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Présentation de la Libye

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Présentation

La France et la Libye entretiennent des relations privilégiées depuis la Révolution qui a permis de renverser le régime de Kadhafi. La France a été le premier pays à reconnaitre le CNT et accompagne attentivement la transition démocratique libyenne comme en témoigne la dernière visite de M. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, accompagné de M. Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, le 12 novembre 2012 à Tripoli.

Données générales

Nom officiel : LIBYE (appellation « par défaut » dans l’attente d’une nouvelle décision prise par la future assemblée constituante libyenne)
Nature du régime : Républicain (en transition)
Président du Congrès général national (assemblée constituante et législative) : Mohamed Youssef al-Megarief
Chef du Gouvernement : Ali Zeidan

Données géographiques

Superficie : 1 759 500 km²
Capitale : Tripoli
Villes principales : Tripoli, Benghazi, Misrata, El-Beïda, Zouara, Sebha
Langue (s) officielle (s) : Arabe
Langue (s) courante (s) : Arabe dialectal, langues berbères, langues toubou
Monnaie : Dinar libyen (LYD) 1€=1,59 LYD (14/11/2012)
Fête nationale : Encore indéterminée

Données démographiques

(2010)

Population : 6.422.800
Densité : 3,65 hab./km2
Croissance démographique (estimation 2012) : 2,007 % (CIA World Factbook)
Espérance de vie : 74,8 années (PNUD)
Taux d’alphabétisation : 88,9 % (PNUD)
Religion (s):Islam sunnite (97 %) autres (3 %)
Indice de développement humain (2011) : 0,760 (64ème mondial) (PNUD)

Données économiques

(CIA World Factbook)

PIB (estimation 2011) : 36,87 Mds USD
PIB par habitant (estimation 2011) : 6000 USD/hab. (PPA)
Taux de croissance (estimation 2011) : -59,7 %
Taux de chômage (au sens du BIT) (2004) : 30 %
Taux d’inflation (estimation 2011) : 15,9 %
Solde budgétaire (2011) : -4,46 Mds USD
Balance commerciale (estimation 2011) : +5,09 Mds USD

Principaux clients : Italie (22.8%), Allemagne (14.3%), France (14.2%), Chine (10.7%), Espagne (5.2%)

Principaux fournisseurs : Tunisie (13.3%), Turquie (9.1%), Chine (8.8%), Italie (8.4%), Egypte (6.7%)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :
- agriculture : 3,3 %
- industrie : 48,4 %
- services : 48,3 %

Exportations de la France vers la Libye (2011) : 224,9 M €
Importations françaises depuis la Libye (2011) : 1,8 Md €

http://www.tresor.economie.gouv.fr/...http://www.tresor.economie.gouv.fr/…

Consulat (s) de France : Tripoli
Communauté française en Libye : 407 (au 31 décembre 2011)
Communauté libyenne en France : 994 (au 31 décembre 2011)

Politique intérieure

La victoire de la Révolution du 17 Février, proclamée le 23 octobre 2011, trois jours après la mort de Kadhafi et à l’issue d’un conflit de huit mois, a ouvert une période de transition politique après quarante-deux ans de dictature. La durée (dix-huit mois à deux ans) et les étapes de cette transition, ainsi que les principes sur lesquels se fondera la Libye nouvelle ont été définis par la Déclaration constitutionnelle, adoptée en août 2011 par le Conseil national de transition (CNT), assemblée législative provisoire formée durant la révolution.

La première phase de la transition, lancée avec la proclamation de la libération du pays, le 23 octobre 2011, s’est achevée, le 7 juillet 2012, par l’élection d’un Congrès national, assemblée législative et constituante de deux cents membres. Cette élection a entraîné la dissolution du Conseil national de transition, lequel a officiellement remis ses pouvoirs à la nouvelle assemblée à l’occasion d’une cérémonie solennelle le 8 août. Le Congrès a élu Mohamed Megarief, figure historique de l’opposition au régime de Qadhafi, à sa Présidence le lendemain.

Le bon niveau de participation à ce scrutin national (60%), le premier depuis près d’un demi-siècle, confirme la détermination du peuple libyen à être acteur à part entière du processus politique en cours pour l’établissement d’un Etat de droit, démocratique et pluraliste. Les nombreuses organisations de la société civile naissante s’étaient également fortement mobilisées durant la préparation des élections.
Durant la nouvelle phase qui s’ouvre, le Congrès aura pour tâche principale d’adopter, puis de soumettre à référendum, une nouvelle constitution, élaborée par une Commission constitutionnelle qui sera composée de soixante membres représentant à parité les trois régions libyennes (Tripolitaine, Cyrénaïque et Fezzan). Des élections générales seront ensuite organisées en 2013.

Le Congrès Général National a investi le gouvernement d’union nationale proposé par le Premier ministre élu M. Ali Zeidan le 31 octobre 2012. Son gouvernement a prêté serment le 14 novembre de la même année.

Les nouvelles autorités libyennes devront prioritairement s’atteler à rétablir la sécurité publique, condition d’une stabilisation durable du pays et de sa reconstruction économique.

Situation économique

L’économie libyenne se caractérise par sa grande dépendance des ventes d’hydrocarbures (production : 1.6 Mb/j) et par sa faible population (env. 6 M d’habitants) qui en fait le pays le plus riche d’Afrique du Nord en termes de revenu par habitant (11230 EUR/hab en 2012).

Malgré ces richesses, la plupart des infrastructures libyennes (logement, transports, télécommunications, éducation, santé) remontent aux années 1970, entraînant un sentiment d’injustice qui fut l’un des ferments de la révolution.

Ce niveau de développement s’explique par une série de décisions économiques erratiques (abolition du secteur privé et socialisation de l’économie à partir de 1973, secteur public pléthorique et inefficace) ainsi que par des facteurs exogènes (baisse des prix du pétrole dans les années 1980-1990, sanctions des Nations Unies de 1986 à 2003). Les projets de réforme économique lancés au milieu des années 2000 sous l’impulsion de Seif al Islam Kadhafi n’avaient donné que peu de résultats et ont été interrompus par la révolution.

En 2012, les prévisions du FMI tablent sur une croissance de 116.6% (contre une récession de 60% en 2011 s’expliquant par l’interruption de la production pétrolière puis par son retour rapide à 80% de son niveau d’avant-conflit), de 16.5% en 2013 et 13.2% en 2014. Ce dynamisme ne doit pas masquer les faiblesses de l’économie libyenne. Le succès des réformes structurelles (diversification économique, refonte administrative, développement du secteur privé, rationalisation de la gestion des finances publiques, modernisation du secteur financier) déterminera l’avenir du développement économique du pays.

Politique extérieure

La révolution a changé la posture libyenne sur la scène internationale, sans toutefois bouleverser ses relations extérieures.

Les pays ayant soutenu les premiers la révolution devraient devenir des partenaires privilégiés (France, Royaume-Uni, Etats-Unis, Qatar,), sans que soient remis en cause la présence de partenaires traditionnels (Italie, Allemagne, Turquie). Les relations de la Libye avec la Russie et la Chine restent froides malgré les efforts de ces deux pays pour faire oublier leur rejet de l’intervention militaire.

Tout en réaffirmant son engagement africain, la diplomatie libyenne a signalé que la politique africaine serait désormais plus équilibrée.

Les nouvelles autorités libyennes sont très engagées dans le dossier syrien. Elles ont, les premières, reconnu le Conseil national syrien, et ont soutenu les démarches de la Ligue arabe. L’opinion publique libyenne est très mobilisée sur cette question.

La Libye s’efforce de développer des relations de bon voisinage, malgré les irritants. Les officiels libyens ont multiplié les visites dans les pays de la région pour affirmer leur bonne volonté mais aussi aborder le sujet sensible des anciens dirigeants libyens réfugiés dans divers pays. Elle a obtenu l’extradition de Baghdadi Al-Mahmoudi (ancien Premier ministre de Qadhafi) par la Tunisie et celle d’Abdallah Senoussi, ancien chef des Renseignements, par la Mauritanie. La forte présence en Libye de travailleurs tunisiens et égyptiens est à la fois un facteur de rapprochement et de tension avec ces deux pays. Un sommet entre l’Egypte, la Tunisie et la Libye devrait avoir lieu prochainement. Malgré des efforts de rapprochement, les relations avec l’Algérie sont plus tendues en raison du soutien algérien à Qadhafi pendant la révolution et de la présence de certains membres de sa famille en Algérie.

La diplomatie libyenne souhaite mettre en place une politique extérieure fondée sur une approche régionale. Sans avoir adhéré à l’Union pour la Méditerranée, la Libye est membre de nombreux organes régionaux (Union Africaine, Ligue Arabe, Partenariat de Deauville, 5+5, etc.) et est favorable à la relance de l’Union du Maghreb Arabe. Le Président Megarief a participé au sommet du 5+5 à Malte, le 5 octobre dernier, où il s’est entretenu avec le Président de la République. La Libye a tenu à conserver la Communauté des États sahélo-sahariens (Cen-Sad), après une profonde réforme.

Mise à jour : 19.12.12.

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