales, qui va de la représentation parlementaire à l’autorisation de construire des églises ou assurer le droit à l’éducation dans la langue maternelle. Il mentionne expressément la nécessité pour Belgrade d’admettre le lien entre son adhésion à l’Union et les critères de Copenhague qui incluent la protection des minorités. Un article important pour Bucarest recommande notamment à la partie serbe "de permettre le service religieux en langue maternelle à la population roumanophone de la Serbie orientale."

La Roumanie indique que, malgré ces difficultés, elle ne bloquera pas le processus d’adhésion de la Serbie à l’Union européenne.


Mise à jour : 11.04.14

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