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La France et la Roumanie

Brève

Roumanie - Entretien du ministre délégué charge des Affaires européennes avec son homologue roumain, George Ciamba (Paris, 29 janvier 2014)

Le ministre délégué évoquera la préparation du Conseil européen de mars prochain sur l’énergie, le climat et l’industrie, l’approfondissement de l’Union économique et monétaire, la réalisation de l’Union bancaire ainsi que la perspective des élections européennes de mai prochain.

Présentation

Relations politiques

Les liens culturels entre nos deux pays sont pluriséculaires. La diffusion de la langue française en Roumanie remonte au XVIIIème siècle, alors que les principautés roumaines de Valachie et de Moldavie se trouvaient encore sous domination ottomane et que les fils des grandes familles roumaines venaient faire leurs études à Paris. La France a, au cours des siècles, accueilli de nombreux intellectuels, chercheurs, artistes d’origine roumaine : Cioran, Brancusi, Eliade, Ionesco, Anna de Noailles, Enesco…

Les relations politiques entre la France et la Roumanie sont également anciennes. Elles prennent leur origine dans le rôle joué par Napoléon III pour la création du jeune Etat roumain sur la scène européenne au XIXème siècle, puis dans l’aide apportée par la France à l’édification de ce nouvel Etat (concurrencée toutefois par l’Allemagne).

La Première Guerre mondiale a fait naître une fraternité d’armes durable. Sous le régime communiste, des liens se sont maintenus (visite du Général de Gaulle en Roumanie en mai 1968). Le soutien appuyé et constant apporté par la France à la double candidature de la Roumanie à l’adhésion à l’Union européenne et à l’OTAN s’est inscrit dans cette tradition de relations privilégiées unissant nos deux pays. La France dispose par ailleurs avec la Roumanie dans les enceintes multilatérales d’un allié dont la proximité nous est précieuse.


Visites récentes

Le secrétaire d’Etat aux affaires européennes George Ciamba s’est rendu à Paris le 29 janvier 2014 et s’est entretenu avec le ministre délégué aux affaires européennes, Thierry Repentin.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault s’est rendu à Bucarest les 11 et 12 juillet 2013. Il s’est entretenu avec le premier ministre Ponta ainsi qu’avec le président Basescu. Il était accompagné des ministres des Affaires européennes (M. Repentin), de l’agriculture (M. Le Foll), du commerce extérieur (Mme Bricq) ainsi que de l’écologie, du développement durable et de l’énergie (M. Martin).

Le ministre des Affaires étrangères Titus Corlatean s’est entretenu le 11 juin 2013 à Paris avec son homologue Laurent Fabius ainsi qu’avec le ministre délégué chargé des Affaires européennes Thierry Repentin. Mme Yamina Benguigui, Ministre déléguée chargée de la Francophonie, s’est rendu en Roumanie les 6 et 7 juin 2013. Le premier ministre Victor Ponta a été reçu à Paris le 21 février 2013 par le Président de la République ainsi que par le Premier ministre, avec lequel il a signé la nouvelle feuille de route (2013-2018) du partenariat stratégique signé en 2008 entre les deux pays.

Le Ministre de l’intérieur Manuel Valls et le Ministre chargé des Affaires européennes se sont rendus en Roumanie les 12 et 13 septembre 2012. Cette visite a été principalement consacrée à la question de l’intégration des Roms en Roumanie. Elle a notamment permis la signature d’un accord entre le gouvernement roumain et l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII). Les questions européennes ont également été à l’ordre du jour (crise de la zone euro, perspectives financières).

La dernière visite du Président de la République française en Roumanie a eu lieu en février 2008. Cette visite a permis de concrétiser la volonté des deux pays de relancer la relation bilatérale en mettant en place un partenariat stratégique, dont la mise en œuvre est encadrée par une feuille de route, qui a été agréée à l’occasion de la visite à Paris du Premier ministre roumain le 22 avril 2008.

La dernière visite à Paris du président roumain Traian Basescu a eu lieu les 18 et 19 mai 2009. Le ministre roumain des Affaires étrangères, Teodor Baconschi, s’est quant à lui rendu à Paris le 5 avril 2011 pour un entretien avec le Ministre d’Etat Alain Juppé.

Le groupe d’amitié France-Roumanie de l’Assemblée nationale est présidé par le député Lionel Luca et celui du Sénat par le sénateur Bernard Fournier.


Relations économiques

Notre déficit commercial avec la Roumanie est en cours de résorption

La France est restée en 2012 le quatrième partenaire commercial de la Roumanie. Nos échanges bilatéraux ont atteint un nouveau pic de 6,25 Mds d’€ (+2%). La tendance à la hausse des exportations roumaines observée en 2010 et 2011 tend à s’inverser au profit des exportations françaises (3 Mds d’€, +4,2%), tandis que les exportations roumaines vers la France stagnent à 3,23 Mds d’€ (+0,2%). Il en résulte une résorption du déficit commercial que la France avait accumulé au plus fort de la crise.

La structure et l’ampleur du commerce bilatéral sont en grande partie déterminées par la nature des investissements français en Roumanie, majoritairement concentrés dans l’industrie. En 2012, nos échanges commerciaux sont en hausse de 2%. Après une période de forte progression des exportations roumaines vers la France, ce sont à présent les exportations françaises vers la Roumanie qui continuent d’augmenter, quoique modérément, (+4,2%) alors que les ventes roumaines en France stagnent (+0,2%).


Investissements : un positionnement stratégique dans l’économie roumaine

S’agissant des investissements, la présence économique française en Roumanie est importante, variée et dynamique. Le rôle de pionniers des investisseurs français et leur engagement durable en Roumanie leur assurent une place à part dans le paysage local, valorisée par une communauté d’affaires bien organisée et active (rachat en 1999 du constructeur Dacia par Renault, implantation d’Eurocopter en 2003).

Malgré la crise et la révision à la baisse des fondamentaux de la Roumanie (croissance potentielle, population), les investissements français se sont poursuivis, notamment dans les secteurs porteurs (centre d’essais Renault Technologie Roumanie de Titu pour Dacia Renault) ou dans une perspective stratégique (investissement d’AXA pour prendre pied sur le marché roumain, entrée de Sofiprotéol et Tereos sur le marché de l’agroalimentaire). La France a ainsi nettement amélioré ses positions : avec un stock de 5,04 Mds €, elle occupe une part de 9,1% fin 2011, contre 8,3% un an plus tôt. Elle reste en 4ème position (3ème si on gomme le biais statistique néerlandais) derrière les Pays-Bas (21,7% de parts de marché), l’Autriche (17,5%) et l’Allemagne (11,4%).

AREVA est présent dans la filière nucléaire à travers un contrat de fourniture de systèmes de ventilation, signé en janvier 2012, avec le canadien SNC-Lavallin, qui est chargé de moderniser les réacteurs 1 et 2 de la centrale de Cernavoda. La difficulté à financer la construction des réacteurs 3 et 4 de cette même centrale pourrait donner ses chances au projet de deuxième centrale, qui représenterait alors une véritable opportunité pour le réacteur de moyenne puissance ATMEA1, développé conjointement par AREVA et le japonais MHI.

Après le temps de grands groupes pionniers, ce sont à présent les PME qui forment la grande majorité de la présence française en Roumanie (on recense en tout environ 3500 entreprises françaises en Roumanie). La plupart de ces PME se sont installées à la demande de leurs donneurs d’ordre (par exemple, les équipementiers automobiles dans le sillage des grands constructeurs).

Les PME sont également très actives dans les domaines de l’ingénierie, des TIC et des jeux vidéo. Par ailleurs, de plus en plus d’entreprises à capitaux français sont de très petites implantations locales détenues par des Français, notamment dans le secteur des services (hôtellerie, restauration, tourisme).


Coopération culturelle, scientifique et technique

La Roumanie, pays francophone et membre actif de la Francophonie

La Roumanie, membre à part entière de la Francophonie depuis le Sommet de l’Ile Maurice en 1993, a accueilli le XIème Sommet de la Francophonie les 28 et 29 septembre 2006.

Le français est aujourd’hui étudié par plus de la moitié des élèves et parlé par un Roumain sur cinq, mais est menacé par la montée rapide de l’anglais. En réponse aux besoins de la Roumanie de former rapidement des élites administratives, la France poursuit son action de soutien à la formation technique et linguistique des cadres administratifs, cette dernière s’inscrivant dans le plan pluriannuel, de « relance de l’apprentissage du français dans l’administration roumaine », mis en œuvre depuis 2004.

La loi sur l’éducation du 20 octobre 2010 maintient l’évaluation de deux langues de circulation internationale au baccalauréat. Cela constitue une victoire des défenseurs du français contre un projet qui visait à ne laisser subsister qu’une langue, ce qui aurait fortement pénalisé le français, aujourd’hui appris par 1,7 millions d’élèves roumains.

Notre coopération culturelle et linguistique est dans ce contexte intense. Elle s’appuie en Roumanie sur un réseau ramifié d’institutions : l’Institut français de Roumanie, avec trois antennes en province (Cluj-Napoca, Iasi, Timisoara), cinq Alliances françaises (Brasov, Constantza, Craiova, Pitesti, Ploiesti), le Lycée français de Bucarest "Anna de Noailles", dont les nouveaux bâtiments ont été inaugurés par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault le 11 juillet 2013 et enfin 10 lecteurs de français présents dans les universités.

Ce dispositif est complété par des sections bilingues dans l’enseignement secondaire (59), des filières francophones (10), des modules d’enseignement francophone de 3ème cycle (17) et dans le supérieur (70), le tout appuyé par un important programme de bourses d’études.

A noter enfin une nouvelle plateforme francophone pour les sciences humaines et sociales : le Centre Régional Francophone de Recherches Avancées en sciences sociales (CEREFREA). Ce projet, initié par l’ambassade et l’Université de Bucarest, a reçu en 2012 le prix Louis D (Institut de France) d’un montant de 750 000 €. Cette somme va permettre d’accueillir de nombreux chercheurs, scientifiques et artistes en résidence et de donner de la visibilité à la Francophonie roumaine. Les travaux sont en cours et la Villa Noel, qui hébergera le CEREFREA, devrait être inaugurée en mars 2014.

La France accueille près de 5.000 étudiants roumains (2ème pays d’accueil après l’Italie pour les jeunes Roumains) et la Roumanie plus de 1.000 étudiants français. 1.600.000 élèves apprennent le français (langue en 2ème position après l’anglais) : il existe 55 lycées bilingues, dont 29 préparent au baccalauréat à mention francophone.

Il convient en outre de souligner l’implication de la France dans le projet ELI-NP : le volet roumain ELI-NP (Extreme Light Insfrastructure-Nuclear Physics) du projet européen de recherche dans le domaine des lasers (ELI) participe à l’influence française dans 3 domaines : la recherche avec la participation actée du CNRS au projet (principalement du transfert de technologie), l’industrie de pointe avec la signature d’un contrat de 60 M € par THALES pour la livraison d’un système lasers, et l’universitaire avec la création de programmes de formations adaptés au projet impliquant THALES Université, des universités roumaines et à terme, des grands établissements d’enseignement supérieur français.

Le montant de l’enveloppe de l’ambassade dédiée à la coopération culturelle, scientifique et technique s’élève en 2013 à 2,16 M€.


Une coopération dans le secteur de la gouvernance articulée entre Etat, collectivités et ONG

Notre coopération dans le domaine de la gouvernance accompagne la Roumanie dans ses efforts de réforme et de modernisation de l’administration et de son système judiciaire et vise à améliorer la cohésion territoriale ainsi que la cohésion sociale dans le pays d’Europe marqué par les plus fortes disparités interrégionales et sociales.

Dans ce contexte, la coopération bilatérale se poursuit et se concentre sur des thématiques prioritaires pour ce pays européen qui peine à structurer et à territorialiser les politiques publiques indispensables à son développement sur le long terme.

Les projets mis en œuvre visent à développer les coopérations dans le domaine de la réforme administrative, de la décentralisation, de la gestion des fonds européens, du pilotage des politiques sociales, (notamment en faveur des droits de l’enfant et de l’insertion des Roms), de l’urbanisme, de l’agriculture et de la santé.

Par ailleurs, il convient de consolider la complémentarité avec les partenariats menés par collectivités sur l’ensemble du territoire roumain. La coopération décentralisée franco-roumaine est dense : on dénombre aujourd’hui plus de 250 partenariats, dont une cinquantaine concerne des projets structurants sur des thématiques au cœur des défis du développement local : éducation et jeunesse, développement économique et emploi, organisation des services sociaux et de santé, intégration sociale des populations défavorisées (dont les Roms), urbanisme, patrimoine et développement rural.

Après Villefranche de Rouergue en 2003, en 2005 à Cluj en 2005 et Nantes en 2007, les 4èmes assises de la coopération décentralisée se sont tenues à Constata en Roumanie les 13 et 14 juin 2013.


Coopération franco-roumaine sur la problématique de l’intégration des populations roms

Une coopération bilatérale a été mise en place dans le but de lutter contre la criminalité des réseaux qui exploitent les populations roms, et de favoriser l’insertion et la réinsertion de ces populations en Roumanie. Depuis fin 2011, une quinzaine de policiers roumains est affectée en France pour épauler la police française dans la lutte contre les réseaux criminels qui sévissent entre nos deux pays.

D’autres échanges sont prévus dans l’optique de renforcer cette coopération. Le souhait de la France est que cette question soit débattue au niveau européen, afin de créer un cadre permettant aux Etats d’origine des populations roms d’assumer leur responsabilité de les intégrer.


Mise à jour : 07.03.14

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