Présentation
Données générales
Nom officiel : République portugaise
Nature du régime : Régime parlementaire monocaméral
Président de la République : M. Anibal Cavaco Silva
Chef du Gouvernement : M. Pedro Passos Coelho
Données géographiques
Superficie : 92.090 km²
Capitale : Lisbonne
Villes principales : Lisbonne, Porto
Langue officielle : portugais
Monnaie : Euro
Fête nationale : 10 juin
Données démographiques
Population : 10.707.924 habitants (est. juillet 2009)
Densité : 115,3 habitants par km2
Religions : la majorité de la population est catholique mais le Portugal est un Etat séculier d’après la Constitution de 1976.
Données économiques
PIB (2010) : 175 milliards d’euros
PIB par habitant : 15.300 euros
Taux de croissance (2011) : -1,9 % (estimation 2012 : - 3,3 %)
Taux de chômage (2011) : 12,5 % (estimation 2012 : 15,5 %)
Taux d’inflation (2010) : -0,8 %
Dette publique (fin 2011) : 107 % du PIB ; prévision : 124 % en 2012
Déficit Public (2010) : -9,1 % du PIB ; deficit 2011 : - 4% ; objectif 2012 : - 4,5%
Déficit commercial du Portugal en 2011 : - 8,7 Mds € (en baissse de 15% par rapport à 2010)
Solde commercial bilatéral (1er semestre 2011) : - 345 M€ (en faveur du Portugal) contre +50 M€ (1er semestre 2010)
Exportations de la France vers le Portugal (1er semestre 2011) : 2807 M€
Importations françaises du Portugal (1er semestre 2011) : 2433 M€
Principaux clients (2011) : Espagne (26, %), Allemagne (13,8 %), France (12,7 %)
Principaux fournisseurs (2011) : Espagne (31,6%), Allemagne (12,4%), France (6,9%, en baisse)
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2010) :
agriculture : 2,7 %
industrie : 24,6 %
services : 72,7 %
Consulat général de France : Porto
Communauté française au Portugal (2011) : 15.000 immatriculés ; 15.000 non immatriculés
Communauté portugaise en France : environ 500 000
http: //www.tresor.economie.gouv.fr/Pays/Portugal
Politique intérieure
Le Parti social-démocrate (PSD) dirigé par Pedro Passos Coelho a remporté les élections législatives anticipées de juin 2011 provoquées par la démission du premier ministre socialiste, José Socrates, sur fond de mise en place de l’accord de sauvetage financier. Avec un résultat clair lui donnant la majorité absolue (132 sièges sur 230 au Parlement), la droite a rapidement formé un gouvernement de coalition dirigé par le leader du PSD, à la demande du Président de la République, Anibal Cavaco Silva (PSD).
Il s’agit d’une alliance entre le PSD et le Parti populaire (CDS/PP) de Paulo Portas, nommé ministre des Affaires étrangères. Assainir les finances publiques pour restaurer la confiance dans l’économie portugaise afin de pouvoir retourner sur les marchés en 2013 est la priorité du premier ministre portugais. A ce titre, il s’est entouré d’une équipe resserrée (11 ministres), jeune et compétente en matière économique et financière (en particulier le ministre des finances, M.Vitor Gaspar, brillant économiste et fin connaisseur des instances communautaires).
Cependant, le gouvernement se trouve fragilisé depuis la rentrée 2012 par des tensions politiques et sociales croissantes : dans le cadre de la préparation du budget 2013, l’annonce malheureuse (ensuite retirée) d’un transfert de charges sociales des entrepreneurs vers les salariés, a provoqué de vives critiques de la part des deux autres partis signataires du mémorandum, le PS et le CDS.
Le secrétaire général du PS, António José Martins Seguro, est désormais passé dans une opposition franche et a pris ses distances à l’égard du mémorandum signé il y a un an et demi avec la troïka par le gouvernement socialiste démissionnaire. Le PS a voté contre le projet de budget 2013 dont il juge les hypothèses macroéconomiques irréalistes. Il réclame plus de temps pour appliquer le programme d’ajustement, un rééchelonnement de la dette et des mesures qui soutiennent la croissance et l’emploi. Il a déclaré ne pas souhaiter participer au débat sur la refondation de l’Etat, affirmant qu’il n’était pas question de rogner « l’Etat social ». Cette attitude fermée des socialistes porte un coup dur au consensus initialement affiché entre majorité et opposition autour du plan d’aide international, un atout maintes fois souligné par les bailleurs de fonds du pays.
Après plusieurs semaines de tiraillements au sein de la coalition au pouvoir, les relations entre le PSD et le CDS se sont apaisées. M. Portas, chef de file du CDS, après avoir exprimé son opposition à toute augmentation de la charge fiscale, sans toutefois dégager une alternative en matière de réduction des dépenses, a confirmé sa solidarité avec le projet de budget 2013.
Acceptée dans un premier temps avec résignation par les Portugais, l’austérité imposée par le gouvernement Coelho, qui se prolonge et s’aggrave, a provoqué au cours des 3ème et 4ème trimestres 2012 des manifestations (notamment celle du 15 septembre) et des grèves (grève générale du 14 novembre) qui ont doublé par rapport à 2011, à la même période. On peut s’attendre à une expression de plus en plus virulente face à l’austérité, où l’exaspération la dispute à la désespérance.
Le calendrier de 2013 est fortement sous-tendu par les élections municipales d’octobre, qui auront assurément une lecture nationale, avant les prochaines élections législatives de 2015. Mais le seul premier trimestre est porteur d’enjeux majeurs, parmi lesquels, les premières conclusions de la réforme de l’Etat, dont le débat s’annonce très compliqué pour le gouvernement, et l’examen par le Tribunal Constitutionnel (TC) du budget 2013, qui est à son tour menacé d’inconstitutionnalité.
En effet, M. Anibal Cavaco Silva, le Président de la République, après avoir promulgué, le 28 décembre, le budget 2013, a saisi le TC. Il a souhaité qu’il se prononce sur la légalité de certaines mesures qui laissent planer des doutes sur l’équité des sacrifices demandés aux Portugais. Il a ainsi pris ses distances avec la politique d’austérité menée par le premier ministre et déclaré que le Portugal devait s’orienter vers un équilibre « plus harmonieux entre le programme de consolidation budgétaire et la croissance économique ». A sa suite, le Tribunal a été saisi par le PS, le PC, le Bloc de gauche et le Médiateur de la République.
Un remaniement ne devrait pas intervenir avant les élections municipales d’octobre prochain.
Situation économique
Le programme d’assistance financière au Portugal, portant sur 78 Mds €, a été formellement adopté en mai 2011. Rassurée par la mise en place de mesures de consolidation budgétaire et l’annonce de réformes structurelles soutenant la compétitivité et la croissance potentielle, la troïka a débloqué les six premières tranches d’aide (18,7 Mds € en juin 2011, 11,5 Mds € en septembre 2011, 8 Mds € en décembre 2011, 14,9 Mds € en mars 2012, 4,3 Mds € en septembre 2012, 2,5 Mds€ en novembre 2012).
Ce programme d’ajustement, bien appliqué, a permis une maîtrise de la dépense publique (diminution d’un montant équivalent à 4% de PIB en deux ans), la réduction du déficit budgétaire structurel primaire (de 6% sur les deux années 2011 et 2012) et du déficit commercial (de - 7% du PIB en 2010 à l’équilibre en 2012), mais au prix d’une baisse du PIB (-1,7% en 2011, - 3 % en 2012 et au moins – 1 % en 2013), d’une forte augmentation du chômage (aux alentours de 16 %, 39 % pour les moins de 25 ans) et d’une dette publique qui devrait avoisiner les 120 % du PIB en 2012.
En conséquence, la troïka a dû revoir la trajectoire budgétaire (objectif de déficit de 5 % en 2012, 4,5 % en 2013, 2,5 % en 2014, au lieu de 4,5 % cette année et 3 % l’an prochain). Mais malgré cela, le déficit réel devrait dépasser les 6 % et ne pourra être ramené à 5 % que grâce à une mesure extraordinaire. Passer de 6 % réels en 2012 à 4,5 % en 2013 s’avère très difficile en raison tant de la poursuite de la récession, due à la contraction de la demande interne et aux difficultés de financement (accès et coût), que du ralentissement des exportations vers les pays européens (lesquels absorbent encore 70 % des exportations portugaises), dont beaucoup sont en stagnation ou en récession .
Le risque existe d’une spirale récessive compromettant l’atteinte même des objectifs de réduction du déficit.
Les réformes structurelles sont en revanche bien engagées. Elles visent à libérer l’initiative privée et l’entreprise, à ouvrir l’économie, à diminuer le poids des secteurs de rente ou protégés et à rendre l’Etat moins coûteux, plus efficace et davantage au service des entreprises et des investisseurs.
Le 27 novembre, le parlement portugais a approuvé le projet de loi de finances pour l’année 2013, qui prévoit un effort budgétaire de 5,3 milliards d’euros d’économies, et qui est marqué par une hausse générale des impôts, principalement de la fiscalité des ménages. Il fait actuellement l’objet d’un examen de la part du tribunal constitutionnel notamment sur deux points à fort rendement budgétaire. Le risque existe que le gouvernement doive revoir son budget pour pouvoir respecter son objectif de déficit.
La sixième mission d’évaluation de la troïka s’est conclue avec succès le 19 novembre 2012, permettant au Portugal de bénéficier de la nouvelle tranche d’aide de 2,5 milliards. La prochaine mission d’évaluation aura lieu en février et s’annonce plus complexe car elle abordera la transformation structurelle de l’administration publique qui doit apporter 4 milliards d’euros d’économies d’ici à 2014.
Le défi du Portugal reste néanmoins de réussir son ajustement budgétaire sévère sans que cela ne conduise à un cercle vicieux le rendant encore plus difficile. Cette crainte revêt une acuité particulière dans ce pays en raison de la vigueur de l’ajustement demandé dans des délais très brefs (y compris après le report d’un an du retour sous les 3%) et de la dégradation constante de son environnement externe, en particulier européen.
Cependant, le regain de confiance des investisseurs envers le Portugal, incite le gouvernement à l’optimisme. Les autorités portugaises ont anticipé un retour sur les marchés, prévu en septembre 2013, en réussissant le 23 janvier leur première émission de dette à long terme depuis le début de l’aide internationale. D’une valeur de 2,5 milliards d’euros et d’une maturité de 5 ans, elle a fait l’objet d’une très forte demande de la part d’investisseurs internationaux. Les taux d’emprunt à 10 ans sont passés sous le seuil des 6 %, après avoir atteint un pic à plus de 17 % en janvier 2012.
Politique extérieure
Le Portugal met en œuvre une politique extérieure pragmatique et flexible.
Bilan de la présence du Portugal au Conseil de sécurité des NU (2011-2012)
Le Portugal a été élu membre non permanent du Conseil de sécurité pour la période 2011-2012, ce qui a constitué une victoire pour la diplomatie portugaise qui a su mobiliser ses réseaux (notamment africains) pour ravir la place au Canada, à la surprise générale. Il s’agissait de la troisième participation du Portugal au CSNU. Il a présidé efficacement le comité des sanctions sur la Libye. Sur la Syrie, le Portugal s’est associé aux projets de résolution sur le pays et a reconnu la coalition de l’opposition. Il a reconnu la Palestine comme Etat observateur.
En matière de non-prolifération, le Portugal a aussi présidé efficacement le comité de sanctions 1718 (Corée du Nord). Sur les sujets africains, il existe une unité de vues : soutien sans réserve en 2011 sur la Côte d’Ivoire et approche similaire sur le dossier de la piraterie maritime et sur le Mali, moins sur l’Union africaine et l’AMISOM en Somalie. D’abord discret sur la Guinée-Bissau, le Portugal est devenu relativement offensif sur ce dossier après le coup d’Etat militaire du 12 avril 2012.
Le Portugal a exercé la présidence du Conseil de sécurité en novembre 2011. Il a organisé un débat de haut niveau sur les implications des nouvelles menaces sur la paix et la sécurité internationales, mais a dû renoncer à faire adopter une déclaration présidentielle sur le sujet, compte tenu des oppositions et malgré le soutien de notre délégation.
Une politique africaine ambitieuse
Le Portugal s’est lancé dans la mise en place d’une politique plus axée sur le multilatéralisme, notamment en matière de sécurité collective, et comprenant une composante bilatérale politique et économique dépassant le strict cadre de l’Afrique lusophone. Lisbonne a réussi à gagner en visibilité en dehors des pays lusophones. Il convient, malgré tout, de souligner l’importance que continue d’accorder le Portugal à ses anciennes colonies, notamment l’Angola et le Mozambique sous l’angle économique principalement, le Cap Vert, la Guinée Bissau et Sao Tomé et Principe sous l’angle politique et de développement.
Angola : visite du Premier ministre Passos Coelho à Luanda en novembre 2011 (annonce de la tenue en 2012 d’un sommet bilatéral axé sur le développement durable). L’Angola est le principal client du Portugal hors UE et le 4ème mondial. Luanda semble vouloir renverser l’ancienne relation coloniale avec le Portugal en investissant dans le secteur bancaire et énergétique portugais. De même, les flux de migrations du Portugal vers l’Angola sont plus importants que ceux de l’Angola vers le Portugal, ce qui inverse l’équilibre habituel dans ce domaine en Europe.
Guinée Bissau : forte volonté de Lisbonne de jouer un rôle de premier plan dans la crise politique de ce pays en s’appuyant sur la CPLP. A son initiative, le CSNU a adopté le 18 mai 2012 la résolution 2048 qui met en place un régime de sanctions à l’encontre des principaux auteurs du coup d’Etat et appelle à la « restauration d’un processus électoral ».
Mozambique : le premier sommet luso-monzabicain s’est tenu à Lisbonne fin novembre 2011 et a confirmé une volonté commune de renforcer les échanges bilatéraux aux plans économique (le Portugal est le deuxième investisseur dans ce pays) et politique (présidence mozambicaine de la CPLP en 2012).
Une relation privilégiée avec l’Amérique Latine
Le Portugal accorde tout naturellement sa priorité au Brésil, avec lequel il a fêté en octobre 2008 le 200ème anniversaire du transfert de la cour de Joao VI provoqué par les invasions napoléoniennes, à l’occasion de la tenue de leur 9ème sommet bilatéral. La tenue du premier sommet UE-Brésil a, par ailleurs, été l’une des grandes réussites diplomatiques portugaises des dernières années.
Le Brésil représente 50% des échanges commerciaux portugais avec l’Amérique Latine. Le Portugal est le septième investisseur au Brésil avec près de 8 milliards d’euros de stock d’investissements directs à l’étranger. En outre, la plus importante communauté portugaise à l’étranger se trouve au Brésil (1,2 millions de personnes) tandis que les Brésiliens représentent une des premières communautés immigrées au Portugal (plus de 50.000 personnes). Dans le cadre de la réforme de l’ONU, Lisbonne soutient fermement le Brésil pour son entrée au Conseil de sécurité (membre permanent).
Outre le Brésil, le Portugal entretient de bonnes relations avec le Mexique, le Chili et l’Argentine (avant l’affaire de l’expropriation de l’entreprise espagnole Repsol), alors que le Venezuela, fort d’une communauté portugaise et de luso-descendants d’un demi million d’individus, avait entretenu d’excellentes relations avec le gouvernement portugais précédent (Socrates).
Un intérêt croissant pour le Maghreb, le Proche et le Moyen-Orient
Le Portugal a longtemps entretenu une relation privilégiée avec le Maroc, pour des raisons historiques et de proximité géographique. Un sommet bilatéral quasi-annuel existe depuis 1994. Les liens entretenus avec Rabat sont moins exclusifs depuis l’instauration de sommets bilatéraux avec l’Algérie et la Tunisie en 2007. Lisbonne cherche également à étendre ses relations à la Libye et la Mauritanie (avec l’ouverture d’une ambassade en 2007). Lisbonne s’alimente essentiellement en gaz auprès de la Libye et de l’Algérie.
Le Portugal est, par ailleurs, partisan d’une action européenne ambitieuse dans la région du Proche-Orient. 147 soldats portugais font partie de la FINUL. Lisbonne bénéficie d’une image positive dans les pays arabes en raison de ses positions politiques ressenties comme équilibrées vis-à-vis du conflit israélo-palestinien. Toujours dans l’esprit de sa diplomatie économique, le Portugal multiplie depuis 2006 les visites dans les Etats du Golfe dans l’intention de diversifier ses approvisionnements pétroliers et de promouvoir les exportations de ses entreprises. Les contacts s’intensifient avec le Qatar et les EAU afin de soutenir les exportations des entreprises portugaises (notamment dans la perspective de l’organisation par ces deux pays de la coupe du monde de Football en 2022).
Le maintien des bonnes relations avec les pays émergents : Chine, Inde, Russie
La politique étrangère portugaise menée ces dernières années s’est bien évidemment attachée au maintien des bonnes relations avec les BRIC. A ce titre, le Président de la République s’est rendu en Inde en janvier 2007 et en Turquie en mai 2009, où Lisbonne a réaffirmé son plein soutien à l’adhésion du pays à l’UE. Le président chinois a effectué une visite à Lisbonne en octobre 2010 qui s’est traduite par la signature de contrats commerciaux, et à l’occasion de sa visite en Chine en décembre 2010, le ministre des finances portugais de l’époque (M. Teixeira dos Santos) avait assuré que la Chine continuerait à aider le Portugal en achetant des titres de la dette portugaise. Les partenariats conclus avec l’Ukraine et la Russie en 2008 constituent ce que le Premier ministre portugais qualifie de « diplomatie économique » nécessaire pour améliorer la balance commerciale portugaise.
Mise à jour : 01.02.13
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