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Données générales

Nom officiel : ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM)

Superficie : 25.713 km2
Population : 2.022.547 habitants, dont 66 % de Slaves et 25 % d’Albanais
Capitale : Skopje (550.000 habitants)
Villes principales : Kumanovo, Bitola, Prilep, Tetovo, Gostivar, Ohrid
Langue (s) officielle (s) : macédonien (et albanais dans les régions où cette langue est parlée par au moins 20 % de la population)
Monnaie : le denar (1 € = 61,50 denar)
Fête nationale : le 8 septembre
Croissance démographique : 0,6 %
Espérance de vie : 74,5 ans
Taux d’alphabétisation : 97 %
Religion (s) : orthodoxe, musulmane, catholique
Indice de développement humain (2011) : 0,728 (78ème rang mondial)

PIB (2011) : 10,3Mds USD
PIB par habitant (2011) : 5016 USD/hab
Taux de croissance (2013 prévision) : 2 %
Taux de chômage (2011) : 32,0 %
Taux d’inflation (2011) : 3,4%
Solde budgétaire - 2,5% du PIB (2011)
Balance commerciale (2011) : - 2, 29 Mds USD
Principaux clients : Serbie (24,2%), Allemagne (16,7%), Grèce (10,8%), Italie (8,1%), Bulgarie (8,1%)
Principaux fournisseurs : Allemagne (10,3 %), Russie (9,8%),Grèce (8,7 %), Serbie (8,1%), Italie (7,2%),
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB
- agriculture : 11,4 %
- industrie :36,3 %
- services : 52,3 %

Exportations de la France vers l’ARYM (2011) : 49M€
Importations françaises de l’ARYM (2011) : 24 M€
Consulat (s) de France : Section consulaire près l’Ambassade de France à Skopje et Consulat honoraire à Bitola
Communauté française en ARYM (2012) : 196 inscrits au registre des Français établis hors de France
Communauté macédonienne en France (2011) : 2.721 personnes

Un lien est proposé sur http://www.tresor.economie.gouv.fr/se/

Politique intérieure

Seul pays issu de l’ex-Yougoslavie à avoir accédé à l’indépendance sans violence, l’ARYM a failli basculer à son tour dans la guerre civile en 2001 lorsqu’un conflit a éclaté entre Slaves et Albanais. L’Accord-cadre d’Ohrid, signé le 13 août 2001 sous l’égide de la communauté internationale, a mis un terme à six mois de crise. Il a permis de désarmer les belligérants, de relancer le dialogue politique, de jeter les bases d’une nouvelle constitution et de lancer une série de réformes visant à renforcer l’Etat de droit et garantir une représentation équitable des citoyens.

Le principal parti au pouvoir (VMRO-DPMNE), conduit par le Premier ministre, Nikola Gruevski, a remporté les élections législatives anticipées qui se sont tenues le 5 juin 2011 mais avec un score en retrait par rapport au précédent scrutin de 2008. Il associe au gouvernement le plus important parti albanophone (DUI) et dispose ainsi d’une majorité parlementaire (71 députés sur 123). La coalition conduite par le principal parti de l’opposition le SDSM (social démocrate) progresse et obtient 42 sièges. Outre le DUI, deux autres partis albanais sont représentés au Parlement : le DPA (8 députés) et le NDR (parti fondé par Rufi Osmani maire de Gostivar : 2 députés).

Le VMRO-DPMNE dirige également 57 municipalités sur 85 et c’est son candidat, M. Gjorgji Ivanov, qui a remporté l’élection présidentielle en 2009.

Lors de l’investiture de son nouveau gouvernement par le Parlement, M.Gruevski a exposé les cinq grandes lignes de son programme :
- mobiliser sur le développement économique : avec comme objectifs de relever la croissance au dessus de 5%, maintenir le déficit en dessous de 3% du PNB, réduire le sous emploi en deçà de 25%, développer les infrastructures, attirer les investissements étrangers.
- poursuivre l’objectif d’intégration euro-atlantique et améliorer les relations de voisinage en parvenant à un accord avec la Grèce
- approfondir la lutte contre la corruption et l’application des réformes de la justice et de la fonction publique.
- préserver les bonnes relations interethniques sur la base du respect de l’accord d’Ohrid.
- investir dans l’Education, les sciences et la technologie.

La coexistence entre les deux principales communautés, slave et albanaise, se maintient depuis 2001, mais on constate depuis le début de l’année 2012 une recrudescence d‘incidents à caractère interethnique qui, bien qu’isolés, sont révélateurs de tensions sous-jacentes. Par ailleurs, l’adoption du budget 2013 a donné lieu à de violents affrontements entre députés de la majorité et de l’opposition au Parlement le 24 décembre dernier. Suite à ces événements, le SDSM, premier parti de l’opposition (parti social-démocrate) a organisé plusieurs manifestations de protestations à Skopje et en province. Une crise politique favorisée par le contexte pré-électoral s’installe, le SDSM maintenant sa décision de boycotter le Parlement, continuant à demander des élections législatives anticipées et ayant décidé de ne pas participer aux élections municipales du 24 mars prochain.

Dans ce contexte le processus de réformes avance lentement. Des progrès concrets ont été réalisés en 2012, telles que la législation sur les conflits d’intérêts, le financement des partis politiques, la dépénalisation de la diffamation (importante pour améliorer la liberté de la presse et des médias), ou la réforme électorale mais des efforts complémentaires sont nécessaires en particulier dans le domaine essentiel de l’Etat de droit, de la liberté des media et de la réforme de l’administration publique.

Situation économique

Un modèle économique prudent qui s’est diversifié depuis 2009

L’ARYM se distingue par une gestion conservatrice de sa dette publique (30,4 % du PIB fin 2012) et une supervision stricte du secteur bancaire qui a contenu la croissance du crédit à un rythme prudent (le crédit total ne représente que 47,1 % du PIB début 2012). Sa politique économique s’est traduite par une croissance moins vive que celle des pays voisins avant la crise (4,1 % en moyenne entre 2004 et 2008, en dessous de la moyenne régionale) mais elle l’a protégé en partie de la crise, limitant notamment l’ampleur de la récession en 2009 (- 0,9 % en Macédoine mais - 5,3 % en moyenne en Europe du Sud-Est).

Les secteurs traditionnels (agriculture et secteurs miniers, manufacturiers et des échanges) restent prédominants et occupent plus de la moitié de la production de l’économie. La politique des autorités a eu, pendant la crise, un impact contra cyclique lié, notamment, aux dépenses d’investissement public. De fait, l’ARYM a diversifié son activité depuis la crise avec le développement de la construction (qui contribue pour 21 % à la croissance en 2010 et 2011), des communications, de l’information et des services financiers (contribution de 28 %). Ces secteurs ont bénéficié d’importants flux d’IDE (4,4 % du PIB en 2011) réalisés par des entreprises de grande taille (Johnson Controls et Johnson Matthey) dans des projets de deuxième génération venant renforcer les unités de production existantes.

Le ralentissement des exportations pèse sur la croissance

Le PIB progressait encore de 3 % en 2010 et 2011 mais l’activité a ralenti depuis fin 2011. Selon le FMI, la croissance sera nulle en 2012 avant une reprise de 2 % en 2013, du fait des évolutions défavorables de la consommation publique et des exportations nettes. Une contraction du PIB a, d’ailleurs, été observée aux deux premiers trimestres (- 1,3 % puis - 0,9 %) avant une stabilisation au 3ème trimestre (+ 0,2 %).

Le déficit courant s’est creusé légèrement en 2012 après avoir connu une forte correction de 2008 à 2011 (de 12,8 à 2,7 % du PIB). Les estimations du FMI et de la CE tablent sur la poursuite de cette tendance en 2013 du fait de la progression des importations et du ralentissement des transferts courants privés qui représentaient 11,5 % du PIB projeté, fin juillet 2012 (+25 % en un an). Les IDE ont ralenti début 2012 après une progression régulière en 2010 et 2011. La dette extérieure continue de progresser, elle atteint 65 % du PIB au 1er semestre 2012.

Le taux de chômage s’élève à 30,6 % au troisième trimestre 2012 et le FMI ne prévoit pas de baisse significative à moyen terme. L’inflation devrait ralentir à 2 % en 2012 et 2013 après une hausse à 2,8 % en 2011.

Le gouvernement a respecté sa cible de déficit budgétaire de 2,5 % du PIB en 2010 et 2011. Un collectif budgétaire, adopté en avril 2012, a dû, par contre, réviser des prévisions trop optimistes sur la croissance (de 4,5 à 2,5 %) et les recettes budgétaires (de + 15 à + 9 %), relevant la cible de déficit budgétaire de 2,5 % à 3,5 %, cible maintenue pour 2013 dans la loi de Finances votée par le Parlement fin décembre qui prévoit un maintien des recettes en 2013 à 2,4 Md EUR et une augmentation de 2,5 % des dépenses à 2,7 Md EUR (après une hausse de 5 % des retraites en mars 2013).

L’ouverture en début 2005 de l’Agence de Promotion des Investissements a permis de regrouper, pour simplifier les démarches des investisseurs, des responsables de diverses administrations compétentes. Les conditions réservées aux investissements étrangers sont parmi les plus favorables offertes dans les Balkans. L’harmonisation des lois et des règlements économiques et sociaux par rapport aux critères, usages et normes des pays de l’Union Européenne a fait l’objet d’efforts importants depuis plusieurs années et se poursuit progressivement.

Un Accord de Stabilisation et Association a été signé avec l’UE en 2001, qui comprend un Accord Commercial Intérimaire exonérant de droits les produits industriels vers l’UE, autorisant des quotas élevés pour les exportations macédoniennes de produits agricoles et alimentaires, et réduisant progressivement les droits sur les produits importés de l’UE. Membre de l’OMC depuis avril 2003, elle est également membre, depuis 2006, de l’Accord de libre-échange en Europe centrale et de l’Est (Cefta) généralement considéré comme une antichambre de l’Union Européenne.

Politique extérieure

Union européenne et Otan

L’ARYM fait de son intégration aux structures euro-atlantiques sa priorité stratégique. Premier pays à avoir signé un Accord de stabilisation et d’association (ASA) avec l’Union européenne en 2001, elle a vu ses progrès sur la voie de la normalisation reconnus par l’octroi du statut de candidat par le Conseil européen de décembre 2005. La Commission a engagé en février 2008 avec l’ARYM comme avec les autres Etats des Balkans un dialogue qui a conduit à la suppression de l’obligation de visas de court séjour le 19 décembre 2009.

En octobre 2009, au vu des avancées constatées, la Commission européenne a jugé dans son rapport annuel d’évaluation que les conditions étaient réunies pour recommander l’ouverture des négociations d’adhésion. Mais le gouvernement grec a indiqué que "la solution du problème du nom" était "une condition préalable" à l’ouverture de celles-ci. En conséquence, aucune décision de fixation d’une date n’a pu été prise lors du conseil européen de décembre 2009. Depuis lors la situation est restée identique : dans ses rapports de progrès annuels, la Commission a renouvelé sa recommandation pour une ouverture des négociations d’adhésion mais une décision unanime des Etats membres est nécessaire pour en décider.

L’aide de l’UE à l’ARYM dans le cadre du programme CARDS s’est élevée à 30,5 M€ pour l’année 2006 (34,5 M€ en 2005, 47,5 M€ en 2004). En 2007, l’ARYM est devenue éligible au nouvel instrument de pré-adhésion IPA : 623M€ sont prévus sur la période 2007-2013.

Membre du Partenariat pour la Paix depuis 1995, l’ARYM est engagée dans le processus d’adhésion à l’OTAN à travers le Plan d’action pour l’adhésion (MAP - Membership Action Plan) adopté en 1999. Lors du sommet de Bucarest (avril 2008), malgré la reconnaissance des efforts qu’elle avait accomplis, l’ARYM n’a pas été invitée à rejoindre l’Alliance ; la Grèce estime que l’entrée de ce pays dans l’OTAN ne pourra avoir lieu qu’une fois réglé le différend entre les deux Etats sur la question du nom du pays.

Situation régionale

L’ARYM entretient de bonnes relations avec ses voisins sauf avec la Grèce qui est pourtant l’un de ses principaux partenaires économiques. Elle participe à l’ensemble des initiatives de coopération régionale, garantes de la stabilité de la région et qui favorisent le développement des échanges économiques.

Les relations avec la Grèce sont difficiles. La question du nom officiel du pays n’est pas réglée et continue d’être un problème politique majeur. Le veto grec à l’adhésion de l’ARYM à l’OTAN au sommet de Bucarest d’avril 2008 avait brutalement accru les tensions. De même la Grèce n’a pas caché qu’elle s’opposerait à la fixation d’une date pour l’ouverture des négociations d’adhésion à l’Union européenne tant que la question du nom n’aurait pas été réglée. Des négociations sous l’égide des Nations Unies sont toujours en cours pour résoudre ce différend.

Mise à jour : 25.02.13

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