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Présentation

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Relations politiques

Les relations entre la France et le Portugal sont rythmées par des visites régulières, dans les deux sens, soit au niveau du premier ministre portugais (avec le Président de la République ou le premier ministre), soit au niveau des ministres des Affaires étrangères ou des ministres des questions européennes.

En novembre 2002, le Portugal a décidé d’élargir le réseau de ses « partenaires privilégiés » (l’Espagne, le Brésil, le Maroc) à la France, marquant ainsi une réelle volonté politique d’approfondir ses relations avec notre pays : des réunions de haut niveau réunissant les deux premiers ministres, et plusieurs ministres autour d’un thème particulier ont ainsi été instituées entre la France et le Portugal. Le rythme de ces réunions, qui devait être « régulier », ne l’a jamais été dans la réalité.

Seules quatre réunions ont déjà eu lieu : le 31 octobre 2003, à Lisbonne, sur le thème du "partenariat franco-portugais face à l’élargissement", le 10 avril 2006, à Paris, sur le thème de la compétitivité, le 22 février 2008, à Lisbonne, sur le thème de la mer, et le 7 mai 2010 à Paris sur le thème de l’innovation et de la recherche.
En raison du calendrier politique au Portugal (démission du gouvernement, élections législatives anticipées au printemps 2011) et en France (élections et constitution d’un nouveau gouvernement au printemps 2012), il n’y a pas eu de réunion en 2011.

Il est prévu d’organiser une prochaine rencontre, qui aura lieu à Lisbonne, au deuxième semestre 2013, ou au début de l’année 2014.
Depuis la prise de fonction du gouvernement de Pedro Passos Coelho, en juin 2011, plusieurs visites bilatérales ont eu lieu : celles de M. Coelho à Paris, en septembre 2011, de M. Juppé à Lisbonne en janvier 2012, suivies d’un premier contact entre M. Coelho et le président Hollande en marge du sommet de l’OTAN à Chicago en mai 2012. En janvier 2013, plusieurs visites ont eu lieu à Paris à quelques jours d’intervalle : celles de M. Coelho et de son ministre des Affaires étrangères, M. Paulo Portas, ainsi que celle du secrétaire d’Etat portugais aux Affaires européennes, M. Miguel Morais Leitao. Le 30 mai, une première prise de contact a eu lieu à Paris entre M. Morais Leitao et le nouveau ministre délégué aux Affaires européennes, M. Thierry Repentin.


Relations économiques

La France est un partenaire important du Portugal, mais accuse depuis 2010 un important déficit commercial

La France est le 3e partenaire commercial du Portugal, derrière l’Espagne et l’Allemagne. En 2010, la balance des échanges de biens, traditionnellement positive pour la France, s’est inversée pour la première fois en faveur du Portugal. Cette tendance s’est confirmée en 2011, 2012 et 2013 (avec un déficit commercial de respectivement 0,816Md€, 1,2Md€ et 1,1Md€) et semble s’installer dans la durée.

Les mauvaises performances commerciales de la France au Portugal en 2012 s’expliquaient par le seul recul de nos exportations (- 12,1 %), la tendance à l’augmentation de nos importations en provenance de ce pays s’étant considérablement affaiblie. La légère réduction de notre déficit commercial avec le Portugal en 2013 s’explique par une hausse de nos exportations (+10,8%), tirées par les ventes de produits automobiles, plus importante que celle de nos importations (+4,5%), stimulées essentiellement par les produits du raffinage du pétrole.

Les parts de marché de la France, troisième fournisseur et troisième client du Portugal (le Portugal n’est que le 20ème client et 21ème fournisseur de la France), après s’être réduites en 2012, ont légèrement augmenté en 2013 (passant de 6,6% à 6,8%). En l’espace d’une décennie, la dégradation de nos parts de marché s’est faite à un rythme plus soutenu que celui de nos principaux concurrents.

Cette dégradation des chiffres du commerce bilatéral s’inscrit dans un contexte de fort dynamisme du commerce extérieur du Portugal sur la base d’une contraction de ses importations (faible demande interne dans un contexte d’austérité) et d’une augmentation de ses exportations.


En 2011, la France est redevenue un pourvoyeur net d’investissements

Les flux bruts d’investissements de la France au Portugal ont augmenté fortement entre 2007 et 2010, mais le désinvestissement a augmenté à un rythme encore plus soutenu. De telle sorte que les flux nets d’investissements ont été négatifs en 2010 (-165M€). La France est redevenu un pourvoyeur net d’investissements en 2011 (740M€). En 2012, la France restait le 2e investisseur au Portugal, derrière l’Espagne, avec 16% du total des flux d’IDE vers le Portugal. Le stock d’investissement s’établissait à 3,9Md€ en 2012.

La présence française, estimée à environ 750 entreprises, se maintient dans de nombreux secteurs industriels (chimie et environnement, laboratoires pharmaceutiques, équipementiers et construction automobile, équipement électrique et électronique, agroalimentaire) et augmente de façon importante dans le secteur des services (grande distribution, services financiers, tourisme, transports, logistique, systèmes d’information).

Parmi les 500 plus grandes entreprises au Portugal, 31 sont françaises (dont 4 du secteur de l’industrie automobile, 4 du réseau de distribution/réparation automobile et 4 de l’agroalimentaire). Malgré la conjoncture défavorable, les entreprises françaises envisagent pour la majorité de continuer à y investir.

Le stock d’investissements portugais en France sont relativement modestes, ne s’établissant qu’à 657M€ en 2012, en diminution par rapport au début de la crise (1,6Md€ en 2008).


Des perspectives de coopération prometteuses pour les entreprises françaises

Déterminé à respecter ses engagements envers la troïka et convaincu des bienfaits à long terme des privatisations sur le potentiel économique du pays, le gouvernement portugais a décidé de lancer un vaste programme d’ouverture du secteur public à la concurrence, qui devrait rapporter 5,5 Mds€. Après les trois premières privatisations (EDP, REN, ANA), le gouvernement portugais a déjà dépassé l’objectif initialement fixé dans le MOU (6,4 Mds€, pour 5,5 prévus).
Ces ventes devraient permettre de réduire la dette publique d’environ 3 % du PIB.

Le programme d’ajustement mis en œuvre par le gouvernement entraîne des opportunités pour les investissements français, qu’il s’agisse des privatisations ou des concessions de service public.
Le groupe français Vinci a remporté, le 27 décembre 2012, l’appel d’offre lancé par le gestionnaire d’aéroports ANA, grâce à la qualité de son offre financière (3,08 Mds€), et industrielle (développement de l’ensemble des infrastructures aéroportuaires existantes et « exportation » du savoir-faire de l’ANA). Elle a ainsi a devancé les trois concurrents encore en lice (consortium emmené par le groupe allemand Fraport, celui de l’argentin Corporacion América et celui du gestionnaire anglo-brésilien de l’aéroport de Zurich).

Grâce à cette victoire, le groupe français sera le concessionnaire pour une durée de cinquante ans de la totalité des aéroports portugais, soit 10 infrastructures aéroportuaires.

D’autres opportunités, quoique moins considérables, sont susceptibles d’intéresser les entreprises françaises : les lignes ferroviaires suburbaines des chemins de fer (CP) et celles des transports urbains de Lisbonne et de Porto, dont la concession devrait se conclure à l’automne 2013 (Transdev est particulièrement intéressé et pourrait s’allier pour certains projets avec Alstom et Thalès) ; la privatisation de la Poste (CTT) pourrait susciter l’intérêt de Chronopost fin 2013 ; dans le domaine de l’environnement, des appels d’offre seront lancés courant 2013 par EGF, la sous-holding d’AdP, consacrée aux déchets, et en 2014 par le groupe Águas de Portugal (AdP), dans le domaine de l’eau. Ces perspectives pourraient intéresser des entreprises françaises telles que Suez Environnement et Veolia Environnement.


Coopération culturelle, scientifique et technique

Après avoir été dominante, notre influence culturelle et éducative est désormais contestée par la prégnance accrue du modèle anglo-saxon. Par ailleurs, le plan d’ajustement financier mis en œuvre au Portugal a de lourdes conséquences sur le secteur culturel et artistique : fusion ou suppression de certains organismes culturels, rationalisation des tutelles, baisse des subventions aux fondations culturelles… La francophilie et francophonie des élites portugaises demeurent cependant un atout.

Notre action s’appuie sur un dispositif composé de l’Institut français de Lisbonne (IFP), d’un réseau de 12 alliances, du lycée français Charles Lepierre de Lisbonne, établissement de prestige de l’enseignement secondaire au Portugal, et du collège Marius Latour de Porto.

Nos interventions s’articulent autour de quatre axes principaux : scientifique, éducative, universitaire, culturelle.


Coopération scientifique et de recherche

Notre coopération a pour axes majeurs : les sciences de la vie et de la santé ; les nanosciences et les nanotechnologies ; l’océanographie et les sciences de la mer. Elle s’est essentiellement structurée autour du Partenariat Hubert Curien « Pessoa », créé en 1991, qui met en œuvre des partenariats scientifiques de grande qualité, permettant la mobilité internationale des chercheurs. A cela s’ajoutent différents projets de coopération entre organismes de recherche (INSERM/ institut de médecine moléculaire de Lisbonne/institut de recherche et d’innovation en santé de Porto, et institut Gulbenkian de science à Oeiras).

Un accord de partenariat a été signé le 23 mai 2011 entre l’agence nationale de la recherche (ANR) et la fondation portugaise pour la science et la technologie (FCT) visant au financement de projets de recherche conjoints prioritairement dans trois domaines : biologie et santé ; écosystèmes et environnements ; sciences humaines et sociales. Le premier appel à projets, lancé au cours du premier trimestre 2012, a connu un grand succès, avec 92 projets soumis. Un nouvel accord entre la FCT et le CNRS est par ailleurs en voie de finalisation.


Coopération éducative et linguistique

Le déclin de l’apprentissage du français au Portugal est inquiétant même s’il demeure la 2ème langue vivante enseignée (derrière l’anglais et devant l’espagnol). Très peu appris au primaire en raison de la généralisation de l’anglais, il est choisi au collège comme deuxième langue par 80% des élèves (220 000 apprenants). En revanche, ce chiffre chute à 12 000 élèves au lycée, car l’enseignement de la deuxième langue vivante n’y est pas obligatoire.

Trois axes ont été retenus pour notre coopération éducative et linguistique : la formation des enseignants en coopération avec les associations de professeurs de français, le ministère portugais de l’éducation et les autorités éducatives régionales, le développement des sections européennes de langue française, l’utilisation des outils numériques en classe et l’enseignement du français dans l’enseignement supérieur ; le développement des certifications officielles de français (DELF, DALF) dans le réseau des alliances françaises et dans les établissements scolaires ; l’amélioration de l’image de l’enseignement du français et la promotion du multilinguisme (campagne de sensibilisation et colloque « lusophonie-francophonie, même combat ? » les 14 et 15 mars 2013 à l’IFP.

L’accord-cadre franco-portugais de coopération éducative et linguistique de 2006 a été refondu et sa nouvelle version est prête à la signature, qui pourrait intervenir lors de la prochaine réunion de haut niveau. Il permettra le renforcement de la place du français dans le système éducatif portugais, à condition cependant que l’enseignement du portugais en France puisse également se développer comme le souhaitent nos partenaires.


Coopération universitaire

Le Portugal se place en 13ème position des pays d’origine des étudiants accueillis en France et les étudiants français représentent environ 8% des étudiants accueillis au Portugal. L’obstacle linguistique à la poursuite des études chez le partenaire (l’apprentissage d’une seconde langue vivante n’est pas obligatoire au lycée portugais), la forte attraction qu’exercent les universités anglo-saxonnes et la méconnaissance, en France, des établissements portugais d’enseignement supérieur d’excellence expliquent la faiblesse de ces flux.

L’unique programme de coopération universitaire, le programme d’actions universitaires intégrées luso-françaises (PAUILF), cofinancé à parité par les deux pays, a été réorienté vers l’appui à des formations conjointes de master et de doctorat. 22 projets de coopération universitaire ont ainsi été soutenus en 2012, 18 cotutelles et 4 formations conjointes au niveau master.


Coopération culturelle et audiovisuelle

L’institut franco-portugais (IFP), créé en 1937, met à la disposition des artistes une salle de spectacle de 260 places, et des espaces d’exposition. Il propose des cycles de cinéma et des débats ou conférences. L’IFP coorganise chaque année la fête de la Francophonie et le festival de théâtre d’Almada.

L’opération de promotion culturelle ayant le plus grand effet d’entrainement est sans conteste la « Festa du cinéma français » qui permet, chaque automne, la projection d’une trentaine de films français dans six villes portugaises, auxquelles pourraient s’ajouter de nouvelles lors de la prochaine édition. En 2012, le festival a rassemblé un total de 26 183 spectateurs sur 150 séances.

L’IFP abrite dans ses locaux l’Alliance française, qui assure depuis 2004 l’activité de cours de français et de traduction, et une nouvelle librairie française. En 2012, deux actions à forte visibilité ont eu lieu à Porto et à Guimaraês : la saison musicale française à la Casa de Musica, complétée par un cycle de conférences sur la France ; la participation d’artistes et d’intellectuels français à « Guimarâes, capitale européenne de la culture 2012 ».

Enfin, notre présence audiovisuelle s’appuie sur la diffusion des chaînes françaises accessibles, soit par satellites, soit par câble (TV5, France 24).

www.ifp-lisboa.com


Autres types de coopération

Dans le domaine de la défense

Les relations bilatérales reposent sur un accord bilatéral signé le 30 juillet 1999. Une réunion est organisée tous les 18 mois au niveau des états-majors des armées. Le bilan de notre coopération est globalement satisfaisant, bien que contraint par la faible marge de manœuvre budgétaire du Portugal.

Notre coopération comprend des visites d’autorités, des échanges politico-militaires réguliers, des actions de coopération ciblées dans différents domaines, la diffusion de nos modèles d’organisation. Surtout, elle contribue à l’entretien d’un climat favorable à nos intérêts de défense (accès au vaste espace aéro-maritime sous contrôle portugais, crucial pour la liberté de mouvements de nos forces en transit en Atlantique et qui s’est révélé particulièrement appréciable pour l’opération Serval au Mali, escales régulières à Lisbonne, Porto et aux Açores), à la prise en compte de nos propositions, notamment au sein des organisations et enceintes de sécurité et de défense auxquelles nous appartenons conjointement (UE, OTAN, 5+5, etc.).

A noter la coopération importante des deux Marines dans le domaine de la surveillance maritime. Des échanges d’officiers s’effectuent également dans les trois corps d’armées (orientation vers un Erasmus militaire). Les perspectives françaises à court terme sur le marché portugais d’armement sont fortement compromises par les efforts de contention budgétaire de la défense portugaise (achat de véhicules blindés pour l’armée de terre et d’hélicoptères légers pour l’armée de terre et la force aérienne, missiles de défense anti-aérienne modernes).

La privatisation des chantiers navals de Viana do Castelo ouvre cependant une fenêtre d’opportunité en rouvrant la commande qu’ils avaient reçue de cinq patrouilleurs côtiers pour la marine portugaise.


Dans le domaine de la sécurité intérieure

La coopération opérationnelle se traduit par le traitement de centaines de dossiers à la demande des autorités des deux pays, touchant au trafic de stupéfiants, à la criminalité organisée, à la fraude documentaire et à la lutte contre l’immigration irrégulière. La coopération multilatérale dans le cadre du Centre opérationnel d’analyse du renseignement maritime pour les stupéfiants, sis à Lisbonne, donne des résultats très encourageants. La coopération pour la protection civile est développée au niveau de la formation et des équipements, voire l’engagement de Canadairs contre les feux de forêt dans le cadre du mécanisme européen de protection civile (début septembre 2012).

Deux accords dans les domaines de la sécurité intérieure et de la sécurité civile sont prêts à être signés depuis deux ans. La partie portugaise a souhaité compléter le premier dans le domaine du contrôle des frontières et de la lutte contre l’émigration clandestine.


Mise à jour : 09.04.14

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