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Présentation

Données générales

Données géographiques

Nom officiel : République de Lettonie
Superficie : 64 600 km²
Capitale : Riga
Population : 2, 030 millions d’habitants (déclin démographique annuel de -0,83%)
Espérance de vie : 68,9 ans pour les hommes et 78,9 ans pour les femmes
Villes principales : Daugavpils, Liepaja, Jelgava, Jurmala
Langue officielle : letton
Monnaie : euro
Fête nationale : 18 novembre

Données économiques 2013

PIB : 23,3 Mds €
PIB par habitant : 6 800 € (26ème rang de l’UE)

Salaire mensuel brut moyen : 800 € (France : 2500 €)
Salaire minimum : 280 € (France 1400 €)

Taux de croissance : 4% (la prévision pour 2014 est de 4,2%)
Taux de chômage : 11,9 %, prévision de 10,5% en 2014
Taux d’inflation : 0% (2,3 % en 2012) prévision de 1,9 % en 2014

Déficit public/PIB : -1,3% prévision de -1,3% en 2014
Dette publique : 38,4 % du PIB (contre 9% en 2007 et 41,9% en 2011) ; prévision de 38,7% en 2014

Principaux clients : Russie (16%), Lituanie (15,8%), Estonie (11,9%), Allemagne (6,8%), Pologne (6,6%), Suède (4,7%)
Principaux fournisseurs : Lituanie (19%), Allemagne (11,2%), Pologne (9,3%), Estonie (8,4%), , Russie (8,2%), Finlande (4,5%)
Investissements, stock d’IDE français :75 M€

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :

  • agriculture : 4,1 %
  • industrie : 21,7 %
  • services : 73,7 %

Exportations de la France vers la Lettonie : 284 M €
Composées comme suit par secteurs :

  • agro-alimentaire 33,4%
  • équipements mécaniques, matériel électrique et électronique 31,1%
  • produits cosmétiques et chimiques 8,6%
  • textile, habillement, cuir et chaussures 5,8%

Importations françaises de Lettonie : 172 M €
Composées comme suit par secteurs :

  • bois et produits dérivés 27,3%
  • produits pétroliers et coke 22,3%
  • équipements et machines 12,4%

Solde excédentaire de 112 M €

La Lettonie et l’UE

Contribution nationale au budget de l’UE en 2012 : 204 millions €
Fonds européens perçus en 2012 : 1179 millions € dont

  • 765M€ au titre de la politique de cohésion
  • 367M€ au titre de la PAC, pèche
    Bénéficiaire net en 2012 : 975M€ (2011 : 752M€)

L’enveloppe nationale de la Lettonie au titre de la politique de cohésion passera de 4,6 Mds€, sur la période 2007-2013, à 4,77Mds€ en 2014-2020.

PAC en 2013 : le montant de l’aide est de 95 euros/ha. Il sera de 196 euros/ha en 2020, soit une augmentation de 986M€ (+135%), pour atteindre 1,7Md€.

Nombre de députés au Parlement européen : 9 / 736
Nombre de voix au Conseil de l’UE : 4 sur 345 soit 1,2 %
Nombre de voix au Conseil de l’UE après 2014 (en fonction de la population) : 0,46 %

Politique intérieure

Lorsqu’elle a recouvré son indépendance en 1991, la Lettonie a largement repris la constitution de 1922 qui attribue un rôle majeur à la Saeima, parlement monocaméral composé de cent membres élus pour quatre ans au scrutin proportionnel. Le président de la République est élu par les députés de la Saeima pour un mandat de quatre ans. Le vote se déroule à bulletin secret et à la majorité absolue (soit cinquante-et-une voix minimum sur cent). Son mandat est renouvelable une fois. Le président nomme le premier ministre, qui détient le pouvoir exécutif. Une Cour constitutionnelle est chargée depuis 1996 de contrôler la constitutionnalité des lois.

Andris Berzins a été élu le 2 juin 2011 à la présidence de la République. Il a battu son prédécesseur, Valdis Zatlers, qui sollicitait un second mandat. Dénonçant la corruption et l’influence des oligarques, ce dernier avait décidé, le 28 mai 2011, quelques jours avant le terme de son mandat, d’initier un processus de dissolution du parlement en réponse au refus de ses membres de lever l’immunité d’un député soupçonné de corruption. Les parlementaires, appelés à élire le nouveau président une semaine plus tard, ont écarté M. Zatlers.

Les élections législatives du 17 septembre 2011 organisées suite à la dissolution du parlement avaient vu la victoire du parti de centre-gauche, le « Centre de la Concorde », soutenu par la minorité russophone (29% de la population lettone). Toutefois, en dépit de longues négociations, il n’a pas été possible d’associer le Centre de la Concorde à la nouvelle équipe dirigeante. En effet, une majorité de Lettons conteste les positions du « parti des russophones » sur des sujets aussi sensibles que la langue, l’identité culturelle ou encore la mémoire.

La minorité russophone représente 30% de la population lettone. A l’intention de ceux des russophones qui résident de longue date en Lettonie sans posséder la nationalité lettone, Riga a mis en place une politique d’intégration (notamment par le biais de l’enseignement du letton) et de promotion de la naturalisation. Depuis l’entrée en vigueur de la loi lettone sur la nationalité en 1995, près de 130 000 personnes ont obtenu la nationalité lettone, ce qui a contribué à faire passer la part des "non citoyens" (ne détenant ni passeport letton, ni passeport russe) dans la population de 29% en 1995 à 10% en 2014 (180 000 personnes).

Le parti russophone du « Centre de la Concorde » cristallise la problématique traditionnelle rencontrée dans les pays de l’ex-Union soviétique, où la communauté d’origine culturelle russe ravive, dans certaines franges de la population, la crainte du « Cheval de Troie » de Moscou. Une minorité de députés de ce parti a échoué à faire adopter par référendum, le 18 février 2012, la reconnaissance du russe comme seconde langue officielle (participation au scrutin : 70,73%, oui au russe comme langue officielle : 24,8%, non : 74,8%). Ce référendum a donné lieu à une forte mobilisation et un long débat, qui se poursuit sur le terrain des questions mémorielles et de la place de la Russie dans l’histoire de la Lettonie.

Les élections municipales de juin 2013 ont été marquées par une poussée significative du parti russophone dans toutes les villes importantes du pays. Les partis lettophones, désunis, ont connu un recul électoral. Le maire russophone sortant de Riga, Nils Usakovs, a gagné les élections avec 58,54% des voix. Le bilan dans la gestion des services sociaux (logement, éducation, transports et santé) a été déterminant. La question linguistique est passée au second plan. Les slogans nationalistes, en décalage avec les préoccupations sociales des électeurs, l’usure de la politique d’austérité et une population peu convaincue par la campagne en faveur de l’adhésion à l’euro sont autant de facteurs qui ont joué contre les candidats de la coalition au pouvoir lors de ce scrutin municipal.

Le premier ministre Valdis Dombrovskis avait donc été reconduit dans ses fonctions et dirigeait une équipe soutenue par l’ "Unité", son parti (centre droit, libéral), le "Parti de la réforme de Zatlers, ZRP", créé par l’ex président Zatlers (proche des milieux économiques), et l’"Alliance Nationale" (droite nationaliste). Un tiers des ministres, dont ceux des Finances et de la Défense, avaient été reconduits dans leurs fonctions. Les Affaires étrangères ont été confiées à Edgars Rinkevics. Suite à l’effondrement du toit d’un supermarché, causant la mort de 54 personnes, le gouvernement de M. Dombrovskis avait présenté sa démission le 27 novembre 2013.

Le gouvernement de Mme Laimdota Straujuma, ministre de l’Agriculture dans le gouvernement démissionnaire, a souhaité maintenir les orientations politiques et économiques du gouvernement Dombrovskis. Ce gouvernement technique de transition qui a préparé les élections législatives d’octobre 2014. Il rassemblait tous les partis lettophones, avec le nouveau renfort du parti des Verts et Paysans, rentré au gouvernement. Ce gouvernement devait aussi préparer la première présidence lettone tournante de l’UE, au premier semestre 2015.

Les élections législatives du 4 octobre 2014 ont conforté la position du parti pro-russe « Concorde » (centre-gauche) comme première force politique lettone (23% des votes). Toutefois, c’est une coalition de centre-droit composée des partis « Unité » (21,8%), « Alliance Nationale » (16%) et « Union des Verts et des Paysans » (19,5%) qui formera le prochain gouvernement. Le prolongement du mandat de Mme Laimdota Straujuma à la tête du gouvernement a fait l’objet d’un consensus général de la part des partenaires de la coalition, bien que cette dernière ait laissé entendre ne pas vouloir assurer l’intégralité de son mandat (4 ans). La plupart des anciens ministres ont été maintenus.

Résultats des élections du 4 octobre 2014

Centre de la Concorde : 24 sièges
Parti de centre-gauche pro-russe. Président : M. Jānis Urbanovičs

Unité : 23 sièges
Parti de centre-droit. Présidente : Mme Solvita Āboltiņa

L’Union des verts et des paysans : 21 sièges
Parti de droite. Président : Raimonds Vejonis

L’Alliance nationale : 17 sièges
Parti nationaliste d’extrême-droite. Président : M. Gaidis Bērziņš

Association lettone des régions : 8 sièges
Parti centriste. Président : M. Mārtiņš Bondars.

Du cœur pour la Lettonie  : 7 sièges
Parti de droite. Présidente : Mme Inguna Sudraba.

Autre parti n’ayant pas franchi la barrière de 5 %
PDHLU - Pour les droits de l’Homme en Lettonie unie
Parti russophone de gauche. Présidente : Mme Tatjana Ždanoka.

Questions économiques

Situation économique

La Lettonie a connu jusqu’en 2007 une forte croissance économique qui lui a valu, aux côtés de l’Estonie et la Lituanie, d’être qualifiée de « tigre balte » (croissance en 2005 : 10,6 % ; 2006 : 12,2 % ; 2007 : 10,0 %).

Mais le pays a été durement atteint par la crise financière et économique : le PIB letton a chuté de 18% en 2009, soit une des plus fortes baisses parmi les Etats membres de l’Union européenne. Un prêt conjoint UE/FMI accordé en décembre 2008 pour un montant de 7,5 Mds € a évité une aggravation de la crise, la Lettonie appliquant à la lettre des recommandations de ses créanciers. Ce plan d’aide s’est achevé en décembre 2011. Sur les 7,5 Mds € d’aide, la Lettonie n’aura finalement utilisé que 4,4 Mds €. Le FMI a annoncé l’intention de la Lettonie de lui rembourser les 714, 3 millions de dollars restant, avant même l’échéance prévue de 2015.

Les mesures d’austérité particulièrement douloureuses alors mises en œuvre se sont traduites par une forte réduction de la masse salariale et des dépenses publiques. Le chômage reste une préoccupation majeure. Ayant atteint jusqu’à 19% en 2010, il reste aujourd’hui à 11,9% et le FMI estime son maintien à deux chiffres jusqu’en 2017. Le chômage est en partie structurel, touchant les régions les moins développées et les populations non formées et non mobiles. Les licenciements et les baisses de salaire font partie de la stratégie de sortie de crise, illustrées par une baisse de 30% du salaire des fonctionnaires (baisse de 50% pour les enseignants), une baisse de 20% du salaire minimum à 140 euros par mois, une baisse de 10% des retraites. Le pourcentage de la population en situation de pauvreté a atteint son pic en 2010 à 21,3% contre 19% en 2012.

Après trois années de récession (2008, 2009, 2010), l’économie lettone a affiché en 2011 un des meilleurs taux de croissance de la zone UE, 5,5%, supérieur aux prévisions, taux de croissance qui reste élevé en 2012, à 5% et à 4% en 2013.

L’ajustement interne drastique engagé dans le cadre du programme UE/FMI a permis à la Lettonie d’accroître ses parts sur ses principaux marchés d’exportations, les exportations lettones bénéficiant de l’amélioration de la compétitivité procurée par le fort ajustement à la baisse des salaires. Les exportations ont connu un très fort rebond : +30% en 2010 et +28% en 2011. La progression de l’activité reste cependant inégale d’un secteur à l’autre : alors que la production industrielle, bénéficiant pour l’essentiel d’une reprise des exportations, affiche une nette reprise, le secteur de la construction peine à repartir et subit toujours le contrecoup de l’effondrement du secteur immobilier.

L’acceptation sociale de ces sévères mesures d’ajustement économique puise son explication dans deux facteurs spécifiquement lettons. D’abord, la population a connu un système soviétique aux conditions de vie difficiles. Ensuite, la réactivité des autorités lettones à engager ces mesures énergiques avant même la perte de confiance des acteurs économiques, a permis un redressement rapide. Ces deux éléments s’appuient sur une économie de taille réduite avec effet quasi instantané des mesures, soutenues par les banques scandinaves, un faible endettement public extérieur au début de la crise, et même une économie grise qui accroit la flexibilité déjà considérable du marché du travail.

L’enjeu reste donc pour la Lettonie de poursuivre le redressement actuel. .La dette publique en 2013 est de 38,4% du PIB.. Le déficit public est actuellement à 1,3%, en dessous de la valeur cible de 3%. L’inflation est à 0% en 2013..

Sur le plan commercial, les premiers clients de la Lettonie sont la Russie, la Lituanie, l’Estonie et l’Allemagne. Ses premiers fournisseurs sont la Lituanie, l’Allemagne, la Pologne, l’Estonie et la Russie. La France est le 13e client et le 11e fournisseur de la Lettonie. Les principaux investisseurs étrangers en Lettonie sont les pays nordiques, notamment la Suède, qui représentent environ un tiers des investissements directs étrangers, et l’Allemagne (10%).

Situation énergétique

Sur le plan énergétique, la part des énergies primaires dans la consommation finale se répartit en Lettonie de la manière suivante : produits pétroliers 30 % ; gaz naturel 28% ; bois de chauffage 27% ; énergie électrique 13% ; charbon 2%. Ce mix énergétique est fortement influencé par la période soviétique, durant laquelle la consommation était fondée exclusivement sur trois sources d’énergie : les produits pétroliers, le gaz naturel et le bois.

L’existence d’un réseau pour le gaz domestique et de grands réservoirs naturels de gaz ont permis à cette énergie de garder ses positions. Dans le domaine des énergies renouvelables, la prédominance du bois et de l’électricité produite par de grands barrages hydroélectriques ont limité l’émergence de nouvelles sources concurrentes d’énergie.

La Lettonie présente ainsi une forte dépendance vis-à-vis de l’étranger (67 %). En dépit d’un potentiel important dans le domaine de l’hydroélectricité et de la biomasse (bois), seulement 33% de la consommation d’énergie primaire proviennent des ressources énergétiques nationales.

La totalité du gaz consommé en Lettonie pour la production d’électricité ou le chauffage urbain est d’origine de la CEI. La compagnie nationale gazière Latvijas Gaze est détenue à hauteur de 34% par le groupe russe Gazprom. L’extension en cours de la capacité de la plus grande centrale électrique de cogénération repose sur l’utilisation du gaz russe.

Cette dépendance à l’égard du gaz naturel russe est quelque peu atténuée par l’activité de stockage, qui permet à la Lettonie de gérer à l’avance une année de consommation annuelle. En effet, Latvijas Gaze importe et distribue le gaz en Lettonie, mais aussi dans les pays limitrophes, à partir du réservoir géologique d’Incukalns au nord de Riga, d’une capacité de stockage de près de 5 Mds de m3. Elle maintient annuellement un stock alimenté en été à partir de la Russie et de la CEI, puis redistribué en hiver. A cet égard, la Lettonie, qui souhaite valoriser davantage sa grande capacité de stockage souterrain de gaz naturel, a récemment pris position pour la construction d’un terminal GNL, qui serait directement relié au réservoir d’Incukalns. Le terminal flottant de GNL « Independence », inauguré à Klaipeda (Lituanie) le 27 octobre 2014, opérant sous le régime du « third party access », donne accès au terminal à tout pays voisin ou partenaire intéressé à utiliser ses capacités pour son propre compte, et ce sur une base non-discriminatoire. Au besoin, le terminal pourrait satisfaire jusqu’à 90% des besoins en gaz de la Lituanie, de la Lettonie et de l’Estonie. Si ce projet met fin à la dépendance vis-à-vis du gaz russe, il compromet la construction d’un terminal similaire en Lettonie.

L’importation des produits pétroliers provient pour plus de la moitié de la Russie ou de fournisseurs (Lituanie notamment) dont les approvisionnements proviennent également de la Russie.

L’essentiel de la production électrique provient de trois usines hydroélectriques installées sur le fleuve Daugava et de deux centrales de cogénération (à gaz) situées à Riga. La production hydroélectrique (50% de la production totale d’électricité) n’est pas pérenne car elle est produite par des barrages tous situés sur le fleuve Daugava dont le débit peut être soumis à de fortes fluctuations. En conséquence, la Lettonie doit importer selon les années de 30 à 45% de l’énergie électrique consommée, en provenance d’Estonie, de Lituanie et de Russie (avant 2009, un tiers des importations provenaient de la centrale nucléaire d’Ignalina en Lituanie) ou recourir à de fortes importations de gaz pour alimenter ses usines de cogénération.

Transports

La compagnie nationale de transport Air Baltic a mis à l’étude le renouvellement complet de sa flotte. L’avionneur canadien Bombardier a été préféré à Airbus pour l’achat de 20 avions CS300. Cependant, ce projet ambitieux se heurte aux difficultés financières sérieuses de la compagnie Air Baltic, dont les résultats d’exploitation pourraient rendre le financement de cet achat difficile. Airbus se dit toujours disponible.

Dans le domaine du rail, une liaison ferroviaire entre les trois pays Baltes est à l’étude. Ce projet baptisé Railbaltica TGV Nord-Sud serait largement financé par l’Union européenne. La Lettonie est également intéressée par une liaison Riga-Moscou Est-Ouest à grande vitesse, qui est pour elle plus rentable et importante économiquement, mais qui ne pourrait bénéficier de fonds européens.

Politique extérieure

La Lettonie est devenue membre de l’OTAN en mars 2004. En répondant au sentiment d’insécurité des Lettons face à une éventuelle menace russe, cette adhésion était pour Riga une priorité de politique étrangère depuis l’indépendance recouvrée en 1991. A ce titre, des efforts budgétaires importants ont été consentis en matière de défense, même si la grave crise financière de 2008 les a interrompus. L’objectif est aujourd’hui que les dépenses de défense atteignent 2% du PIB d’ici 7 à 8 ans. Les autorités lettones ont organisé à Riga le sommet de l’OTAN de 2006.

Après avoir été engagée aux côtés des Etats-Unis en Irak, où le contingent letton a compté jusqu’à 150 soldats (retrait en 2008), la Lettonie concentre désormais ses efforts opérationnels en Afghanistan, où environ 185 soldats sont actuellement déployés au sein de la FIAS. Cet effectif place la Lettonie, au regard de la population du pays, dans le peloton de tête des fournisseurs de troupes. La Lettonie souhaite une meilleure coordination entre alliés s’agissant du retrait et de la période de transition post-2014 : elle a été échaudée par l’absence de communication préalable sur un retrait de la Norvège dès 2013 alors que la grande partie de son contingent est actuellement en soutien des militaires norvégiens dans la région de Meimanah.

Depuis leur accession à l’Alliance en avril 2004, les trois Etats baltes (Estonie, Lettonie et Lituanie) bénéficient d’une mission de "police du ciel" permanente fournie, sur une base volontaire, par les Alliés. Initialement prévue pour la période 2004-2011, cette solution intérimaire a été reconduite, en 2009, jusque fin 2014. La France, qui y a participé à ces missions en 2007, 2010 et 2011 avec 4 Mirage, est à nouveau engagée en 2013. L’occupation russe de la Crimée a amené les alliés otaniens, dans leur ensemble, à renforcer leur présence dans ce cadre de la « police du ciel » au-dessus des pays baltes.

Alors que les Etats-Unis sont traditionnellement perçus comme le meilleur rempart contre la « menace russe », les annonces d’allègement du dispositif américain en Europe et de réorientation stratégique vers l’Asie ont été peu appréciées à Riga. La fidélité au principal allié stratégique reste toutefois profondément ancrée. La Lettonie, par exemple, prend part en Afrique aux côtés des Américains, aux opérations militaires de formation de l’AFRICOM.

Aux côtés des Français, la Lettonie est aussi engagée en Afrique. 7 soldats lettons se trouvent au Mali et l’envoi de 30 soldats en République centrafricaine est à l’étude.

Les relations avec la Russie sont complexes en raison de l’existence en Lettonie d’une importante minorité russophone. Des trois Etats baltes, ce pays est celui dont la structure démographique a été la plus modifiée du fait de l’annexion soviétique. La réforme du système éducatif a notamment focalisé les critiques de la Russie : les écoles secondaires russophones ont dû porter à 60% la part de l’enseignement en letton, seule langue officielle du pays, alors que la minorité russophone demande au contraire que le russe soit reconnu comme seconde langue officielle. Riga considère en outre que Moscou cherche à exercer des pressions sur la politique intérieure lettone, notamment par le biais des médias russophones et de certaines ONG.

A cet égard, la décision des autorités russes, prise en juin 2008, de dispenser de visa pour la Russie les "non citoyens" de Lettonie est de nature à ralentir le processus de naturalisation : en effet, si les "non citoyens" peuvent accéder à l’espace Schengen au même titre que les citoyens lettons, ces derniers ont en revanche besoin d’un visa pour se rendre en Russie.

Les Russes insistent par ailleurs sur l’octroi du droit de vote aux élections municipales aux non-citoyens (majoritairement des russes ethniques), rappelant qu’il s’agit là d’une recommandation faite régulièrement par le Conseil de l’Europe, et sur l’octroi de la citoyenneté lettonne aux enfants des non-citoyens nés en Lettonie après le 21 août 1991. Les Lettons laissent entrevoir une possible ouverture sur la deuxième proposition, sans douleur pour eux et politiquement symbolique. Ils écartent catégoriquement la première qui ferait progresser de façon substantielle le nombre de soutiens potentiels de l’union russophone du « Centre de la concorde » bien au-delà des 28,5% (résultat obtenu aux élections législatives anticipées du 17 septembre 2011).

Bien que le statut de la minorité russophone en Lettonie constitue l’un des principaux obstacles à la normalisation totale des relations entre les deux pays, ces dernières progressent néanmoins, guidées par des considérations pragmatiques, notamment en matière d’échanges commerciaux (la Russie est le 1er client et le 3ème fournisseur de la Lettonie). La signature en 2007 d’un traité frontalier fut ainsi une étape importante dans l’établissement de bonnes relations entre les deux pays.

Plus récemment, le président Zatlers s’est rendu en visite officielle à Moscou (décembre 2010), durant laquelle plusieurs accords bilatéraux importants furent signés, notamment sur la non-double imposition. Par ailleurs, des efforts ont été entrepris afin de limiter les divergences d’appréciations portant sur l’histoire récente : pacte Ribbentrop-Molotov, rôle de la légion lettonne de la Waffen-SS (des rassemblements d’anciens combattants lettons sont organisés chaque 16 mars, date anniversaire des derniers combats "héroïques" en 1944 des légionnaires lettons de la Waffen SS en Courlande (Kurzeme) contre l’armée soviétique), signification du 9 mai 1945, victoire ou premier jour de l’occupation. Les présidents Zatlers et Medvedev ont ainsi donné leur aval à la création d’une commission bilatérale d’historiens, censée contribuer à aplanir les divergences d’interprétation.

Le 5 avril, MM. Dombrovskis et Medvedev se sont rencontrés, en marge du Sommet des Etats de la Baltique. Ce contact bilatéral est une première, les rares rencontres depuis l’indépendance n’ayant pas impliqué le premier ministre letton jusqu’ici.

La crise ukrainienne a ravivé la tension russo-lettonne, la Lettonie a dit son grand attachement à l’intégrité territoriale de l’Ukraine et continue à souhaiter qu’un sommet du Partenariat oriental clôture sa présidence de l’Union européenne au premier semestre 2015.

Cependant, la Lettonie garde en tête les difficultés lituaniennes, lors du sommet de Vilnius, en novembre 2013, au cours duquel le refus du président Yanoucovich de signer l’accord d’association Ukraine-UE a déclenché la crise politique à Kiev. Par ailleurs, lors de la crise syrienne, les provocations des derniers mois d’hommes politiques russes (M. Alexandrov et V. Jirinovsky), agitant la menace d’une intervention russe en Lettonie, en cas d’attaque de l’Occident contre la Syrie, ont mis en évidence la conscience d’une possible confrontation.

Mise à jour : 20.11.14


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