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Présentation

Au sein de l’Union européenne, Vilnius dispose de 7 voix au Conseil sur 345. Les députés lituaniens au parlement européen sont au nombre de 11. Le commissaire européen lituanien, M. Vytenis Andriukaitis, est en charge de la santé et de la sécurité alimentaire. La Lituanie a assumé pour la première fois la présidence de l’UE lors du second semestre 2013.

Les priorités de sa présidence de l’UE, outre les grands dossiers (consolidation des finances publiques, stabilité financière, mise en œuvre du Pacte européen pour la croissance et l’emploi, approfondissement du marché intérieur), ont porté sur l’énergie, le partenariat oriental, la stratégie européenne pour la mer Baltique et la sécurité des frontières extérieures. Le moment majeur de la présidence lituanienne a été le 3e sommet du partenariat oriental à Vilnius les 28-29 novembre 2013.

Cette présidence reste marquée par les accords d’association proposés à la Moldavie et à la Géorgie, et paraphés par ces deux pays, mais aussi et surtout par le refus de l’Ukraine de signer son accord d’association avec l’Union. La présidente Grybauskaïté ne dissimule pas sa déception à ce sujet mais, positive, elle voit dans ce refus le déclencheur de « changements historiques donnant une nouvelle impulsion au partenariat oriental », en provoquant une mobilisation populaire importante dans les rues de Kiev.

Lors des élections européennes de mai 2014, la participation a fortement progressé (de 20,98% à 47,28%), par rapport au scrutin de 2009, en raison de la tenue des élections présidentielles lituaniennes le même jour. Les quatre formations arrivées en tête ont eu un succès électoral semblable : les conservateurs de l’Union patriotique ont obtenu 17,39% des suffrages, les sociaux-démocrates 17,27%, les libéraux 16,52% et le parti populiste de droite Ordre et Justice 14,27%. Chacune de ces formations obtient deux sièges au parlement européen. Les trois sièges restant sont répartis entre le parti du Travail (12,83%), l’Action électorale des Polonais (8,06%) et l’Union des verts et paysans (6,62%).

Les conservateurs ont perdu deux sièges sur ceux qu’ils avaient obtenus en 2009, avec 9% de voix en moins.

La Lituanie est passée de 12 à 11 sièges entre les scrutins de 2009 et 2014.

La Lituanie a contribué en 2012 à hauteur de 293 millions € au budget de l’Union européenne. Recevant de l’UE 1,832 Md, elle est bénéficiaire net : le solde positif est de 1,539 Md€. Les deux plus gros postes d’affectation des fonds européens sont la politique de cohésion (1072M€) et la politique agricole commune (576M€).

En pourcentage du revenu national brut, le soutien de l’UE à la Lituanie est l’un des plus importants dans l’UE. Pour la période 2014-2020, il devrait représenter plus de 4% du PIB (contre 3,77% pour la période 2007-2013).

Grande bénéficiaire au titre de la politique de cohésion, la Lituanie fait de cette politique une priorité. Les autorités lituaniennes souhaitent que l’aide soit concentrée sur les régions les plus pauvres, et estiment que le critère du PIB par habitant devrait rester le principal élément d’attribution de l’aide. La Lituanie est opposée au projet de la Commission européenne de plafonner à 2,5% du PIB le montant des aides de l’UE au titre des fonds structurels.

S’agissant de la Politique agricole commune, la Lituanie soutient une révision des modalités de répartition des aides directes entre Etats membres, aujourd’hui évaluées en fonction de références historiques. Le rééquilibrage des paiements avec une convergence plus rapide, pour que dès 2020 les aides atteignent 90% de la moyenne communautaire, a la préférence des pays baltes.

La Lituanie soutient une politique forte, disposant d’un budget suffisant, nécessaire à la bonne mise en œuvre de cet objectif. Elle a exprimé à diverses reprises sa forte volonté d’être impliquée et de contribuer activement aux débats sur la simplification de la PAC, afin d’éviter que les aides directes qui seront attribuées à ses agriculteurs n’atteignent, en fin de période, que 54% de la moyenne communautaire (comme le prévoit la proposition de la Commission).

Dans le cadre du démantèlement de l’ancienne centrale d’Ignalina, la Lituanie demande à l’UE un effort financier pour l’aider à poursuivre le démantèlement de la centrale d’Ignalina, construite en 1980 (type Tchernobyl). Le démantèlement devrait s’achever en 2029. L’UE verse à la Lituanie une aide financière de 1,367 Mds € (jusqu’à la fin 2013).

Dans ses perspectives financières 2014-2020, l’UE prévoit 700 M€ pour la fermeture de 3 anciennes centrales dans l’UE, dont 400 M€ pour Ignalina seule (la Commission ayant proposé initialement 210M€).

La Lituanie s’attache à susciter de ses partenaires qu’ils témoignent une attention particulière et accrue envers les questions de l’Est : accroissement de l’effort de l’Union en faveur des pays d’Europe orientale (et notamment soutien au Partenariat oriental), discours toujours ferme à l’endroit de Moscou, promotion de l’espace régional, action en faveur d’un nouveau tour d’élargissements de l’Union à l’Est (y compris la Turquie), notamment à travers le Partenariat oriental, que la Lituanie conçoit comme devant offrir une perspective d’adhésion aux pays bénéficiaires, soutien accru à la Géorgie et à son intégrité territoriale.

La politique européenne de la Lituanie tend à donner une importance croissante à la dimension nordico-baltique, considérée à la fois sous l’angle d’une sphère de coprospérité ("l’Europe dynamique" par opposition à la "Vieille Europe") et comme un ensemble à même de constituer une minorité forte, capable de peser sur la gouvernance de l’Union, jusqu’à présent dominée par la "Vieille Europe". La volonté de promouvoir de nouveaux élargissements participe, mutatis mutandis, de la même volonté de relativiser le poids de l’Europe de l’ouest dans le processus de décision politique au sein de l’Union.

S’agissant de la PSDC, la Lituanie considère que les efforts pour mettre en place un état-major européen pourraient conduire à des dépenses inutiles et aboutirait à un doublon, voire, à terme, à l’affaiblissement du lien transatlantique. Mais la réflexion a évolué en raison de la présidence lituanienne de l’UE en 2013 et de la réorientation hors d’Europe des priorités stratégiques des Etats-Unis.
Le parlement lituanien, au deuxième semestre 2012, a autorisé la participation de ses forces armées à l’opération Atalante, de lutte contre la piraterie au large des côtes somaliennes.

Mise à jour : 20.11.14


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