Présentation du Pakistan
Présentation
Données générales
Données générales et géographiques
Nom officiel : République islamique du Pakistan.
Nature du régime : république fédérale multipartite.
Chef de l’Etat : Asif Ali Zardari.
Chef du Gouvernement : Raza Pervez Ashraf
Superficie : 796 095 km2.
Capitale : Islamabad.
Villes principales : Karachi, Lahore, Rawalpindi, Faisalabad, Peshawar.
Langues officielles : anglais, ourdou.
Langues courantes : ourdou (langue nationale), pendjabi (48%), pachtou (13%), sindhi (12%), cachemiri, baloutche.
Monnaie : Roupie pakistanaise.
Fête nationale : 23 mars (jour de la République).
Données démographiques
Population : 187 300 000 habitants.
Densité : 235 habitants au km2.
Croissance démographique : 1,82 %
Espérance de vie : 62 ans (hommes), 64 ans (femmes).
Taux d’alphabétisation : 58% (hommes), 29% (femmes).
Religions : islam (religion d’Etat, 97 %), hindouisme (1,5%), christianisme (1,5 %).
Indice de développement humain : 0,572 (141ème sur 182 pays en 2009).
Données économiques
PIB par habitant (2010) : 1 049 US$.
Taux de croissance (2009-2010) : 4,1% estimation à 2,8% pour 2010-2011
Taux de croissance (2011) : 2,4%
Taux de chômage (2011) : 13,5%
Taux d’inflation (2011) : 10%
Déficit budgétaire (2011) : 6,6%
Déficit commercial (2011) : 10 Mds USD
Principaux clients (2010) : Union européenne (24,3%), Etats-Unis (17,2%), Emirats Arabes Unis (8,6%), Afghanistan (7,9%), Chine (6,7%)
Principaux fournisseurs (2010) : Emirats Arabes Unis (14%), Chine (14%), Arabie Saoudite (11,6%), Union européenne (11,5%), Koweït (6,9%)
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2011) :
agriculture : 21,6%
industrie : 25,3%
services : 53,1%
Exportations de la France vers le Pakistan : 426 M EUR en 2011 (+32% par rapport à 2010)
Importations françaises depuis le Pakistan : 624 M EUR en 2011 (+21%)
Consulat général de France : Karachi
Communauté française au Pakistan (2010) : 598
Communauté pakistanaise en France : environ 30 000
Politique intérieure
Les élections législatives du 16 février 2008, suivies du départ du président Musharraf, ont marqué le début d’un retour de la démocratie au Pakistan. Quatre ans plus tard, la consolidation de ce processus reste fragile. Le pays est marqué par l’instabilité politique et doit faire face à des crises multiformes : crise institutionnelle avec un affaiblissement du pouvoir exécutif face à l’armée et à la Cour suprême, crise économique et énergétique, crise sociétale avec la montée en puissance de l’extrémisme religieux, crise humanitaire après les inondations catastrophiques des étés 2010 et 2011, crise sécuritaire.
A la suite de la réforme constitutionnelle de 2010, le Premier ministre est redevenu le principal détenteur du pouvoir exécutif. Il dispose du droit de dissoudre l’Assemblée nationale, d’organiser un référendum et de nommer les gouverneurs des provinces, les hauts dignitaires de l’armée et les hauts fonctionnaires. Les provinces ont également gagné de nouvelles compétences et le déclenchement de l’état d’urgence n’y est possible qu’avec l’accord des assemblées provinciales ou du Parlement. La procédure de nomination des juges a aussi été révisée.
Dans l’attente des prochaines élections législatives et présidentielle prévues en 2013, une nouvelle coalition gouvernementale a été formée début mai 2011. Le PPP du président Zardari, dont le bilan est de plus en plus contesté, s’est allié avec la PML-Q, parti créé par le général Musharraf en 2002, l’ANP et le MQM. Cependant, la fragilité de cette coalition empêche la mise en place de nécessaires réformes structurelles, notamment en matière de fiscalité.
En fonctions depuis mars 2008, le Premier ministre Gilani a été contraint de quitter ses fonctions, le 19 juin 2012, en raison d’un conflit avec la Cour Suprême. Il est remplacé par Raza Pervez Ashraf. La popularité grandissante d’Imran Khan, dirigeant du PTI, laisse entrevoir l’émergence d’une troisième force politique, aux côtés des traditionnels PPP et PML-N.
Situation économique
La situation économique est fragile et incertaine.
L’année 2011 a constitué une déception sur le plan économique. Alors que les prévisions tablaient sur une croissance de 4,5%, celle-ci n’a été que de 2,4%. Les conséquences des inondations de 2010 et de 2011 expliquent pour partie ce ralentissement de l’activité : ces désastres naturels auraient ainsi coûté 1,2 point de PIB au Pakistan. Il n’en demeure pas moins que compte tenu de l’expansion de la population (2,7%), le PIB par habitant stagne. Alors que le gouvernement se fixe pour objectif un taux de croissance de 4,5% pour l’année budgétaire 2012-2013, les prévisions anticipent plutôt une croissance d’environ 3,5%.
Le déficit budgétaire atteint 6,6% du PIB et s’est ainsi légèrement résorbé par rapport à 2010 (7%), notamment en raison d’une limitation de la dépense publique. Toutefois, en l’absence de réforme fiscale d’envergure (les prélèvements obligatoires représentent moins de 9% du PIB), la dette publique pakistanaise reste importante (67,2% du PIB).
La maîtrise du déficit commercial aux alentours de 10 milliards de dollars est à la fois due à une contraction des importations, imputable à un ralentissement de l’activité, et au dynamisme des exportations dans le secteur textile. L’augmentation régulière des transferts financiers de la diaspora, estimés à plus de 12 milliards de dollars en 2011, a permis à la balance des paiements courants d’être à l’équilibre pour la première fois depuis six ans. Toutefois, l’investissement stagne à moins de 13,5% du PIB, alors que le ratio serait en moyenne de 31% dans les économies émergentes et nouvellement industrialisées.
L’économie pakistanaise demeure handicapée par l’insuffisance de l’approvisionnement énergétique. Les pertes de production qui y sont liées sont ainsi évaluées à 2 points de PIB. Par ailleurs, le secteur public demeure très fragile, confronté à la fois à des effectifs pléthoriques, à des subventions inefficaces et à des tarifs en hausse. Dans ces conditions, la dette circulaire atteint 4% du PIB.
Enfin, la position extérieure continue de susciter des inquiétudes, à la fois en raison de la vulnérabilité du Pakistan à une hausse du prix de baril, de la forte pression sur la roupie pakistanaise, des remboursements de la dette due au FMI et à la diminution de l’aide internationale. Fin 2011, le Pakistan disposait de 12,9 milliards de dollars de réserves de change, soit environ 3,7 mois d’importations.
Les relations avec le FMI sont difficiles.
Au bord du défaut de paiement, le Pakistan a reçu en novembre 2008 l’assistance financière du FMI (programme SBA de 7,6 Mds$ sur 23 mois), portée à 11,3 Mds$ en juin 2009. Ce programme, dont aucune revue n’a été approuvée depuis mai 2010, a été prolongé de 9 mois en décembre 2010. La reprise du programme (deux dernières tranches de 1,7 Md$ chacune) est subordonnée à la réalisation de réformes dans trois principaux secteurs (fiscalité, énergie, maîtrise de l’inflation).
De la mission du FMI effectuée début mars 2011 à Islamabad, il ressort que le déblocage des deux tranches ne pourra pas intervenir avant une revue d’étape formelle. Le Pakistan ne remplit pas les objectifs fixés (déficit budgétaire de 7% en tendance / objectif de 4,7%) et n’a pas engagé les réformes demandées.
Face aux conditions rigoureuses du FMI, le Pakistan a renoncé, début novembre 2011, à la dernière tranche du prêt accordé en 2008. Il est néanmoins à prévoir qu’Islamabad sollicite un nouveau programme d’aide avant l’été 2012.
Politique extérieure
L’amélioration de la relation Inde-Pakistan a connu un coup d’arrêt avec les attentats de Bombay de novembre 2008, pour lesquels la justice indienne a condamné à la peine capitale en mai 2010 le survivant du commando en provenance du Pakistan. Le dialogue composite, lancé en 2003, est suspendu depuis ces attaques.
Les contacts politiques ont néanmoins repris sur initiative indienne, et débouché sur une série de rencontresqui a culminé avec l’entretien entre Premiers ministres en marge de la coupe du monde de cricket le 30 mars en Inde. La ministre des Affaires étrangères pakistanaise s’est rendue à New Delhi le 27 juillet 2011 afin de poursuivre ce dialogue. L’annonce par le gouvernement pakistanais, le 2 novembre, de l’octroi du statut de nation la plus favorisée à l’Inde, décision qui doit encore être effectivement mise en œuvre, permet d’espérer des avancées dans un secteur moins sensible que celui des litiges frontaliers.
Le Pakistan entretient historiquement des relations difficiles avec l’Afghanistan, qui l’accuse de servir de base principale de retrait, de ravitaillement, de recrutement et d’entraînement à des groupes d’insurgés. Un différend frontalier oppose par ailleurs les deux pays (ligne Durand).
Dans le même temps, les deux pays ont de solides intérêts croisés : l’Afghanistan est pour le Pakistan une zone de « continuité pachtoune » naturelle, tandis que le Pakistan constitue pour l’Afghanistan son principal partenaire commercial.
S’agissant de la sortie de crise en Afghanistan, le Pakistan privilégie une solution régionale à un accord négocié à niveau international et affirme son plein soutien à un processus de réconciliation afghan mené par le gouvernement de Kaboul.
L’année 2011 a été extrêmement difficile pour les relations américano-pakistanaises. Du raid d’Abbottabad aboutissant à l’élimination d’Oussama Ben Laden à l’incident frontalier du 26 novembre qui a coûté la vie à 24 soldats pakistanais, en passant par l’affaire Raymond Davis, les incidents se sont multipliés au point d’amener Islamabad à annoncer une revue complète de sa relation avec Washington. Une rupture des relations n’est toutefois pas à l’ordre du jour tant les deux pays ont besoin de l’autre. En retour d’excuses américaines pour l’incident du 26 novembre, le Pakistan a décidé, le 4 juillet 2012, de rouvrir les voies terrestres d’approvisionnement depuis et vers l’Afghanistan.
L’Union européenne entretient un dialogue politique régulier avec le Pakistan. Le deuxième Sommet ad hoc UE-Pakistan s’est tenu en juin 2010 à Bruxelles, en présence du Premier ministre Gilani. L’entrée en vigueur, en 2012, d’un plan d’engagement à 5 ans entre l’Union européenne et le Pakistan, ainsi que le lancement du dialogue stratégique, doivent permettre de renforcer les relations politiques et économiques.
L’UE est le premier partenaire commercial du Pakistan, qui est l’un des principaux bénéficiaires de l’aide communautaire en Asie.
L’UE est le premier partenaire commercial du Pakistan, qui est l’un des principaux bénéficiaires de l’aide communautaire en Asie.
Avec la Chine –alliée stratégique– où le président Zardari s’est rendu à plusieurs reprises, de nombreux accords de coopération et d’équipement ont été signés tout particulièrement en matière énergétique et de défense.
La Turquie, l’Arabie saoudite, l’Iran et les pays du Golfe sont les autres grands partenaires du Pakistan.
Le Groupe des amis du Pakistan démocratique, créé en marge de l’Assemblée générale des Nations unies en septembre 2008, a pour vocation d’engager avec les autorités pakistanaises un dialogue politique centré sur la nécessité de développer le Pakistan et de réformer ses institutions pour mieux faire face au terrorisme et aux enjeux du faible développement et de la pauvreté.
Mise à jour : 01.10.12
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