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Présentation

Données générales

Nom officiel : Royaume du Maroc
Nature du régime : Monarchie
Chef de l’Etat : Le Roi Mohammed VI (intronisé le 30 juillet 1999)
Chef de gouvernement : M. Abdelilah Benkirane (depuis le 29 novembre 2011)

Données géographiques

Superficie : 446.550 km2
Capitale : Rabat
Villes principales : Casablanca, Fès, Tanger, Meknès, Marrakech, Salé, Agadir
Langue (s) officielle (s) : arabe, tamazight
Langue (s) courante (s) : arabe dialectal (darija), langues berbères, français (commerce, politique, diplomatie)
Monnaie : dirham marocain 1 euro = ± 11,2 MAD
Fête nationale : 30 juillet (Fête du Trône)

Données démographiques

Population : 33,0 millions (estimation 2014 CIA World Factbook)
Densité : 73,9 hab./km2
Croissance démographique : +1,02 % (estimation 2014) CIA world Factbook)
Espérance de vie : 76,5 ans (CIA world Factbook)
Taux d’alphabétisation : 56,1% (84% pour les 15-24 ans)
Religion (s) : islam sunnite de rite malékite (99 %), christianisme, judaïsme (1 %)
Indice de développement humain : 0,591, 130ème (classement 2013)

(Sources : DNS, CIA World Factbook, rapport 2013 du PNUD)

Données économiques (2013, sauf mention contraire)

PIB (estimation) : 79,1 Mds € (à taux de change constant)
PIB par habitant (estimation) : 2276 €/hab.
Taux de croissance : 4,5 %
Taux de chômage (au sens du BIT) (1er trimestre 2014) : 10,2% (9,2% fin 2013)
Taux d’inflation : 1,9 %
Solde budgétaire (estimation 2013) : -5,4 % du PIB
Balance commerciale : - - 20,8 % du PIB
Principaux clients (2013) : France (21,4 %), Espagne 18,9 %, Brésil 6,0%,
Principaux fournisseurs (2012) : Espagne (13,5 %), France (12,9 %), Etats-Unis (7,5%)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :

  • agriculture : 14,6 %
  • industrie : 27,3 %
  • services : 58,0 %

Exportations de la France vers le Maroc () : 3,9 Md€ (-4,2% par rapport à 2012)
Importations françaises depuis le Maroc () : 3,3 Md€ (+1,4% par rapport à 2012)

(Sources : DGTPE, service économique de l’ambassade de France au Maroc, CIA World Factbook)

Pour plus d’informations sur les relations économiques franco-marocaines : http://www.tresor.economie.gouv.fr/…

Consulats généraux de France : Agadir, Casablanca, Fès, Marrakech, Rabat, Tanger
Communauté française au Maroc : au 31 décembre 2013, 46 995 ressortissants étaient inscrits au registre des Français établis hors de France, dont 48,5% de binationaux.
Communauté marocaine en France : estimée à 1.500.000 personnes.


Politique intérieure

Le Roi Mohammed VI, au pouvoir depuis 1999, a engagé la modernisation politique, économique et sociale du pays : grands plans sectoriels, réformes du code de la famille et de la protection sociale, dynamisme de la société civile et progrès dans la transparence électorale. En 2006, le rapport de l’Instance équité et réconciliation, instituée par le Roi pour faire la lumière sur les violations des droits de l’Homme entre 1956 et 1999, a aussi été une étape marquante.

Le contexte régional au printemps 2011 a accéléré ce mouvement. Le Roi, dans son discours du 9 mars 2011, a annoncé une réforme constitutionnelle. La nouvelle Constitution, élaborée sur la base de consultations étendues (partis politiques, syndicats et société civile), a été adoptée lors du référendum du 1er juillet 2011. Le nouveau texte a clarifié la relation entre les pouvoirs et renforcé les rôles du Chef de gouvernement et du Parlement.

Le Parti de la justice et du développement (PJD, islamistes modérés), mené par Abdelilah Benkirane, a remporté les élections législatives anticipées de novembre 2011 avec 27% des sièges. Le PJD a formé un gouvernement de coalition avec l’Istiqlal (nationaliste conservateur), le Mouvement populaire (MP, berbère et conservateur) et le Parti du progrès et du socialisme (PPS, gauche). Conformément aux dispositions de la nouvelle Constitution, le Roi a nommé Abdelilah Benkirane au poste de Chef de gouvernement, le 29 novembre 2011, et le 3 janvier 2012 les membres du gouvernement, « sur proposition du Chef de gouvernement ».

Le 10 octobre 2013, le Roi Mohammed VI a procédé à un remaniement ministériel qui a permis de dénouer la crise politique ouverte par le retrait de l’Istiqlal hors de la coalition en juillet 2013. Le deuxième Gouvernement dirigé par A. Benkirane est chargé de mettre en œuvre la constitution et de finir d’adopter les dix-neuf lois organiques prévues par la Constitution.

Au niveau local, les élections communales de juin 2009 - suivies de scrutins locaux de différents niveaux et d’élections à la seconde Chambre - ont été remportées par le PAM. Le projet de « régionalisation avancée », dont les grandes lignes ont été tracées par le Roi dans son discours du 9 mars 2011 et qui prévoit une décentralisation du pouvoir et un fonctionnement démocratique des institutions locales, devrait conduire à une responsabilisation de la vie politique locale et favoriser la transparence.

En matière de développement humain, le gouvernement s’est engagé à amplifier les réformes économiques et sociales afin de s’attaquer aux faiblesses persistantes. Les chantiers de modernisation sont en cours : système de santé, assurance maladie obligatoire, régime des retraites, droit syndical. Le gouvernement précédent avait donné la priorité à l’éducation en lançant en 2009 un Plan d’urgence pour l’éducation.

Parallèlement, le gouvernement poursuit sa politique en faveur de l’emploi et de la compétitivité. Pour lutter spécifiquement contre la pauvreté, le Roi avait lancé en mai 2005 l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH), ciblée sur les communes rurales et les quartiers urbains défavorisés afin d’apporter une réponse globale à l’ensemble de leurs difficultés. Les effets de ces politiques devront être amplifiés pour relever les défis sociaux auxquels le Maroc est confronté. Le poids des revendications sociales dans les mouvements contestataires du printemps 2011 a poussé à une accélération de ces projets.


Situation économique

Le Maroc a renoué avec la croissance économique depuis le début des années 2000, mais celle-ci reste corrélée au secteur agricole et à la conjoncture mondiale. Après une croissance ralentie en 2012 (2,7%) due à la baisse de la valeur ajoutée agricole et à la crise en Europe, l’année 2013 a renoué avec la moyenne des cinq années précédentes, avec un taux de 4,5%, grâce aux bonnes performances du secteur agricole.

Le taux de chômage, a récemment augmenté d’un point à 10,2% (premier trimestre 2014) contre 9,2% fin 2013. Il touche particulièrement les jeunes urbains (36,7%). L’inflation reste contenue mais s’est accélérée pour atteindre 1,9% en 2013. Les autorités marocaines conduisent une politique du dirham fort afin de maîtriser l’inflation. Le dirham est indexé sur un panier de devises où prédomine l’euro (à 80%).

Sur le plan des équilibres financiers, le déficit commercial est structurel et compte encore pour 22,3% du PIB en 2013 malgré une baisse de 3,2 points. Hors phosphates et dérivés, les exportations ont cependant progressé de 6,7%, grâce au dynamisme des secteurs de l’automobile, de l’agro-alimentaire et de l’aéronautique. La baisse des importations s’explique par le recul des achats de produits énergétiques, imputable à la détente du cours du pétrole et à la morosité des affaires. La balance courante, restée excédentaire grâce à la hausse continue des transferts financiers des Marocains résidents à l’étranger et des recettes touristiques depuis 2000, affiche depuis 2008 un solde négatif. En 2013, elle a cependant marqué un recul (7,7% du PIB contre 10% en 2012).

Le déficit budgétaire a été ramené à 5,4 points de PIB en 2013 (contre 7,6% en 2012, dont 6,6% au titre des subventions aux produits de base), conformément à l’objectif gouvernemental de le ramener à 3,5% du PIB d’ici 2016. Sous pression du FMI avec lequel le Maroc est lié depuis août 2012, le gouvernement a réintroduit une indexation partielle du prix de certains produits pétroliers et supprimé la subvention à l’essence et au fuel industriel. Les produits sensibles tels que la farine, le sucre, le gaz butane et le fuel destiné à la production d’électricité restent toutefois exclus de ces mesures.

Par ailleurs, la dette publique marocaine apparaît maîtrisée : après un effort de réduction qui a permis de passer de 71,5% du PIB en 2005 à 48,4% en 2008, elle se stabilise fin 2013 à 60%, l’impact du programme ambitieux d’investissements publics, accéléré pour tenter de limiter l’impact de la crise, restant donc modéré. La dette extérieure représente quant à elle environ 26,5% du PIB. Le Maroc a obtenu en août 2012 une « ligne de précaution et de crédit » du FMI de 6,2 Mds USD utilisable, si nécessaire, pour une période de deux ans.

Malgré la dégradation de certains indicateurs au moment de la crise économique mondiale, la décennie 2000 et la première moitié de la décennie 2010 se caractérisent par la consolidation des équilibres macroéconomiques, ce qui s’est traduit par la progression de la notation risque pays du Maroc : en mars 2014, Standard & Poor’s a maintenu ses notations sur la dette à court et long terme (« BBB »), permettant au Maroc de rester dans la catégorie « Investment Grade », et a amélioré ses perspectives, de « négatives » à « stables ».


Politique extérieure

La politique étrangère du Maroc reste centrée sur deux priorités : la question du Sahara occidental et l’ancrage à l’Union européenne.

Sahara occidental : Le Maroc a présenté au Secrétaire général des Nations Unies (SGNU) le 11 avril 2007 une proposition de large autonomie pour le territoire sous souveraineté marocaine, destinée à servir de base pour les négociations avec le Front Polisario. Ce dernier demande l’organisation d’un référendum d’autodétermination.

Le Conseil de sécurité, dans sa résolution 1754 (2007), a qualifié les efforts du Maroc de « sérieux et crédibles » et a demandé l’ouverture de négociations directes entre les parties, en présence des « Etats voisins » (Algérie et Mauritanie), de bonne foi et sans pré-conditions. La résolution 1813, adoptée par le Conseil de sécurité en 2008, a mentionné la nécessité de « faire preuve de réalisme et d’esprit de compromis ». Plusieurs sessions de négociations, puis de discussions informelles, se sont tenues à Manhasset aux Etats-Unis depuis 2007 sous l’égide de l’Envoyé personnel du SGNU, mais n’ont pas abouti. Christopher Ross privilégie désormais une diplomatie de navettes entre les parties et les Etats voisins afin de faire progresser le processus politique.

Le Conseil de sécurité a adopté le 29 avril 2014 la résolution 2152 qui proroge pour un an le mandat de la MINURSO (Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un referendum au Sahara Occidental). La résolution, adoptée à l’unanimité comme chaque année, a réitéré le caractère prioritaire du processus politique. Elle reconnaît et félicite le Maroc pour les mesures qu’il a prises afin de renforcer les commissions du Conseil national des droits de l’homme à Dakhla et Laayoune ainsi que son interaction avec les Procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme de l’Organisation des Nations Unies. Elle réaffirme l’impératif de progrès dans le processus politique et rappelle l’importance d’améliorer la situation des droits de l’Homme au Sahara occidental et dans les campus de Tindouf (Algérie). La résolution a demandé à nouveau que soit envisagé l’enregistrement des réfugiés dans les camps.

L’Afrique devient une priorité diplomatique croissante pour le Maroc. Elle présente autant d’opportunités (économiques, politiques) que de facteurs de risque (trafics de drogue, réseaux terroristes trans-sahéliens, migrations). Les divisions africaines sur la question du Sahara occidental fragilisent par ailleurs la position du Maroc dans cet ensemble régional. Ce dernier n’a d’ailleurs pas réintégré l’Union africaine depuis son retrait de cette organisation en 1984, en protestation de l’admission de la République arabe sahraouie démocratique en son sein.

Le Maroc entretient par ailleurs un dialogue politique régulier avec les Etats-Unis, avec lesquels il a conclu un accord de libre-échange qui est entré en vigueur en 2006. Les Etats-Unis ont qualifié le Maroc « d’allié non-OTAN majeur » et lui apportent leur soutien dans un contexte saharo-sahélien fragilisé par la menace d’Al Qaïda au Maghreb islamique. Le Maroc bénéficie du fonds américain pour le développement (Millenium Challenge Corporation) et a accueilli les première (2004) et cinquième (2009) éditions du Forum pour l’Avenir, dans le cadre de l’initiative américaine du « BMENA ». Le Roi Mohammed VI a été reçu par le Président Obama à Washington en novembre 2013 et le Secrétaire d’Etat américain s’est rendu à Rabat, les 4 et 5 avril 2014, pour la deuxième session du Dialogue stratégique bilatéral.

Le Maroc a renforcé ses liens avec les pays du Golfe en acceptant en mai 2011 un statut de partenaire du CCEAG, dont un soutien financier en faveur du Maroc de 5 milliards de dollars sur cinq ans a été annoncé pour la période 2012-2016.

Le Maroc a co-parrainé toutes les résolutions sur la Syrie présentées à l’AGNU, puis présenté en janvier 2012 un projet de résolution au Conseil de sécurité au nom de la Ligue arabe. Le Maroc est membre du groupe des amis du peuple syrien et du « core group » dont il a accueilli une réunion le 12 décembre 2012 à Marrakech.


Mise à jour : 08.07.14


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