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Présentation

Données générales

Nom officiel : République de Moldavie
Nature du régime : république parlementaire
Président de la République : Nicolae Timofti (mars 2012)

Données géographiques

Superficie : 33 700 km²
Capitale : Chisinau (près de 800 000 habitants en 2012)
Villes principales : Tiraspol (148 000 habitants en 2012, « capitale » de la Transnistrie), Balti (194 000 habitants en 2012), Tighina (ou Bender, 100 000 habitants en 2012)
Langue officielle : le roumain, depuis une décision de la Cour constitutionnelle de décembre 2013, qui l’a substitué au moldave. Le russe, l’ukrainien et le moldave sont les trois « langues officielles » de la région séparatiste de Transnistrie.
Monnaie : le leu (pl. lei) moldave (environ 1 euro = 19 lei)
Fête nationale : 27 août (jour de l’indépendance, acquise en 1991)

Données démographiques

Population : 3,5 millions dont Ukrainiens (8,5 %) ; Russes (6%) ; Gagaouzes (4,5 %) ; Roms (3,5%).
Densité : 128 hab. / km2
Croissance démographique (2013) : - 1,01%
Espérance de vie (est. 2013) : 71,85 ans
Taux d’alphabétisation (2009) : 99 %
Religion : population presque entièrement orthodoxe
Indice de développement humain (Classement PNUD 2013) : 114ème rang

Données économiques

PIB (2013) : 7,4 Mds USD
PIB par habitant PPA (2012) : 3424 USD

Taux de croissance (2013) : 8,9 % (6,7 % en 2011, - 0,8 % en 2012)
Index de compétitivité (Forum économique mondial 2013-2014) : 89e (- 2 places).
Taux de chômage (2013) : 5,1 % (près de 25 % de la population moldave en âge de travailler serait employée à l’étranger)
Taux d’inflation (2013) : 5,2 % (4,6 % en 2012)
Solde budgétaire : (2013) : - 1,8 % du PIB ( - 2,4 % en 2011- 2,1 % en 2012)
Compte courant : -9,5% du PIB en 2012

Principaux clients (2013) : Russie (26,3 %), Roumanie (17 %), Italie (7,7 %), Ukraine (5,9 %), Allemagne (4,7 %) – Union européenne (54 %), Union douanière (32 %)
Principaux fournisseurs (2013) : Russie (14,9 %), Roumanie (13 %), Ukraine (12%), Chine (8,7 %) – Union européenne (45%), Union douanière (18%)

Exportations de la France vers le pays (2013) : 60,3 M€ (+28,9 %)
Importations françaises depuis le pays (2013) : 40,8 M€ (+ 19,6%)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2012) :

  • agriculture (13,1 %),
  • industrie (16,8 %),
  • services (70,1 %)

Consulat de France : Chisinau
Communauté française en Moldavie : 100 personnes
Communauté moldave en France : environ 3700 personnes

Politique intérieure

La prédominance de la coalition de centre-droit

Prédominent depuis 2009, des coalitions de centre-droit, dont l’objectif est de réformer le pays pour favoriser le climat des affaires et à terme, intégrer l’UE. Une vaste modernisation des institutions a ainsi été engagée. Ce consensus sur l’engagement pro-européen n’a cependant pas permis de taire les dissensions au sein de la coalition gouvernementale. La crise politique, amorcée fin 2012, s’est ainsi soldée par la démission du gouvernement en mars 2013. En outre, plusieurs décisions ont, au cours de cette période, pu décevoir et inquiéter : décision de la Cour constitutionnelle suspendant des décisions de la banque centrale, concession de l’aéroport de Chisinau dans des conditions peu transparentes. Toutefois, à l’approche du sommet du Partenariat oriental à Vilnius, fin novembre 2013, le gouvernement s’est efforcé d’envoyer des signaux positifs : vote au Parlement d’une loi relative à la corruption dans le secteur public, dépôt d’un projet de loi visant à poursuivre la réforme de la justice ou encore annonce d’un programme de privatisations transparent. Les prochaines élections législatives se tiendront le 30 novembre 2014.

Les revendications sécessionnistes de la Transnistrie

La situation intérieure est marquée par les revendications sécessionnistes de la Transnistrie : cette région de la République de Moldavie située le long de la frontière avec l’Ukraine, est majoritairement peuplée de russophones. Elle a fait sécession de la Moldavie en 1990, invoquant sa crainte d’un rattachement de celle-ci à la Roumanie. Depuis un conflit bref mais violent en 1992, la région, dirigée par des autorités de fait, se donne toutes les apparences d’un Etat constitué mais est en réalité une zone de non-droit qu’aucun pays n’a reconnu. Des troupes russes y sont toujours présentes, contre la volonté des autorités moldaves, au titre d’une mission de « maintien de la paix », ainsi que pour sécuriser le dépôt de munitions de Colbasna, datant de l’époque soviétique.

Depuis 2005, l’UE a mis en place une mission d’assistance au contrôle de la frontière entre la Moldavie et l’Ukraine (EUBAM Moldavie), avec le soutien des deux pays et des négociations en vue d’un règlement du conflit se tiennent sous l’égide de l’OSCE, dans un format dit 5+2 (les deux parties, trois médiateurs -OSCE, Russie, Ukraine- et deux observateurs -UE et Etats-Unis-), mais à ce jour la question du statut de la Transnistrie n’y est pas abordée. Des « élections présidentielles » ont eu lieu en Transnistrie en décembre 2011, portant au pouvoir l’ancien « Président du Parlement », M. Chevtchouk. La crise en Ukraine a exacerbé les revendications transnistriennes de reconnaissance de leur volonté d’indépendance.

Situation économique

Petit pays fertile, mais dépourvu de ressources naturelles, la Moldavie a souffert de l’effondrement de l’Union soviétique et de la perte d’une grande partie de ses débouchés commerciaux. Malgré d’importantes réformes économiques depuis son indépendance, elle reste le pays le plus pauvre d’Europe (environ 30 % de la population sous le seuil de pauvreté). De plus, le conflit gelé de Transnistrie a un coût économique élevé pour le pays, accru par la concentration d’industries sur le territoire de la région séparatiste. L’économie moldave est également très dépendante des transferts d’argent des travailleurs migrants, dont la valeur est estimée à environ un quart du PIB du pays.

La Moldavie a fortement souffert de la crise financière et économique de 2008-2009 (- 6,5 % de croissance en 2009), sous l’effet de la baisse des transferts des travailleurs migrants ceux-ci représentant environ un quart du PIB dont 2/3 depuis la Russie, de la réduction des investissements étrangers et des échanges commerciaux avec ses principaux clients. L’année 2010 a marqué un début de sortie de crise (plus de 6% en 2010-11), mais l’économie moldave a été de nouveau affectée en 2012 par la crise dans l’UE et une sécheresse estivale exceptionnelle. Après une reprise marquée en 2013 (croissance à 8,9%), l’économie s’est trouvée affectée par la crise en Ukraine, l’un de ses principaux partenaires commerciaux, et par les restrictions de la Fédération de Russie à l’encontre d’une partie de ses exportations agricoles. Les prévisions de croissance pour 2014 ont ainsi été évaluées à 2,2% (FMI). Fortement soutenue par les institutions financières internationales, la Moldavie a entrepris de nombreuses réformes structurelles pour renforcer la stabilité du secteur financier, diversifier la structure des exportations, et soutenir le développement des investissements étrangers.

Traite d’êtres humains

Selon l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), la Moldavie est un des principaux pays source de la traite des êtres humains qui aurait fait plus de 3000 victimes entre 2000 et 2012. Afin de lutter contre ce trafic, les autorités moldaves ont mis en place en 2008, le « plan d’action pour la lutte contre la TEH » conçu par la Commission européenne et contribuent aussi au financement de centres d’accueil pour les victimes.

Politique extérieure

Roumanie

Avec la Roumanie, la proximité géographique, historique, linguistique et culturelle explique les relations privilégiées entre ces deux pays. Ces liens ont pu entretenir un malentendu, notamment avec la région de Transnistrie, sur les velléités supposées de la Moldavie d’intégration à la Roumanie. Cette ambigüité a été alimentée par l’octroi à plus de 200 000 Moldaves, d’un passeport roumain depuis 1991 et par les propositions récurrentes d’unification du Président Basescu. Les relations politiques bilatérales se sont renforcées avec l’accession au pouvoir en 2009, de la coalition pro-européenne. La Roumanie est devenue le principal promoteur de la Moldavie auprès de l’UE, en soutenant sa volonté d’adhérer à l’UE.

Ukraine

Avec l’Ukraine, la Moldavie entretient également de bonnes relations en dépit de crispations épisodiques à la frontière. Kiev est un partenaire de premier plan pour Chisinau. Les deux pays partagent une volonté commune de se rapprocher de l’Union Européenne et font tous deux partie du Partenariat oriental. L’Ukraine assure également environ un tiers des besoins en électricité de la Moldavie. Enfin, l’Ukraine est médiateur des négociations 5+2 sur la Transnistrie. Cependant, l’absence de liaison aérienne et le mauvais état des routes ralentissent les échanges entre les deux pays. La crise que connaît l’Ukraine depuis novembre 2013 a des répercussions sur la Moldavie qui se traduisent notamment par un regain de tensions avec la région de Transnistrie.

Russie

Les relations avec la Russie sont moins fluides, en raison du poids historique, culturel et économique de la Russie et de l’influence qu’elle exerce en Moldavie, notamment au travers du conflit transnistrien. Les importations de vin et de fruits moldaves vers la Russie pèsent de manière importante dans la balance commerciale et la Russie en use parfois comme d’un moyen de pression (embargo sur les importations de vins et spiritueux moldaves en septembre 2013, restrictions sur certaines viandes et fruits depuis juillet 2014, imposition d’un tarif douanier sur dix-neuf produits moldaves depuis le 31 août, embargo sur la viande et les produits carnés depuis le 27 octobre). Dans le domaine énergétique, la Russie contrôle, à travers Gazprom, l’opérateur national Moldovagaz. La dette gazière représente plus de 4 Mds $, dont l’essentiel du fait de la Transnistrie. Le contrat d’approvisionnement en gaz échu en 2011 a été prolongé jusqu’à fin 2014, sans que le mode de calcul n’ait été modifié.

Mise à jour : 22.10.14


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