Présentation
Données générales
Nom officiel : République de Lituanie
Superficie : 65 300 km2
Capitale : Vilnius
Villes principales : Kaunas, Klaipeda, Siauliai, Panevezys
Population (recensement de septembre 2011) : 3 M d’habitants
Evolution démographique : 2000-2010 : - 7,61 %
Espérance de vie (2010) : Hommes : 68 ans - Femmes : 79 ans
Indice de développement humain ONU (2010) : 44ème place (IDH= 0,783)
Langue officielle : lituanien
Fêtes nationales : 16 février (première indépendance 1918) et 11 mars (indépendance de 1990)
Données économiques 2011
Monnaie : le litas, indexé à l’euro depuis 2002 (1 € = 3,4528 litas)
PIB : 30,7 milliards d’euros
PIB par habitant : 9496 euros
Taux de croissance : 5,9 % (2010 : 1,3 % / 2009 : - 14,7 %)
Taux de chômage : 15,4 %
Taux d’inflation : 4,1 %
Déficit public/PIB : environ 5,5 % (7,2 % en 2010)
Dette publique : 38,5% du PIB (48,5% en 2010)
Principaux fournisseurs : Russie, Allemagne, Pologne, Lettonie, Pays-Bas
Principaux clients : Russie, Lettonie, Allemagne, Pologne, Biélorussie
Secteurs d’activité du PIB : agriculture et pêche 3% ; industrie 28 % ; services 69 %
Exportations de la France vers la Lituanie : 832,8 millions d’euros
Importations françaises de Lituanie : 550,1 millions d’euros
Communauté française en Lituanie : 379 inscrits au registre des Français établis hors de France au 31/12/2011
La Lituanie et l’UE :
Contribution nationale au budget de l’UE en 2011 : 257 millions €
Fonds européens perçus en 2011 : 1652 millions €
Bénéficiaire net en 2010 : 1395 millions €, soit 5,03 % du RNB (1er bénéficiaire net en % du RNB), dont :
977 millions € au titre de la politique de cohésion
536 millions € au titre de la PAC
Part du commerce extérieur réalisée en 2011 :
- avec l’UE : 61,4 % des exportations, 55,9 % des importations
- avec la zone euro : 32,9 % des exportations, 29,6 % des importations
Nombre de députés au Parlement européen : 12 / 736
Nombre de voix au Conseil de l’UE : 7 sur 345 soit 1,2 %
Nombre de voix au Conseil de l’UE après 2014 (en fonction de la population) : 0,27 %
Politique intérieure
Présidente de la République : Mme Dalia GRYBAUSKAITE (prise de fonctions 12 juillet 2009)
Premier Ministre : M. Algirdas BUTKEVICIUS (depuis décembre 2012), social-démocrate
Prochaines échéances électorales : présidentielle en mai 2014 ; municipales en février 2015.
Depuis l’adoption de sa constitution en 1992, la Lituanie est une démocratie semi-présidentielle. Le président de la République, élu au suffrage universel direct, dispose de pouvoirs non négligeables, notamment en politique étrangère, le chef de l’Etat, par exemple, siège au Conseil européen. Le Premier ministre est responsable devant le Parlement, composé d’une seule chambre de 141 membres, appelée Seimas.
L’ancienne commissaire européenne Mme Dalia Grybauskaite, élue dès le premier tour de l’élection de mai 2009, avec plus de 68% des suffrages, a succédé en juillet 2009 à M. Valdas Adamkus. Le Premier ministre Algirdas Butkevicius a formé son gouvernement en décembre 2012.
Les sociaux-démocrates ont déjà exercé le pouvoir (gouvernement Kirkilas, 2006-2008). Les élections législatives d’octobre 2008 avaient permis une alternance, au profit des chrétiens-conservateurs, premier parti au parlement en octobre 2008 (46 sièges) devant les sociaux-démocrates (25 sièges). Les partis populistes avaient confirmé lors de cette élection de 2008 leur place importante sur l’échiquier politique, confirmée aux législatives de 2012.
La période 2008-2012 du gouvernement de centre-droit de M. Andrius Kubilius reposait sur une coalition associant chrétiens-conservateurs et libéraux. Cette coalition, qui disposait d’une courte majorité au Parlement, a mis en œuvre des mesures de rigueur budgétaire pour faire face à la crise économique. Cette politique a suscité des critiques, à commencer par celles de la présidente, Mme Grybauskaité. Elle n’a toutefois pas été remise en question dans son principe. M. Kubilius a perdu les élections législatives de 2012 en raison de l’impopularité que lui valait la politique menée, malgré de bons résultats macro-économiques (croissance de 5,8% en 2011).
Résultat des élections législatives, 28 octobre 2012
Le parti social-démocrate de M. Algirdas Butkevicius est arrivé en tête du scrutin.
Le parti social-démocrate a obtenu 37 sièges.
Le parti chrétien-démocrate du premier ministre sortant a subi une défaite mais obtenu cependant 33 élus dans le nouveau parlement (contre 45 dans le parlement sortant). Le Mouvement libéral, allié du premier ministre, n’a obtenu que 10 sièges.
Le Parti du Travail, populiste de gauche, s’est classé en troisième position à l’issue du scrutin, avec 29 sièges. Son dirigeant, Viktor Uspaskitch, se dit favorable à une plus grande intégration européenne, tout en adoptant un programme populiste (réduction du chômage à 0% en 3 ans, doublement du SMIC en un an).
Le parti populiste de droite « Ordre et Justice » de l’ancien président Paksas est devenu le quatrième parti avec 11 sièges.
Certains petits partis sont entrés au parlement : l’Action électorale des Polonais (8 sièges), le parti anti-pédophile Voie et Courage, constitué après des faits divers (7 sièges), 3 indépendants et 1 élu pour le parti de l’union des paysans et des écologistes.
La composition du gouvernement
Il a fallu plus de cinq semaines pour former le nouveau gouvernement, du 28 octobre, date du deuxième tour des élections législatives au 7 décembre 2012, date du communiqué présidentiel annonçant la formation du nouveau gouvernement.
Le premier ministre a rassemblé autour de lui une coalition comptant son parti social-démocrate, associé aux deux partis populistes, celui de gauche du Parti du Travail et celui de droite Ordre et Justice, avec l’appoint du parti d’Action pour les Polonais de Lituanie.
La présidente a un temps favorisé une improbable alliance entre sociaux-démocrates et chrétiens-démocrates. Devant le refus de M. Butkevicius, s’est engagée alors une longue tractation entre les deux têtes de l’exécutif, pour négocier le nom de chaque prétendant à un poste ministériel. Le parti social-démocrate obtient sept sièges ministériels. Le Parti du Travail en compte quatre, le parti Ordre et Justice deux, et le parti Action des Polonais, un.
La nouvelle majorité ne devrait pas remettre en cause les grandes orientations de la politique étrangère lituanienne. M. Butkevicius se déclare favorable à l’intégration européenne : il devrait annoncer la participation de son pays à la future coopération renforcée sur la taxe sur les transactions financières ; il espère une adhésion de son pays à l’euro en 2015. Il mettra l’accent sur le partenariat oriental lors de la présidence lituanienne de l’UE au deuxième semestre 2013 (un sommet du partenariat oriental est programmé le 29 novembre 2013 à Vilnius). La Lituanie pourrait réorienter les relations avec la Russie dans le sens d’une plus grande ouverture, et avec la Pologne dans le sens d’un dialogue plus serein, grâce à l’entrée au gouvernement du parti de la minorité polonaise de Lituanie.
En marge des élections législatives s’est tenu le 14 octobre un référendum sur l’arrêt du nucléaire en Lituanie. 63% des électeurs ont répondu non à la question : « Approuvez-vous la construction d’une nouvelle centrale nucléaire en Lituanie ? » Le oui n’a recueilli que 34% des voix, alors qu’il était donné gagnant avant la campagne électorale, notamment en raison du consensus sur la nécessité de s’affranchir de la dépendance énergétique à l’égard de la Russie. Le soutien de la coalition sortante au oui aura finalement joué contre l’engagement nucléaire. Ayant dépassé les 50% de participation, le référendum est considéré valide, même s’il n’a qu’une valeur consultative. Un débat énergétique va donc s’engager, qui devra tenir compte des deux voisins baltes, l’Estonie et la Lettonie étant partie au projet de construction nucléaire à Visaginas. Les deux têtes de l’exécutif sont divisées sur la question, la présidente restant favorable à la poursuite de ce projet, alors donc que le nouveau premier ministre et son parti avaient appelé à voter non.
Situation économique
En dépit d’une chute de 14,7% de son PIB en 2009, soit l’une des plus fortes contractions observées en Europe, la Lituanie est parvenue, non sans difficulté, à renouer avec la croissance en enregistrant un chiffre positif dès 2010. La reprise économique a surtout été portée par les secteurs industriel et énergétique, ainsi que par les transports et les télécommunications L’activité économique a connu en 2011 une croissance soutenue (+5,9%). Elle a été portée notamment par la dynamique du secteur industriel (croissance des exportations suite à la restauration de la compétitivité en 2009) et par la hausse de la consommation.
Les exportations ont augmenté plus vite qu’en 2010, ce qui a eu un effet positif sur le PIB. Les secteurs de la construction et de la finance-assurance ont également connu une forte croissance, (respectivement 19,2% et 9,8% grâce au redressement du marché immobilier). Les exportations ont été soutenues par le regain de la compétitivité de l’industrie lituanienne et le redressement des marchés exports traditionnels (hausse de 56,8% des exportations lituaniennes vers la Russie en 2010, +35% vers l’Allemagne, +47,7% vers la Biélorussie, +31,1% vers la Suède).
L’afflux de fonds européens (voir plus bas) et de sommes transférées par les émigrés (qui ont totalisé près d’1 Md € en 2010, représentant ainsi 3,6% du PIB, et 1,16 Md € en 2011, représentant 13,03% du PIB) ne sont toutefois pas parvenus à enrayer la baisse de la consommation et des dépenses publiques.
La Lituanie indique son souhait d’adhérer à la zone euro en 2015. Si cet objectif reste réaliste, sans recours à des mesures d’austérité supplémentaires, l’opinion publique reste en partie réservée sur les bienfaits de l’euro. La faillite en novembre 2011, de la cinquième banque du pays, la banque Snoras, ensuite nationalisée, avait soulevé des craintes, finalement infondées, pour les comptes publics. Le 30 juillet 2012, la Commission européenne a donné son accord pour le maintien jusqu’au 31 décembre 2012, d’un régime de soutien aux établissements financiers lituaniens. Ce système a été mis en place en janvier 2011, et reconduit trois fois, dans le but de fournir des capitaux frais et de se débarrasser d’actifs dépréciés.
La consommation interne, particulièrement affectée par la crise, tarde encore à repartir. La croissance de la consommation privée en 2011 était de 6,3%. Elle a été déterminée par la reprise du marché du travail et l’amélioration consécutive de la situation financière des ménages. Le PIB par habitant est à 9496 euros.
On peut cependant espérer une consolidation de la confiance : la baisse du chômage est encore fragile, mais le pouvoir d’achat est, pour la première fois depuis 2008, à nouveau à la hausse pour les salariés (+0,8%, entre juillet 2011 et juillet 2012). L’émigration est stabilisée et les retours se sont inscrits à un niveau record de 15000 en 2011. Si le solde reste déficitaire (37800 départs), le profil professionnel de ceux qui rentrent correspond à une meilleure formation. Les à-coups sociaux sont donc amortis, dans un environnement social où la foi en l’économie de marché n’est nullement remise en cause.
On peut y ajouter deux autres facteurs de succès du redressement économique. D’abord, les leçons de la crise de 1999-2000, d’une ampleur semblable, et où les mêmes recettes de rigueur avaient porté leurs fruits. Cette fois, avec la ferme volonté de ne pas subir d’intervention du FMI, les Lituaniens se sont appliqués d’eux-mêmes les mêmes règles. Ensuite, l’économie grise a servi de soupape économique et sociale, l’Etat montrant compréhension temporaire et officieuse, en la quasi-absence d’un filet social collectif et a priori coûteux.
Energie
La consommation énergétique lituanienne se décompose comme suit : produits pétroliers 36,3%, gaz naturel 35,4%, autres énergies non renouvelables et nucléaire 25,4%, charbon et tourbe 3,4%. La Lituanie dépend fortement (gaz 97%, électricité 60%) de la Russie, vers laquelle tous ses réseaux de transport, hérités de l’URSS, restent tournés. Cette situation est très inconfortable au niveau politique, la Lituanie ayant déjà été l’objet de deux blocus énergétiques russes depuis l’indépendance. Le gaz russe lui est facturé par Gazprom à un tarif élevé (environ 30% de plus qu’à ses voisins baltes et à l’Allemagne).
L’énergie fossile est en effet devenue prépondérante en Lituanie depuis la fermeture définitive de la centrale nucléaire d’Ignalina le 31 décembre 2009 (lors de son adhésion à l’UE en 2004, la Lituanie avait dû s’engager à fermer cette centrale, qui ne présentait pas les garanties de sécurité requises par Bruxelles). Les deux tiers de l’énergie électrique consommée sont désormais importés, pour plus de la moitié en provenance de Russie. La production nationale électrique repose presque entièrement sur le gaz russe.
Le taux d’indépendance énergétique de la Lituanie est de 20%, contre 52% en 2009.
La priorité gouvernementale est donc de desserrer cette contrainte. A cette fin, le gouvernement lituanien a présenté fin 2010 une nouvelle stratégie énergétique, avec 2 objectifs :
1. la diversification des approvisionnements, à travers l’interconnexion des réseaux énergétiques et des systèmes de transmission des pays baltes avec le reste de l’Europe ;
2. le développement de la production, avec le projet de construction d’une nouvelle centrale nucléaire à Visaginas. Les négociations avec le candidat sélectionné, Hitachi GE, sont en cours. La victoire du non au référendum du 14 octobre 2012, au cours duquel 63% des électeurs ont répondu non à la question « Approuvez-vous la construction d’une nouvelle centrale nucléaire en Lituanie ? » relance le débat énergétique et nucléaire. Le gouvernement lituanien doit décider de la marche à suivre après ce référendum consultatif.
L’efficacité énergétique laisse à désirer, puisqu’elle est actuellement 2,5 fois plus faible que la moyenne européenne (mauvaise isolation du parc immobilier notamment).
La présence des entreprises françaises sur le marché lituanien, à la fois en tant qu’investisseurs et en tant que fournisseurs, est solide et porteuse de projets de taille importante. Ceux-ci présentent un double intérêt pour la Lituanie : ils s’appuient sur une part significative de financements privés français ; ils ne concernent le plus souvent pas les énergies fossiles, et s’intègrent donc pleinement dans la stratégie gouvernementale lituanienne.
Politique extérieure
1/ Russie : la politique étrangère de la Lituanie reste dominée par un sentiment de méfiance, parfois passionnel, vis-à-vis de la Russie. La Lituanie cherche à se garantir contre ce qu’elle considère être les dangereux atavismes russes (militaire, politique et énergétique). Elle cherche à se dégager de sa dépendance à l’égard du gaz et de l’électricité russes, renforcée depuis l’arrêt de la centrale nucléaire d’Ignalina. Son adhésion en 2004 à l’OTAN, activement recherchée dès le renouveau de son indépendance, suffit à peine à la rassurer à l’endroit de la Russie. Ce facteur, combiné à l’existence d’une forte diaspora lituanienne outre-atlantique, a contribué à rendre la Lituanie très proche des Etats-Unis et d’autres Etats d’Europe orientale partageant ses craintes (dont les voisins baltes).
Pour autant, la relation avec le voisin russe n’est pas exempte d’ambiguïté, la Russie étant le premier partenaire commercial de la Lituanie. Ainsi, la présidente Grybauskaité, dès sa prise de fonctions en 2009, s’est attachée, tout en restant très vigilante, à décrisper la relation avec Moscou. L’extension aux pays baltes du plan de défense de la Pologne, dans le cadre de l’OTAN, entérinée par le sommet de l’Alliance atlantique à Lisbonne, s’accompagne des partenariats OTAN-Russie et UE-Russie.
2/ Pologne : La Lituanie entretient une relation complexe avec la Pologne, conséquence du partage d’une longue histoire commune dont les lectures diffèrent à Vilnius et Varsovie, notamment concernant l’entre-deux guerres et l’annexion de la région de Vilnius par la Pologne. La question du statut de la minorité polonaise en Lituanie est un irritant entre les deux pays. Forte d’environ 250 000 personnes, soit 6.4% de la population lituanienne, elle est concentrée dans les districts de Vilnius et de Salcininkai au sud est de la Lituanie. Représentée par l’Alliance électorale des Polonais, elle est très active politiquement. Ses principales revendications portent sur l’écriture des noms polonais dans les documents officiels, l’appellation des rues dans les zones à forte densité de population polonaise et l’enseignement de la langue "nationale" dans les écoles polonaises de Lituanie. Ces revendications s’accompagnent de présentations volontairement dramatisées de la situation des Polonais de Lituanie, les dirigeants de l’Alliance n’hésitant pas à évoquer des "violations des droits fondamentaux", voire l’"oppression" et les "discriminations" dont seraient victimes les Polonais de Lituanie.
Le sort fait en Pologne à la communauté lituanienne qui y réside est récemment devenu en Lituanie un sujet d’émotion, instrumentalisé aux fins de répondre à ce que les Polonais perçoivent comme une maltraitance de la minorité polonaise. Cependant, les représentants de la communauté lituanienne en Pologne font état de la naissance d’un sentiment anti-lituanien, phénomène nouveau à relier aux propos excessifs des représentants de l’Alliance électorale des Polonais. Cette tension a été mise en évidence par l’annulation d’un voyage du chef de l’Etat, Mme Dalia Grybauskaité, à Varsovie, pour une rencontre officielle afin de préparer le sommet de l’OTAN, le 17 avril 2012.
La Pologne reste un partenaire économique majeur de la Lituanie puisqu’il s’agit de son quatrième client et de son troisième fournisseur, après la Russie et l’Allemagne. De grands projets sont également entrepris entre les deux Etats : la liaison électrique, prévue pour 2015, entre la Pologne et la Lituanie est en cours de réalisation via le consortium LitPol, projet majeur pour la Lituanie. Une étude de faisabilité financée en partie par l’Union européenne a été lancée pour la construction d’un gazoduc reliant les deux Etats. Elle devrait être achevée prochainement. Enfin, la Lituanie souhaite le maintien de la participation active de son voisin au projet nucléaire régional de Visaginas.
3/ Biélorussie : La Lituanie s’efforce de promouvoir une politique active d’engagement envers le régime biélorusse, notamment par les échanges économiques, et s’efforce tant bien que mal de maintenir cette ligne, notamment à Bruxelles, malgré les dérives répétées du régime biélorusse. Par ailleurs, l’Université européenne des sciences humaines, créée à Minsk en 1992, et financée en grande partie par l’UE, a ouvert ses portes à Vilnius en 2005, après sa fermeture imposée en 2004 par le pouvoir biélorusse.
,
4/ OTAN : la Lituanie voit un intérêt à la PSDC en complément d’une OTAN qu’elle conçoit comme d’abord destinée, comme au temps de la guerre froide, à dissuader et contrer la Russie. Vilnius appelle à une présence plus visible de l’organisation sur son sol dans le but de renforcer son effet dissuasif sur la Russie. La Lituanie ne défend pas une politique interventionniste de l’OTAN hors des frontières européennes car elle y voit un risque d’affaiblissement de l’Alliance.
La Lituanie participe aux opérations de l’ISAF en Afghanistan.
En 2012 la majorité des 194 soldats lituaniens sont déployés dans le cadre de la PRT (Provincial Reconstruction Team) de Chaghcharan, dans la province de Ghor. Ils assurent des missions variées (la seule perte lituanienne sur le théâtre afghan remonte à 2008) : formation, logistique et renfort au quartier général de l’opération. La Lituanie envisage désormais la fin de sa participation à l’ISAF pour 2013-2014.
Depuis leur accession à l’Alliance en avril 2004, les trois Etats baltes (Estonie, Lettonie et Lituanie) bénéficient d’une mission de "police du ciel" permanente fournie, sur une base volontaire, par les Alliés. Initialement prévue pour la période 2004-2011, cette solution intérimaire a été reconduite, avec une clause de réévaluation fin 2018. La France, qui a participé à cette mission en 2007, 2010 et 2011 avec 4 Mirage, prendra à nouveau son tour en 2013.
Vilnius a créé un Centre de Sécurité énergétique, accrédité comme « centre d’excellence OTAN ». La France participera, dès l’été 2013, à la réflexion dans ce domaine en mettant un officier à disposition du centre.
La Lituanie adhère au projet de bouclier antimissiles balistiques de l’OTAN mais insiste pour que tous les membres soient protégés par les moyens propres de l’Alliance, excluant ainsi l’approche sectorielle d’un bouclier en coopération avec la Russie. Toutefois, afin d’éviter les tensions avec son voisin, la Lituanie ne prévoit pas d’accueillir des éléments américains du système antimissile.
Avec moins de 1% du PIB consacré à l’effort de défense, la Lituanie ne répond pas aux critères d’effort demandés aux membres de l’OTAN. Le premier ministre a exclu tout accroissement de l’effort budgétaire de défense dans les circonstances économiques présentes même si des annonces ont été faites juste avant le sommet OTAN de Chicago de mai 2012, envisageant de porter l’effort à 2%.
Mise à jour :10.01.13
Liens utiles
- Instantanés diplomatiques
- Documents de référence
-
Traités bilatéraux
-
Déclarations de politique étrangère
-
Chronologie des relations bilatérales






