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L’Union européenne et la Roumanie

Les relations avec l’Union européenne

Premier pays d’Europe centrale à avoir établi des relations contractuelles avec l’Union européenne (accord d’association en 1993, dépôt de candidature en 1995), la Roumanie avait fait de son adhésion à l’Union européenne, intervenue le 1er janvier 2007, un objectif majeur de sa politique étrangère.

L’appartenance à l’Union européenne fait toujours largement consensus parmi la classe politique roumaine ainsi que parmi l’opinion publique, qui nourrit de très fortes attentes vis-à-vis de l’UE. En effet, outre la source de développement économique que représente l’Union (la Roumanie s’est vu attribuer 19,2 Mds € pour la période 2007-2013 et bénéficiera d’une augmentation substantielle de 3,2 Mds € supplémentaires pour la période de programmation 2014-2020), les Roumains voient dans l’intégration européenne une rupture avec l’époque du communisme. Le Parlement roumain a ainsi ratifié à la quasi-unanimité le traité de Lisbonne le jour de la visite du Président Sarkozy à Bucarest (4 février 2008). On remarquera néanmoins que la participation roumaine aux élections européennes reste faible.

Aujourd’hui, la priorité européenne de la Roumanie est son entrée dans l’espace Schengen.

Schengen et Mécanisme de coopération et de vérification (MCV)

A la suite de son adhésion à l’UE en 2007, la Roumanie (comme la Bulgarie) a engagé le processus permettant son entrée dans l’espace Schengen. Ce travail technique s’est achevé en juin 2011 par l’adoption de conclusions du Conseil relevant le niveau suffisant de préparation.

Toutefois, considérant la persistance de problèmes de corruption et de dysfonctionnement du système judiciaire, la France et l’Allemagne ont remis en cause l’entrée de la Roumanie (et de la Bulgarie) dans l’espace Schengen, puis proposé à l’automne 2011 une solution en deux étapes : dans un premier temps, ouverture des frontières aériennes et maritimes, puis décision ultérieure sur l’ouverture des frontières terrestres.

Constatant qu’il n’y aurait pas unanimité sur une adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à l’espace Schengen (du fait notamment de l’opposition affichée de l’Allemagne et des Pays-Bas), le Conseil JAI de décembre 2013 a décidé de renvoyer l’examen de la question.

Par ailleurs, un mécanisme de coopération et de vérification (MCV) a été mis en place en 2007 pour la Roumanie et la Bulgarie, la Commission étant chargée d’évaluer les progrès de ces deux pays dans les domaines de l’état de droit et de la lutte contre la corruption.

Dans les derniers rapports annuels du MCV, publiés en janvier 2014 et janvier 2015, la Commission a dressé un bilan encourageant pour la Roumanie, tout en soulignant la nécessité d’inscrire dans la durée les avancées constatées.

Euro

La Roumanie se fixe pour objectif d’adopter la monnaie unique en 2019.

Fonds européens

Un problème persistant pour la Roumanie en vue de sa convergence économique et sociale au sein de l’UE demeure celui de l’absorption des fonds communautaires, à ce jour insuffisante.

La Roumanie affiche le taux d’absorption des fonds structurels et de cohésion (FSC) le plus faible de l’UE : au 31 décembre 2014, elle a absorbé 53,6 % de l’enveloppe, soit 10,8 Mds € sur les 19,2 Mds € mis à sa disposition (le plus faible taux de l’UE).

Cette mauvaise performance s’explique en premier lieu par des facteurs qui tiennent de la médiocre administration de ces fonds par les autorités roumaines, malgré de récents progrès :

  • le manque de vision stratégique : il n’existe pas de stratégie de développement fixant des priorités ni de culture d’évaluation de l’efficacité du système de gestion des fonds européens,
  • le manque de transparence, qui ouvre notamment un champ à la corruption (exemples des démissions d’un ancien ministre du travail et d’un directeur de l’agence nationale pour l’emploi, qui monnayait l’accès à la direction de projets européens en échange de pots-de-vin),
  • un système d’appels d’offres inadapté qui laisse une trop grande place aux contestations, retardant la mise en œuvre des projets et donc l’absorption effective des fonds,
  • une externalisation excessive de la gestion, conduisant à des irrégularités dans les procédures.

PSDC

Malgré la priorité donnée à l’OTAN, Bucarest manifeste, depuis quelques années, la volonté de soutenir le processus de renforcement de la PSDC. Elle attache, dans ce contexte, beaucoup d’importance au renforcement de la coopération entre l’UE et l’OTAN. Elle attache également de l’importance aux travaux liés à la cybersécurité.

La Roumanie participe à plusieurs missions et opérations PSDC, en particulier dans les Balkans et le Caucase : 44 personnes dans l’opération EUFOR Althéa de soutien à la paix et à la stabilité en Bosnie-Herzégovine (à laquelle Bucarest est très attachée) ; 36 personnels déployés dans la mission EULEX Kosovo dans le domaine de l’Etat de droit ; 36 personnes dans la mission de surveillance du cessez-le-feu en Géorgie (MSUE Géorgie) et 7 personnes dans la mission civile de restauration de l’état de droit en Ukraine (EUAM Ukraine). La Roumanie participe également à la quasi-totalité des missions de PSDC en Afrique, même si sa contribution y est symbolique : 5 personnes dans la mission civile EUCAP NESTOR destinée à renforcer les capacités maritimes et judiciaires des Etats de la Corne de l’Afrique ; 3 personnes dans la mission civile EUCAP SAHEL NIGER de formation des forces de sécurité nigériennes ; 2 personnes dans la mission militaire EUTM Mali de formation des forces armées maliennes et 2 personnes dans la mission civile EUCAP SAHEL MALI de formation des forces de sécurité intérieure maliennes. La Roumanie a, par ailleurs, soutenu les efforts français en vue du lancement de l’opération EUFOR RCA, et a annoncé qu’elle participerait à la mission EUMAM RCA de conseil aux forces armées centrafricaines à hauteur de 2 personnels.

Bucarest a enfin participé au groupement tactique de l’UE (GTUE) en alerte au premier semestre 2014, et devrait également contribuer au GTUE en alerte au premier semestre 2016 (avec la Grèce comme nation-cadre).

Priorités européennes de la Roumanie

Les priorités de la Roumanie en matière de politique européenne sont, pour l’essentiel :

  • l’adhésion à l’espace Schengen (cf. supra) ;
  • la politique agricole commune : la Roumanie qui compte la plus forte population agricole d’Europe (le secteur primaire représentant 32 % de la population active), attache une grande importance à la PAC.
  • la sécurité énergétique : la Roumanie, quoique productrice de pétrole et gaz naturel en mer Noire, dépend partiellement du gaz russe (pour 30 % de ses approvisionnements) ;
  • la politique de voisinage à l’est : du fait de sa position géographique à la frontière orientale de l’Union et de sa relation particulière avec la Moldavie, la Roumanie plaide en faveur d’une politique de voisinage à l’est ambitieuse. Elle appuie les initiatives de la « synergie de la Mer noire » et du Partenariat oriental ;
  • l’élargissement : la Roumanie soutient l’élargissement de l’UE aux Balkans, à la Turquie, et surtout à la Moldavie, dont elle défend les perspectives d’adhésion.

La Roumanie dans les institutions européennes

La Roumanie dispose actuellement de 14 voix au Conseil (4, 1%).

Mise à jour : 13.04.15

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