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La France et Malte

Relations politiques

Nos relations politiques sont excellentes et s’intensifient depuis l’adhésion de Malte à l’Union européenne. En particulier la France jouit d’une très bonne image depuis qu’elle a décidé, en 2009, d’appliquer unilatéralement le volet solidarité du pacte européen sur l’immigration et l’asile, ce qui a été salutaire pour Malte, qui cherchait désespérément à trouver des lieux accueillants pour les migrants venus des côtes libyennes. Nous avons aussi soutenu La Valette lors de sa candidature pour l’obtention du siège d’accueil du bureau européen d’appui en matière d’asile.

Par ailleurs, l’opération Harmattan, menée en Libye, a démontré la totale disponibilité des Maltais, qui ont mis à la disposition des forces françaises, malgré la neutralité de leur pays, leurs espaces aériens et maritimes, ainsi que de l’aéroport de La Valette ; de manière générale, l’attitude de la France à l’égard des pays arabes est jugée constructive, tant en ce qui concerne ses positions sur le Proche Orient que celles à l’égard de la Ligue arabe. L’intérêt que porte la France à la Méditerranée est également très bien perçu par Malte ; enfin, à l’heure où les Maltais tentent de se détacher de la forte influence anglo-saxonne, ils apparaissent plus disponibles pour s’intéresser davantage à la culture et la langue française.

Au plan européen, nos deux pays sont animés de la même volonté d’orienter l’Europe vers la croissance et la solidarité, ce qui pourrait se traduire, lors des prochains conseils européens, par des prises de position convergentes.

Deux sujets nécessitent un suivi particulier : la lutte contre l’immigration illégale (véritable priorité nationale pour Malte) et la sécurité maritime. Bien qu’elle soit passée de la « zone noire » du protocole de Paris à la zone « blanche » en 2010, la flotte sous pavillon maltais laisse encore à désirer sur le plan de la sécurité (accident du pétrolier maltais « Erika » -37 000 t de fioul- puis, en décembre 2011, du cargo TK Bremen (pavillon maltais), avec 190 tonnes de carburant à bord, sur une plage classée du Morbihan. Le pavillon maltais représente, en 2011, la plus grande flotte en Europe et la septième à l’échelle mondiale en capacité de transport.


Rythme des visites

Après l’adhésion de Malte à l’UE, les visites dans les deux pays se sont intensifiées. Alors qu’elles marquaient le pas depuis 2009 (aucune visite d’Etat n’est intervenue durant le mandat du Président Sarkozy), celles-ci ont repris avec la venue à La Valette, le 5 octobre 2012, du Président de la République et du Ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, dans le cadre du sommet du 5+5. Un volet bilatéral a été prévu lors de cette visite, une première pour un chef d’Etat français à Malte. Auparavant, M. Fillon, alors Premier ministre, avait rencontré son homologue à Malte les 8 et 9 mai 2008, et Lawrence Gonzi était venu en France, le 20 octobre 2008, dans le cadre de la PFUE. Le 24 avril dernier, le premier ministre Joseph Muscat a été reçu à Paris par le Président de la République, ce qui a constitué la première visite bilatérale à l’étranger du chef du gouvernement maltais depuis son élection en mars.


Relations économiques

Notre position de 4ème partenaire commercial, après l’Italie, l’Allemagne et le Royaume-Uni, est trompeuse (4ème fournisseur et 3ème client). Nos investissements sur place demeurent en effet très modestes. Le marché maltais est souvent considéré comme trop étroit par nos entreprises et une bonne partie de nos exportations est composée par des produits électroniques importés par la société franco-italienne ST micro et par des produits pétroliers (fournis par Total, 20% de nos ventes).

Les entreprises italiennes (qui assurent le ravitaillement de l’archipel depuis la Sicile) et allemandes (qui ont fait un effort majeur pour installer un tissu de PME aux côtés de Playmobil ou Lufthansa) semblent avoir remporté la partie. Cette impression est renforcée par la fermeture du service économique de l’ambassade en 2010. Cependant, Malte pourrait être regardée à l’avenir par nos entreprises comme une base d’accès au marché maghrébin et notamment libyen.

La présence française est limitée mais néanmoins primordiale pour l’économie maltaise : STMicroelectronics est le principal employeur et le plus gros exportateur de l’île (50% des exportations du pays) et l’entreprise CMA CGM (à capital français) exploite le port conteneur moderne de Malte (12% du trafic container de la Méditerranée). A noter, depuis 2008, l’installation à Malte de plusieurs entreprises françaises dans le secteur financier : Natixis pour la banque, PSA, RCI, BNP Paribas et April pour l’assurance ainsi que plusieurs sociétés de jeux en ligne à capitaux français.

Dans le secteur des eaux, Malte, qui ne traitait que 10 % de ses eaux usées, s’est engagé dans la construction de 3 usines de traitement des eaux usées (consortium dirigé par Degremont). En matière de télécommunications, Alactel est intéressé par plusieurs projets concernant des équipements téléphoniques et la fourniture et l’installation d’un réseau de fibres optiques dans tout le pays. Nexans a remporté en janvier 2011, un contrat de 178M€ pour la pose d’un câble énergétique sous-marin visant à relier le réseau d’électricité maltais au réseau européen. Enfin, le nombre de touristes français ne baisse pas (100 000 par an).


Coopération culturelle, scientifique et technique

L’action du poste s’appuie essentiellement sur l’alliance française de Malte-Méditerranée, qui accueille 800 élèves. Si l’enseignement du français se porte bien au collège, il s’affaiblit considérablement à mesure que les élèves s’approchent de la vie active (omniprésence de l’anglais). Il est donc prioritaire de mener à bien la création de sections bilingues francophones en lycée, qui donneront une plus grande visibilité à l’enseignement du français.

En matière de coopération universitaire, le bilan est modeste. La mobilité étudiante est faible (l’Université de Malte est partenaire de l’université de Nancy II). La concurrence italienne et anglaise est forte. Notre politique s’articule principalement autour des programmes de bourses. Elle vise aussi à renforcer l’attractivité des formations françaises aux niveaux master et doctorat et à promouvoir la mobilité des étudiants en incitant l’université de Malte à conclure des partenariats avec d’autres universités françaises (en s’appuyant sur les 550 formations anglophones existantes en France).

Sur le plan scientifique, l’action la plus importante et la plus prometteuse est l’implantation d’un bureau régional du CNRS à l’université de La Valette et la mise en place du programme de recherche « Mistrals » en 2011. Cela correspond à notre volonté de construire un espace de recherche euro-méditerranéen.

En matière de coopération culturelle et artistique, des actions politico-culturelles à visée régionale (concert israélo-palestinien « D’une seule voix », Ulysse 2009, Automne français à Malte en 2010, Fête de la musique avec Mathieu Chedid) ont contribué à susciter des cofinancements importants.


Mise à jour : 01.04.14

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