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Visites bilatérales

Cheikh Hamad bin Khalifa Al Thani s’est rendu en France à plusieurs reprises. Hôte d’honneur du défilé du 14 juillet 2008, il a également effectué, en compagnie de son épouse, une visite d’Etat à Paris en juin 2009. Le 22 août 2012, l’Emir a été reçu par le Président de la République à l’Elysée.

Le Prince Héritier, Cheikh Tamim, a effectué une visite en France en février 2010 tandis que le Premier ministre et Ministre des affaires étrangères a effectué deux visites de travail en France le 7 juin et le 10 septembre 2012.

Quatre ministres de l’actuel gouvernement se sont rendus au Qatar depuis l’été 2012 (Laurent Fabius, Delphine Batho et Pascal Canfin et Jean-Yves Le Drian).

Relations économiques

En 2012, les exportations françaises vers le Qatar ont augmenté de 3% pour atteindre 1 milliard de dollars. En 2011, la France s’est classée au 8ème rang des fournisseurs du Qatar avec une part de marché de 4,3% derrière les Etats-Unis, les Emirats arabes unis (11,5%) et l’Arabie saoudite.

La France arrive au troisième rang des pays européens derrière le Royaume-Uni et l’Allemagne mais, pour la première fois, juste devant l’Italie. A l’inverse, la France n’est que le 11ème client du Qatar et n’absorbe que 1,7% de ses exportations. Sur les dix premiers mois de 2012, la France a fourni 3,82% des importations qatariennes (9ème fournisseur) et 0,69% des exportations qatariennes étaient destinées à la France (14ème client). Déficitaire en 2010 et 2011 (en raison de livraisons régulières de gaz naturel liquéfié), la balance commerciale de la France atteint quasiment l’équilibre en 2012.

Les ventes de la France au Qatar reposent depuis plus d’une décennie sur trois piliers principaux dont l’importance relative varie en fonction des années : les fournitures de biens d’équipements dans le cadre des grands contrats, les livraisons d’Airbus et le commerce courant.

Au fil des années, les entreprises françaises ont réussi à s’imposer dans de nombreux secteurs : l’aéronautique, le luxe, le traitement des eaux, la distribution, la construction et l’armement. Le Qatar envisage en outre le renouvellement quasi-intégral de ses équipements militaires (26 milliards de dollars d’achats prévus dans ce secteur) et offre de nouvelles opportunités pour les entreprises françaises.

Le fonds souverain du Qatar (Qatar Investment Authority- QIA), avec des avoirs évalués à 150 milliards de dollars, dispose de moyens sensiblement inférieurs à ceux d’Abu Dhabi, de l’Arabie Saoudite et du Koweït. Bien que le Royaume-Uni soit d’assez loin le premier récipiendaire des investissements qatariens, en nombre et en valeur (environ 30 milliards de dollars), la France demeure particulièrement attractive pour le fonds souverain.

En l’espace de 5 ans, le Qatar a vraisemblablement investi, de manière directe ou indirecte, environ 15 milliards de dollars (sans compter les investissements privés de l’Emir et de sa famille). Ces investissements constituent un portefeuille de participation à long terme et confortent l’image internationale de l’émirat qui réalise de nombreux achats de prestige, en particulier dans l’immobilier.

Coopération culturelle, scientifique et technique

Les ressources considérables dégagées par l’exploitation des hydrocarbures ont permis au Qatar de se doter à grande vitesse d’un système éducatif obligatoire et gratuit, d’infrastructures modernes d’enseignement supérieur et de recherche, ainsi que de services culturels. Au-delà de sa propre modernisation, le Qatar souhaite exercer une influence à l’étranger dans les domaines de la connaissance, de la culture et de l’information.

Dans ce but, l’émirat a créé à Doha une « Cité de l’Education » (pôle régional pour la formation supérieure, la recherche et l’innovation), et organise chaque année le World Innovation Summit for Education (WISE), rendez-vous incontournable des acteurs pédagogiques du monde entier. Il s’est par ailleurs doté d’un orchestre philharmonique, d’un musée des arts islamiques et disposera bientôt d’un musée national. Avec Al Jazeera, qui touche quotidiennement plus de 50 millions de téléspectateurs, le Qatar a, en outre, bouleversé le paysage médiatique du monde musulman et dispose d’un instrument de soft-power de première importance.

Deux établissements d’enseignement français sont implantés à Doha. Unique dans le paysage éducatif local (classes mixtes, manuels scolaires français), le lycée franco-qatarien « Voltaire » permet la scolarisation dans l’enseignement français de jeunes qatariens. Pour faire face à la demande croissante d’inscriptions d’élèves de tous horizons, un second site a ouvert ses portes à la rentrée 2012.

Dans un souci d’équilibrer ses partenariats, la France fait l’objet, depuis quelques années, d’une demande de coopération particulièrement forte. Dans le domaine de l’enseignement supérieur et de la recherche, les Qatariens ont invité plusieurs grandes institutions académiques internationales à installer une branche délocalisée dans la « Cité de l’éducation ». Parmi elles figure HEC. Dans le champ culturel, des architectes français, en particulier MM. Wilmotte et Nouvel, se sont vu confier la construction de grandes réalisations muséales. Un partenariat avec le groupe Lagardère a permis de créer en 2005 Al Jazeera children.

Le Qatar est membre associé de l’OIF depuis le Sommet de Kinshasa des 13 et 14 octobre 2012. S’il n’est pas une terre de tradition francophone, le pays compte environ 100.000 francophones (soit environ 10% de la population). Les apprenants peuvent s’appuyer sur un solide réseau d’établissements et une radio francophone (« Oryx FM »). En cohérence avec cette volonté de nouer une coopération privilégiée avec notre pays, le Qatar a introduit l’enseignement de notre langue dans son système éducatif public et créé un département de français à l’Université.

Coopération militaire

La coopération de sécurité et de défense entre la France et le Qatar, formalisée en 1994 par un accord de défense, est l’un des piliers les plus anciens de la relation bilatérale. En 2011, l’engagement conjoint des aviateurs français et qatariens lors des opérations de Libye a marqué une nouvelle étape.

Par ailleurs, des exercices militaires bilatéraux sont régulièrement organisés dans l’émirat. Gulf Falcon 2013, qui s’est ainsi déroulé du 16 février au 7 mars 2013, a récemment donné lieu au déploiement de près de 1.300 militaires français des trois armées, équipés de matériels majeurs (une frégate Horizon, le Rafale, le VBCI, le Leclerc et le Caesar).

Coopération de sécurité intérieure

Notre coopération en matière de sécurité intérieure est régie par un mémoire d’entente (1996) et un arrangement technique (2005) passé avec la Gendarmerie nationale. Elle comporte un important programme de formation de la Force de sécurité intérieure. Des coopérations plus ponctuelles avec la Garde émirienne, la Police Militaire ou le ministère de l’Intérieur sont organisées.

La Gendarmerie a apporté un soutien remarqué à la sécurisation des Jeux asiatiques de Doha de 2006 et l’émirat a fait part de son souhait d’associer la Gendarmerie nationale à ses projets de sécurisation de la Coupe du monde de football 2022.

Par ailleurs, le salon Milipol, forum mondial de la sécurité intérieure des Etats, se tient chaque année en alternance à Doha et Paris.

Mise à jour : 02.04.13

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