Présentation
Données générales
Données géographiques
Nom officiel : République de Namibie
Superficie : 824.270 km2
Population : 2,1 millions
Capitale : Windhoek
Villes principales : Windhoek, Rundu, Walvis Bay, Swakopmund, Grootfontein, Katima Mulilo
Langue officielle : Anglais
Langues courantes : Anglais, Oshivambo, Afrikaans, Nama - Damara ,Herero, Rukavango, Allemand, Tswana
Monnaie : Dollar namibien (NAD. 1 € = 10,22 NAD en février 2012), parité fixe avec le rand sud-africain dans le cadre de la Common Monetary Area.
Fête nationale : 21 mars (Fête de l’Indépendance)
Données démographiques
Population : 2,28 millions en 2010 (Banque mondiale)
Densité : 2,5 hab./km²
Croissance démographique : +1,8% par an en moyenne (Banque Mondiale 2010)
Espérance de vie : 51.24 ans
Taux d’alphabétisation : 87%
Religions : Chrétiens (85 %, avec environ 50% de Protestants) Animistes (15 %)
Indice de développement humain (Classement ONU 2004) : 0,68 - 128ème
Données économiques
PIB : 12,2 milliards USD en 2010 (BM) ; 13,1 milliards USD en 2011 (est. EIU)
PIB par habitant : 5.330 USD en 2010 (BM)
Taux de croissance : 6,6 % en 2010 (FMI) ; 4,8% en 2011 (est. Bank of Namibia)
Taux de chômage : 37,6% de la population active en 2010 (BM ; une étude nationale publiée officiellement en 2010 mais controversée l’estime à 51,2% pour 2008)
Taux d’inflation (en moyenne annuelle) : 4,5% en 2010 (Bank of Namibia et FMI) ; 5,8 % en 2011 (FMI))
Solde budgétaire : -9,1% du PIB en 2011 (est. EIU) ; -6,9% en 2012 (est. EIU)
Balance commerciale : - 952 millions USD en 2011 (est. EIU)
Exportations (marchandises) : 31,7 milliards de dollars namibiens soit 39 % du PIB
Importations (marchandises) : 40,65 milliards de dollars namibiens soit 49,8 % du PIB
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2010 ; Central Bureau of Statistics of Namibia) :
primaire : 17 % ;
secondaire : 23 % ;
tertiaire : 60 %
Exportations de la France vers la Namibie : 20,5 millions en 2011 (douanes françaises)
Importations françaises depuis la Namibie : 85 millions € en 2011 (douanes françaises)
Consulat de France : section consulaire de l’ambassade de France à Windhoek
Communauté française en Namibie : 296 immatriculés (31/12/2011).
Politique intérieure
La Namibie est une République unitaire et son organisation institutionnelle est basée sur la
constitution de 1990. Le parlement se compose de deux chambres : l’Assemblée Nationale qui
compte 72 députés élus au suffrage universel (scrutin national proportionnel de liste) pour cinq ans et 6 députés désignés par le Président ; le Conseil national (équivalent du Sénat) doté de pouvoirs de révision relativement restreints, composé de 26 membres, chacun des 13 conseils régionaux du pays en désignant 2 pour un mandat de 6 ans. Le pouvoir judiciaire y est considéré comme indépendant mais les tribunaux souffrent de déficits en personnels et en moyens qui provoquent des délais parfois excessifs.
Sur les quatorze partis recensés, une dizaine de formations politiques composent la scène
politique namibienne, qui reste dominée par la South West Africa People’s Organisation
(SWAPO), fer de lance de la lutte pour l’indépendance. Les élections générales (législatives et
présidentielles) de novembre 2004 ont porté à la présidence du pays le candidat de ce parti,
M. Hifikepunye Pohamba, alors Ministre des Terres et de la Réforme foncière et dauphin du
Président en exercice, M. Sam Nujoma. Fin novembre 2007, au cours du quatrième congrès de la
SWAPO, ce dernier a laissé son successeur Président Pohamba le remplacer également à la
tête du parti.
Situation économique
La Namibie, pays ACP classé « à revenu intermédiaire, tranche supérieure » par la Banque
Mondiale en raison de son niveau de revenu moyen par habitant (5.330 USD en 2010), souhaiterait
bénéficier du même régime que les PMA du fait de la pauvreté de la majorité de la population. Ce
statut lui permettrait, en particulier, d’obtenir des prêts concessionnels de la Banque Mondiale.
L’ouverture commerciale de la Namibie reste forte. Les importations de biens représentent plus de
50% du PIB et la redistribution des recettes douanières issues de la SACU (Southern Africa Customs Union) financent en moyenne 40% du budget national. Le moteur de l’économie namibienne reste avant tout le secteur minier (uranium, diamants, cuivre, zinc, manganèse, terres rares) qui représente 41% des recettes d’exportations. La Namibie est le quatrième exportateur mondial en uranium et pourrait se hisser au deuxième rang d’ici quelques années, grâce notamment au développement des futurs sites d’extraction de Trekkopje (AREVA), de Husab, et des mines déjà existantes de Rössing (Rio Tinto) et de Langer Heinrich (Paladin).
L’économie demeure très dépendante de l’Afrique du Sud. 85% des importations en Namibie
viennent de ce pays, et le dollar namibien est aligné sur le rand sud-africain. La Namibie est
également tributaire des aléas climatiques et des fluctuations du cours mondial de ses ressources
naturelles (diamants, uranium, cuivre, produits agricoles, pêche). Les secteurs de l’agriculture et de la
pêche pourraient être affectés si la Namibie ne signe pas d’ici 2014 un accord de partenariat
économique (APE) avec l’Union Européenne, et perd ainsi le bénéfice des préférences tarifaires
accordées à ses produits entrant sur le marché européen.
Après avoir connu une légère récession en 2009 (-0,4%) du fait de la chute de la demande et des
cours de la plupart des matières premières, le pays a renoué avec la croissance (+ 6,6 % en 2010, + 3,8% en 2011) bénéficiant notamment du développement de la production de diamants. La politique budgétaire expansionniste suivie depuis devrait conduire le déficit budgétaire à dépasser 10% du PIB namibien pour l’année 2011. Ce niveau, a priori soutenable après plusieurs années d’excédent budgétaire, devrait toutefois causer le doublement de la dette publique du pays qui pourrait atteindre 30 % du PIB en 2015 (contre 15 % en 2010). Un retour progressif à l’équilibre budgétaire à l’horizon 2015 est cependant envisagé par le projet de budget 2012-2013
Les défis sociaux sont considérables . Le niveau élevé de chômage - dont le chiffrage, souvent estimé à environ 50% de la population, fait débat -, a conduit le gouvernement namibien à mettre en oeuvre, durant la période 2011-2014, un programme triennal de soutien à l’emploi (TIPEEG : Targeted Intervention Programme for Employment and Economic Growth) visant l’objectif peu réaliste de création de 100.000 emplois, voire près du double, pour un coût de 1,4 milliards d’euros environ. Le pays est confronté à la persistance de profondes inégalités sociales héritées du système
d’apartheid (le coefficient de Gini serait néanmoins descendu au-dessous de 0,6, contre 0,7 en
1990, mais il reste l’un des plus élevés au monde)). Ces difficultés sont amplifiées par un fort taux de prévalence du VIH/SIDA (13,1% en 2009 selon ONUSIDA pour la tranche d’âge 15-49 ans).
Pour y remédier, imitant l’exemple d’autres pays d’Afrique australe, le Gouvernement a présenté en
octobre 2011 son premier projet de loi créant un dispositif de « discrimination positive », le
NEEF (New Equitable Economic Empowerment Framework), jugé relativement peu pénalisant à ce stade pour les investisseurs étrangers, dans l’attente du contenu final de la loi et de ses dispositions précises d’application . La réforme agraire constitue un autre axe majeur de politique sociale compte tenu de la prédominance des fermes commerciales encore tenues par les fermiers « blancs » dans un pays où l’agriculture stricto sensu ne représente pourtant plus que 5% du PIB.
Politique extérieure et relations avec l’Union européenne
Relations avec l’Union européenne
Les relations entre l’Union européenne et la Namibie sont basées sur l’article 1er des accords de Cotonou (partenariat entre les pays ACP et l’UE) signés en juin 2000 et révisés en juin 2005 et dont l’objectif est de créer et de consolider les partenariats interrégionaux entre plusieurs pays d’Afrique subsaharienne notamment et les institutions communautaires.
L’Union Européenne a également développé un partenariat avec la Namibie depuis mars 1992, date à laquelle la communauté européenne a engagé 50 millions d’écus dans les secteurs de l’agriculture, des ressources humaines de la santé et du développement.
Actuellement cette coopération est formalisée par le 10ème plan stratégique, piloté conjointement par le fonds européen de développement (FED) et la Commission Nationale de la Planification namibienne (NPC), sur la période 2008-2013. La majorité des actions à entreprendre sont recensées dans un document qui fixe les buts à atteindre au terme de ce quinquennat : le Country Strategy Paper and National Indicative Programme, CSP/NIP.
L’objectif essentiel du soutien apporté par l’UE à la Namibie à travers ce 10ème plan est d’aider le gouvernement à réduire les inégalités sociales et la pauvreté, à rendre performant les services publics dans le domaine de l’éducation et de la santé, à œuvrer à l’aménagement d’infrastructures viables dans les zones rurales dans le cadre d’une réforme agraire d’ensemble, à renforcer l’intégration de la Namibie dans les circuits économiques mondiaux.
Ces objectifs sont spécifiés dans le document gouvernemental Vision 2030 mais également dans le troisième plan de développement national. Les montants engagés par l’Union Européenne pour financer les priorités en matière de développement avoisineront environ 105 millions d’euros sur la période 2008-2013.
En juin 2009, une revue à mi-parcours de ce plan a été effectuée. Etaient réunies pour ces consultations, les autorités gouvernementales et législatives namibiennes, des acteurs non étatiques (ONG notamment) et les représentants des pays membres de l’Union Européenne présents dans le pays. Les objectifs fixés dans le troisième plan ont été rappelés. Un effort supplémentaire sera fait dans le secteur agricole, suite aux inondations de 2009 qui ont dévasté une partie des récoltes.
La Banque Européenne d’Investissement (BEI) intervient également comme opérateur de l’Union, spécialisée dans les prêts à long terme. Depuis 1992, la BEI a signé des accords de prêt pour un montant d’environ 177 millions d’euros avec le pays, ce qui représente l’une des ratios prêts/per capita les plus importants des pays de la zone ACP. En 2006, le portefeuille d’actifs ( non encore remboursé) de la BEI en matière de crédits comprenait 15 opérations pour un montant de 117 millions d’euros. Deux lignes de crédits attribuées à Bank of Namibia ainsi qu’à d’autres banques commerciales servent à aider les PME locales dans le financement de leurs activités.
Enfin, la Namibie a accepté fin 2007 de signer un accord intérimaire dans le cadre de la négociation des APE (Accord de Partenariat Economique) entre l’UE et la SADC. L’enjeu pour la Namibie portait sur le maintien des préférences, notamment pour ses principales exportations (viande de bœuf, poisson et raisin de table). Un accord complet est désormais attendu, pour contribuer à la dynamique d’intégration régionale en Afrique australe.
Le pays toutefois éprouve quelques réticences à ratifier cet accord, certaines dispositions (clauses de la nation la plus favorisée) étant ressenties comme contraignantes et susceptibles de représenter des obstacles dans les relations que la Namibien pourrait avoir avec d’autres partenaires économiques d’importance.
Politique étrangère
La Namibie a normalisé ses relations de voisinage au sein de l’Afrique australe, même si
quelques différends frontaliers demeurent (question de la frontière commune avec l’Afrique du Sud sur
le fleuve Orange, problème de la gestion des ressources en eau de la rivière qui alimente le delta de
l’Okavango au Botswana). En avril 1999, elle a signé un pacte de défense avec l’Angola, le
Zimbabwe et la RDC, prévoyant un soutien militaire mutuel en cas « d’agression interne ou externe ».
Le pays tend à resserrer plus particulièrement ses liens avec l’Angola, sans doute pour contrebalancer
la domination sud-africaine au sein de la SADC.
Longtemps sous tutelle des Nations unies, la Namibie est attachée à l’action de l’ONU dans la
résolution des conflits. Elle plaide notamment la cause du Sahara occidental, l’admission de la
Palestine comme membre à part entière des Nations unies ou encore la levée du blocus américain à
Cuba. Panafricaniste, la diplomatie namibienne s’est aussi prononcée en faveur du consensus
d’Ezulwini (attribution de 2 sièges permanents à l’Afrique au sein du Conseil de sécurité). Le
gouvernement namibien prétend dénoncer les ingérences étrangères en Afrique (critiquant par
exemple les sanctions prises par les pays occidentaux à l’encontre du Zimbabwe et de son chef
d’Etat, Robert Mugabe, ancien frère d’armes de la SWAPO). De même, bien qu’elle les respecte, la Namibie déplore les sanctions internationales visant l’Iran, pays avec lequel elle a l’intention de développer ses relations bilatérales, y compris en matière énergétique. Le gouvernement refuse en revanche à ce stade de reconnaître le CNT libyen et se tient à l’écart des critiques du régime syrien sans pour autant le soutenir.
En tant que membre de la SACU (Southern African Customs Union), de la SADC et de l’Union Africaine (UA), la Namibie soutient l’intégration économique régionale et continentale. Dans le cadre de l’UA, elle souhaite notamment s’investir dans la montée en puissance de la Force africaine en attente (FAA).
Une relation de partenariat a été développée à partir de 1992 entre la Namibie et l’Union
Européenne, rénovée dans le cadre des accords de Cotonou conclus en 2000 entre l’UE et les pays
ACP. Elle repose aujourd’hui sur un 10ème FED (Fonds européen de développement), piloté conjointement par la Commission européenne et la Commission Nationale de la Planification namibienne (NPC), sur la période 2008-2013 et pour un montant d’environ 105 millions d’euros. Le pays bénéficie également de prêts de la Banque européenne d’investissement (BEI).
Par ailleurs, si la Namibie a accepté de parapher (mais sans l’avoir signé ultérieurement) un Accord de Partenariat économique intérimaire avec l’UE en 2007, la dynamique d’intégration régionale en Afrique australe pourrait connaître une nouvelle impulsion avec l’adoption d’un Accord de Partenariat économique régional incluant l’Afrique du Sud (RSA), condition du maintien de l’accès préférentiel de la Namibie aux marchés européens.
Parmi les partenaires occidentaux de la Namibie, l’Allemagne, dont est originaire une partie de la
population, est depuis l’indépendance en moyenne le premier bailleur de fonds bilatéral du pays. Mais le souvenir de la dure répression de la révolte des Hereros (1904) demeure un irritant récurrent dans les relations germano-namibiennes.
Si la Namibie bénéficie également d’une aide importante des Etats-Unis depuis 2008 au titre du
MCA (Millenium Challenge Account), qui, depuis qu’elle est en place, dépasse celle de l’Allemagne, elle tend à développer ses relations avec de nombreux Etats non occidentaux, en particulier avec les BRICS. Les gouvernements des pays émergents y voient notamment la promesse d’un accès privilégié à la richesse du sous-sol namibien.
Mise à jour : 12.06.12
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