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Présentation de l’Ouzbékistan

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Présentation

Données générales

Nom officiel : République d’Ouzbékistan
Président de la République : Islam KARIMOV
Premier Ministre : Shavkat MIRZIYOEV
Ministre des Affaires étrangères : Abdulaziz KAMILOV

Données géographiques

Superficie : 447 400 km²
Capitale : Tachkent
Villes principales : Samarcande, Boukhara, Ourguentch, Andijan
Langue officielle : Ouzbek (langue appartenant au groupe des langues turques)
Langues courantes : russe, tadjik (Samarcande et Boukhara), Karalkalpak (République autonome de Karakalpakistan)
Monnaie : Soum
Fête nationale : 1er septembre (Fête de l’Indépendance)

Données démographiques

Population : 27,6 millions (estimation, juillet 2009)
Densité : 61 habitants/km²
Croissance démographique : 0,9 % (estimation 2009)
Espérance de vie : 72 ans (estimation 2009)
Taux d’alphabétisation : 99,3 %
Religions : islam sunnite (88 %), orthodoxe (9 %)
Indice de développement humain : 119e sur 182 (classement ONU 2009)

Données économiques

PIB (2012) : 120 mds USD
PIB par habitant (2011) : 1 500USD
Taux de croissance (2012) : 8,3 %
Taux d’inflation (2012) : 8% officiellement, plus de 20% selon des observateurs indépendants
Solde budgétaire (2012) : 0,4 % PIB
Balance commerciale (2012) : +1,2 md USD
Principaux clients (2011) : Russie, Chine, Kazakhstan
Principaux fournisseurs (2011) : Russie, Corée, Chine
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (est. 2008) :
- agriculture : 18 %
- industrie : 24 %
- services : 58 %

Exportations de la France vers l’Ouzbékistan (2012) : 69 M€, -50% par rapport à 2011 (Source : DGTrésor)
Importations françaises depuis l’Ouzbékistan (2012) : 121 M€, +7% par rapport à 2011 (Source : DGTrésor)

Ambassade de France : Tachkent (ambassadeur : M. François Gauthier).
Consulat de France : Tachkent (section consulaire d’ambassade).
Communauté française en Ouzbékistan : 99 inscrits.

Politique intérieure

Institutions et grandes lignes politiques

À son indépendance, l’Ouzbékistan s’est doté d’un régime présidentiel. Le président Islam Karimov, ancien Premier secrétaire du Parti communiste de la RSS d’Ouzbékistan, puis fondateur du Parti Populaire Démocratique de l’Ouzbékistan, est au pouvoir depuis 1989.

Lors de la dernière élection présidentielle, le 23 décembre 2007, il a été réélu avec 88,1% des voix. L’OSCE avait décidé de ne déployer qu’une mission d’observation limitée, « en l’absence apparente de compétition ». Le prochain scrutin est prévu en avril 2015 (pour un mandat de 5 ans). La création au sein du Parlement (« Olij Majlis », Assemblée suprême) d’une seconde chambre (Sénat) entrée en fonction en janvier 2005 n’a pas induit de réelle modification de la vie politique. Le Parlement se compose aujourd’hui d’une Chambre législative (chambre basse) constituée de 135 députés élus directement dans les circonscriptions et de 15 représentants choisis par le gouvernement ouzbek au sein du « Mouvement écologique d’Ouzbékistan », et d’un Sénat de 84 membres élus par les gouvernements locaux et 16 nommés directement par le Président.

Le président Karimov a lancé en 2010 une série de réformes institutionnelles, déclarant notamment vouloir donner plus de poids au Premier ministre : celui-ci sera désormais désigné par la majorité parlementaire, le Président gardant le pouvoir d’agréer ce candidat, ou de dissoudre le parlement si deux candidatures de suite étaient refusées. Le Président du Sénat assurera en outre l’intérim en cas de vacance du pouvoir présidentiel.

D’après la mission d’observation limitée de l’OSCE, les dernières élections législatives des 27 décembre 2009 et 10 janvier 2010 n’ont pas permis aux électeurs d’opérer de « véritable choix entre des alternatives politiques en compétition » : Les quatre partis enregistrés (Parti libéral démocrate/Mouvement des entrepreneurs et des hommes d’affaires ; Parti démocrate de renaissance nationale ; Parti populaire démocrate ; ’’Adolat’’, parti ’’social-démocrate’’) soutiennent unanimement le régime en place. Les deux partis historiques d’opposition « Erk » et « Birlik », créés après l’indépendance en 1991, demeurent interdits.

La société ouzbèke est fondée sur des valeurs essentiellement familiales et traditionnelles, encouragées par le régime. Le maintien de la tradition de laïcité héritée de l’ère soviétique est une priorité du gouvernement, qui considère l’émergence du fondamentalisme religieux comme une menace grave pour la sécurité du pays : l’Ouzbékistan a subi des attentats suicides en 2004 et 2009, et surveille les foyers islamistes et nouveaux mouvements (Mouvement islamique d’Ouzbékistan) à travers le pays, particulièrement à la frontière afghane et dans la vallée de Fergana.

Evènements d’Andijan (mai 2005)

Dans la nuit du 12 au 13 mai 2005, des troubles ont éclaté dans la ville d’Andijan (vallée de Ferghana) après l’attaque de plusieurs bâtiments publics et une manifestation de la population locale. La répression des événements par les autorités a officiellement fait 173 morts. Les ONG estimaient alors qu’il y aurait eu entre 500 et 1000 victimes. Les autorités ont attribué la responsabilité des violences aux islamistes radicaux. Le 23 mai 2005, l’Union européenne a condamné le recours « excessif, disproportionné et aveugle » à la force par les organes de sécurité ouzbeks et demandé la mise en place d’une mission d’enquête internationale indépendante. Face au refus des autorités ouzbèkes, l’UE a adopté, le 3 octobre 2005, des sanctions contre l’Ouzbékistan (embargo sur les armes et équipements militaires, suspension partielle de l’Accord de partenariat, interdictions de visas pour les responsables de la répression). À partir de novembre 2006, l’Ouzbékistan a renoué progressivement avec l’UE, après avoir autorisé la venue d’une mission d’experts européens sur les événements d’Andijan. L’UE a tenu compte de ces gestes d’ouverture et rétabli progressivement un dialogue structuré dans le cadre de l’Accord de partenariat et de coopération, notamment sur les droits de l’homme. Les sanctions ont été levé progressivement : suspension des interdictions de visas (octobre 2007) ; suppression des interdictions de séjour sous présidence française de l’UE (CAGRE du 13 octobre 2008) et, un an plus tard, suppression de l’embargo sur les armes (CAGRE du 27 octobre 2009).

Situation des droits de l’homme

La situation des droits de l’homme demeure préoccupante en Ouzbékistan et la France évoque régulièrement ces questions avec les autorités ouzbèkes, tant dans un cadre bilatéral que dans le cadre européen et celui des instances multilatérales. Des progrès ont été enregistrés à partir de 2008, notamment la suppression de la peine de mort, la libération de défenseurs des droits de l’homme et l’introduction d’un habeas corpus. L’UE a exprimé dans ses conclusions du 27 octobre 2009 et du 25 octobre 2010 ses préoccupations et ses attentes, notamment la libération de tous les défenseurs des droits de l’homme et prisonniers d’opinion maintenus en détention, la libre activité des ONG, la coopération avec tous les rapporteurs spéciaux des Nations unies, la garantie de la liberté d’expression et de la liberté des médias, la mise en œuvre des conventions contre le travail des enfants et la réforme des procédures électorales.

Dans le cadre de la Stratégie de l’UE pour l’Asie centrale, l’Ouzbékistan développe des coopérations dans le domaine des réformes judiciaires, notamment dans le cadre de l’Initiative pour le renforcement de l’État de droit en Asie centrale, copilotée par la France et l’Allemagne.

Facteurs de déstabilisation

L’Ouzbékistan est fortement exposé aux trafics de stupéfiants qui alimentent la corruption au plus haut niveau de l’État : 25% de l’héroïne produite en Afghanistan, pays frontalier, transite par l’Asie centrale (« route du Nord »).

L’Ouzbékistan est confronté à des enjeux ethniques : il accueille la moitié de la population centrasiatique (27 millions), y compris d’importantes minorités ethniques (principalement tadjike, ou du Karakalpakstan). Hors des frontières, la présence d’une forte diaspora ouzbèke dans les pays limitrophes, et particulièrement au Kirghizstan où des tensions interethniques ont eu lieu en juin 2010, peut constituer un facteur déstabilisant pour la région.

Le pays doit faire face à des enjeux démographiques et sociaux : 60% de la population ouzbèke a moins de 30 ans, 40% moins de 18 ans.

Des membres présumés du Mouvement islamiste d’Ouzbékistan (MIO) et de l’Union du Jihad Islamique (UJI) sont régulièrement arrêtés et condamnés pour terrorisme. Ces deux mouvements sont particulièrement influents dans la vallée de la Ferghana et poursuivent leurs entraînements et actions terroristes dans les zones tribales pakistanaises.

Économiquement, les relativement bonnes performances de l’Ouzbékistan en termes de croissance du PIB ne doivent pas masquer les faiblesses structurelles du pays : la part encore prédominante du secteur agricole, le sous-dimensionnement du système financier, le manque de diversification, la vétusté de l’appareil industriel et le manque d’ouverture de l’économie ouzbèke qui reste largement dépendante de ses relations avec la Russie et la Chine.

Situation économique

Dès l’indépendance, le président Karimov a fait le choix d’une stratégie de réforme graduelle et de substitutions aux importations visant à atteindre l’autosuffisance énergétique, grâce aux ressources gazières du pays, et alimentaire.

L’agriculture reste un des principaux secteurs économiques du pays (18% PIB, 40% population active). Sa spécialisation dans le coton (5e producteur, 2e exportateur mondial) découle toutefois plus d’un héritage historique que d’un réel avantage comparatif. L’Ouzbékistan exploite d’importantes ressources extractives : or (4es réserves mondiales), uranium (8es réserves, 7e producteur mondial) et gaz (15es réserves, 10e producteur mondial).

L’Ouzbékistan limite les privatisations, tout particulièrement dans le domaine agricole. La part du secteur privé n’atteint que 45% selon la BERD (135 entreprises officiellement privatisées en 2009, contre 392 en 2008). L’immigration vers la Russie et le Kazakhstan reste très importante. Officiellement, 2,5 millions d’Ouzbeks travaillent en Russie. Les transferts en provenance de ce pays sont de 6 Mds USD en 2012.

Après la forte chute des IDE en 2011 (-35%) Tachkent a décidé de revoir sa politique commerciale jusque là très restrictive (fermetures temporaires des frontières, augmentation des tarifs douaniers, procédures d’importation très lourdes) et a mis en place des nouvelles règles (exemptions fiscales, réformes administratives). Malgré la libre convertibilité du soum (octobre 2003), d’importantes restrictions demeurent dans l’accès aux devises, avec des délais de convertibilité qui excèdent souvent six mois. La crise financière a eu un triple effet sur l’économie ouzbèke, qui a souffert à la fois de la baisse du prix des matières premières (coton) de la stagnation des exportations, ainsi que de la chute du transfert des fonds des travailleurs.

La croissance du PIB ouzbek reste officiellement élevée à 8,5% en 2012, poussée par des politiques budgétaires et d’importants programmes publics (plan de 2011-2015 qui prévoit 47 MdsUSD d’investissements dont 13 MdsUSD en 2013, notamment dans les infrastructures). La bonne résilience de l’économie ouzbèke durant la crise pourrait s’expliquer aussi par un secteur financier peu développé et un isolement commercial. Officiellement, l’inflation est estimée à 7%, alors que certains experts indépendants l’évaluent à près de 20%.

Politique extérieure

L’Ouzbékistan poursuit une politique indépendante, dosant, selon des critères conjoncturels, rapprochement et éloignement vis-à-vis de Moscou et de l’Occident.

L’indépendance vis-à-vis de Moscou se traduit par une implication de plus en plus limitée de Tachkent au sein des organisations régionales sous tutelle russe (sortie de l’EURASEC -organisation régionale de coopération économique réunissant la Russie et les pays d’Asie centrale à l’exception du Turkménistan-, en 2008 et en 2012, suspension de sa participation à l’Organisation du Traité de Sécurité Collective) et affiche son opposition à l’ouverture d’une nouvelle base russe dans le sud du Kirghizstan voisin. Tachkent se montre aussi parfois distant de l’Organisation de Coopération de Shanghaï (non participation à la conférence sur l’Afghanistan à Moscou en mars 2009), même si elle accueille le centre de lutte contre le terrorisme de l’organisation.

Toutefois, Gazprom demeure l’acheteur unique du gaz ouzbek et le poids de la Russie dans les relations économiques reste prépondérant.

En décembre 2009, la mise en exploitation du gazoduc baptisé par les Chinois « gazoduc de l’Asie centrale » a marqué un tournant dans la relation Russie-Asie centrale en donnant un accès direct à la Chine aux réserves gazières de la région : le gazoduc, inauguré par les présidents de tous les pays concernés, relie le Turkménistan à la Chine en passant par les territoires kazakhstanais et ouzbek (490 km). Les Ouzbeks y sont raccordés depuis 2011.

Après la fermeture, exigée de Tachkent, de la base américaine de Karchi–Khanabad en 2005 et le froid avec l’UE en raison des sanctions instaurées en réaction aux événements d’Andijan, l’Ouzbékistan se tourne de nouveau prudemment vers l’Occident. Tachkent se montre disposé à discuter de la situation en Afghanistan et promeut la proposition du président Karimov de relancer un format de discussion « 6+3 ». En 2009, l’Ouzbékistan avait signé un accord de transit avec les États-Unis permettant le transport par voie terrestre des biens non-létaux à destination de l’Afghanistan. En mars 2012, sont signés trois accords bilatéraux entre l’Ouzbékistan et les États-Unis, afin de faciliter le désengagement logistiques des Américains d’Afghanistan.

L’Ouzbékistan entretient des relations difficiles avec tous ses voisins (présence de minorités importantes de part et d’autre des frontières, enclaves, éventuellement minage et fermeture des frontières). La question du partage des ressources en eau entre pays de l’amont (Kirghizstan et Tadjikistan) et pays de l’aval, dont l’Ouzbékistan, nourrit également les tensions régionales. Craignant que les projets de constructions de grandes centrales hydroélectriques par ses deux voisins diminuent l’approvisionnement en eau de son agriculture cotonnière, l’Ouzbékistan plaide pour une expertise internationale de ces grands projets, notamment ceux de Rogun au Tadjikistan et de Kambarata au Kirghizstan. Dans le même temps, il refuse toute coopération multilatérale sur cette question.

La politique de l’UE s’inscrit dans le cadre de l’Accord de coopération et de partenariat (1999) et de la Stratégie de l’UE pour l’Asie centrale, adoptée en juin 2007. L’Ouzbékistan prend une part active au dialogue politique (y compris sur les droits de l’homme), ce qui a rendu possible la levée complète des sanctions (27 octobre 2009), adoptées initialement en 2005. Lors de sa visite à Bruxelles en janvier 2011, le président Karimov a signé avec l’UE un accord sur l’ouverture d’une délégation permanente de l’Union européenne à Tachkent, ainsi que deux accords sectoriels (énergie et textile).

Mise à jour : 25.03.13

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