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Géographie et histoire

Géographie

Le Kosovo est situé sur la péninsule des Balkans et n’a pas d’accès à la mer. Cette position géographique lui confère une grande variation de températures annuelles ; des étés avec de fortes températures pouvant dépasser 30°C et des hivers froids (jusqu’à -20°C).

Le relief du Kosovo est majoritairement montagneux. Le plus haut sommet du Kosovo est le Gjeravica (2 656 m) dans le sud-ouest à la frontière avec l’Albanie.

Le massif du Sharr se situe dans le sud et le sud-est à la frontière avec la Macédoine. C’est la région la plus touristique du Kosovo, notamment grâce à sa station de ski de Brezovica. Deux plaines principales marquent le paysage : le bassin de Dukagjin dans la partie occidentale, et la plaine du Kosovo dans la partie orientale. Entre les deux se trouvent les collines de la Drenica.

Un des plus impressionnants sites naturels du Kosovo est la Vallée de Rugova qui s’étend sur 25 kilomètres près de la frontière monténégrine et où coulent des chutes d’eau classées Monument National Protégé en 1988 La grotte de Gadime vaut également le détour.


Histoire

Albanais et Serbes revendiquent une présence ancestrale sur le territoire kosovar, à l’origine de mythes fondateurs pour leurs communautés respectives : celui de la présence de leurs ancêtres illyriens depuis l’antiquité pour les Albanais, celui du Kosovo médiéval, berceau de l’orthodoxie, pour les Serbes.

Le Kosovo, rattaché à la Serbie en 1912 alors qu’il était déjà peuplé très majoritairement d’Albanais, a bénéficié à partir de 1974 d’une très large autonomie, la Yougoslavie fédérale restant en charge de l’armée et des affaires étrangères. Slobodan Milošević mit fin à cette autonomie par un référendum organisé en Serbie le 5 juillet 1990. Les institutions kosovares furent dissoutes, l’usage de l’albanais interdit, l’université de Pristina fermée, les Albanais expulsés de l’administration et des entreprises publiques. Près d’un tiers de la population masculine émigra dans les années suivantes, tandis que le taux de chômage atteignit 80%.

L’écrivain Ibrahim Rugova prit la tête d’un mouvement de résistance non violente bientôt concurrencé, à partir de 1997 par un mouvement armé, l’UÇK (Armée de libération du Kosovo). Le Groupe de Contact (Allemagne, États-Unis, France, Italie, Royaume-Uni, Russie) tenta de mettre un terme aux violences en poussant à la négociation des accords de Rambouillet, mais le refus de la Serbie de signer ces accords, le 18 mars 1999, conduisit à l’intervention de l’OTAN (24 mars-11 juin 1999) qui se conclut par le départ des troupes et de l’administration serbes du Kosovo.

Le 10 juin 1999, la résolution 1244 du Conseil de sécurité plaça le Kosovo sous l’autorité provisoire des Nations unies, représentée sur place par la MINUK (Mission intérimaire des Nations unies au Kosovo), tout en réaffirmant la souveraineté de la Serbie sur le Kosovo.

Du 15 au 18 mars 2004, des émeutes anti-serbes éclatèrent, largement dues à l’impatience croissante de la population albanaise face à une situation économique désastreuse et à l’absence de toute perspective sur le futur statut du Kosovo. Elles firent une vingtaine de morts, 600 blessés et plusieurs milliers de sans-abri et de déplacés internes. Des églises serbes ont été endommagées ou détruites, et la présence serbe s’est concentrée dans quelques villages protégés par la force de l’OTAN, la KFOR, ainsi que dans le nord du Kosovo (région de Mitrovica, Zubin Potok, Zvečan et Leposavić), restée de facto depuis 1999 sous administration de Belgrade.

Ces évènements conduisirent à la nomination d’un Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies chargé de mener un processus devant déterminer le futur statut du Kosovo. En novembre 2005, Kofi Annan désigna l’ancien président finlandais Martti Ahtisaari, prix Nobel de la paix 2008, pour cette tâche.

Les négociations directes entre Belgrade et Pristina sur le futur statut du Kosovo, menées par M. Martti Ahtisaari à partir de février 2006, n’ont pas permis de trouver de solution agréée par les deux parties mais ont conduit néanmoins à la rédaction d’une proposition globale de règlement pour le statut, dit « Plan Ahtisaari » qui recommande implicitement l’indépendance du Kosovo, supervisée par une présence internationale civile et militaire et accompagnée de solides garanties pour les minorités au regard de leur poids réel au Kosovo.

Le 17 février 2008, le Kosovo déclara son indépendance. Il s’est alors engagé à construire un Etat pluriethnique et démocratique, en accueillant la présence internationale destinée à l’assister dans sa jeune existence. . La constitution kosovare promulguée le 15 juin 2008 reprend l’ensemble des dispositions du Plan Ahtisaari.

Cette promulgation a été aussitôt suivie de celle de 41 textes de loi mettant en œuvre les principales dispositions du texte constitutionnel (nouvelles municipalités serbes, décentralisation, protection des biens religieux serbes, etc.).

La Constitution établit un régime parlementaire, avec des droits dérogatoires pour les minorités et notamment pour la communauté serbe du Kosovo (système de double majorité, système de sièges réservés au Parlement). Le processus de décentralisation initié en 2009 a par ailleurs permis la création de 6 municipalités, les Serbes y habitant pouvant ainsi jouir d’une plus grande autonomie au niveau local.

Le Conseil de l’Union européenne, dans ses conclusions du 18 février 2008, a posé les bases d’un plus grand engagement de l’Union européenne au Kosovo en mettant en place une mission PSDC, appelée EULEX , dans le domaine de l’Etat de droit et en désignant un représentant spécial de l’UE au Kosovo (RSUE), qui dirige le Bureau de l’Union européenne à Pristina. Le mandat d’EULEX vient d’être reconduit jusqu’en juin 2016. La mission dispose toujours de tâches exécutives, notamment dans le domaine judiciaire, mais son action est recentrée sur le nord du Kosovo et s’inscrit dans une logique de transfert de responsabilités aux autorités kosovares. Le Kosovo a par ailleurs accepté la mise en place d’un Tribunal spécial qui se prononcera sur les allégations du rapport Marty du Conseil de l’Europe de 2011.

La Mission des Nations unies au Kosovo (MINUK), qui reste sur place en vertu de la résolution 1244 du Conseil de sécurité, a été profondément reconfigurée par le Secrétaire général des Nations unies le 12 juin puis le 28 novembre 2008 afin d’adapter celle-ci aux nouvelles réalités découlant de l’indépendance et du déploiement de la mission EULEX.

L’indépendance supervisée du Kosovo a pris fin le 10 septembre 2012 avec la fermeture du Bureau civil international qui était en charge de s’assurer de la bonne application du Plan Ahtisaari.

Une présence internationale importante subsiste néanmoins dans les domaines militaire (KFOR) et civil (OSCE, MINUK, EULEX).


Mise à jour : 28.08.14


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