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Présentation

Données générales

Nom officiel : République centrafricaine
Nature du régime : République
Chef de l’Etat de la transition : Mme Catherine Samba-Panza
Chef du gouvernement de transition : M. Mahamat Kamoun

Données géographiques

Superficie : 623 000 km²
Capitale : Bangui.
Villes principales : Bangui (600 000 hab.), Berbérati, Carnot, Bouar.
Langues officielles : français, sango.
Langues courantes : français, sango.
Monnaie : Franc CFA (100 FCFA = 0,15 euro).
Fête nationale : 1er décembre (date de la proclamation de la République en 1958).

Données démographiques

Population : 4,7 millions d’habitants (INED, 2013)
Densité : 7,2 hab/km²
Croissance démographique : 2 % (BM, 2012).
Espérance de vie : 49,5 ans (DGT, 2013).
Taux d’alphabétisation des adultes (15 ans et plus) : 55 % (DGT, 2013).
Religions : animisme, christianisme, islam.
Indice de développement humain : 180e sur 186 pays (PNUD 2013).

Données économiques

PIB (2013) : 1,54 milliards USD (DGT)
PIB par habitant (2013) : 335 USD (DGT)

Taux de croissance : - 36,7 % en 2013 / 1 % estimés pour 2014 (DGT)
Taux de chômage (au sens du BIT) : absence de données
Taux d’inflation : 5,9 % en 2013 / 11,6 % estimés fin 2014 (DGT)

Solde budgétaire : - 9,3 % en 2013 / - 11,8 % estimés pour 2014 (DGT)
Balance commerciale : - 800 millions USD (DGT, 2013)

Principaux clients (2013) : Belgique (33,1 %), Chine (30 %), Indonésie (6 %) – DGT.
Principaux fournisseurs (2013) : France (24,7 %), Etats-Unis (9,9 %), Pays-Bas (8,7 %) – DGT.

Part des secteurs d’activités dans le PIB :

  • services : 32,9 % ;
  • agriculture : 29,6 % ;
  • industrie : 14,3 %.

Exportations de la France vers la RCA : 5,3 millions USD (DGT, 2013)
Importations françaises depuis la RCA : 50 millions USD (DGT, 2013)

Consulat de France : Bangui.
Communauté française en RCA : 789 ressortissants sur place dont 390 binationaux (CDC, fin 2014).
Communauté centrafricaine en France : 6613 ressortissants centrafricains.

Politique intérieure

Le 10 décembre 2012, la coalition de rebelles « Séléka », composée de dissidents de mouvements ayant déjà signé la paix (sans avoir bénéficié du processus DDR) et d’autres mouvements apparus en septembre 2012, amorce à partir du Nord-Est un mouvement de conquête du pays qui l’amène, fin décembre, à une centaine de kilomètres de la capitale. L’incapacité des forces armées centrafricaines à résister conduit les pays voisins, notamment le Tchad (mais aussi le Gabon, le Congo et le Cameroun), à s’interposer militairement pour protéger la capitale et contraindre les rebelles à négocier.

De son côté, le président Bozizé signe avec l’Afrique du Sud un accord visant à s’assurer son soutien militaire. Les négociations avec les rebelles et l’opposition menées sous l’égide de la CEEAC (Communauté économique des Etats d’Afrique centrale) aboutissent, le 11 janvier à Libreville, à un cessez-le-feu et à un accord politique prévoyant la nomination d’un gouvernement d’union nationale et l’organisation d’élections anticipées. A la suite de nombreux blocages, les rebelles reprennent l’offensive et renversent le président Bozizé le 24 mars, faisant des victimes dans les rangs sud-africains puis livrant la capitale à la violence et au pillage. La communauté internationale condamne la prise du pouvoir par la force et prône le retour au cadre des accords de Libreville.

L’histoire de la RCA est jalonnée de changements de régime soudains, mais la prise du pouvoir par la coalition rebelle Séléka le 24 mars 2012 crée un contexte inédit de violence exacerbée et de très grande instabilité, du fait de la destruction quasi-totale de l’Etat.

A Bangui, le processus de transition politique s’inscrit dans le cadre tracé, en grande partie, par l’accord de Libreville (11 janvier 2013) et par la déclaration de Ndjamena (sommet CEEAC du 18 avril). Ce cadre, sanctionné par le Conseil de sécurité de l’ONU, prévoit une transition de 18 mois devant aboutir à des élections (présidentielle et législatives). Promulguée le 18 juillet, la Charte constitutionnelle de transition organise le fonctionnement des institutions jusqu’aux élections. Le tandem formé par Michel Djotodia, chef de la Séléka et chef d’Etat de la transition, et Nicolas Tiangaye, Premier ministre désigné à la suite des accords de Libreville, peine à mettre en œuvre le processus. Au sommet extraordinaire de Ndjamena, les 9 et 10 janvier 2014, les chefs d’Etat de la CEEAC entérinent leur démission. Le 20 janvier, le Conseil national de transition, organe législatif pour la durée de la transition, élit Catherine Samba Panza – jusque-là maire de Bangui – à la tête de l’Etat, investie le 23 janvier. Un gouvernement resserré, dirigé par André Nzapayéké, ancien vice-président de la Banque de développement des Etats d’Afrique centrale, est constitué le 27 janvier.

Face à la poursuite des violences, et en accord avec les autorités centrafricaines et les partenaires internationaux, le président congolais Denis Sassou Nguesso, médiateur de la crise centrafricaine, convoque un forum de dialogue à Brazzaville, les 21 et 23 juillet. Réunissant représentants des groupes armés, des partis politiques et de la société civile, celui-ci aboutit à la signature d’un accord de cessation des hostilités. Dans le contexte de cette nouvelle dynamique, Catherine Samba-Panza nomme le 10 août Mahamat Kamoun, un de ses proches conseillers, en remplacement du Premier ministre démissionnaire André Nzapayéké. Formée le 22 août, la nouvelle équipe gouvernementale s’emploie depuis lors à conduire les chantiers prioritaires de la transition : dialogue avec les groupes armés en vue du désarmement et de la démobilisation des combattants, réforme du secteur de la sécurité, reconstruction de l’Etat, préparation des élections. Ne disposant ni d’une force publique opérationnelle, ni d’un appareil administratif en ordre de marche, ni de ressources budgétaires sûres, les institutions peinent toutefois à exercer leurs compétences de façon autonome.

La dernière réunion en date du groupe international de contact sur la RCA, le 11 novembre à Bangui, a permis de renouveler le soutien international aux autorités centrafricaines de transition et d’appuyer la proposition de prolongation de la période de transition jusqu’en août 2015.

Si le calme est revenu à Bangui et dans une partie du pays, la situation sécuritaire reste hétérogène et volatile, en particulier dans le centre du pays, où anti-balaka et ex Séléka s’affrontent régulièrement. L’autorité de l’Etat demeure absente de la plus grande partie du territoire centrafricain, une majorité de fonctionnaires n’ayant pas regagné leurs fonctions. Les conditions de vie des populations sont gravement détériorées, sur tous les plans : sécuritaire, humanitaire et droits de l’homme, alimentaire, sanitaire etc.

Au Sud-Est et à l’Est, des éléments de la Lord’s Resistance Army (LRA) de Joseph Kony se livrent à des attaques ponctuelles sur les populations. Cette menace est toutefois limitée par l’Initiative de coopération régionale contre la LRA (ICR-LRA) et la force régionale de l’Union africaine déployée dans ce cadre (éléments ougandais soutenus par les forces spéciales américaines).

Situation économique

La crise politique et sécuritaire actuelle ne fait qu’amplifier les difficultés économiques habituelles de la RCA. Enclavée et tributaire de la voie fluviale Oubangui-Congo et des routes vers le Tchad et le Cameroun, la RCA figure parmi les plus pauvres des pays les moins avancés, avec un indice de développement humain la plaçant au 185e rang sur 187 (PNUD, 2014) et un PIB par habitant de 335 USD en 2013. Après une année 2013 désastreuse (récession évaluée à -36,7%), les estimations annoncent un mieux très modeste pour 2014 (1%), dans un contexte de reprise partielle des activités commerciales.

En temps de paix, les quatre activités traditionnellement créatrices de richesse sont le diamant, le bois, le coton et l’élevage. Le secteur primaire contribue à 55% du PIB et à environ 90% des exportations. Il se compose essentiellement d’une agriculture de subsistance (22,6% du PIB), des industries extractives (4%, essentiellement le diamant), de l’élevage (3,5%) et de la sylviculture (2,2%). L’exploitation forestière concerne environ 2 millions d’hectares. Les industries de transformation (boissons, sucre, cigarettes, fabrication de tôles et d’articles de ménage en aluminium), embryonnaires avant la crise, en ont beaucoup pâti, avant un redémarrage partiel.

La dégradation sécuritaire liée à la crise a engendré une profonde désorganisation de l’économie nationale, n’épargnant aucun secteur : élevage (-55%), agriculture (-35,1%), services (-31,6%), industrie (-20,8%), sylviculture (-17%). Les transports routiers et aériens restent extrêmement dépendants de la sécurisation des sites sensibles par les forces internationales (aéroport, axe Bangui-Cameroun, stations-service) tandis que la majorité des entreprises ont été dépossédées de leur appareil de production. Seuls les secteurs bancaire et sucrier connaissent, dans une certaine mesure et à l’instar du commerce de proximité, une reprise de leur activité.

Suspendue du Processus de Kimberley et de l’Initiative pour la transparence des industries extractives depuis le 23 mai 2014, la RCA est frappée par un embargo sur les exportations de diamants, qui constituaient l’une des principales sources de revenus d’exportation mais aussi une rente pour les milices qui les contrôlent.

Les finances publiques sont dans un état de désorganisation quasi-totale et d’assèchement des recettes budgétaires. Avant la crise, elles se caractérisaient par une trésorerie structurellement déficitaire, une capacité d’investissement très faible, une forte dépendance à l’aide budgétaire extérieure (elle représente un tiers des recettes) et des difficultés à assurer le service de la dette. La RCA a bénéficié d’annulations de dettes importantes, dont celle de la France (5,5 M€), après avoir atteint le point d’achèvement de l’initiative PPTE en juin 2009 (réduction de 578,3 MUSD). A partir de mars 2013, l’effondrement des recettes douanières et fiscales du pays a rendu d’autant plus importants les appuis de la CEMAC et ses pays membres (prêt congolais de 38 M€), de la France (6 M€), de l’Union européenne (33 M€), de la Banque africaine de développement (15 MUSD), de la Banque mondiale (30 MUSD) et du FMI (facilité rapide de crédit de 12,9 MUSD accordée le 14 mai 2014).

L’engagement de la communauté internationale en RCA se traduit aussi par le projet européen de pôles de développement régionaux qui mobilise une part importante du 10e FED (2008-2013). L’enveloppe A de ce 10e FED a réservé 137 M€ (part théorique de la France : 33 M€) qui se répartissent ainsi : 53 % pour la gouvernance démocratique, la réhabilitation socio-économique et les pôles de développement, 14% pour le secteur des transports et infrastructures urbaines, 25% pour l’appui budgétaire. Mais en l’absence d’autorités élues en RCA, les projets de coopération sont suspendus et l’aide réorientée vers les secteurs humanitaire et de la société civile.

Politique extérieure

La prise du pouvoir par la Séléka, le 24 mars 2013, a entraîné des condamnations internationales, la suspension de la RCA des instances et des activités de l’Union africaine et des sanctions contre ses dirigeants d’alors. La situation actuelle a une incidence forte sur l’insertion de la RCA dans son environnement régional et sur ses relations internationales, dominées par l’évolution de la situation et les enjeux de la gestion de crise.

Sur un plan plus structurel, si la relation politique avec la France reste importante, la RCA cherche à diversifier ses partenaires pour financer sa stratégie nationale de réduction de la pauvreté. Afin de consolider la paix à travers le dialogue politique et le DDR, les Nations Unies se sont fortement engagées en créant une « formation RCA » au sein de la Commission de consolidation de la paix puis, plus récemment en transformant le Bureau intégré des Nations Unies en Centrafrique (BINUCA) en mission multidimensionnelle (MINUSCA), dirigée par un Représentant spécial du Secrétaire général. Par le passé, la Centrafrique avait déjà accueilli des opérations de maintien de la paix internationales, notamment afin de protéger les réfugiés, déplacés et acteurs humanitaires dans le contexte de la crise du Darfour : le détachement français de Birao (Nord-Est) a été intégré à l’opération EUFOR Tchad-RCA en mars 2008, puis relevé par la MINURCAT (Mission des Nations Unies en RCA et au Tchad) jusqu’en décembre 2010.

La RCA entretient en temps normal des relations peu denses mais assez bonnes avec ses voisins et partenaires au sein des organisations régionales, qui redoutent cependant les conséquences pour eux-mêmes de l’instabilité qui marque le pays. Le Tchad est intervenu plusieurs fois ces dernières années pour aider les forces centrafricaines dans la lutte contre les rébellions installées à proximité de la zone frontalière. Le comité de suivi des accords de Libreville, présidé par le chef d’Etat congolais Denis Sassou Nguesso, appuie un règlement pacifique et global de cette crise et coordonne les négociations entre le gouvernement, les rebelles et l’opposition légale.

Face à l’ampleur des défis que pose la situation en RCA, des forces internationales dont la nature a évolué ont été déployées successivement. A la MICOPAX, force mise en place par la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale, appuyée par le détachement français Boali, a succédé à partir du 1er août 2013, à l’initiative de l’Union africaine et sous sa conduite, la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA). La résolution 2127 a conféré à la MISCA un mandat du Conseil de sécurité des Nations Unies, couvrant également la force française Sangaris chargée de l’appuyer. Composée de 6000 éléments provenant des Etats d’Afrique centrale (Tchad, Cameroun, Congo-Brazzaville, RD Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Burundi et Rwanda), la MISCA s’est déployée à Bangui et en province, avec le soutien de Sangaris. Devant l’ampleur de la crise et l’étendue des besoins, le Conseil de sécurité a autorisé, dans sa résolution 2149 du 10 avril 2014, le déploiement d’une opération multidimensionnelle des Nations Unies, dotée d’un large mandat : protection des civils, soutien au processus politique, promotion et protection des droits de l’Homme, appui à la justice, soutien au processus de désarmement, démobilisation, réinsertion et rapatriement, etc. Après avoir relevé la MISCA le 15 septembre, la MINUSCA poursuit sa montée en puissance en vue d’atteindre sa pleine capacité opérationnelle, prévue au 15 avril 2015 (plafond de 10 000 militaires et 1820 policiers). L’opération Sangaris poursuit au bénéfice de la MINUSCA la mission d’appui qu’elle remplissait auparavant auprès de la MISCA.

Lancée le 1er avril, l’opération militaire de PSDC EUFOR RCA (730 hommes) assure depuis le 15 juin et jusqu’au 15 mars 2015 la sécurisation d’une partie de la capitale, en appui de la MINUSCA.

Mise à jour : 05.12.14


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