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Géographie et histoire

Géographie

Le Laos est le seul pays enclavé d’Asie du Sud-Est : ses 236.800 km² s’étendent sur 1100 km du Nord au Sud et sont couverts aux trois quarts de montagnes. Il se compose de trois grandes régions nettement différenciées : Nord, au relief montagneux et tourmenté, culminant à 2850 mètres ; Centre, où se trouve la plaine de Vientiane, grenier à riz du pays ; Sud, région de plateaux limitée par le Mékong à l’ouest et la cordillère annamitique à l’est.

Il se signale également par une diversité ethnique exceptionnelle : 49 ethnies y sont officiellement répertoriées, réparties selon la nomenclature officielle en trois grands groupes, les Lao Loum ("Lao des plaines") de culture thaïe, constituent les deux-tiers de la population ; les Lao Theung ("Lao des plateaux"), premiers habitants, apparentés au groupe austroasiatique, représentent environ le quart de la population ; les Lao Soung ("Lao des sommets"), principalement Hmongs, arrivés de Chine au XIXe siècle, sont nettement moins nombreux (moins de 10%). Au sein de cette mosaïque, l’ethnie dominante Lao proprement dite ne représente qu’environ la moitié de la population.

Histoire

Les origines : Le Laos actuel est jusqu’au XIIIe siècle le domaine de populations austroasiatiques, qui subissent une forte influence, politique et culturelle, de l’empire khmer et des Etats Môn. La lente migration, à partir du premier millénaire de notre ère, des populations thaïes originaires de la Chine du sud, s’accélère aux XIIIe et XIVe siècles à la suite des invasions mongoles. Parmi ces Thaïs, certains, les Laos, fondent sur la rive gauche du Mékong une principauté tributaire de l’empire khmer, le Muong Xua, avec comme capitale Luang Prabang.

Le royaume du Lane Xang (XIVe-XVIIe siècles) : En 1353, un prince lao élevé à la cour d’Angkor, Fa Ngum, conquiert les principautés laos avec l’aide du souverain khmer et fonde le royaume du Lane Xang ("million d’éléphants"). La monarchie s’appuie sur le bouddhisme Theravada (du "petit véhicule"), qui devient religion d’Etat. Au cours des XVe et XVIe siècles, la monarchie doit faire face aux invasions vietnamiennes puis birmanes. Au milieu du XVIe siècle, l’évolution des équilibres démographiques, économiques et stratégiques régionaux conduit la dynastie à établir sa capitale plus au Sud, à Vientiane. Le Lane Xang connaît un "âge d’or" sous le règne de Souligna Vongsa (1637-1694).

Désintégration du Lane Xang et mainmise étrangère (XVIIIe-XIXe siècles) : Les luttes intestines qui suivent la mort de Souligna Vongsa entraînent l’éclatement du Laos en trois royaumes rivaux, avec pour capitales respectives Vientiane, Luang Prabang et Champasak. Ces faibles royaumes tombent sous la coupe des Birmans puis du Siam. Vientiane est rasée en 1830 par les Siamois, qui annexent le royaume et déportent une grande partie de sa population sur la rive droite du Mékong.

La colonisation française (1893-1945) : A partir de 1858, la France entreprend la conquête de l’Indochine. En 1887, Auguste Pavie est nommé consul à Luang Prabang. Il convainc le roi Oun Kham de l’intérêt, face au Siam, de placer le Laos sous la protection de la France. L’administration française se met en place sur des territoires aux statuts juridiques divers, finalement rassemblés en 1899 dans une entité administrative commune, membre de la Fédération indochinoise et dirigée par un Résident supérieur installé à Vientiane.

Le Laos dans le tourbillon des guerres d’Indochine (1945-1975) : En 1945, alors que l’Indochine est sous occupation japonaise, un gouvernement dirigé par le prince Phetsarath, père du nationalisme lao, déclare l’indépendance. La France recouvre son autorité sur le pays au début de 1946, contraignant le gouvernement Phetsarath à s’exiler à Bangkok. En 1949, le royaume accède au statut d’Etat associé, ce qui entraîne le ralliement au gouvernement royal de la majorité des politiciens exilés, à l’exception du prince Souphannouvong. Ce dernier crée en 1950, avec l’appui du Viet Minh, un gouvernement provisoire de l’Etat lao (Pathet Lao), qui s’assure à partir de 1953 le contrôle d’une grande partie du pays. En 1954, la Conférence de Genève reconnaît l’indépendance complète du Laos et prévoit sa neutralisation. Le processus d’unification et de réconciliation nationale parvient à son terme en 1958 avec la formation d’un gouvernement de coalition présidé par le prince neutraliste Souvanna Phouma, l’intégration des forces armées du Pathet Lao dans l’armée royale et la tenue d’élections générales. Mais la droite nationaliste renverse Souvanna Phouma et met en oeuvre une politique pro-américaine et anticommuniste. La guerre civile reprend en 1960. A partir de 1964, le Laos devient un champ de bataille entre Vietminh et Américains, qui s’y disputent le contrôle de la "piste Ho Chi Minh". Le Laos subit de nombreux bombardements, mais la guerre se concentre sur les zones montagneuses, ne touchant que très marginalement les plaines. En 1973, l’accord de Paris sur le Vietnam a pour conséquence immédiate un cessez-le-feu au Laos.

Le Laos depuis 1975 : Un accord prévoyant la mise sur place d’un gouvernement de coalition est signé le 14 septembre 1973. Le gouvernement entre en fonction le 5 avril 1974. Mais il ne s’agit que d’une étape pour le Pathet Lao qui, après la chute de Saigon, s’empare de la totalité du pouvoir entre mai et novembre 1975. Le 2 décembre 1975, la monarchie est abolie et la République démocratique populaire Lao est proclamée. Le pouvoir revient au Parti populaire révolutionnaire lao, dirigé par un petit noyau de révolutionnaires issus du parti communiste indochinois. Kaysone Phomvihane, président du parti, sera jusqu’à sa mort, en 1992, l’homme fort du nouveau régime.

Durant les premières années du régime, l’ouverture de "camps de rééducation", la mise sous tutelle du clergé bouddhiste, la nationalisation du commerce et le programme de collectivisation agraire provoquent la fuite de 10% de la population, dont la majeure partie de l’élite et des classes moyennes.

Le Laos est engagé, depuis 1986, dans un "nouveau mécanisme économique" caractérisé par la mise en place de réformes économiques et par l’ouverture graduelle du pays, dont l’adhésion à l’ASEAN, en 1997, constitue une étape importante. Les réformes sont toutefois mises en œuvre avec prudence et ne s’accompagnent d’aucun assouplissement du système politique.

Mise à jour : 10.10.14


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