Présentation
Données générales
Nom officiel : République centrafricaine
Nature du régime : République.
Chef de l’Etat et/ou du Gouvernement : M. François Bozizé, Président de la République.
Données géographiques
Superficie : 623 000 km².
Capitale : Bangui.
Villes principales : Bangui (600.000 hab), Berbérati, Carnot, Bouar.
Langue (s) officielle (s) : français, sango.
Langue (s) courante (s) : français, sango.
Monnaie : Franc CFA (100 FCFA = 0,15 euro).
Fête nationale : 1er décembre (date de la proclamation de la République en 1958).
Données démographiques
Population : 4,4 M hab
Densité : 7,2 hab/km²
Croissance démographique : 1,9 % (BM, 2011).
Espérance de vie : 48,3 ans (BM, 2011).
Taux d’alphabétisation des adultes (15 ans et plus) : 55 % (BM, 2010).
Religions : animisme, christianisme, islam.
Indice de développement humain : 180e sur 186 pays (PNUD 2013).
Données économiques
PIB : 2,2 Md USD (BM, 2011).
PIB par habitant : 489 USD (BM, 2011).
Taux de croissance : + 3,3 % (BM, 2011).
Taux d’inflation : 1,2 % (MINEFI, 2011).
Solde budgétaire total : - 7 % du PIB (MINEFI, 2011).
Balance commerciale : - 770 M USD (EIU, 2011).
Principaux clients : Belgique (26%), Chine (18%), Maroc (10%), France (6%) (EIU, 2011).
Principaux fournisseurs : Pays-Bas (41%), France (17%), Cameroun (10%) (EIU, 2011).
Part des secteurs d’activités dans le PIB : primaire : 54%, secondaire : 13%, tertiaire : 32%.
Exportations de la France vers la RCA, 2011 : 43,3 M€ (MINEFI 2011).
Importations françaises depuis la RCA, 2011 : 8,6 M€ (MINEFI 2011).
Communauté française en RCA : 1 246 ressortissants enregistrés (2012).
Communauté centrafricaine en France : 6 613 ressortissants centrafricains.
Politique intérieure
Porté au pouvoir par le coup de force du 15 mars 2003, le général François Bozizé a mené à bien une transition politique conclue par l’élection présidentielle et les législatives des 13 mars et 8 mai 2005. Il a été élu à la présidence avec 64,6% des voix face à Martin Ziguélé, candidat du Mouvement de Libération du Peuple centrafricain (MLPC), parti de l’ancien président Patassé.
Le gouvernement a lancé en 2008 un processus de « dialogue politique inclusif » visant la réintégration des mouvements de rébellion armée du Nord du pays et leur transformation en partis politiques. Le 21 juin 2008, un « accord de paix global » a été signé à Libreville entre le gouvernement, l’APRD (Armée populaire pour la Restauration de la Démocratie) et l’UFDR (Union des Forces démocratiques pour le Rassemblement), prévoyant le vote de lois d’amnistie.
La réunion du groupe de suivi de l’accord de Libreville (19-20 novembre 2008) a permis d’aboutir à un consensus sur la loi d’amnistie et à un accord sur le programme de DDR (désarmement, démobilisation et réinsertion). Enfin le « forum sur le dialogue politique inclusif » de Bangui (8 au 20 décembre 2008) a vu le ralliement des derniers mouvements de rébellion armée, la réaffirmation du processus de réforme des systèmes de sécurité et l’annonce de la formation d’un gouvernement représentant toutes les sensibilités politiques. Ce processus a abouti à la mise en place du cadre institutionnel pour les élections.
Les élections présidentielle et législatives ont eu lieu le 23 janvier 2011 (le deuxième tour des législatives le 27 mars). Le scrutin s’est déroulé sans incident sécuritaire avec une participation de plus de 60%, mais il a été marqué par de nombreux dysfonctionnements et problèmes matériels.
La réélection du président Bozizé au premier tour avec 64% des voix n’a pas été remise en cause, mais les résultats des élections législatives, écartant l’opposition de l’Assemblée nationale au profit du parti présidentiel KNK (« kwa na kwa » en sango, signifiant « le travail, rien que le travail ») et de ses alliés, ont été fortement contestés.
L’opposition a réagi en formant la coalition « FARE 2011 » (Front pour l’annulation et la reprise des élections) et de nouvelles tensions avec le gouvernement sont apparues au cours de l’année 2011. Dans ce contexte, la France et l’Union européenne ont obtenu du gouvernement l’ouverture d’un dialogue politique renforcé dans le cadre de l’article 8 de l’accord de Cotonou, en juin 2011.
Ce dialogue entre les Européens et le gouvernement centrafricain se poursuit sur une base quasiment mensuelle et traite notamment des questions de réforme politique, de gouvernance et d’Etat de droit, notamment de la protection des droits de l’Homme (plusieurs arrestations arbitraires ont eu lieu début 2012).
Enfin, les présidents Déby du Tchad et Buyoya (ce dernier, en tant que représentant de l’OIF) sont intervenus auprès du président Bozizé en mai 2012 pour la reprise d’un véritable dialogue politique avec l’opposition. L’accord sur la réforme de la loi électorale et sur la création d’une Autorité nationale des élections intervenu en septembre 2012 entre le gouvernement, les partis politiques (dont l’opposition) et la société civile marque une ouverture en ce sens.
La RCA reste un pays fragile sur le plan sécuritaire. Le processus de DDR a connu de nombreux blocages depuis 2008. Il a concerné près de 6000 combattants à ce jour au Nord-Ouest. Relancé en juin 2011, il progresse lentement mais reste d’une crédibilité douteuse, en raison du faible nombre d’armes conventionnelles récupérées et de l’absence d’un véritable plan de réinsertion pour les ex-combattants.
Le gouvernement espère de nouveaux financements extérieurs pour mener à bien le processus. L’annonce de la dissolution de l’APRD en mai 2012, puis la signature de l’accord de paix global par la CPJP (Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix) en août 2012 laissent espérer la poursuite du processus à l’Est.
La RCA est ou a été le théâtre d’opérations de groupes armés étrangers. L’armée tchadienne était déjà intervenue, à la demande de la RCA, à Birao (Nord-Est) en novembre 2010 puis en janvier 2012 à Kabo (centre Nord) contre des rebelles d’origine tchadienne, mais en menant des opérations militaires directes.
Le FPR (Front populaire pour le Redressement, composé de Peuhls tchadiens) s’est finalement rendu aux autorités tchadiennes en septembre 2012. Au Sud-Est et à l’Est, des éléments de la Lord’s Resistance Army (LRA) de Joseph Kony se livrent à des attaques ponctuelles sur les populations. Les Etats-Unis (une vingtaine de membres des forces spéciales sont engagées) et l’armée ougandaise mènent la traque de Kony à l’extrême Est de la RCA.
L’insécurité générée par les mouvements rebelles du Nord et de l’Est du pays a finalement déstabilisé le régime du président Bozizé et provoqué son renversement au cours d’une brève crise. Le 10 décembre 2012, une coalition de rebelle (« Séléka ») composée de dissidents de mouvements ayant déjà signé la paix et d’autre mouvements apparus en septembre 2012 a pris le contrôle d’une large partie du pays, jusqu’à menacer la capitale, fin décembre.
L’incapacité des forces armées centrafricaines à résister a conduit les pays voisins, notamment le Tchad (mais aussi le Gabon, le Congo et le Cameroun), à déployer une force d’interposition pour protéger la capitale et contraindre les rebelles à négocier. De son côté, le président Bozizé a signé un accord avec l’Afrique du Sud pour obtenir un soutien militaire.
Les négociations avec les rebelles et l’opposition menées sous l’égide de la CEEAC (Communauté économique des Etats d’Afrique centrale) ont abouti, le 11 janvier à Libreville, à un cessez-le-feu et un accord politique prévoyant la nomination d’un gouvernement d’union nationale et l’organisation d’élections anticipées. A la suite de nombreux blocages, les rebelles ont repris leur attaque et renversé le président Bozizé le 24 mars, livrant la capitale au pillage et faisant des victimes parmi les forces sud-africaines.
Le chef des rebelles, Michel Djotodia, s’est auto-proclamé président et a dissous les institutions, en annonçant l’organisation d’élections dans les trois ans. La communauté internationale a condamné cette prise de pouvoir par la force et appelé les parties centrafricaines à revenir dans le cadre des accords de Libreville afin que la transition aboutisse rapidement à des élections.
Situation économique
Pays enclavé et tributaire de la voie fluviale Oubangui-Congo et des routes vers le Tchad et le Cameroun, la RCA figure parmi les plus pauvres des PMA, avec un Indice de Développement Humain le plaçant au 179e rang sur 187 et un PIB/hab de 457 USD en 2010. L’économie a redémarré depuis 2004, son taux de croissance s’établissant désormais à 3,3% (2011). Mais le tassement du marché européen, la chute des cours du secteur forestier, l’affaissement des secteurs moteurs (diamant, coton), les difficultés de trésorerie de l’Etat, l’inflation (autour de 3%) et la crise financière pèsent sur l’économie depuis 2009.
Les quatre activités traditionnellement créatrices de richesse sont le diamant, le bois, le coton et l’élevage (au Nord). Le secteur primaire contribue à 55% du PIB et à environ 90% des exportations. Il se compose essentiellement d’une agriculture de subsistance (28% du PIB), de l’élevage (13%), de la sylviculture (5,5%) et des industries extractives (3%, essentiellement le diamant). L’exploitation forestière concerne environ 2 millions d’hectares. Le bois s’écoule principalement sur les marchés européen et nord-américain, qui, du fait de la crise économique mondiale, ont réduit leur demande. La production de bois a ainsi chuté de 30% en volume et de 50% en valeur. En 2010, cependant, la hausse du prix du bois a permis un redressement partiel du secteur.
Les finances publiques se caractérisent par une trésorerie structurellement déficitaire, une capacité d’investissement très faible, une forte dépendance à l’aide budgétaire extérieure (elle représente un tiers des recettes) et des difficultés à assurer le service de la dette. La RCA a bénéficié d’annulations de dettes importantes après avoir atteint le point d’achèvement de l’initiative PPTE en juin 2009 (réduction de 578,3 MUSD). La France, dont l’encours était de 5,5 M€ environ, a annulé la totalité de cette dette.
Cependant, l’année 2011 a été marquée par des dérapages budgétaires et une situation financière difficile (augmentation d’arriérés intérieurs, dépenses non justifiées, endettement extérieur). L’Etat payait les salaires en s’endettant auprès des banques privées. Reconnaissant certains efforts réalisés par la RCA, le FMI a octroyé une Facilité élargie de Crédit de 63 MUSD le 25 juin 2012, dont 10,5 MUSD immédiatement décaissés, ce qui devrait permettre à la RCA de bénéficier d’appuis bugdétaires d’autres partenaires (Banque africaine de Développement, UE, éventuellement France).
L’engagement de la communauté internationale en RCA apparaît aussi à travers le projet européen de pôles de développement régionaux qui mobilise une part importante des du 10e FED (2008-2013). L’enveloppe A de ce 10e FED a réservé 137 M€ (part théorique de la France : 33 M€) qui se répartissent ainsi : 53 % pour la gouvernance démocratique, la réhabilitation socio-économique et les pôles de développement, 14% pour le secteur des transports et infrastructures urbaines, 25% pour l’appui budgétaire.
Politique extérieure
La prise du pouvoir par la force des rebelles de la coalition « Séléka », le 24 mars 2013, a entraîné des condamnations internationales, la suspension de la RCA des activités de l’Union africaine et des sanctions contre ses dirigeants.
Si la relation politique avec la France reste importante, la RCA cherche à diversifier ses partenaires pour financer sa stratégie nationale de réduction de la pauvreté. La RCA a bénéficié d’une forte attention internationale depuis 2008. Afin de consolider la paix à travers le dialogue politique et le DDR, les Nations Unies se sont fortement engagées : création d’une « formation RCA » de la Commission de Consolidation de la Paix et transformation de la représentation des Nations Unies en RCA en Bureau intégré (BINUCA), dirigé par un représentant spécial du Secrétaire général. La RCA a également accueilli des opérations de maintien de la paix internationales, dans le contexte de la crise du Darfour, afin de protéger les réfugiés, les déplacés et les acteurs humanitaires : le détachement français de Birao (Nord-Est) a été intégré à l’opération EUFOR Tchad-RCA en mars 2008, puis relevé par la MINURCAT (Mission des Nations Unies en RCA et au Tchad) jusqu’en décembre 2010.
La RCA entretient des relations peu denses mais assez bonnes avec ses voisins et partenaires au sein des organisations régionales, qui redoutent cependant les conséquences pour eux-mêmes de l’instabilité risquant de se développer dans ce pays. Le Tchad est intervenu plusieurs fois ces dernières années pour aider les forces centrafricaines dans la lutte contre les rébellions installées à proximité de la zone frontalière. Avec le Soudan et la RCA, il a créé une force mixte de sécurisation de la zone dite des « trois frontières » (région de Birao, au Nord-Est). Afin de stopper l’attaque de la coalition rebelle « Séléka », le Tchad, le Congo, le Gabon et le Cameroun ont déployé depuis fin décembre 2012 une force d’interposition afin de stopper la progression des rebelles vers Bangui. La CEEAC (Communauté économique des Etats d’Afrique centrale) appuie un règlement pacifique et global de cette crise et coordonne les négociations entre le gouvernement, les rebelles et l’opposition légale.
La CEEAC a déjà sous son autorité la MICOPAX (mission du conseil de paix de la CEEAC), qui est la première une opération militaire de l’organisation régionale. Financée majoritairement par l’UE et la France, elle a contribué à la consolidation de la paix en RCA depuis 2008, à la suite de la FOMUC (depuis 2002). Présente dans trois villes de province, elle avait pour mission de soutenir le processus de DDR. Alors que son mandat devait s’achever fin 2013 et que le plan de retrait adopté en janvier 2012 devrait permettre de renforcer les Forces centrafricaines (FACA) et de les déployer en province, l’attaque de la coalition rebelle « Séléka » a amené les pays de la CEEAC à modifier le mandat de la MICOPAX.
Mise à jour : 29.03.13
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