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Présentation de l’Ouzbékistan

Présentation

Données générales

Nom officiel : République d’Ouzbékistan
Président de la République : Islam KARIMOV


Données géographiques

Superficie : 447 400 km2
Capitale : Tachkent
Villes principales : Samarcande, Boukhara, Ourguentch, Andijan
Langue officielle : Ouzbek (langue appartenant au groupe des langues turques)
Langues courantes : russe, tadjik (Samarcande et Boukhara), karalkalpak (République autonome de Karakalpakistan)
Monnaie : Soum (1 euro = 2960 soums)
Fête nationale : 1er septembre (Fête de l’Indépendance)


Données démographiques

Population : 30 millions (estimation FMI 2013)
Densité : 67 habitants/km²
Croissance démographique : 1,5 % (2012, BM)
Espérance de vie : 68 ans (2012, BM)
Taux d’alphabétisation : 99 % (2012, BM)
Religions : Islam sunnite (88 %), orthodoxe (9 %)
Indice de développement humain : 114ème sur 186 (classement PNUD 2012)


Données économiques

PIB (2012) : 55 Md $ (estimation FMI pour 2013)
PIB par habitant : 1 850 $ (estimation FMI pour 2013)

Taux de croissance (2012) : 8,3 %
Taux d’inflation (2012) : 8% officiellement, plus de 20% selon des observateurs indépendants

Solde budgétaire (2012) : + 0,4 % PIB
Balance commerciale (2012) : +1,2 mds USD

Principaux clients (2012) : Chine, Kazakhstan, Turquie, Russie
Principaux fournisseurs (2012) : Russie, Chine, Corée, UE

Exportations de la France vers l’Ouzbékistan (2012) : 69 M€, -50% par rapport à 2011 Importations françaises depuis l’Ouzbékistan (2012) : 121 M€, +7% par rapport à 2011
(Source : DGTrésor)

Ambassade de France : Tachkent (ambassadeur : M. Jacques-Henry Heuls).
Consulat de France : Tachkent (section consulaire d’ambassade).
Communauté française en Ouzbékistan : 86 inscrits.


Politique intérieure

Institutions et grandes lignes politiques

A son indépendance, l’Ouzbékistan s’est doté d’un régime présidentiel. Le Président Islam Karimov, ancien Premier secrétaire du Parti communiste de la RSS d’Ouzbékistan, puis fondateur du Parti Populaire Démocratique de l’Ouzbékistan, est au pouvoir depuis 1989.

Agé de 85 ans, il a été réélu le 23 décembre 2007, avec 88,1% des voix. Sa succession éventuelle à l’occasion du prochain scrutin prévu en avril 2015 reste incertaine, aucune personnalité d’envergure n’étant identifiée. Sa fille Gulnara, qui ne cachait pas ses ambitions, a été mise à l’écart à l’automne 2013 et a perdu le contrôle des nombreuses entreprises et biens qu’elle possédait, révélant l’ampleur des richesses qu’elle avait accaparées.

La création au sein du Parlement (« Olij Majlis », Assemblée suprême) d’une seconde chambre (Sénat) en janvier 2005 n’a pas encore induit de réelle modification de la vie politique. Le Parlement se compose aujourd’hui d’une Chambre législative (chambre basse) constituée de 135 députés élus directement dans les circonscriptions et de 15 représentants choisis par le gouvernement ouzbek au sein du Mouvement écologique d’Ouzbékistan, et d’un sénat de 84 membres élus par les gouvernements locaux et 16 nommés directement par le président.

Le président Karimov a lancé en 2010 une série de réformes institutionnelles, déclarant notamment vouloir donner plus de poids au premier ministre : celui-ci est désormais désigné par la majorité parlementaire, le président gardant le pouvoir d’agréer ce candidat, ou de dissoudre le parlement si deux candidatures de suite étaient refusées.

Le président du sénat (actuellement M. Elgizar Sobirov) assure en outre l’intérim en cas de vacance du pouvoir présidentiel.
D’après la mission d’observation limitée de l’OSCE, les dernières élections législatives des 27 décembre 2009 et 10 janvier 2010 n’ont pas permis aux électeurs d’opérer de « véritable choix entre des alternatives politiques en compétition » : Les quatre partis enregistrés (Parti libéral démocrate/Mouvement des entrepreneurs et des hommes d’affaires ; Parti démocrate de renaissance nationale ; Parti populaire démocrate ; Parti social-démocrate Adolat) soutiennent le régime en place. Les deux partis historiques d’opposition « Erk » et « Birlik », créés après l’indépendance en 1991, demeurent interdits et leurs anciens dirigeants emprisonnés ou en exil.

La société ouzbèke est fondée sur des valeurs familiales et traditionnelles, encouragées par le gouvernement. Le maintien de la laïcité héritée de l’ère soviétique est une priorité, le fondamentalisme religieux étant perçu comme une menace grave pour la sécurité : l’Ouzbékistan a subi des attentats suicides en 2004 et 2009, et surveille les mouvements islamistes à travers le pays, particulièrement à la frontière afghane et dans la vallée de Fergana.


Evènements d’Andijan (mai 2005)

Dans la nuit du 12 au 13 mai 2005, des troubles ont éclaté dans la ville d’Andijan (vallée de Ferghana) après l’attaque de plusieurs bâtiments publics et une manifestation de la population locale. La répression des événements par les autorités a officiellement fait 173 morts. Les ONG estimaient alors qu’il y aurait eu entre 500 et 1000 victimes. Les autorités ont attribué la responsabilité des violences aux islamistes radicaux.

Le 23 mai 2005, l’Union européenne a condamné le recours « excessif, disproportionné et aveugle » à la force par les organes de sécurité ouzbeks et demandé la mise en place d’une mission d’enquête internationale indépendante. Face au refus des autorités ouzbèkes, l’UE a adopté, le 3 octobre 2005, des sanctions contre l’Ouzbékistan (embargo sur les armes et équipements militaires, suspension partielle de l’accord de partenariat, interdictions de visas pour les responsables de la répression).

A partir de novembre 2006, l’Ouzbékistan a renoué progressivement avec l’UE, après avoir autorisé la venue d’une mission d’experts européens sur les événements d’Andijan. L’UE a tenu compte de ces gestes d’ouverture et rétabli progressivement un dialogue structuré dans le cadre de l’accord de partenariat et de coopération, notamment sur les droits de l’homme.

Les sanctions ont été levé progressivement : suspension des interdictions de visas (octobre 2007) ; suppression des interdictions de séjour sous présidence française de l’UE (13 octobre 2008) et, un an plus tard, suppression de l’embargo sur les armes (27 octobre 2009).


Situation des droits de l’homme

La situation des droits de l’homme demeure préoccupante en Ouzbékistan et la France évoque régulièrement ces questions avec les autorités ouzbèkes, tant dans un cadre bilatéral que dans le cadre européen et celui des instances multilatérales.

Des progrès ont été enregistrés à partir de 2008, notamment la suppression de la peine de mort, l’introduction dans la législation d’un habeas corpus, et en 2013 une amélioration notable concernant le travail des enfants pendant la récolte du coton. L’Ouzbékistan s’est engagé en 2013 à mettre en œuvre 145 des 183 recommandations qui lui ont été faites au titre de l’examen périodique universel mené dans le cadre du comité des droits de l’homme à Genève.

L’UE continue d’exprimer ses préoccupations et ses attentes, notamment la libération de tous les défenseurs des droits de l’homme et prisonniers d’opinion maintenus en détention, la libre activité des ONG, la coopération avec tous les rapporteurs spéciaux des Nations unies, la garantie de la liberté d’expression et de religion et de la liberté des médias.


Facteurs de déstabilisation

L’Ouzbékistan est fortement exposé aux trafics de stupéfiants qui alimentent la corruption (25% de l’héroïne produite en Afghanistan transite par l’Asie centrale).

L’Ouzbékistan, dont la population a doublé depuis l’indépendance, compte la moitié des habitants de l’Asie centrale et d’importantes minorités (principalement tadjike). Une forte communauté ouzbèke est présente dans les pays limitrophes ; au Kirghizstan de graves tensions interethniques ont eu lieu en juin 2010 sur fond de lutte pour le pouvoir.

Le pays doit faire face à des enjeux démographiques et sociaux : 60% de la population ouzbèke a moins de 30 ans, 40% moins de 18 ans.

Les djihadistes du Mouvement islamique d’Ouzbékistan ont été chassés du pays au cours des années 2000 et se sont installés dans les zones tribales pakistanaises. Des membres présumés de mouvements islamistes illégaux sont régulièrement arrêtés et condamnés pour terrorisme.

Les performances relativement bonnes de l’Ouzbékistan en termes de croissance du PIB ne doivent pas masquer les faiblesses structurelles du pays : la part encore prédominante du secteur agricole, le sous-dimensionnement du système financier, le manque de diversification, la vétusté de l’appareil industriel et le manque d’ouverture de l’économie ouzbèke qui reste largement dépendante de ses relations avec la Russie et la Chine.


Situation économique

Dès l’indépendance, le Président Karimov a fait le choix de ne pas se lancer dans les privatisations (particulièrement dans l’agriculture) et choisi une stratégie de réforme graduelle et de substitutions aux importations visant à atteindre l’autosuffisance énergétique (grâce aux ressources gazières), industrielle et alimentaire.

L’agriculture reste un des principaux secteurs économiques du pays (18% PIB, 40% population active). Sa spécialisation dans le coton (5ème producteur, 2ème exportateur mondial) découle toutefois plus d’un héritage historique que d’un réel avantage comparatif. L’Ouzbékistan exploite d’importantes ressources extractives : or (4ème réserves mondiales), uranium (8ème réserves, 7ème producteur mondial) et gaz (15ème réserves, 10ème producteur mondial).

La part du secteur privé n’atteint que 45% (source : BERD). L’immigration vers la Russie et le Kazakhstan reste très importante. Officiellement, 2,5 millions d’Ouzbeks travaillent en Russie. Ils ont transféré en Ouzbékistan 6 Mds USD en 2012 et davantage en 2013.

Après la forte chute des IDE en 2011 (-35%) Tachkent a décidé de réviser sa politique commerciale jusque là très restrictive (fermetures temporaires des frontières, augmentation des tarifs douaniers, procédures d’importation très lourdes) et a mis en place des nouvelles règles (exemptions fiscales, réformes administratives). Malgré la convertibilité officielle du soum depuis octobre 2003, d’importantes restrictions demeurent dans l’accès aux devises, avec des délais qui excèdent souvent six mois.

La croissance du PIB ouzbek reste officiellement élevée à 8,5% en 2012, poussée par des politiques budgétaires et d’importants programmes publics (plan de 2011-2015 qui prévoit 47 Mds USD d’investissements dont 13 Mds USD en 2013, notamment dans les infrastructures). La bonne résilience de l’économie ouzbèke en période crise internationale pourrait s’expliquer aussi par un secteur financier peu développé et un isolement commercial. Officiellement, l’inflation est estimée à 8%, alors que certains experts indépendants l’évaluent à près de 20%.


Politique extérieure

L’Ouzbékistan poursuit une politique indépendante, dosant, selon des critères conjoncturels, rapprochement et éloignement vis-à-vis de Moscou et de l’Occident.

L’indépendance vis-à-vis de la Russie se traduit par une implication de plus en plus limitée de Tachkent au sein des organisations régionales sous tutelle russe : sortie de l’EURASEC (organisation régionale de coopération économique réunissant la Russie et les pays d’Asie centrale à l’exception du Turkménistan) en 2008 et suspension en 2012 de sa participation à l’Organisation du Traité de Sécurité Collective) et voit d’un mauvais œil l’aide militaire massive apportée par Moscou à ses voisin kirghize et tadjik. En revanche, Tachkent s’implique dans l’Organisation de coopération de Shanghai dont elle accueille le centre de lutte anti- terroriste.

Gazprom demeure toutefois l’acheteur unique du gaz ouzbek et le poids de la Russie dans les relations économiques reste prépondérant. La mise en exploitation en décembre 2009 du gazoduc baptisé par les Chinois « gazoduc de l’Asie centrale » a marqué un tournant dans la relation Russie-Asie centrale en donnant un accès direct à la Chine aux réserves gazières de la région : le gazoduc, inauguré par les Présidents de tous les pays concernés, relie le Turkménistan à la Chine en passant par les territoires kazakhstanais et ouzbek (490 km). Les Ouzbeks y sont raccordés depuis 2011.

Après la fermeture exigée par Tachkent de la base américaine de Karchi–Khanabad en 2005 et le froid avec l’UE en raison des sanctions suivant les événements d’Andijan, l’Ouzbékistan se tourne de nouveau vers l’Occident. Tachkent est disposé à discuter de la situation en Afghanistan et promeut la proposition du Président Karimov de relancer un format de discussion « 6+3 ». Des accords ont été signés en 2012 afin de faciliter le désengagement des Américains d’Afghanistan.

Malgré un réchauffement récent avec le Kazakhstan, l’Ouzbékistan entretient des relations difficiles avec ses voisins. La gestion des frontières dont la démarcation n’est pas achevée, ainsi que les difficultés posées aux habitants par l’existence d’enclaves sont source de tensions récurrentes, tout comme le partage des ressources en eau entre pays de l’amont (Kirghizstan et Tadjikistan) et pays de l’aval, dont l’Ouzbékistan.

Craignant que les projets de constructions de grandes centrales hydroélectriques par ses deux voisins diminuent l’approvisionnement en eau de son agriculture (notamment cotonnière), l’Ouzbékistan plaide pour une expertise internationale de ces grands projets, notamment ceux de Roghun au Tadjikistan et de Kambarata au Kirghizstan. Dans le même temps, il refuse toute gestion multilatérale de cette question et évoque la possibilité d’un conflit armé en cas de poursuite des travaux par le Tadjikistan.


Mise à jour : 20.01.14

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