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Présentation

Relations politiques

L’ARYM a proclamé son indépendance après l’organisation d’un référendum le 8 septembre 1991 dans le contexte de la désintégration de l’ancienne Fédération yougoslave. En raison du différend sur le nom constitutionnel du nouveau pays, la reconnaissance internationale n’intervient qu’en 1993 : l’ARYM est admise à l’ONU (résolution 817/93) en avril 1993, sous le nom provisoire d’ "ancienne République yougoslave de Macédoine". La France ouvre une "délégation générale" à Skopje en mars 1993 et reconnaît officiellement l’ARYM le 27 décembre 1993. Un ambassadeur y est nommé le 31 mars 1994.

La France a apporté un soutien constant à l’ARYM depuis l’indépendance et a joué un rôle important au moment de la crise de 2001. La France a ainsi étroitement contribué au processus de négociation de l’Accord-cadre d’Ohrid, qui a mis fin aux affrontements, avec deux représentants spéciaux de l’Union européenne, M. François Léotard puis M. Alain Le Roy. La réforme de la Constitution était conduite par M. Robert Badinter. La France a confirmé son engagement envers l’ARYM en tant que "nation-cadre" de la mission militaire "Concordia", avec plus de 40% d’effectifs français et sous commandement français durant 6 mois, puis comme plus gros contributeur de la mission de police "Proxima" qui lui a succédé.

Les relations politiques bilatérales entre nos deux pays sont bonnes et régulières. La visite à Skopje du Premier ministre M. Raffarin le 16 avril 2003 a été suivie par celle à Paris de M. Crvenkovski, alors Premier ministre de l’ARYM, en janvier 2004. Le dialogue politique s’est poursuivi à travers les visites de travail des ministres des Affaires étrangères : M. Barnier s’est rendu à Skopje en visite bilatérale en septembre 2004, puis en octobre 2004 dans le cadre d’une réunion régionale initiée par les pays de la Charte adriatique, et Mme Mitreva, alors ministre des Affaires étrangères, a été reçue à deux reprises par le Ministre (décembre 2003 et octobre 2005). Mme Mitreva a également rencontré Mme Haigneré, ministre déléguée aux Affaires européennes en avril 2005, et Mme Girardin, ministre déléguée à la Coopération, au Développement et à la Francophonie, en novembre 2005. Mme Gabriela Konevska-Trajkovska et M. Zoran Stavrevski, vice-premiers ministres chargés de l’Intégration européenne et des Affaires économiques, membres du nouveau gouvernement dirigé par M. Nikola Gruevski, ont rencontré M. Philippe Douste-Blazy, ministre des Affaires étrangères, et Mme Catherine Colonna, ministre déléguée aux Affaires européennes, le 18 décembre 2006.

En février 2008, le ministre des affaires étrangères, M. Bernard Kouchner, a reçu à Paris son homologue, M.Antonio Milosovski. En novembre 2008 puis en Fevrier 2009, M. Bocevski, Vice Premier Ministre chargé de l’integration européenne a été reçu, respectivement, par M. Jouyet et M. Le Maire. Le Président de la République a reçu M. Gruevski, Premier Ministre d’ARYM le 13 mai 2009. En novembre 2009, le nouveau Vice Premier Ministre chargé de l’integration européenne, M. Naumovski, a été reçu par M. Pierre Lellouche.

Les dernières visites ministérielles françaises sont celles de :
- M. Eric Besson, Ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire, le 1er décembre 2009.
Elle a permis la signature d’un accord bilatéral sur la mobilité des jeunes, des étudiants et jeunes professionnels.
- M. Lellouche en juillet 2010 au cours de laquelle il a rencontré tous les principaux learders politiques du pays.

Le groupe inter-parlementaire d’amitié France-Balkans occidentaux est présidé au Sénat par M. Robert Badinter, Sénateur des Hauts-de-Seine. Le groupe d’amitié France-ARYM au sein de l’Assemblée Nationale est présidé par M. Philippe Duron, député du Calvados.

Site de l’ambassade de France à Skopje

Relations économiques

Les échanges franco-macédoniens et les investissements français restent très modestes comme l’’illustre notre part de marché inférieure à 2 %. En l’absence de grands contrats, le commerce courant compose l’essentiel de nos échanges avec ce pays où nos entreprises devraient pouvoir capitaliser sur les efforts réalisés par la France en matière de coopération institutionnelle (études de projets financées par le FASEP, jumelages, suivi fin de l’instrument IPA par un coopérant, etc…). Les infrastructures, en particulier, objets de financements internationaux croissants, devraient générer d’intéressantes opportunités.

Les deux pays sont des partenaires commerciaux modestes

Avec un total d’échanges de 73 Mios € en 2011, la Macédoine est notre 132ème client et 135ème fournisseur.

Nos échanges sont stables dans la durée, oscillant entre 40 et 50 Mios € pour nos exportations, tandis que nos importations sont, en moyenne, de 20 Mios €. La France dégage, dès lors, un excédent commercial proche de 20 MEUR par an.

Cette stabilité d’explique par la structure de nos échanges, qui s’appuient davantage sur du commerce courant que sur des grands contrats dont l’impact se traduit souvent par des volumes d’exportations en « dent de scie ».

Mise à part une livraison exceptionnelle de produits sidérurgiques (14,5 Mios €), nos exportations vers l’ARYM en 2011 (49 Mios €, + 28 % par rapport à 2010) étaient principalement constituées de véhicules automobiles (environ 7 Mios €) et dans une moindre mesure, de tissus, préparations pharmaceutiques et parfums, pesticides et produits agroalimentaires. A l’inverse, nos importations (24 Mios €, + 23 %) étaient surtout constituées de produits textiles et, plus marginalement, agroalimentaires.

Nos IDE sont limités mais progressent

L’implantation de la Société Générale, avec le rachat d’Ohridska Banka, contribue pour l’essentiel au stock français d’IDE. Mr Bricolage a ouvert une surface de vente en mars 2012 (avec un investisseur bulgare), Carrefour un supermarché en octobre 2012 (avec un investisseur grec). Lactalis dispose par ailleurs d’une unité de fabrication de fromages (Ideal Šipka) par l’intermédiaire de sa filiale croate Dukat. ADPm est dorénavant présent, grâce à la prise de contrôle de la société turque TAV qui exploite les aéroports de Skopje et Orhid. Publicis est présent depuis plusieurs années. Un certain nombre de sociétés françaises basées à Skopje ont une compétence régionale, telles qu’Alcatel-Lucent, Freyssinet Balkans, APAVE. On notera, par ailleurs, que la société Montupet (production de blocs de moteurs automobiles) étudie un projet d’implantation industrielle dans la zone franche de Skopje.

En ce qui concerne l’aide-projet, un prêt de 17,6 Mios € de la BERD dans le secteur ferroviaire a été complété par des aides françaises (500 K€ de notre fonds fiduciaire auprès de la Banque) ; les sociétés françaises Artelia et Carbonium finalisent une étude de faisabilité (sur financement FASEP) pour la construction d’une centrale thermodynamique à Bitola ; Egis a obtenu un financement FASEP pour réaliser une étude de faisabilité dans le secteur du traitement des eaux usées dans la vallée du Polog (ouest du pays).

Coopération culturelle, scientifique et technique

Notre coopération bilatérale s’inscrit dans le cadre de l’Accord de coopération culturelle, scientifique et technique signé entre nos deux pays le 29 janvier 1998. Elle est principalement orientée vers l’accompagnement de l’intégration européenne du pays avec notamment la nomination, depuis février 2010, d’un expert français auprès du Vice-Premier ministre en charge de l’intégration européenne.

Notre coopération s’articule autour de trois priorités : le renforcement de l’Etat de droit et l’appui à la bonne gouvernance, la formation des élites ainsi que le soutien à la langue et à la culture françaises, dans l’optique du soutien apporté à l’ARYM dans son rapprochement vers l’Union européenne.

Les activités de la coopération administrative ont été ciblées autour des problématiques de réforme de l’Etat et des questions européennes, afin de mieux accompagner le processus d’intégration européenne qui place la réforme de l’administration publique au cœur de nombreux chapitres de l’acquis communautaire. Les modalités d’intervention visent à développer notre appui administratif sur des missions ciblées (assistance technique, expertise), en lien étroit avec les administrations bénéficiaires. Dans cette perspective, deux conventions ont été signées cette année le Secrétariat pour les Affaires Européennes et l’autre avec le Ministère de la Société de l’Information et de l’Administration. Leur durée sera de trois ans 2012-2014.

Deux autres conventions complètent ce dispositif dans le domaine de la justice, la première avec l’Académie des juges et procureurs (soutien à la coopération avec l’Ecole nationale de la magistrature de Bordeaux) la seconde avec l’Ordre des avocats de Macédoine (soutien à la coopération avec des barreaux français).

L’attraction des élites est soutenue par un programme de bourses d’études en master et doctorat en co-tutelle (une dizaine par an) en accordant une place particulière aux études scientifiques. De plus, une information est diffusée sur les autres sources de financement, notamment programmes européens, permettant des mobilités vers des établissements français. Une qualité reconnue et un faible coût pour l’étudiant sont mis en avant pour attirer un plus grand nombre d’étudiants. Actuellement environ 150 jeunes macédoniens poursuivent leurs études en France qui est au 8ème rang des pays d’accueil.

L’action culturelle et linguistique repose sur l’Institut français de Skopje (inauguré en 1974, il est la plus ancienne institution culturelle étrangère en activité en Macédoine) et les deux Alliances françaises de Bitola et de Tetovo. L’ambassade développe un enseignement renforcé du français débouchant sur les lycées bilingues : un réseau de sept classes bilingues de lycées où le français est enseigné de manière renforcé et qui comportent l’enseignement en français d’une ou deux matières. La Macédoine a été admise membre de plein droit de l’Organisation internationale de la Francophonie lors du sommet de Bucarest en 2006.

Jumelages européens : les opérateurs français ont connu en 2011 un nouveau succès avec le GIP-Inter et l’AFPA qui, aux côtés d’un partenaire espagnol, ont remporté un jumelage sur le renforcement des capacités du centre de formation pour adultes de Skopje (1,469M d’euros).

Autres types de coopération

La France et l’ARYM ont signé en décembre 2003 un accord de sécurité intérieure, le premier de ce type entre l’ARYM et un pays de l’Union européenne.

Trois villes françaises sont jumelées avec des villes de ce pays : Epinal avec Bitola (1968), Dijon avec Skopje (1961) et Roubaix avec Skopje (1973). La coopération décentralisée mise en œuvre avec la région Basse-Normandie est dynamique ; elle vise notamment à appuyer Skopje pour la mise en œuvre de sa loi sur la décentralisation.

Mise à jour : 25.02.13

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