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Présentation

Données générales

Nom officiel : République kirghize [Kirghizstan et Kirghizie sont des appellations usuelles]
Régime parlementaire
Président de la République : Almazbek ATAMBAEV, Premier ministre Djoomart OTORBAEV

Données géographiques

Superficie : 199 900 km2
Capitale : Bichkek
Villes principales : Och, Djalal-Abad
Langues officielles : kirghize (langue d’Etat) et russe (langue officielle)
Composition ethnique (2013) : Kirghizes 72,6%, Ouzbeks 14,5%, Russes 6,4%, Dounganes, Tadjiks, Ouïghours…
Monnaie : som (1€ = 69 soms)
Fête nationale : 31 août (Jour de l’Indépendance)

Données démographiques

Population : 5,8 millions (2014)
Densité : 29 habitants/km²
Croissance démographique : 2 %
Espérance de vie : 67,5 ans (source PNUD)
Taux d’alphabétisation : 99,2 % (données PNUD)
Religions : Islam sunnite (85 %), christianisme 15% (orthodoxie et protestantisme)
Indice de développement humain : 125ème sur 187 (classement PNUD 2014)

Données économiques

PIB : 7,64 Md $ (estimation du FMI pour 2014)
PIB par habitant : 1280 USD
Taux de croissance : 3,6% en 2014, 10,5% en 2013 (après une baisse de -0,9% en 2012 en raison de l’arrêt partiel de la mine de Kumtor).
Taux d’inflation : 7,5 % en 2014
Solde budgétaire 2013 : - 4,4 % du PIB
Balance commerciale (2013) : -53 % du PIB déficit de 3800 M$)

Principaux clients (2013) : Suisse (29 %), Kazakhstan (21 %), Emirats arabes unis (13%)
Principaux fournisseurs (2013) : Russie (33 %), Chine (24 %), Kazakhstan (9 %)

Exportations françaises (2014) : 19,25 millions d’euros
Importations françaises (2014) : 14,5 millions d’euros

Consulat de France : Consulat général d’Almaty (au Kazakhstan)
Communauté française en République kirghize : 52 inscrits
Communauté kirghize en France : 615 personnes (hors doubles-nationaux)

Politique intérieure

Situation politique

Le référendum constitutionnel du 27 juin 2010 a instauré le premier régime semi-parlementaire d’Asie centrale. Les élections législatives du 10 octobre 2010, réellement pluralistes, ont été marquées par un fort émiettement de l’électorat : sur les 32 partis enregistrés, seuls 5 sont entrés au Parlement : Ata-Jurt (parti nationaliste proche de l’ancien président Bakiev, mené par K. Tachiev, 8,47% des votes / 29 sièges), SDPK (Parti social-démocrate d’A. Atambaiev, 26 sièges), Ar Namys (F. Koulov, 25 sièges), Respublica (Ö. Babanov, 23 sièges), et Ata Meken (O. Tekebaiev, 19 sièges). Un gouvernement de coalition a été formé sans le parti Ata-Jurt.

L’élection présidentielle du 30 octobre 2011 a été remportée par Almazbek Atambaev, Premier ministre sortant (SDPK), dès le premier tour avec 62,52% des voix. Le BIDDH de l’OSCE s’est félicité que « la campagne ait été ouverte et ait respecté les libertés fondamentales », mais a déploré « des irrégularités significatives ». Ce pluralisme politique se retrouve également dans la presse : le Kirghizstan est classé par Reporter sans Frontières en 2014 97e sur 180 pays, en progression de 9 places depuis l’année précédente, devant tous les autres pays d’Asie centrale, la Russie et l’Ukraine.

Les tensions sociales et politiques autour de la mine de Kumtor se sont ravivées au printemps 2013 et des manifestations ont lieu depuis régulièrement, sans toutefois dégénérer. Le clivage nord-sud est important, le pouvoir central ayant des difficultés à s’imposer dans le sud, contrôlé par les élites politiques d’Och et Jalal-Abad et imprégné par la criminalité organisée. Le gouvernement doit composer en permanence avec les différents partis politiques, dont certains visent son renversement, et ne parvient pas toujours à obtenir le soutien de sa propre majorité, comme l’illustre le débat autour de la mine de Kumtor, où les députés mènent une surenchère pour que l’Etat reprenne le contrôle de l’entreprise. Les partis jouent sur le fait que le parti du président ne peut gouverner seul pour négocier, voire faire tomber un gouvernement en se retirant de la coalition, comme cela s’est produit à l’été 2012 et fin mars 2014, quitte à ensuite rejoindre de nouveau la coalition.

Dynamique démocratique et sécurité intérieure

Le Kirghizstan est confronté à des enjeux sécuritaires majeurs qui dépassent le cadre de ses frontières : trafic de drogue en provenance d’Afghanistan, criminalité organisée et menaces islamistes. S’ajoutent une crise économique profonde et des évolutions sociétales qui fragilisent le pays. En outre, les problèmes de frontières et l’incapacité à trouver une solution pérenne aux enclaves du sud (Barak - village sous administration kirghize en Ouzbékistan-, Sokh et Chakhimardan - enclaves ouzbèkes au Kirghizstan - et Voroukh - enclave tadjike au Kirghizstan) entretiennent les tensions avec les voisins Ouzbeks et Tadjiks, particulièrement au sujet de l’accès à l’eau et aux pâturages dans les zones où la démarcation des frontières n’est pas achevée.

La situation précaire en matière de droits de l’homme prouve la nécessité d’une réforme en profondeur des appareils policier et judiciaire. Ainsi Azimjan Askarov, journaliste défenseur des droits de l’homme d’ethnie ouzbèke arrêté alors qu’il enquêtait sur les violences à Och, a été condamné à la prison à vie en septembre 2010, verdict confirmé en appel par la Cour suprême.

Situation économique

Le Kirghizstan souffre de trois handicaps structurels (étroitesse du marché, enclavement, dépendance énergétique), auxquels il convient d’ajouter le poids de la dette, une diversification insuffisante des exportations et la faiblesse des réformes structurelles. Les exportations de métaux précieux et de produits minéraux représentent 60% de ses exportations et son activité économique est largement dépendante de la production de Kumtor, la plus importante mine d’or du pays. Une grande part des flux financiers entrants provient des transferts monétaires des Kirghizes expatriés (1,8 Md $ en 2014), très présents dans le secteur de la construction en Russie et au Kazakhstan. Le ralentissement de la croissance en 2014 (3,6% contre 10,5% l’année précédente) reflète les difficultés économiques de la Russie, investisseur important, la baisse des transferts des migrants (-5%) et la baisse des prix des matières premières, en particulier des minerais. Les services et surtout la construction ont connu une croissance positive (+4 et +25%), mais la production industrielle a diminué en valeur (-1,7%) ainsi que l’agriculture (-0,6%).

Le secteur agricole emploie 50% de la population active, qui est frappée par un chômage affectant au premier chef les régions méridionales et les jeunes. Avec un taux de pauvreté de 32 % (40% en milieu rural), le Kirghizstan est après son voisin tadjik le pays le plus pauvre de la CEI.

Le Kirghizstan a été le premier Etat de la CEI à accéder à l’OMC en 1998 grâce à son engagement dans le processus des réformes, de privatisations (75% du PIB provient du secteur privé) et de la réforme du système bancaire qui reste cependant de taille modeste. Le climat affaires doit s’améliorer et la corruption reste élevée (136e sur 175 en 2015 selon Transparency International, en progression toutefois de 14 places par rapport à 2013). Le classement Doing Business de la Banque mondiale classe le Kirghizstan 102e sur 189 pays.

Face aux graves difficultés économiques, la Russie a accordé depuis 2010 une aide financière importante. Par ailleurs, le Kirghizstan a obtenu de Moscou la levée des taxes sur les hydrocarbures depuis 2011, ainsi que l’annulation de sa dette (189 M$ + 300 M$ échelonnés). Le pays recourt également aux bailleurs de fonds internationaux pour financer le déficit budgétaire (de 5,25% du PIB en 2012 d’après le FMI, il s’est fortement réduit en 2013). La dette extérieure s’élève à 3,1 Md$.

Politique extérieure

Appartenant à la Communauté des Etats indépendants (CEI), le Kirghizstan est aussi membre de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) et de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC). La coopération militaire s’est traduite par la création d’une base militaire russe à Kant en octobre 2003, première base russe ouverte hors de Russie depuis la fin de l’URSS.

L’axe prioritaire de la diplomatie kirghize demeure le maintien d’une relation privilégiée avec la Russie, soutenue par l’importance de la minorité russe au Kirghizstan (375 000) et, surtout, des émigrés kirghizes en Russie (environ 500 000). Inquiètes des conséquences du retrait de la FIAS d’Afghanistan, les autorités kirghizes ont renforcé leur rapprochement avec la Russie, célébré à l’occasion de la visite du Président Poutine le 20 septembre 2012 (renouvellement du bail de la base militaire russe de Kant pour 15 ans, coopération économique, aide financière massive, effacement de la dette kirghize). Les négociations avec l’Union douanière avec la Russie, le Kazakhstan et la Biélorussie ont abouti à une décision d’adhésion au 1er janvier, qui doit encore être ratifiée par tous les Etats concernés. Le Kirghizstan, déjà membre de l’OMC où les tarifs douaniers sont inférieurs, et qui tire profit de son activité de réexportation de produits chinois vers la CEI, souhaite obtenir un tarif dérogatoire, la création de zone commerciales franches sur ses marchés de réexport et des compensations financières pour l’adaptation de son économie aux normes de l’Union douanière.

Le Kirghizstan s’était rallié dès l’automne 2001 à la coalition anti-terroriste en accueillant sur son territoire à Manas les forces américaines et celles de 11 pays de la coalition. La base américaine de Manas, rebaptisée centre de transit en 2009 et dont le bail a été résilié par la partie kirghize en juillet 2014, avait également hébergé un détachement aérien français.

La coopération avec la Chine, voisin immédiat, se fait essentiellement dans le cadre de l’OCS et à travers les investissements chinois dans l’économie kirghize ; des accords ont été signés en septembre 2013 prévoyant 3 Md $ d’investissements. Les importations de Chine ont plus que doublé en 3 ans, passant à 1,45 Md $ en 2013, alors que le Kirghizstan n’exporte vers la Chine que 36 M $.

Les relations entre les cinq républiques centrasiatiques demeurent malaisées du fait de leurs difficultés à résoudre des problèmes essentiels tels que la délimitation des frontières, la gestion des enclaves territoriales, ainsi que la gestion des ressources énergétiques et en eau. Le pays est très dépendant de l’Ouzbékistan et du Kazakhstan pour son approvisionnement en gaz et en pétrole tandis que ces pays de l’aval dépendent des ressources hydriques kirghizes et de la gestion des barrages hydroélectriques (de Toktogul et de celui projeté à Kambar-Ata).

Mise à jour : 05.05.15


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